jeudi 29 décembre 2016

Epistol'Arts : Rétrospective 2016


Michel et Frédérique Paulin

Je ne le fais pas systématiquement mais, de temps à autre, j'aime bien me livrer à l'exercice de la rétrospective des sujets développés sur ce blog, cela me permet de relire les billet écoulés et de me remémorer bons et moins bons moments. Comme d'habitude, si vous cliquez sur les textes bleutés, cela renverra à des billets rédigés en 2016.
Avec celui que vous êtes en train de lire, j'aurai écrit 78 billets, soit plus qu'en 2015 et 2014. Il faut malgré tout relativiser ce chiffre puisque, sur ces 78 écrits, 32 concernant l'énigme du mardi. 

Avant toute chose, s'il y a un événement que je devais retenir de cette année 2016 humainement parlant, ce serait ma rencontre avec Michel Paulin et sa charmante épouse Frédérique. La photo que je partage ici n'est pas de moi puisque je n'ai pas voulu ou osé (sûrement un peu des deux) leur demander d'immortaliser ce moment lorsqu'ils sont venus nous voir en juillet. A moins de ne pas avoir parcouru le blog cette année, pas plus que ma page Facebook, il ne vous est plus possible d'ignorer qui est Michel Paulin. Un acteur majuscule dont l'une des spécialisations est le doublage dont il est depuis plusieurs décennies une incontournable pointure.
Le petit miracle de cette rencontre n'est pas venu de moi mais d'eux. Ce sont eux qui ont eu la gentillesse de me contacter suite à un billet que j'avais écrit sur Michel il y a deux ans. Ce sont toujours eux qui ont émis le souhait de venir nous faire un coucou. Quelques précieuses minutes forcément trop courtes mais qui n'ont pas de prix. Avec l'instant du premier échange, celui où l'on entend une voix si familière, tant elle vous a accompagné presque quotidiennement au travers de séries aussi cultes que Côte Ouest ou New-York : police judiciaire, parmi tant d'autres.
Depuis, nous avons pu garder le contact en échangeant régulièrement par mail. J'ai même reçu début août une délicate attention. J'espère vraiment que nous nous reverrons, la distance étant un frein réel, mais que cela soit possible ou non, rien n'enlèvera ces quelques moments passés tous ensemble. Finalement, je ne connais pas grand chose de Michel et Frédérique Paulin mais ils ont une place bien à part dans mon cœur. Merci mes amis.

Cette rétrospective n'ayant pas vocation à être structurée (ce serait mal me connaître), je passe du coq à l'âne en embrayant sur ma passion BD. L'année fut riche en sorties de qualité, synonymes de dépenses quelque peu inconsidérées, mais quel plaisir de lecture ! Parmi des dizaines d'acquisitions sur l'année, majoritairement de haute volée, 5 ont particulièrement retenu mon attention : 


L'annonce d'un ouvrage sur le peintre emblématique des revues Lug avait crée un séisme chez les passionnés de cette époque bénie des comics. Mais la vraie claque fut celle que j'eus en parcourant le livre en question. Un pavé d'une qualité et d'une richesse absolues. LE livre de 2016. Au bas mot.



Cette fausse intégrale (seulement 3 tomes annoncés par Urban Comics) est de toute beauté. Elle a de plus un effet madeleine de Proust indéniable en nous renvoyant aux plus belles heures du Journal de Mickey, revue dans laquelle Hägar et sa troupe officièrent pendant de longues années. Une série juste énorme ! 


Plus que cet album en soi, très agréable à suivre, c'est surtout à Zidrou (scénariste) et Simon Van Liemt (dessinateur) que je souhaite rendre hommage pour la qualité de leur adaptation. Reprendre Ric Hochet, série en perdition de surcroît, était plus casse-gueule qu'on ne pourrait le penser, surtout que le style de Van Liemt (superbe) est aux antipodes de celui de Tibet. Après deux albums très maîtrisés, la machine est sur les rails. Si le public suit, Ric Hochet pourrait bien nous régaler de longues années encore. Croisons les doigts ! 


