lundi 23 juillet 2018

De Jessica Fletcher à... Gene Tierney



Quel lien peut-il bien exister entre la perspicace romancière Jessica Fletcher, impeccablement campée par Angela Lansbury dans la série Arabesque (Murder she vrote en VO), et la superbe actrice des années 40, dont j'ignorais jusqu'au nom, Gene Tierney ?


En fait, Arabesque, c'est mon petit plaisir coupable ! Je regardais beaucoup ado et, plus que les enquêtes parfois prévisibles dans leur dénouement, j'adorais voir défiler toutes les stars du petit écran de l'époque. A chaque début d'épisode, dès que s'affichait la mention "With, in alphabetic order" ou "Guest starring", j'étais sûr que des acteurs connus allaient pointer le bout de leur nez. Et ça ne manquait jamais ! Et puis, j'aimais surtout les épisodes se déroulant à Cabot Cove, ville fictive du Maine où résidait l"héroïne Jessica Fletcher. On y retrouvait le shérif, le docteur, la population locale, bref on avait ses repères, alors que d'autres épisodes, davantage en milieu urbain, ne présentaient pas le même intérêt ou, en tout cas, n'avaient pas le même charme. Bref, j'ai toujours bien aimé cette série, certes pas inoubliable mais distrayante, bien qu'elle ait pris un petit coup de vieux depuis les années 80 et 90.


Il se trouve qu'actuellement, une chaîne de la TNT rediffuse, dans un désordre pas possible mais bon, la série et qu'il m'arrive donc, de par ce plaisir coupable que j'évoquais plus haut, d'en regarder quelques épisodes, comme ça, comme un passant qui passerait et verrait de la lumière. 

Mais si je n'avais pas regardé Arabesque ce jour-là, sans doute ne me serais-je pas arrêté au seul nom d'Angela Lansbury en parcourant le programme télé du soir. L'actrice était annoncée comme faisant partie de la distribution d'un film policier au milieu d'autres pointures comme Elisabeth Taylor, Rock Hudson et Tony Curtis. En fait, il s'agissait d'une adaptation ciné d'un Miss Marple d'Agatha Christie, Le miroir se brisa. Dans le film, par un concours de circonstance, une femme parvient à se venger d'une admiratrice qui, bravant sa quarantaine, lui avait plusieurs années auparavant, transmis la rubéole alors qu'elle était enceinte.


Je n'ai que peu apprécié le film, long au possible, avec le coup de la rubéole qui tombe sans qu'on ait pu l'anticiper, faute du moindre indice pour amener la chose, à la fin du film. De plus, Angela Lansbury, alias Miss Marple, bien que créditée comme actrice principale au générique, n'a que de très rares scènes, sans doute pour mieux mettre en avant le duo Taylor / Hudson. Du coup, frustré par l'enquête que je juge expédiée, je me rend sur la page Wikipédia du film puis du livre pour en apprendre un peu plus. Et j'apprends qu'Agatha Christie s'est inspirée d'une histoire vraie, celle de l'actrice Gene Tierney qui avait contractée la rubéole durant l'une de ses grossesses et qui donna naissance à une enfant prématurée, sourde, aveugle et mentalement retardée.


C'est dans ces circonstances que j'ai donc découvert Gene Tierney, une actrice à la carrière écourtée , de par ses déboires privés, mais qui aura tourné avec les plus grands : Henry Fonda, Richard Widmark, Tyrone Power, pour ne citer qu'eux.

Gene Tierney, c'était aussi une femme superbe. J'avoue être instantanément tombé sous le charme. Ce qui n'aurait pas été possible sans Arabesque. Alors, merci qui ? Merci Jessica Fletcher ! 

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