jeudi 4 mai 2017

Le nauséabond à son zénith



Depuis le début de ces présidentielles, je trouve que le climat qui règne autour de ces élections n'a jamais été aussi délétère, aussi malsain, aussi mesquin. La campagne est d'un niveau affligeant, avec l'impression que les candidats repoussent les limites de la médiocrité, de l'indécence, de l'amateurisme et d'un manque de lucidité effarant quant à la fonction présidentielle.
 
D'ailleurs, me concernant, je ne souhaitais pas regarder. Je ne supporte plus de voir, de lire ou d'entendre quoi que ce soit se rapportant à ces élections. Je voterai sans doute pour éviter le pire mais même ça, je n'en suis pas certain. Marre de voter par défaut, par dépit plutôt que par choix ou par conviction. Ce que je ferai dimanche prochain, je n'en sais rien. Je sais juste pour qui je ne voterai pas. Mais pour le reste...
 
Revenons-en au débat d'hier soir. Je n'aurais pas assez de guillemets à mettre autour de débat tellement celui-ci n'a jamais eu lieu. Je m'attendais à beaucoup de chose, surtout connaissant les convictions de l'un comme de l'autre, mais certainement pas à ça : le suicide politique en direct de Marine Le Pen. Même menée dans les sondages et indépendamment de ce que je pense de la personne et de son parti, elle avait, en toute objectivité, au moins un terrain où elle aurait pu concurrencer, voire surclasser Emmanuel Macron : l'expérience.
 
Alors que j'étais persuadé qu'elle allait mettre un point d'honneur à garder un calme olympien, ne serait-ce que pour faire un pied de nez à ses détracteurs qui la trouvent trop sanguine, et qu'elle allait surtout se garder d'aller à l'affrontement, Marine Le Pen a agressé, avec une violence peu commune, son adversaire dès l'entame du direct. Des attaques systématiques, incessantes, hystériques qui ont surpris, je pense, l'ensemble des téléspectateurs et des observateurs politiques. Moi-même, je n'en suis pas revenu. Je n'ai pas compris. Un tel manque de lucidité, un sabordage en bonne et due forme, un amateurisme indigne à ce stade de la compétition.  Car s'il y a bien une chose que ce simulacre de débat a rappelé hier, c'est que nous étions bien dans une compétition, désormais sans la moindre règle élémentaire de respect, de retenue, de bienséance, d'intelligence.
 
Alors, en face, Macron a pris les coups sans, lui, se départir de sa ligne de conduite malgré les interruptions virulentes et incessantes de Le Pen. Un temps (bref) dans les cordes, il a laissé passer l'orage (sans probablement s'imaginer qu'il durerait aussi longtemps et avec une violence aussi paroxysmique). Il a jonglé entre sa défense face aux accusations et la tentation, quand même, de rappeler quelques esquisses de son programme. De son côté, Le Pen a éludé à peu près tout, ce qui n'est pas de bon augure pour elle si elle ambitionnait de convaincre quelques indécis.
 
Au final, les deux politiques présents ont donné une image bien désastreuse de l'avenir tel qu'ils l'envisagent. Et ce n'est pas l'incapacité des deux pseudo-journalistes présents à cadrer le débat et à maitriser la cacophonie ambiante qui aura relevé le niveau. Une émission pitoyable comme l'ensemble de ces présidentielles.
 
Dimanche, que ce soit avant ou après, ça promet !
 
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