dimanche 11 juin 2017

Mon TOP 5 Roland-Garros 2017



1) La révélation Jelena Ostapenko

Je le dis haut et fort et je l'assume : plus que la Décima de Rafaêl Nadal, c'est véritablement l'explosion de la jeunesse rugissante que je retiendrai avant tout de ce Roland-Garros cuvée 2017. Cette lettone, sortie de nulle part, née le même jour que la première des trois victoires de "Guga" Kuerten vingt ans plus tôt. Avec l'insouciance de son jeune âge, avec un aplomb peu commun lorsqu'elle balance des parpaings à tout-va sur le court, avec des mimiques de frustration qu'elle ne cherche aucunement à dissimuler, avec la certitude de pouvoir rivaliser avec n'importe qui dans un bon jour, Jelena Ostapenko a déboulonné Simona Halep qui avait pourtant fait apparemment le plus dur en s'adjugeant la première manche, en se détachant 3-0 dans la seconde et en menant 3-1 dans la troisième. Mais la demoiselle n'a pas cessé de faire parler la poudre pour autant et n'a jamais douté, en continuant de distiller son jeu explosif synonyme de points gagnants à la pelle et de fautes directes tout aussi nombreuses. Qu'importent les déchets ! Ostapenko a fini par écœurer la roumaine qui tentait de remporter le tournoi après une première tentative infructueuse contre Sharapova en 2014.

Ostapenko était environ 250ème au classement WTA il y a un an. Elle a démarré Roland-Garros avec le dossard 47 avant de le terminer à une prometteuse 12ème place. Si elle confirme et varie un peu plus son jeu en prenant de la bouteille, elle peut continuer à marquer les esprits. Et comme sa surface de prédilection est le gazon, elle aura l'occasion de le faire à très brève échéance, si elle arrive à enchaîner. 
En tout cas, une joueuse qui ouvre son compteur par une victoire dans un Grand Chelem, ce n'est pas banal, chapeau mademoiselle ! Admiratif je suis.



2) La demi-finale Murray VS Wawrinka

C'est bien simple : le plus beau match de cette cuvée 2017 à en croire les observateurs unanimes. N'ayant pas vu tous les matches de la quinzaine, je ne peux être aussi catégorique mais quel plaisir j'ai pris à regarder cette foire d'empoigne de près de 5 heures ! Hormis un dernier set à sens unique où Wawrinka avait pris un ascendant mental et physique définitif sur Murray (6-1), les quatre premières manches furent d'une intensité au couteau entre un Suisse favori, malgré son rang de tête de série n°3, et un Écossais qui jouait chaque point comme si sa vie en dépendait alors qu'il s'était montré très décevant depuis le début de l'année malgré son statut de n°1 mondial. Des points d'exception, un engagement physique permanent, une combativité du tonnerre, le spectacle fut total. Une débauche d'énergie qui fut dommageable au Suisse en finale contre le maître des lieux Nadal, bien que l'issue eut probablement été la même tant l'Espagnol était supérieur dans tous les compartiments du jeu ce dimanche. Mais le combat aurait peut-être été un peu plus équilibré. Ou pas.



3) La Décima de Nadal

On pourra me rétorquer que c'était l'événement majeur de ce Roland-Garros, et je peux tout à fait le comprendre, mais pas pour moi. Déjà, la finale fut l'une des moins intéressantes vues depuis des années. Un Wawrinka croqué tout cru par un Nadal qui ne voulait pas rater son rendez-vous avec l'Histoire. Bref, quand on s'emmerde pendant deux heures, c'est dur de vibrer sur la balle de match et le parcours réalisé. J'aurais mis cette Décima en tête de mon top 5 personnel si j'avais eu la sensation que ces 10 tournois de Roland-Garros remportés l'avaient été dans la douleur. Mais ce ne fut pas le cas. A une ou deux exceptions près, à chaque fois que Nadal s'est retrouvé en finale de Roland, le match fut décevant, pour ne pas dire à sens unique. Bref, j'en veux à ce joueur de m'avoir gâché tant de dimanches après-midi dans des finales qui tournaient court. Alors oui, c'est sans doute un réel exploit sans précédent dans l'histoire de ce sport ou du sport en général, mais devant l'absence d'adversité générale, je n'arrive pas à m'extasier ou à mesurer l'ampleur de ce que Nadal a réalisé.
Après, ne pas avoir d'affinités pour le joueur n'aide pas... 



4) Le discours de Bernard Giudicelli

Le nouveau patron de la Fédération Française de Tennis n'encense pas bêtement les joueurs français et ne pas avoir un discours aseptisé ou langue de bois fait du bien. Il n'a pas hésité à critiquer ouvertement leur comportement et leur manque d'implication pour mener à bien une carrière de haut niveau digne de ce nom. Giudicelli les a invités à prendre leurs responsabilités et à se donner les moyens de leurs ambitions, à condition qu'ambitions réelles il y ait. Il a bien résumé la lassitude née de l'attente sans cesse avortée d'un nouveau vainqueur français en Grand Chelem. Les joueurs français se plaignent sans cesse, ont toujours des petits bobos, ont toujours de bonnes excuses difficilement compatibles avec une prétendue volonté de bien faire. Là où les Federer, Nadal, Djokovic ou Murray font globalement preuve de régularité née de réels sacrifices et d'un sens aigu du travail, les frenchies trimbalent une réputation de "je m'en foutisme" qui les rend exaspérants. Et décevants une fois encore...



5) Caroline Garcia et Kristina Mladenovic

Qu'elle parait loin cette belle image complice entre deux filles talentueuses qui venaient de remporter Roland-Garros 2016 en double... Parce que Caroline Garcia a décidé désormais de privilégier sa carrière en simple, parce qu'elle s'est déclarée indisponible pour la campagne 2017 de Fed Cup, ses petites camarades ont montré leurs vrais visages en entamant une entreprise de démolition par médias interposés. Entre une "Kiki" particulièrement ingrate et visiblement amnésique et une Alizé Cornet inutilement véhémente quand on connait son passif calamiteux en Fed Cup, Caroline Garcia a essayé de faire le dos rond, seule réaction possible face à un tel déferlement de méchanceté. Dans ce contexte, et après un premier semestre délicat au niveau des résultats, je suis d'autant plus content que caroline ait vécu son premier quart de finale en Grand Chelem et, qui plus est, devant son public. Et comme Mladenovic a connu la même satisfaction, je me sens quand même obligé de la féliciter aussi. Même si je trouve que ce n'est pas une belle personne.
Je parlerais bien des garçons mais ils ont été inexistants, pour ne pas changer. Il y en a même un qui a essayé de passer à la postérité en agressant une journaliste. D'une rare connerie et tellement pathétique...
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