samedi 3 juin 2017

Fugace mais inestimable gloriole


 (cliquez sur les images pour agrandir)

Vers la fin de l'année 2005, j'ai eu la chance de pouvoir effectuer un stage au sein des locaux d'AnimeLand, la revue de référence sur le manga et l'animation japonaise. Cela n'a duré qu'un mois (me semble t-il) mais ces moments resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Déjà, j'étais à Paris, ça me changeait de l'Aveyron, je me sentais invincible dans le métro chaque jour à l'aller et un poil moins courageux chaque soir au retour, j'assistais à de grandes manifestations en tant qu'invité, comme la Japan Expo, je découvrais les stands bondés, les cosplays... et surtout je voyais mon magazine préféré de l'intérieur avec une équipe un poil barrée mais passionnée et donc forcément passionnante. Bon, accessoirement je me suis aussi vu mourir chez mon oncle pour une sombre histoire de rognons sans que l'on sache vraiment s'il s'agissait d'une gastro ou d'une intolérance alimentaire mais c'est une autre histoire... D'ailleurs, puisqu'il me lit, j'en profite pour le remercier une nouvelle fois aussi. Et ma tante aussi. Parce que, si j'ai été comme un coq en pâte sur mon lieu de stage, je l'ai aussi été une fois la journée terminée.

Pour autant, malgré ma passion passée pour AnimeLand, je n'ai pas toujours été tendre avec ce magazine qui a connu son âge d'or (globalement jusqu'au n° 150) avant de perdre en qualité de façon drastique et de connaître des changements de rédacteurs et de maquettistes souvent discutables. Avec la crise de la presse spécialisée, toujours d'actualité aujourd'hui, AnimeLand a connu des heures difficiles mais la revue est toujours debout, du haut de son 215ème numéro et, même si j'avais dit à une époque pas si lointaine qu'on ne m'y reprendrait plus, je continue à l'acheter. Je ne lis plus de mangas (j'en ai tellement peu lu de toutes façons) et, faute de temps, je suis un peu moins l'actualité de l'animation japonaise. Mais je garde AnimeLand quand même. Parce que j'y ai un attachement tout particulier.

Lorsque j'ai effectué ce stage de quelques semaines, j'avais entamé une formation de base en PAO et je m'étais dit que ce serait pas mal de mettre mes cours théoriques en pratique dans ce que je considérais à l'époque être le meilleur magazine au monde. Du coup, mon rôle était d'assister Méko, le gars qui gérait toute la mise en page de la revue : recherches iconographiques, détourages etc. De mémoire, ce type était un allumé de première mais qu'est ce que c'était cool. Je tiens d'ailleurs à préciser que tout le monde avait vraiment contribué à rendre ce stage aussi agréable que possible avec une équipe sympa et accessible. Sauf que Méko n'était pas franchement dispo et que, même s'il faisait des efforts, on sentait bien que le gars était habitué à bosser en solo. Et puis moi, je balbutiais juste, niveau PAO. Du coup, un jour où j'étais un peu plus frustré que d'habitude de poireauter, bien que les DVD et bouquins à disposition ne manquaient pas pour parfaire sa culture japonaise, je suis allé voir les équipes rédactionnelles et je leur ai demandé de me filer un sujet, comme ça, juste pour m'entraîner. Je me rappellerai toujours de Nicolas Penedo, un des auteurs attitrés, qui fut le premier à jouer le jeu. Je devais plancher sur Crying Freeman.  Une fois fini, on faisait un point tous les deux. Et puis il me donnait un autre exercice et ainsi de suite.

Sauf que ce qui devait être un passe-temps entre deux détourages fut soumis à la rédaction qui décida de publier mes petits articles. Je ne vous raconte pas dans quel état j'étais. Il m'a fallu attendre quelques mois, du fait du décalage entre l'écriture et la parution pour les sujets n'étant pas directement d'actualité, mais j'eus la chance, pur hasard, que les trois articles figurent tous dans le n° 119 de mars 2006. A l'époque, j'étais rentré en Aveyron depuis pas mal de temps déjà mais qu'est-ce que je fus heureux le jour de la parution ! J'ai délesté mon magasin de la presse de tous ses exemplaires, j'en ai gardé deux, dont un qui est toujours sous blister aujourd'hui encore, et j'ai donné les autres.

Plus de 10 ans après, les souvenirs sont intacts. Sauf celui d'avoir déjà évoqué ou non cette anecdote sur l'un de mes blogs. Et comme se remémorer ce genre de petit événement a toujours une saveur bien particulière, je me suis dit :  "autant en remettre une couche". Je vous laisse avec quelques scans, témoins de cette célébrité passagère, et quelques petits commentaires associés.


Avoir son nom parmi les personnes ayant collaboré au numéro est une sensation très spéciale, surtout vu le rapport que j'entretenais avec le magazine à l'époque. J'avais pas les chevilles qui enflaient, non, quand même pas, mais j'aurais bien pris une pointure de chaussures supplémentaire. Avec cette impression que, quoi qu'il arrive, ce serait quelque chose qu'on ne pourrait pas m'enlever. J'étais devenu une pierre de l'édifice AnimeLand, aussi petite qu'elle soit.



Pour Crying Freeman, j'eus l'honneur de la double-page. Méko avait signé la mise en page, très classe, et il y avait même mon nom en fin d'article. Nicolas Penedo m'avait beaucoup aidé sur cet article car j'avais fait un contre-sens de lecture. Du coup, les motivations du Crying Freeman ne m'apparaissaient pas clairement. Enfin, il me semble que c'était un truc de ce genre. Du coup, j'avais revu ma copie mais j'avais vraiment apprécié ces échanges avec un pro qui avait sur mon petit travail du jour un regard bienveillant et formateur.




Je ne vais pas vous mentir. Je ne me souviens plus trop de Say Love et Pita Ten, mes deux autres travaux rédactionnels. De mémoire, j'avais aimé le premier et plutôt subi le second qui n'était pas ma tasse de thé. Mais cela me permettait d'explorer les genres, de découvrir tout ce qui faisait la variété du magazine, entre œuvres majeures et autres plus accessoires.


Je termine sur une petite curiosité. Je ne suis pas puritain, la nudité ne me dérange pas, pas plus qu'elle ne me choque en général, mais je n'aime pas du tout le Hentaï c'est-à-dire le porno japonais. Cela dit, j'ai quand même été associé à ce numéro hors-série d'AnimeLand réservé aux adultes, avec mon nom une nouvelle fois associé à ceux des autres membres de l'équipe. En qualité de stagiaire PAO cette fois, puisque je me suis livré à des détourages de jeunes femmes dénudées pour agrémenter la mise en page. AnimeLand n'a sorti qu'un seul HS estampillé Q de son histoire et il a fallu que ça tombe sur moi. Cela dit, vu que j'étais en apprentissage et que j'étais d'une lenteur pas possible, je n'ai pas du en faire beaucoup mais quand même... Avec du recul, c'était plutôt drôle de se retrouver embarqué là-dedans et j'en rigole encore aujourd'hui. 

Bref, un moment court mais essentiel de ma vie et une rétrospective nécessaire tellement je reste encore reconnaissant à toute l'équipe de l'époque d'Animeland de m'avoir fait vivre ces pastilles de vie fabuleuses.
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