jeudi 7 juin 2018

Rétro-Lazer, la nostalgie un poil opportuniste



Rétro-Lazer est un petit nouveau dans le monde impitoyable des magazines qui tentent de surfer sur la vague nostalgique des années 80 et 90. Pour ce faire, il ratisse large (TV, jeux-vidéo, livres, vintage, jouets d'époque...) Mais si l'intention est louable, la réalisation pêche et on ne peut que s'interroger sur cet opportunisme un peu facile de toujours jouer sur la fibre nostalgique. Surtout quand ça marche puisque je me suis quand même décidé à acheter ce bouquin intrigant malgré mes réserves initiales. Sauf qu'une fois en main, mes craintes ne se sont pas atténuées, bien au contraire.


Attention, tout n'est pas à jeter dans ce nouveau magazine nostalgique : la couverture est, à mon sens, extra, certains articles sont intéressants, les illustrations choisies sortent parfois de l'ordinaire (sur l'article sur Ulysse 31 notamment) et l'ensemble fait preuve d'une grande variété bienvenue. Et, puisque c'est le but, l'effet nostalgie fonctionne à plein régime et on prend vraiment plaisir à retomber en enfance ou en adolescence. C'est sans doute pour cela que, malgré les critiques qui vont suivre, il n'est pas exclu que je prenne le n°2, attendu pour juillet me semble t-il. Mais si le magazine veut s'inscrire sur la durée, il va devoir revoir sa copie. Et pas qu'un peu...


Déjà, l'ouvrage n'est pas facile à se procurer. Il ressemble à un magazine mais ne serait disponible qu'en librairie. Sauf que même de grosses structures, comme le Leclerc Culturel, ne le proposent pas systématiquement, certains refusant même de le commander. Je me suis rabattu sur Amazon mais sinon c'est compliqué au niveau de la diffusion visiblement. Ou comment risquer de perdre des lecteurs potentiels bêtement.
Le prix ensuite. 12,90 € pour 150 pages, déjà, à la base, ça calme un peu, quand bien même c'est un trimestriel. Mais alors, quand j'ai reçu l'ouvrage et que je me suis rendu compte que c'était un petit format, avec couverture souple et qualité de papier dégueulasse (la première rubrique est juste illisible), là j'ai compris qu'Omake Books ne se mouchait pas avec le coude. Je veux bien qu'on me fasse tout un blabla autour de la réalité des coûts croissants de fabrication et de production mais quand même ! Clairement, l'éditeur s'accorde une sacrée marge, au détriment des acheteurs évidemment, et c'est dommage. Surtout quand la qualité n'est pas au rendez-vous.


Certes, il faut bien rémunérer les (nombreux) auteurs mais justement, il devrait peut-être y avoir moins de rédacteurs, certains sont à côté de la plaque et / ou ont un style d'écriture vraiment limite. Quand je lis un article sur un jouet d'époque et que l'auteur digresse sur des anecdotes sur la série, archi-connues en plus d'être complètement hors-sujet, ça me gêne. Idem sur des interviews qui traînent en longueur. Oui, le club Dorothée, c'était de la merde, oui les séries animées ont connu des coupes systématiques totalement en dépit du bon sens, oui les œuvres originales ont été complètement dénaturées voire trahies, mais ça ne justifie pas qu'on en parle pendant autant de pages pour un résultat finalement bien redondant. Et même chose pour les échanges d'opinions entre Star Wars et Star Trek. Débattre, c'est bien mais encore faut-il que ce soit intéressant sur la durée sinon il faut vraiment dégraisser et aller à l'essentiel (de plus, il ne me semble pas utile de retranscrire chaque éclat de rire, chaque "putain" glissé entre deux phrases etc.) Bref, globalement, les personnes interviewées ou échangeant des avis s'écoutent trop parler, dommage. Être passionné, c'est bien, surtout quand on s'adresse à un public tout aussi susceptible de l'être, mais cela ne dispense pas d'être rigoureux et de ne pas digresser à tout va en se regardant le nombril.


Au final, je pense que beaucoup de choses peuvent être améliorées mais que la base est là. A l'éditeur et aux équipes de rédaction de voir ce qu'ils veulent : retravailler l'ouvrage en profondeur pour les prochains numéros dans un réel souci de qualité et de professionnalisme, ou se contenter d'un magazine approximatif, tant sur le fond que sur la forme, dont les thématiques nostalgiques garantiront quelques ventes mais ne sauront s'inscrire dans la durée. Le deuxième numéro à paraître devrait apporter, espérons le, quelques précieux éléments de réponse...

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