samedi 6 octobre 2018

Bon anniversaire Nicolas !




Cher Nicolas,

Quel exercice difficile que de souhaiter un bon anniversaire ! Déjà, on se demande si le destinataire appréciera… Il y a des personnes que cela insupporte et, dans ce cas, ça ne s’arrange généralement pas en prenant de l’âge. Mais admettons - ouf ! – que tu sois bon prince devant ce déferlement annoncé de chaleureux, et forcément sincères, sentiments.

Encore faut-il savoir comment te le souhaiter, cet anniversaire ! J’ai bien pensé à faire un dessin, comme à l’époque, de plus en plus lointaine, où je crayonnais encore. Mais bonjour la galère ! Déjà, faut trouver une bonne photo ! Parce que malgré l’affection que je te porte, impossible pour moi de dessiner de tête. Donc il faut une bonne photo, et grande de surcroît, qui te mette bien en valeur ! Avec une guitare dessus. Parce que Nicolas Peyrac sans sa guitare… c’est possible, ça ? Allons, allons… Bien sûr que non ! Sauf que moi, je ne sais pas les dessiner, les guitares. C’est vraiment dommage, parce que sans ça, j’aurais probablement pondu un chef d’œuvre. En toute modestie. Il ne te reste plus qu’à t’en remettre. Pas facile, je sais.

Heureusement, le dessin mis à part, il reste les mots. Je pense que c’est encore avec les mots que je jongle le mieux. Ce qui ne veut certes pas dire que tout ce que j’écris est intéressant. Si déjà, je peux éviter d’être barbant, c’est pas mal. Mais que dire ? Et comment ?

Déjà, je ne cèderai pas à la facilité. 69 piges. Tu les vois venir les allusions au Kamasoutra, la position et tutti quanti ? Moi, en tant que chantre du bon goût, je ne comprendrais même pas que ça puisse venir à la tête de certains. Surtout qu’après les mois d’épreuves vaillamment traversées, ce serait l’âge de la renaissance que cela ne m’étonnerait pas, tiens. En passant, bravo pour le courage ! « Tiens bon la barre et tiens bon le vent, hissez haut ! » comme dit toujours Hugues.

Et si souhaiter un anniversaire n’était qu’un prétexte pour rappeler aux gens combien on les aime ? Car, il y a encore une quinzaine d’années, je ne connaissais de toi que les trois ou quatre titres qui passaient invariablement en radio. J’avais beau les adorer, « Et mon père » notamment, c’était quand même un poil réducteur au regard de ta remarquable et foisonnante carrière. Et puis, je me suis retrouvé au milieu des Peyraciens. Et même si on ne peut être et avoir été, et que cet espace remarquable est aujourd’hui révolu de longue date, il a été essentiel pour moi à bien des égards.

Je ne me rappelle plus du contexte qui m’avait amené là. Je pense y avoir été convié, je ne sais plus par quel concours de circonstances. Mais je n’oublierai jamais ton accueil à l’époque. Ni tous les gens bienveillants croisés. Parmi lesquels quelques magiciens des mots (Tryphon, Jose-Luis, JPK, Didier, François-Marie pour ne citer qu’eux) qui ont fait que, pour la première fois, j’ai sorti quelques textes de mes tiroirs pour les partager. Je me suis mis à croire en mes propres mots, ce qui n’était pas rien, tant cela m’avait été impensable jusque-là.

Toi et moi avons pas mal échangé à l’époque, virtuellement certes, mais il y avait déjà cette authentique bienveillance tant envers les tauliers du forum qu’envers les petits nouveaux. Et puis tout est allé vite, ensuite… J’ai rattrapé mon retard d’écoute en avalant en quelques mois toute ta discographie grâce à la générosité de Monika, je suis allé te voir à l’Européen sans oser franchir le pas de la rencontre (de mémoire, j’ai juste vu Dave traverser la foule en imperméable), j’ai enfin pu te voir « en vrai » à Bergerac autour d’un bon verre, tout ceci pendant que de nouveaux albums avaient à peine le temps de pointer le bout de leur nez que je me les procurais aussitôt.

En quelques années, tu es devenu un membre à part entière de mon entourage. De par ta sensibilité, tes mots, tes univers, tes thèmes de prédilection, de par ta capacité, aussi, à ne cesser de te bonifier en prenant de la bouteille, tu m’accompagnes presque quotidiennement désormais. A part toi, il n’y a qu’avec Alain Bashung, Leonard Cohen et, à un degré moindre puisque j'aime surtout sa production actuelle, Alain Chamfort, que je ressens cela.

On ne s’est pas recroisé depuis douze ans et j’ai encore raté une belle occasion de sceller nos retrouvailles en ne pouvant me rendre à Concèze. C’est dommage mais ce n’est pas bien grave. L’essentiel est probablement ailleurs. Et puis, si l’occasion ne se représente pas d’elle-même, il suffira de forcer le destin. En toute liberté.

Je m’aperçois que j’ai bien évidemment digressé alors que j’aurais sans nul doute du dégraisser. C’est un peu l’histoire de ma vie, cette incapacité à aller à l’essentiel. Mais oui, te souhaiter un bel anniversaire aujourd’hui, c’est avant tout te témoigner toute mon affection. Et c’est peu de dire qu’elle n’est pas feinte ! Très belle journée à toi !

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