vendredi 23 novembre 2012

Juste de bons moments...



Depuis deux ans, j'ai perdu pas mal d'amis. C'est un simple constat. Entre ceux qui m'ont déçu, ceux que j'ai pu décevoir, ceux qui voudraient se rappeler à moi après de longs silences, ceux qui doivent composer avec ce que je suis avec plus ou moins de facilité, ceux qui me restent fidèles, ceux qui le prétendent à grands renforts de mots sans lendemain, il y a de quoi faire. Mais finalement, ce n'est pas très important.

Il y a quelques années, j'avais écrit sur l'un de mes blogs précédents sur la difficulté d'être un ami. Je ne tiendrais probablement plus le même discours aujourd'hui. Parce que j'en suis un peu revenu de tout ça. Parce que je n'ai rien d'un ami idéal, trop désireux de bien faire à s'en rendre malade, trop susceptible car à fleur de peau. Parce que nous vivons aussi dans un monde égoïste où notre nombril est plus reluisant que celui du voisin.

Mon caractère entier mais peu propice au pardon me coupe d'une partie de ceux qui pourraient être tentés de faire un bout de chemin en ma compagnie. Je deviens probablement misanthrope, même si ma situation professionnelle précaire et mes questionnements incessants sur tout comme sur rien faussent nécessairement la donne. Plus le temps passe, plus j'ai envie de m'isoler tout en sachant que je n'irai pas bien loin en me comportant de la sorte. Mais j'assume ce que je suis. Et ça me réconforte autant que ça peut m'effrayer.

En fait, plutôt que de compter sur des amitiés qui s'effritent, que ce soit de mon fait ou non, je suis actuellement dans une phase où je privilégie les bons moments, aussi éphémères soient-ils. Des rencontres, des soirées réussies, des balades lumineuses, des échanges qui durent le temps qu'ils durent. 

Comme lorsque moi et Nathalie avons croisé une jolie et pétillante parisienne dans le car qui nous amenait de Saint-Pierre la Mer à Narbonne. Quelques mots échangés qui en ont amené d'autres, quelques jours plus tard, lorsque nous avons décidé de nous retrouver pour les Médiévales de Gruissan puis pour une soirée pizza en plein air où nous avons discuté de tout et de rien des heures durant. Nous reverrons-nous ? Peut-être. Ou pas. Est-ce important ? Pas nécessairement. Mais ces bons moments partagés ensemble, ils nous appartiennent. Et ils réchauffent durablement le coeur quand on se les remémore.

Ou comme quand j'ai enfin pu rencontrer un dessinateur de BD au delà du cadre parfois restreint du virtuel. Des instants brefs mais merveilleux. En vivrai-je d'autres de la même qualité ? Je n'en sais rien. Mais en attendant, c'est un autre bon moment à mettre dans sa besace, et hop ! 

Que dire également des repas que nous partageons avec Eric, notre voisin ? Soirée couscous, soirée soupe au fromage, soirée raclette, soirée barbecue, soirée "acras de morue qui arrachent la gueule mais putain, qu'est ce que c'est bon ! "... ce ne sont pas les prétextes qui manquent quand le plaisir d'être ensemble est là. Ces soirées n'ont rien d'extraordinaire, on mange, on boit et généralement, dans la foulée, on se mate un ou deux films, mais elles sont pourtant inestimables. Est-ce que d'autres suivront ? Probablement. Si non, ces soirées resteront ce qu'elles sont : d'autres bons moments à ajouter à tous ces petits plus qui égaient le quotidien.

J'en suis là actuellement. Friand de bons moments. Une envie de rencontrer des gens que je ne reverrai peut-être jamais. Fringale de petits plaisirs qui seront ou pas sans lendemain. N'aurais-je pas alors une vie plus et mieux remplie que celle que je me suis imposée jusqu'alors ? Les amitiés et leurs souffrances valent-elles nécessairement la peine quand elles appellent plus de questionnements que de réponses ? 

Et puis, comme pour chaque chose, il y a l'exception qui confirme la règle. J'ai un ami. Un vrai. Je ne saurais pas mettre vraiment de mots sur cette amitié mais je sais qu'elle est précieuse. Simplement, peut-être parce que je vois les choses différemment aujourd'hui, je ne me pose plus de question. Je sais que cette personne est là. Et je sais où je me situe aussi. Je n'ai pas d'attentes. Je suis serein. Plus seul mais plus serein. C'est probablement tout le paradoxe. Mais je ne suis plus à ça près.

Un ami et de jolis moments dans les méandres de l'existence, si c'était là une certaine idée du bonheur ?

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1 commentaire:

  1. Très joli billet qui nous permet de voir le grand coeur qui se cache derrière ce grand gaillard un peu bourru.
    Je suis certain que ton(es) ami(s) est(sont) ravi(s) de faire parti de ton cercle proche et de passer de bons moments avec toi. En tout cas, moi je ne m'en lasse pas.
    A très vite mon grand ami.

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