samedi 2 décembre 2017

Scotch-Man



Stan Lee, toujours gaillard du haut de ses 94 printemps, expliquait dernièrement la genèse de Spider-Man et notamment comment, au départ, l'idée d'appeler un type ayant le pouvoir de coller aux murs Spider-man, avait semblé grotesque à son patron et éditeur Martin Goodman.

Peut-être aurait-il du se pencher sur un gars qui aurait eu le pouvoir de coller plus vite que son ombre tout types d'objets. Quelqu'un qui ferait en un temps record des emballages blindés, scotchés de partout, avec une maîtrise qui étendrait sa popularité au monde entier. Quelqu'un que l'on adulerait, que l'on s'arracherait dès lors que l'on aurait quelque chose à empaqueter dans les règles de l'art.

En même temps, si Stan Lee avait obliqué dans cette voie, il n'aurait finalement rien inventé. Du coup, il n'est pas plus mal qu'il en soit resté à son idée de départ, malgré le succès modeste de cet homme-araignée, comme chacun sait.

Car Scotch-Man existe. Il tente bien de brouiller les pistes, à l'image d'un Clark Kent qui aurait toujours naïvement cru que s'affubler d'une paire de lunettes suffirait à ne pas être reconnu en tant que Superman.

Scotch-Man travaille dans une maison d'édition qui monte, qui monte. En permanence, avec ses petits doigts de fée, et toujours avec un plaisir inégalé, il façonne, que dis-je, il bichonne quantités de paquets pour ses lecteurs. Un paquet, un rouleau de scotch, c'est sa devise. Un colis de Scotch-Man, c'est une oeuvre d'art qui assure le lecteur de plusieurs heures de patience pour en venir à bout. Même quand on veut tricher avec une paire de ciseaux ou un couteau, un paquet made in Scotch-Man ne se laisse pas ouvrir comme ça ! J'en sais quelque chose ! 


Scotch-man, parce qu'il est modeste et non âpre aux gains, ne s'en vante pas mais il est à l'origine de faits marquants dans le Neuvième Art, celui si noble de la bande-dessinée. Le sparadrap dans Tintin et L'Affaire Tournesol qui rend fou le capitaine Haddock, c'est lui ! 


Le sparadrap qui fait hurler de douleur Rastapopoulos dans Vol 714 pour Sydney, c'est encore lui !


Mais le plus grand succès de Scotch-Man, c'est le sparadrap dont il a affublé Hercule, le compère de Pif. Hercule a expliqué à de nombreuses reprises combien tous ses efforts pour se défaire de l'indésirable sparadrap avaient été vains ! Avec du recul, il ne regrette pas d'avoir échoué, tant il est désormais identifiable immédiatement de par cette singularité : "Mon succès, je le dois à Scotch-Man, et je lui serai éternellement redevable d'avoir changé ma vie et d'avoir fait de moi une star". Belle preuve de reconnaissance ! 

Quant à moi, j'ai cette chance de connaître ce personnage hors du commun depuis quelques années désormais. Bon, je ne l'ai certes jamais rencontré. Mais ses paquets d'orfèvre me sont arrivés à plusieurs reprises, toujours synonymes d'une joie indescriptible devant une telle beauté de l'objet emballé. Le dernier en date, reçu pas plus tard qu'hier, était une fois encore une oeuvre d'art ! 

Le monde a besoin de héros. Merci Scotch-Man ! 

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