mercredi 28 juin 2017

Chef d'oeuvre absolu : Ma Vie de Courgette



La foudre ne passe peut-être jamais deux fois au même endroit, mais les baffes, oui. Quelques heures après avoir pris une vraie claque en découvrant le si poétique La Tortue rouge, une deuxième, au moins aussi forte que la première, m'attendait au tournant. Celle-là, je ne l'avais vraiment pas vu venir.




Comme pour La Tortue rouge, je ne savais rien du film avant de le visionner, si ce n'est qu'il s'agissait d'un film réalisé de façon artisanale qui jouissait d'une excellente réputation. Les premières secondes me laissèrent une drôle d'impression tant l'univers graphique est différent d'une oeuvre à l'autre. Ce qui est tout à fait normal puisqu'elles n'ont pas vocation à se ressembler.




Courgette est un enfant solitaire qui vit avec une mère violente et alcoolique. Il n'a plus son père qui reste néanmoins bien présent, représenté en super-héros sur la voile de son cerf-volant. Lorsque sa mère décède par un dramatique concours de circonstances, l'enfant est naturellement envoyé dans un orphelinat. Le film retrace la vie de ce jeune garçon à l'intérieur de ce nouveau foyer non désiré. Et je n'en dirai pas davantage. Le reste, c'est à vous qu'il appartiendra de le découvrir.




Ma vie de Courgette est passionnant de bout en bout, cruel parfois, drôle souvent, émouvant toujours. Mes quelques réticences face à un univers graphique auquel je ne suis pas habitué (marionnettes en pâte à modeler animées en stop-motion) ont volé en éclat dès les premières minutes. D'abord parce que, dans son genre, c'est une réussite totale. Les enfants sont d'une expressivité remarquable, du fait de leurs grands yeux qui dissimulent autant de lourds secrets que d'étincelles de vie. Ensuite parce que le soin apporté aux moindres détails est simplement prodigieux, créant un ensemble d'une cohérence rare. Enfin parce qu'au delà de la prouesse technique, le scénario, adaptation de l'ouvrage Autobiographie d'une courgette, de Gilles Paris, est d'une exceptionnelle fluidité. Les scènes défilent devant nos yeux ébahis les unes après les autres sans le moindre accroc ou baisse d'intérêt. Et tous les rôles, principaux comme secondaires, sont d'une vibrante intensité.




Les thèmes abordés sont parfois d'une extrême dureté, surtout pour des enfants de cet âge (maltraitance, abandon, mort, solitude, recherche identitaire exacerbée) mais ils sont traités avec tellement d'intelligence et de sincérité par le réalisateur Claude Barras et la scénariste Céline Sciamma qu'il n'y a jamais de surenchère dans le propos. Et ils sont adroitement contrebalancés par des valeurs humaines salutaires comme l'entraide, l'amitié, l'attachement, pour un équilibre parfait au final.



Ma Vie de Courgette est l'un de ces films qui vous happent pour ne plus vous lâcher. Qui vous marquent durablement. Qui, je l'espère pour moi en tout cas, vous enrichissent. C'est surtout un très joli film sur la vie. Indispensable.


1 commentaire:

  1. Je confirme, c'est un petit bijou, tout en délicatesse ! Et quel travail de mise en scène ! Merci pour la découverte.
    Nath

    RépondreSupprimer