mercredi 19 juillet 2017

Randonnée à Grand Vabre



Je dis parfois sur le ton de la plaisanterie que Grand Vabre, charmant village de l'Aveyron planté sur les bords du Dourdou et situé à proximité immédiate de Conques, est en train de devenir notre résidence principale, tellement nous nous y rendons fréquemment depuis quelques temps. Il faut dire que nous y sommes toujours très bien reçus, Nath et moi, par notre vieil ami Denis et son adorable maman Rose. Les trois jours passés en leur compagnie à l'occasion du week-end du 14 juillet n'ont pas dérogé à cette règle.

Lapin à la moutarde à la cuisson parfaite et ses haricots maison succulents, aligot saucisse, grillades de travers de porc, charcuterie, délicieux fromages fermiers de Franche-Comté (ah, ce Comté et ce munster !), restaurant le dimanche, rien ne nous fut épargné d'un point de vue culinaire. Et si j’espérais secrètement ne pas reprendre la totalité des dix kilos que j'avais perdus pendant l'hiver et le printemps, mes rares espoirs ont volé en éclat. Me voilà bon pour repartir de zéro ! Ah là là, quand ça ne veut pas ! 


Heureusement, nous n'avons pas lésiné sur le sport : F1 canapé, Scrabble (ben quoi, et le sport cérébral alors ?)... et randonnée le samedi après-midi. Celle-là, elle valait franchement le coup et je m'en souviendrai à plusieurs égards. Je suis d'ailleurs passé par tout un panel d'émotions ce jour-là.

Il faut dire que, si j'aime vraiment marcher à condition de me faire un peu violence au préalable, j'ai un problème : je suis sujet au vertige. Et malheureusement, il ne m'en faut pas beaucoup pour freiner des quatre fers. Une petite pente, quelques cailloux instables, un sentier étroit, un ruisseau à traverser... Le pire est que mon degré de vertige est lui-même variable. Parfois, je vais suivre sans trop de difficultés. Plus rarement, mais ce fut malheureusement le cas en cette occasion, ma perception est encore plus faussée que d'ordinaire, ce qui a rendu un parcours objectivement enfantin particulièrement difficile. J'avais beau ne rien contrôler, je me sentais quand même un peu ridicule de buter à ce point sur des obstacles de pacotille. Mais bon, je suis arrivé jusqu'à destination : la chapelle de Monédiès, perdue au milieu des bois. Denis avait à cœur de nous montrer deux choses bien spécifiques lors de cette balade pédestre. 

Tout d'abord, son coin préféré, un havre de paix où un joli pont de bois surplombe un menu cours d'eau. Pas assez d'eau pour se baigner mais l'idéal pour tremper les pieds. Je suis resté en bordure du ruisseau mais Nath et le neveu de Denis, Dylan, s'en sont donnés à cœur joie. En temps normal, j'aurais été aussi enthousiaste qu'eux mais l'arrêt a été particulièrement long et je savais qu'une trop longue pause rendrait, pour moi, la reprise de la marche délicate, ce qui n'a pas manqué de se produire. Cela dit, j'étais très content de ce partage. Cet endroit était important pour Denis, il l'était donc pour moi. Et c'est vrai que c'est un cadre magnifique.


Ensuite, la chapelle de Monédiès donc. Pour la petite histoire, quinze années de travaux furent nécessaires pour la restaurer et le résultat est réellement remarquable car les artisans sont vraiment partis de très loin pour arriver à un tel niveau d'excellence. Et comme le site n'est pas un modèle d’accessibilité, il en a fallu du courage et des hommes pour amener pierres et matériels ! Des efforts récompensés par le Premier Prix départemental du Patrimoine en 2009 et par le Prix national, au titre de la commune, des Rubans du Patrimoine, avec mention spéciale du jury, en 2010.

Et pour ceux qui s'interrogeraient quant à ma posture sur la photo ci-dessus, non, ce n'est pas un cri de victoire façon "Raaa-haaaaaaa" de Rahan, le fils des Âges farouches, une fois la chapelle en vue. Je ne m’apprête pas davantage à me transformer en l'incroyable Hulk.  C'est juste qu'il faisait particulièrement chaud et que je n'ai pas résisté à l'envie d'une douche improvisée en remplissant ma casquette à l'eau d'une fontaine sur le site. J'avais un peu oublié que l'eau était particulièrement fraîche, surtout au contact de mon dos, d'où ce raidissement impromptu. 

Une belle balade dans un cadre de verdure exceptionnel, des découvertes, entouré de sa moitié, de son meilleur ami et d'un gamin attachant, comment aurais-je pu garder cela pour moi seul ? Un billet s'imposait, non ?
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