jeudi 18 mai 2017

Les journées contre, pour, de...


A l'occasion de la journée contre l'homophobie (dont j'ignorais jusqu'à l'existence), la ville de Périgueux a paré certains de ses passages piétons de mille couleurs. En dehors du résultat original et visuellement attrayant, je ne suis pas certain que l'on puisse clairement identifier le message sous-jacent. Surtout quand on sait qu'au départ, le but était de proposer l'ensemble des couleurs de l'arc-en-ciel, ce qui n'a pas été possible, certaines couleurs étant proscrites au sol par le Code de la Route. Problème de visibilité sans doute.

Indépendamment de la clarté du message véhiculé (mélange des couleurs = mélange des gens = tolérance ?), je suis toujours impressionné par la multiplication de ces journées thématiques : journée de la femme, journée pour le handicap, journée contre les violences, journée contre l'homophobie, journée de la courtoisie (ou assimilé) etc. Impossible de les citer toutes tant il y en a. Le problème est qu'on finit par ne plus y faire attention et je me demande si elles ont toujours un sens.

Bien sûr, elles ont le mérite d'exister et de provoquer des piqûres de rappel souvent bien utiles, je suis d'accord avec ça, mais je me demande si au final elles ne finissent quand même pas par se neutraliser. Je suis pour l'égalité hommes-femmes, contre les violences, pour l'accessibilité aux mêmes choses du plus grand nombre, entre moult autres considérations plus personnelles, mais je n'ai pas besoin d'une croix sur un calendrier pour être sensible à ce qui me choque de façon permanente.

Le problème aussi est que ce type d’événements stigmatise encore un peu plus les populations concernées. En mettant l'accent sur les problèmes (bien réels) d'accessibilité des personnes handicapées, par exemple, et en voulant sincèrement que les choses évoluent dans le bon sens, il n'empêche que l'on rappelle à chaque fois qu'il y a des personnes en situation de handicap. Comment les intégrer dans la société comme des personnes à part entière (ce qu'elles sont d'ailleurs dans la Constitution, principe d'égalité rappelé dans la loi d'orientation de 1975 puis réaffirmée dans celle de 2005) si tout les ramène à leur situation de handicap ?

Comment lutter contre l'homophobie si on rappelle à tout-va qu'il y a des homosexuels ? Comment créer une normalité en rappelant sans cesse des différences de choix de vie ? Et en même temps, je sais pertinemment qu'il faut parler pour faire évoluer les mentalités. Alors quoi ? C'est sans fin ?
Il faut parler des choses pour ne pas les oublier et, en même temps, en parler rappelle les différences de regard, de comportement, d'ouverture.

Ces journées m'exaspèrent autant qu'elles me semblent essentielles au fléchissement, parfois imperceptible, des mentalités. Surtout, à chaque fois je me dis : "Et maintenant, jusqu'à l'année prochaine, il se passe quoi ?"

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