mardi 27 juin 2017

Chef d'oeuvre absolu : La Tortue rouge



Je me demande parfois pourquoi j'entreprends d'écrire ce genre de billet tout en sachant que, quand je suis autant conquis par un film, les mots ne sortent pas comme je le voudrais.





La Tortue rouge est l'un des plus beaux films d'animation qu'il m'ait été donné de voir. Né d'une collaboration entre le studio Ghibli, à qui l'on doit toutes les oeuvres majuscules de Hayao Miyazaki, et des partenaires étrangers, réalisé par un Michael Dudok de Vit en état de grâce, le film surprend de prime abord par son rendu graphique, très épuré, bien loin des standards actuels. 





Il étonne tout autant par le parti pris de ne posséder aucune ligne de dialogue et d'assumer une certaine lenteur nécessaire à son déroulement. Car oui, le film prend son temps. Pour autant, il happe le spectateur immédiatement dans un festival de couleurs, d'ombres et de lumières, de sons. Il flatte la rétine tout autant qu'il séduit par les valeurs qu'il véhicule : transmission et apprentissage, vie, survie, respect de la nature et des hommes, épreuves, dépassement de soi, amour, famille, mort... 





Chaque image, chaque paysage est un tableau. Les décors sont réalisés à la main, le grain du papier ressortant même à l'écran, renforçant le côté authentique et tellement maîtrisé de cette technique artisanale. L'animation en images de synthèse est presque absente et, quand elle existe, elle a été retouchée manuellement ensuite.





Je ne vais pas détailler l'histoire. Sachez simplement que tout part du naufrage du personnage principal dont on ne saura jamais le nom, pas plus que celui des autres protagonistes. Lorsque notre Robinson entreprend de quitter l'île sur laquelle il s'est échoué, il se rend compte que quelque chose ou quelqu'un qu'il ne parvient pas à identifier l'empêche de s'enfuir. Il multiplie les tentatives... et les échecs jusqu'au jour où... Je vous laisse découvrir la suite ! 





Sachez également que tout est parfaitement compréhensible, que les émotions ressenties sont extrêmement variées : le film nous touche en permanence mais il n'est pas dénué d'humour, notamment dans la relation du naufragé avec de petits crabes blancs ou lors de ses tentatives avortées d'évasion. Il est également dramatique en certaines occasions mais le dosage est si savamment réalisé que l'ensemble est d'une fluidité visuelle et scénaristique absolue. C'est un film beau, délicat, profondément humain, sensible, utile. La bande originale, superbe, discrète, véritable ode à la musicalité de la nature, pare l'ensemble d'un écrin inestimable. Le résultat est un joyau. J'ai adoré ce film où il ne se passe finalement pas grand chose et pourtant d'une richesse absolue. A voir et à revoir.


1 commentaire:

  1. Une histoire belle et simple à la fois, je me laisserais bien tenter !

    Nath

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