Jérôme, c'est à la fois un talent fou et une vraie gentillesse. Sweet Savage est un art-book de toute beauté et,là encore, une madeleine de Proust permanente des séries animées de notre enfance. C'est aussi bien plus que cela puisque Jérôme a aussi ses univers propres. 2017 devrait être l'année d'une collaboration fructueuse puisque ce ne sont pas moins de 3 commandes qui devraient s'étaler jusqu'en décembre prochain. Je vais devoir réorganiser mes surfaces murales en profondeur mais le résultat devrait être à la hauteur des aménagements. Par contre, je vais devoir faire du ménage parmi les œuvres existantes, J'ai pas fini de gamberger...



Parmi les adaptations initiées par Glénat, celle-ci a nettement ma préférence, et de loin ! Trondheim (scénario) et Kéramidas (dessin) proposent une oeuvre au charme fou. On ne s'ennuie pas un instant, le dessin de Kéramidas est exceptionnel. Un achat indispensable.





Et puis, un peu à part, il y a Leonard Cohen, dont la disparition en novembre dernier m'aura plus secoué que je ne l'aurais pensé. Plus que son ultime opus, You want it darker, superbe bien que je n'en saisisse pas toutes les subtilités de par mon incompréhension partielle de l'anglais, j'attends surtout la sortie d'une intégrale véritablement complète qui ne manquera pas de débarquer en 2017, opportunisme commercial oblige. Toujours est-il que je ne me souviens pas avoir autant écouté un artiste depuis de longs mois maintenant. Même Bashung, mon autre référence majuscule, n'avait pas connu un tel engouement d'écoute de ma part, bien qu'il tournât lui-aussi en boucle pendant longtemps, laissant un fort sentiment d'absence encore vivace aujourd'hui ! 

Cette rétrospective serait incomplète sans l'évocation d'événements tragiques qui entretinrent quelque peu la morosité ambiante. Des familles décimées en Belgique, en France, en Allemagne, en Syrie... sans l'espoir de lendemains meilleurs tant nous sommes sans solution face à des fous qui n'ont pas plus peur de semer la mort que de se sacrifier dans leur croisade de désolation. A titre personnel, je suis surtout pétrifié d'effroi en pensant que ces attaques meurtrières pourraient devenir notre lot presque quotidien face à des kamikazes qui ne connaissent pas la peur. Comment sortir de cette spirale de feu ? Y arriverons-nous jamais ?

L'année 2016 aura vu aussi des personnes plus ou moins proches s'en aller. Notamment mon beau-père Alexandre, enfin libéré de son calvaire, parti en mars, entre tristesse, manque et soulagement. Et puis la disparition de Chloé, une adorable demoiselle pleine de vie d'à peine 20 ans et d'une gentillesse absolue, dans ce que la mort a de plus injuste. Je pense souvent à elle, à sa voix, son sourire. Je la connaissais finalement peu mais qu'est-ce qu'elle me manque ! 

Et puis, des choses forcément plus terre à terre... Mes doutes "professionnels" après de belles satisfactions, mon "deuil" d'une présence paternelle que je sais désormais ne jamais avoir, une santé vacillante, un moral en berne, une motivation fluctuante... Je vais devoir me faire violence en ce début d'année, sans avoir pour autant prise sur tout. Il va y avoir une part d'inconnu non négligeable avec laquelle je vais devoir composer.

Et donc ce blog. Qui vit ou vivote selon les jours, le moral et la disponibilité de votre serviteur. Mais dont j'ai quand même besoin. Il me permet de coucher sur écran quelques tranches de vie, avec plus ou moins d'épaisseur ou d'intérêt pour ceux qui me lisent. Ressusciter quelques rubriques ("En trompe l’œil" notamment, ou "Deux acteurs, un rôle, une voix") m'a aussi permis de retrouver une inspiration salutaire. 

Voilà, c'était mon ultime billet en 2016. On se retrouve en 2017. Il n'y en a plus pour bien longtemps.
.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire