mardi 20 février 2018

Chef d'oeuvre : Les Bracelets rouges





Il y a quelques minutes s'est achevée la première saison de Les Bracelets rouges, libre adaptation d'une série espagnole. J'avais été très enthousiaste à la vision des deux premiers épisodes il y a deux semaines. A l'issue de cette première salve de 6 épisodes (la saison 2 d'ores-et-déjà annoncée en comptera 8), je n'ai qu'une chose à dire : bravo et merci pour ce petit chef d'oeuvre d'émotion et d'intelligence.

Faire une série centrée sur des adolescents confrontés à la maladie ou au handicap n'était pas sans risque car c'est une thématique naturellement anxiogène et casse-gueule. D'ailleurs, les moments durs ne manquent pas pour ces jeunes qui doivent apprendre chacun à vivre avec quelque chose auquel ils ne sont pas préparés, qui les dépasse et qui fait voler en éclat tous leurs repères. Mais la vérité est que cette histoire est avant tout une ode à la vie, à l'espoir, à l'amitié, au partage, à l'amour aussi. Ces moments de vie ensemble ne se font pas sans quelques tensions, entre la difficulté de s'apprivoiser, l'émergence de quelques jalousies adolescentes et la peur d'un lendemain aux contours bien trop flous. Mais ils sont aussi le théâtre de fous-rires, de complicités au final indéfectibles, d'accomplissements de soi et d'optimisme débordant. Et comme un signe de ralliement, ces bracelets rouges ont une symbolique très forte. L'amitié et l'unité plus fortes que la maladie. Et toujours l'espoir, coûte que coûte.

L'une des forces de la série est de ne pas s'être cantonnée à l'existence de ces 5 jeunes mais d'avoir su montrer, avec une qualité d'écriture extraordinaire, la détresse des parents ou des proches qui sont souvent démunis, maladroits ou impuissants face à la maladie qui frappe ceux qu'ils aiment par dessus tout et qu'ils ne parviennent plus à protéger. Les rapports des patients avec les équipes de soin et les spécialistes est également extrêmement bien rendue. Là-aussi, des liens se créent et chaque membre du personnel, à quelque échelon que ce soit, est partie intégrante de ce microcosme où malades et professionnels se côtoient sans cesse.

Une autre force des Bracelets rouges est son réalisme. On s'attache tellement aux personnages qu'on en viendrait à souhaiter un happy-end. Sauf que, dans la vie, hélas, c'est aussi parfois la mort qui gagne. A ce titre, le final est un pur moment d'émotion, entre tristesse immense et implacable évidence de l'extrême fragilité des choses telle un funambule sur un fil. Une fin à la fois injuste mais nécessaire parce qu'ancrée dans une réalité profonde.

Je ne saurais conclure sans saluer l'interprétation remarquable de justesse de l'ensemble de la distribution. Les acteurs sont extraordinaires, avec une mention particulière à ceux qui se sont mis dans la peau de ces adolescents confrontés à la pire épreuve de leur courte existence. Ils sont prodigieux de naturel dans un exercice d'équilibriste tout sauf facile. A aucun moment, ce n'est surjoué ou déjoué. De bout en bout, la partition est juste... parfaite.

Si une saison 2 devrait être tournée dans le courant de l'année pour une diffusion prévue début 2019, cette première saison se suffit pour le moment à elle-même et il serait vraiment dommage de passer à côté, soit en replay soit lors de la sortie DVD et BR. Les Bracelets rouges, un vrai petit bijou de télévision ! 

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