mercredi 11 septembre 2019

Je voulais voir Michel et Frédérique



Les fidèles lecteur de mon blog, voire de ma page Facebook, savent que je voue une grande admiration à Michel Paulin, remarquable acteur et comédien qui a mis son immense talent et sa technicité au service du doublage depuis de longues années. Suite à un billet de blog qui lui était consacré, j'eus l'immense surprise deux ans après, à l'été 2016, d'être dans un premier temps contacté par sa femme Frédérique Villedent, avant que le couple n'accepte de passer un petit moment chez nous, forcément trop court, alors qu'ils étaient dans les parages. La magie s'est prolongée l'année suivante où ils nous ont reçus avec infiniment de gentillesse dans leur résidence secondaire dans le Limousin. 
Depuis, nous prenons chacun des nouvelles dans l'attente, qui sait, de se recroiser un jour malgré la distance, Michel et Frédérique résidant principalement en région parisienne. Cette année, alors que nous l'envisagions, ce ne sera finalement sans doute pas possible. Ce n'est pas bien grave, chacun a ses impératifs ou ses aléas, eux comme nous.

Mais quand même... C'est que j'aurais bien aimé les voir, moi, mes amis les Paulin. Et quand j'ai une idée dans la tête... Comment voir nos amis Michel et Frédérique sans les voir ? Bon sang, mais c'est bien sûr ! A défaut de les voir chez eux, on va les voir chez nous, dans notre salon ! Internet est très pratique pour ça, pour dénicher quelques petites perles ! Et pour parfaire sa culture ! Car de Michel, je ne connais que son travail dans le doublage. Quant à Frédérique, actrice et comédienne comme lui, je n'avais pas davantage eu la chance de la voir sur les planches, même si elle m'avait appris qu'elle s'était produite à Sarlat quelques années plus tôt. Deux DVD, deux occasions de combler mes lacunes et de voir mes amis dans un contexte professionnel. Une révélation ! 


"L'Affaire du collier de la Reine" est un film de la collection "La Caméra explore le temps", génial titre pour une émission de vulgarisation historique hors-norme et qui fit les beaux jours de la télévision française de 1957 à 1966. L'émission démarrait avec la présentation du contexte historique du film par André Castelot et Alain Decaux et, une fois le film diffusé, s'achevait par celle du devenir de l'ensemble des protagonistes. La série de 38 émissions revenait ainsi sur les épisodes marquants de l'Histoire et mettait en avant les figures incontournables du théâtre de l'époque.

L'épisode qui nous intéresse ici revient sur l'escroquerie montée par Jeanne de Valois, comtesse de la Motte, à l'endroit du cardinal de Rohan qui aura de plus maille à partir avec la Reine Marie-Antoinette. L'ensemble se regarde avec beaucoup de plaisir, les acteurs sont très convaincants (et découvrir Michel Paulin à l'aube de ses 30 ans est une vraie curiosité), c'est remarquablement écrit et mis en scène avec les moyens télévisuels de l'époque, vidéo et son sont de bonne facture pour une série de 60 ans d'âge, à une époque où il n'y avait de surcroît qu'une seule chaîne pour divertir. Bref, tout irait pour le mieux si...

Si la jaquette n'était pas si honteusement mensongère. On nous "vend" Michel Paulin comme acteur principal sans que l'on ne sache pas très bien d'ailleurs pourquoi ce ne sont pas les acteurs de premier plan sur cet épisode qui y figurent. Michel n'a droit qu'à deux scènes et même s'il y est vraiment très bon et que cela m'offre malgré tout un bel aperçu de son grand talent d'acteur, ne le voir qu'à deux reprises reste une vraie frustration. Belle découverte néanmoins. Et vu la brochette de comédiens de l'époque dont certains, à l'instar de Michel, se sont illustrés dans l'art délicat du doublage, j'ai bien envie de me laisser tenter par l'intégrale de la série, éditée par Éléphant Films. On verra...


Je me suis régalé avec "Tante Olga", pièce de Michel Heim enregistrée en juillet 2009. Je ne connaissais rien du travail de Frédérique et cela a été une vraie et belle découverte. Le jeu des acteurs est de très haute volée et tous se renvoient la balle remarquablement. Leur complicité d'acteurs transpire à chaque réplique et le petit documentaire en bonus donnant la parole aux divers comédiens ne dit pas autre chose, notamment lorsque Aurélien Daudet révèle le plaisir qu'il a pris à chaque représentation à observer le jeu de ses partenaires tout en jouant lui-même.

L'histoire nous emmène dans la Russie du début du XXème siècle, dans la petite ville de Simbirsk (future Oulianovsk à la mort de Lénine). Deux sœurs cherchent à marier leur nièce à un bon parti pour lui éviter une vie triste et sans avenir comme celle qu'elles ont connu. Mais rien n'est simple, entre une nièce plus dévergondée qu'il n'y parait, un soupirant aux zones d'ombre et l'intrusion d'un lieutenant de cavalerie qui va rajouter du trouble à une situation déjà compliquée. Et si ce petit résumé ne donne pas forcément le ton, n'hésitez pas à vous laisser tenter. C'est très bien écrit, on rit beaucoup et pourtant la toile de fond, l'incapacité à échapper à sa destinée, l'impossibilité de se déraciner d'un lieu devenu trop sclérosant, et ce malgré les rêves d'un ailleurs, apporte une touche dramatique à ne pas mésestimer.

Frédérique Paulin-Villedent interprète l'une des deux sœurs. Un peu naïve, drôle souvent, mais pas sotte pour autant, elle est un personnage extrêmement intéressant et sans doute très plaisant à jouer, auquel Frédérique apporte un côté solaire et parfois gaffeur mais toujours bienveillant. Je ne l'avais jamais vue jouer et je l'ai trouvée extraordinaire de justesse et de drôlerie. C'est très particulier de côtoyer quelqu'un que l'on apprécie grandement puis d'avoir l'impression de redécouvrir cette personne au travers de ce qu'elle sait faire le mieux : jouer. J'étais très ému en la voyant sous ce jour nouveau. Et comme, comme je le disais, tout ses petits camarades lui donnent excellemment la réplique, Claude Darvy en tête, le plaisir est total ! 


Je voulais revoir Michel. Je voulais revoir Frédérique. C'est chose faite. Et ce fut, une fois encore, de bien beaux moments en votre compagnie, merci ! 

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