dimanche 12 août 2012

La Fiction du Dimanche : Dallas 2012

 (cliquez sur les images pour agrandir)

La première saison de ce Dallas 2012 vient de s'achever aux USA mercredi dernier et il est donc temps de dresser un petit bilan, en sachant néanmoins que la chaîne TNT proposera une deuxième saison de 15 épisodes au lieu de 10 dès janvier 2013. Les Ewing sont donc bel et bien de retour.


Je ne m'en suis jamais caché : je suis un grand admirateur de la série d'origine. J'ai baigné dans "Dallas" dès mon plus jeune âge, étant immanquablement emporté dans les batailles des Ewing contre les Barnes. Et même si la série originelle s'est considérablement essoufflée lors de ses ultimes saisons, elle n'en reste pas moins un des meilleurs souvenirs télévisuels de mon enfance puis de mon adolescence. Alors dire que j'attendais beaucoup de cette cuvée 2012 est un doux euphémisme.


Le problème de Dallas 2012, c'est finalement ce pour quoi on s'y remet 20 ans après : on veut revoir JR, Bobby, Sue-Ellen, Cliff Barnes... Le problème, c'est que les héros sont bien fatigués. On essaie bien de faire tourner la série vers un conflit de générations (les fils Ewing s'affrontent en lieu et place des pères) mais le casting, Josh Anderson alias John Ross Ewing Jr en tête, est bien trop faiblard pour que l'on soit scotché à notre fauteuil. Les intrigues sont téléphonées et les incohérences nombreuses.


Mais JR reste JR. Celui que l'on adorait détester a perdu de sa superbe mais le regard et le sourire sont bien là. Larry Hagman, bien qu'usé par la maladie, n'est jamais aussi bon que lorsqu'il sert ce sacré JR qui lui aura tout apporté. Mais on ne peut s'empêcher de se demander combien de temps encore il pourra mettre tout son talent au service de ce personnage mythique. Certaines incohérences dans le scénario et certaines confrontations attendues puis avortées (Je pense notamment à celle entre JR et Cliff qui aurait du intervenir aux deux-tiers de la saison) laissent à penser que certains pans du scénario ont du être réécrits en urgence, probablement en raison de la santé défaillante de Hagman. Quant au personnage de Cliff que j'attendais avec impatience vu son passif dans la série d'origine, il m'a plutôt déçu. Personnage clairement sous-exploité, acteur (Ken Kercheval) bien fatigué, on est loin du compte. Lors de l'ultime épisode, il n'insuffle pas suffisamment d'intensité dramatique à son personnage alors que sa présence résulte quand même du coup de théâtre le plus réussi de la saison.


Hormis Larry Hagman qui donne tout ce qu'il a quand il est en mesure de le faire, c'est finalement Patrick Duffy qui s'en sort le mieux parmi les anciens. Patrick Duffy est Bobby Ewing et ça reste une évidence 20 ans après. Mais pourquoi diable a t-il fallu que les scénaristes développent une intrigue autour de la santé de son personnage pour tout désamorcer aussi brutalement ensuite ? A ce titre, le dernier épisode est indigne des éléments mis en place jusque là. Quant à Sue-Ellen alias Linda Gray, elle a laissé tomber la bouteille et a désormais des ambitions politiques qui seront mises à mal par les manigances de son fiston. Retrouver Sue-Ellen est un plaisir mais là encore, son personnage n'est pas servi par des chantages trop gentillets pour être pris au sérieux. Il est loin le temps de Dallas avec des magouilles avec un grand M. C'est finalement le plus gros défaut de cette version 2012. L'ensemble n'est pas très passionnant et lorsqu'il y a des moments plus prenants, le soufflé retombe trop vite pour que l'on puisse en profiter.


En résumé, j'ai pris du plaisir essentiellement de par la présence des anciens poids lourds du show. La fibre nostalgique fonctionne à plein régime. JR et Bobby sont et resteront les piliers de Dallas. Problème : leurs rejetons ne leur arrivent jamais à la cheville et les intrigues prêtent surtout à sourire, quand elles ne sont pas tout simplement incohérentes ou expédiées à la va-vite sans réelle explication.
Revoir les héros vieillissants de Dallas, c'est un peu jongler entre nostalgie et un certain pathétisme. La saison 2 devra rectifier le tir et nous proposer quelque chose de bien plus consistant pour emporter l'adhésion. En attendant, il faudra surtout espérer que Larry Hagman récupèrera vite de ses problèmes de santé car si Dallas 2012 tourne désormais autour des fils Ewing, il ne faut pas se tromper : Dallas, c'est JR et personne d'autre. L'absence de son personnage enterrerait probablement le show.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire