jeudi 29 décembre 2016

Epistol'Arts : Rétrospective 2016


Michel et Frédérique Paulin

Je ne le fais pas systématiquement mais, de temps à autre, j'aime bien me livrer à l'exercice de la rétrospective des sujets développés sur ce blog, cela me permet de relire les billet écoulés et de me remémorer bons et moins bons moments. Comme d'habitude, si vous cliquez sur les textes bleutés, cela renverra à des billets rédigés en 2016.
Avec celui que vous êtes en train de lire, j'aurai écrit 78 billets, soit plus qu'en 2015 et 2014. Il faut malgré tout relativiser ce chiffre puisque, sur ces 78 écrits, 32 concernant l'énigme du mardi. 

Avant toute chose, s'il y a un événement que je devais retenir de cette année 2016 humainement parlant, ce serait ma rencontre avec Michel Paulin et sa charmante épouse Frédérique. La photo que je partage ici n'est pas de moi puisque je n'ai pas voulu ou osé (sûrement un peu des deux) leur demander d'immortaliser ce moment lorsqu'ils sont venus nous voir en juillet. A moins de ne pas avoir parcouru le blog cette année, pas plus que ma page Facebook, il ne vous est plus possible d'ignorer qui est Michel Paulin. Un acteur majuscule dont l'une des spécialisations est le doublage dont il est depuis plusieurs décennies une incontournable pointure.
Le petit miracle de cette rencontre n'est pas venu de moi mais d'eux. Ce sont eux qui ont eu la gentillesse de me contacter suite à un billet que j'avais écrit sur Michel il y a deux ans. Ce sont toujours eux qui ont émis le souhait de venir nous faire un coucou. Quelques précieuses minutes forcément trop courtes mais qui n'ont pas de prix. Avec l'instant du premier échange, celui où l'on entend une voix si familière, tant elle vous a accompagné presque quotidiennement au travers de séries aussi cultes que Côte Ouest ou New-York : police judiciaire, parmi tant d'autres.
Depuis, nous avons pu garder le contact en échangeant régulièrement par mail. J'ai même reçu début août une délicate attention. J'espère vraiment que nous nous reverrons, la distance étant un frein réel, mais que cela soit possible ou non, rien n'enlèvera ces quelques moments passés tous ensemble. Finalement, je ne connais pas grand chose de Michel et Frédérique Paulin mais ils ont une place bien à part dans mon cœur. Merci mes amis.

Cette rétrospective n'ayant pas vocation à être structurée (ce serait mal me connaître), je passe du coq à l'âne en embrayant sur ma passion BD. L'année fut riche en sorties de qualité, synonymes de dépenses quelque peu inconsidérées, mais quel plaisir de lecture ! Parmi des dizaines d'acquisitions sur l'année, majoritairement de haute volée, 5 ont particulièrement retenu mon attention : 


L'annonce d'un ouvrage sur le peintre emblématique des revues Lug avait crée un séisme chez les passionnés de cette époque bénie des comics. Mais la vraie claque fut celle que j'eus en parcourant le livre en question. Un pavé d'une qualité et d'une richesse absolues. LE livre de 2016. Au bas mot.



Cette fausse intégrale (seulement 3 tomes annoncés par Urban Comics) est de toute beauté. Elle a de plus un effet madeleine de Proust indéniable en nous renvoyant aux plus belles heures du Journal de Mickey, revue dans laquelle Hägar et sa troupe officièrent pendant de longues années. Une série juste énorme ! 


Plus que cet album en soi, très agréable à suivre, c'est surtout à Zidrou (scénariste) et Simon Van Liemt (dessinateur) que je souhaite rendre hommage pour la qualité de leur adaptation. Reprendre Ric Hochet, série en perdition de surcroît, était plus casse-gueule qu'on ne pourrait le penser, surtout que le style de Van Liemt (superbe) est aux antipodes de celui de Tibet. Après deux albums très maîtrisés, la machine est sur les rails. Si le public suit, Ric Hochet pourrait bien nous régaler de longues années encore. Croisons les doigts ! 


Jérôme, c'est à la fois un talent fou et une vraie gentillesse. Sweet Savage est un art-book de toute beauté et,là encore, une madeleine de Proust permanente des séries animées de notre enfance. C'est aussi bien plus que cela puisque Jérôme a aussi ses univers propres. 2017 devrait être l'année d'une collaboration fructueuse puisque ce ne sont pas moins de 3 commandes qui devraient s'étaler jusqu'en décembre prochain. Je vais devoir réorganiser mes surfaces murales en profondeur mais le résultat devrait être à la hauteur des aménagements. Par contre, je vais devoir faire du ménage parmi les œuvres existantes, J'ai pas fini de gamberger...



Parmi les adaptations initiées par Glénat, celle-ci a nettement ma préférence, et de loin ! Trondheim (scénario) et Kéramidas (dessin) proposent une oeuvre au charme fou. On ne s'ennuie pas un instant, le dessin de Kéramidas est exceptionnel. Un achat indispensable.





Et puis, un peu à part, il y a Leonard Cohen, dont la disparition en novembre dernier m'aura plus secoué que je ne l'aurais pensé. Plus que son ultime opus, You want it darker, superbe bien que je n'en saisisse pas toutes les subtilités de par mon incompréhension partielle de l'anglais, j'attends surtout la sortie d'une intégrale véritablement complète qui ne manquera pas de débarquer en 2017, opportunisme commercial oblige. Toujours est-il que je ne me souviens pas avoir autant écouté un artiste depuis de longs mois maintenant. Même Bashung, mon autre référence majuscule, n'avait pas connu un tel engouement d'écoute de ma part, bien qu'il tournât lui-aussi en boucle pendant longtemps, laissant un fort sentiment d'absence encore vivace aujourd'hui ! 

Cette rétrospective serait incomplète sans l'évocation d'événements tragiques qui entretinrent quelque peu la morosité ambiante. Des familles décimées en Belgique, en France, en Allemagne, en Syrie... sans l'espoir de lendemains meilleurs tant nous sommes sans solution face à des fous qui n'ont pas plus peur de semer la mort que de se sacrifier dans leur croisade de désolation. A titre personnel, je suis surtout pétrifié d'effroi en pensant que ces attaques meurtrières pourraient devenir notre lot presque quotidien face à des kamikazes qui ne connaissent pas la peur. Comment sortir de cette spirale de feu ? Y arriverons-nous jamais ?

L'année 2016 aura vu aussi des personnes plus ou moins proches s'en aller. Notamment mon beau-père Alexandre, enfin libéré de son calvaire, parti en mars, entre tristesse, manque et soulagement. Et puis la disparition de Chloé, une adorable demoiselle pleine de vie d'à peine 20 ans et d'une gentillesse absolue, dans ce que la mort a de plus injuste. Je pense souvent à elle, à sa voix, son sourire. Je la connaissais finalement peu mais qu'est-ce qu'elle me manque ! 

Et puis, des choses forcément plus terre à terre... Mes doutes "professionnels" après de belles satisfactions, mon "deuil" d'une présence paternelle que je sais désormais ne jamais avoir, une santé vacillante, un moral en berne, une motivation fluctuante... Je vais devoir me faire violence en ce début d'année, sans avoir pour autant prise sur tout. Il va y avoir une part d'inconnu non négligeable avec laquelle je vais devoir composer.

Et donc ce blog. Qui vit ou vivote selon les jours, le moral et la disponibilité de votre serviteur. Mais dont j'ai quand même besoin. Il me permet de coucher sur écran quelques tranches de vie, avec plus ou moins d'épaisseur ou d'intérêt pour ceux qui me lisent. Ressusciter quelques rubriques ("En trompe l’œil" notamment, ou "Deux acteurs, un rôle, une voix") m'a aussi permis de retrouver une inspiration salutaire. 

Voilà, c'était mon ultime billet en 2016. On se retrouve en 2017. Il n'y en a plus pour bien longtemps.
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mercredi 28 décembre 2016

Correspondances posthumes


Jean-François,

Tu n'auras pas pu exaucer ton souhait de t'en aller aussi rapidement que tu l'aurais voulu, encore que, pour nous, ce sera toujours trop tôt. Mais enfin, nous y sommes. Te voilà parti et nous sommes désormais tous un peu orphelins de toi désormais.
A peu de choses près, c'est approximativement à mon passage à l'âge adulte que tu as commencé à glisser, de manière imperceptible tout d'abord puis de façon plus marquée ensuite. J'y reviendrai mais du coup, si tu le permets, c'est le Jean-François de mon enfance et de mon adolescence que je garderai durablement dans mon cœur. Celui qui foutait du sable dans mon maillot en bord de mer, celui qu'il me tardait tant de revoir à chaque période de Noël, porte de la Chapelle à Paris, celui qui était si présent pour nous tous et que, simplement, j'aimais profondément.
Entre-temps, il y a eu le drame de ta vie. Un drame dont on ne peut mesurer l'impact et toutes les conséquences qu'il implique à moins de l'avoir soi-même vécu. Et encore... La perte d'un enfant. Pendant un temps, tu auras réussi à donner le change. Parce que la vie continue malgré tout. Parce que tu avais d'autres enfants, ta famille, tes amis. La plaie était béante mais tu n'étais pas seul. Enfin, si. Parfois tu l'étais. malgré les gens autour.

Et puis, un peu malgré toi quand même, tu as du t'en aller. L'héritage de la maison de belle-maman a été un cadeau empoisonné. Dès lors qu'il t'a fallu quitter la région parisienne pour cette bâtisse lugubre du Val-de-Marne, les dès étaient jetés mais nous ne le soupçonnions pas encore. La déprime a posé ses jalons, la maladie aussi, tandis que la plaie jamais cicatrisée de la disparition de ta petite Nathalie t'engloutissait désormais tout entier. Tu ne t'es sans doute pas assez battu pour ceux qui restaient, tu n'en avais certainement ni le courage, ni la force. Tu sais, je suis allé te voir cette année au mois d'août. Bien malin qui pourrait dire si tu m'avais seulement reconnu ou pas puisque, déjà, tu ne t'exprimais plus ou si peu. J'avais prévu de te parler, de créer un déclic qui te sortirait de ton silence mais il m'a suffit de te voir quelques secondes pour savoir que finalement, je ne te dirais rien.
Par contre, j'ai pu voir la maison dans laquelle tu vivais. Immédiatement, je l'ai eue en horreur. je n'aurais pas pu y passer ne serait-ce qu'une nuit. Comment aurais-tu pu survivre dans un tel environnement ? Ou ne pas ruminer inlassablement ?

Aujourd'hui, des émotions s'entrechoquent dans ma tête. De la peine, de la frustration, de la colère, une sensation de profond gâchis aussi. Mais qu'importent ces sentiments puisque tu n'es plus là. On ne peut plus refaire le film.
Je ne suis pas croyant, tu le sais, mais si, après tout, il devait y avoir un ailleurs quelque part, qu'il te permette de retrouver celle qui était tout pour toi.
L'adulte que je suis avait quelque peu perdu ta trace. Mais l'enfant et l'adolescent que j'étais, et que j'espère être encore par intermittence, te seront éternellement reconnaissant d'avoir été toi. Merci et bon vent ! 


Aimée, 

Tu es partie à quelques heures de la soirée de Noêl. Depuis, nous t'avons accompagnée pour ton ultime voyage, selon la formule consacrée. Nous sommes revenus un peu remués de la cérémonie tant celle-ci était brouillonne, désorganisée et globalement dénuée d'émotion. La famille a sans doute fait ce qu'elle a pu ou ce qu'elle estimait devoir faire mais, à mon sens, tu aurais mérité tellement mieux ! 

Je te connaissais finalement assez peu, puisque tu étais de la famille de Nath, mais à chaque fois que nous nous sommes vus, il y a eu ce plaisir des retrouvailles, ce sourire qui ne quittait jamais ton visage creusé par les sillons de la vie, cette bienveillance en toutes circonstances. Je sais que tu m'aimais bien, je t'appréciais beaucoup aussi, nous n'avions pas besoin de nous le dire. Tu étais tellement contente lorsque nous sonnions chez toi pour passer un petit moment avec toi et ton vieux chien, Mimoz, que tu te confondais en remerciements à chaque fois que nous te quittions. Tu prenais toujours de nos nouvelles, toujours avec cette profonde gentillesse qui est probablement le trait de caractère que je garderai de toi. Je pense pouvoir écrire que tu as été le soleil de tant de personnes ! 
Tu sais, la dernière fois que je t'ai vue, tu ne m'as pas reconnu. Alzheimer avait fait son oeuvre. A partir de ce moment, j'ai décidé que nous ne nous verrions plus puisque notre histoire venait de prendre fin.

Tu viens de t'éteindre de la plus belle des façons qui soit, paisiblement, dans ton sommeil, dans ta 96 ème année. Une belle mort pour la belle et grande dame que tu étais. 

Tu noteras que je t'ai tutoyée. Nous le faisions parfois, nous le voulions tous les deux mais, dans la réalité, nous fourchions souvent. Cette fois, je m'y suis tenu ! 
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lundi 26 décembre 2016

En trompe l’œil (19)


(cliquez pour agrandir)

-Mince, ce n'est pas possible, refaites les tests ! ! ! 
-Les troisièmes viennent de nous arriver et les résultats sont toujours les mêmes ! Invariablement. Il faudrait les prévenir, non ?
-Surtout pas, malheureux ! Si cela venait à s'ébruiter, nous provoquerions une panique sans précédent ! Montrez-moi vos notes ! 
Sans attendre la réaction de son confrère, le professeur Sikou Yabuki lui arracha les feuillets des mains : 
-Il y a forcément une erreur ! Ce n'est pas possible ! Voyons voir... Qualités organoleptiques OK, PH neutre, chlorures et sulfates en quantité minimes, absence de substances indésirables ou toxiques, absence d'organismes pathogènes... C'est incroyable ! Nous serions vraiment en présence d'une eau potable, ici, au Japon ??? Cela pourrait être dangereux, vous croyez ?
-C'est difficile à dire... De mémoire, cela ne s'est jamais produit. Le nombre de nos centenaires a crû avec la pollution de nos nappes phréatiques. Alors, est-ce qu'une eau non viciée pourrait entraîner une tendance inverse ? Scientifiquement, la question se doit d'être posée.
Yabuki semblait perdu. Il regardait sur son moniteur les quatre hommes qui barbotaient dans l'eau, inconscients du danger qui planait au dessus de leurs têtes telle une épée de Damoclès. Une eau potable. Au Japon ! Avait-on déjà connu ça de mémoire d'homme ? Et comment faire face ?
-Vous feriez quoi, vous ? demanda t-il finalement à son assistant.
-Je pense que j'étoufferais le poussin dans l’œuf avant qu'il n'éclose. Nous sommes les seuls à être au courant et ce serait quand même bien le diable que ce ne soit pas un cas isolé. Interdisons toute baignade en prétextant des travaux d'aménagement, effectuons un drainage massif et passons à autre chose. Évitons particulièrement de communiquer, surtout au niveau de nos instances dirigeantes. Je n'ai guère envie que des têtes roulent, notamment les nôtres.
-Et si les baigneurs tombent malade ? S'ils chopent des maladies au contact de cette eau parfaite ? Ah, mais quelle saleté ! 
-Nous fausserons alors les dossiers médicaux. Abus de sushis, coma éthylique au saké ou au shochu, delirium tremens suite à une surdose de Chôdenshi Baioman ou de Sailor Moon... Ce ne sont pas les motifs officieux qui manquent ! 
-Entendu, vous avez carte blanche pour balayer tout ça d'un revers de la main et pour supprimer toutes les traces de cette étude. Vivre dans un environnement non pollué, non mais, quelle idée ! Qui ne pourrait germer que dans un cerveau malade ! Heureusement que nous avons fait preuve de vigilance ! Modestement, nous avons été héroïques sur ce coup-là ! Que deviendrait le monde sans la Science et ses fidèles serviteurs, je vous le demande ! 
Yabuki regarda une dernière fois les insouciants baigneurs, les malheureux pensa t-il, puis éteignit le moniteur. Le sentiment du devoir accompli, il sortit du laboratoire un sourire aux lèvres.
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vendredi 23 décembre 2016

Deux acteurs, un rôle, une voix


Martin Landau - Dexter & Norman Paris - Jacques Thébault





Ceux qui connaissent un temps soit peu l'immense carrière de comédien de doublage de Jacques Thébault seront sans doute surpris que je zoome sur un épisode de Columbo, "Double choc", dans lequel il donne voix française à l'excellent Martin Landau, et plutôt deux fois qu'une, puisque Landau interprète deux frères jumeaux dans cet épisode d'excellente facture.

Je dis surpris car lorsque l'on évoque Jacques Thébault dans le milieu du doublage, on pense surtout à la voix qu'il prête à Steve McQueen, Robert Conrad, Patrick McGoohan, Paul Newman... parmi des dizaines d'autres acteurs emblématiques.

A ce titre, mettre en lumière cet épisode de Columbo peut sembler un choix quelque peu curieux. Mais pas tant que cela.

D'une part parce que, comme je le disais, "Double-choc" est un des meilleurs Columbo à mon sens. Outre le fait de jouer sur l’ambiguïté des relations entre les deux frères ennemis, avec une révélation assez intéressante sur la fin quant au modus operanti, il permet surtout de savoureux numéros d'acteurs, Martin Landau et Peter Falk dans une scène culte de cours de cuisine, mais aussi Jeanette Nolan et le même Peter Falk, irrésistibles de drôlerie quand ils se donnent la répartie (la première, dans la peau d'une gouvernante rigide et maniaque, ne supportant plus les cigares du second et sa manie de déposer des cendres partout)


D'autre part parce que Columbo a beaucoup compté dans la carrière de doublage de Jacques Thébault. On ne dénombre pas moins de 13 collaborations dans le rôle de l'antagoniste principal (dont 4 où il a prêté sa voix à Patrick McGoohan et 3 à Robert Culp). Je n'étais pas dans la tête de Jacques Thébault, malheureusement disparu en 2015, mais je pense que doubler le type de criminels présents dans Columbo devait être passionnant pour un acteur de sa trempe. Car dans Columbo plus que partout ailleurs, le tueur doit dégager autant de crainte que de sympathie. Pour que le jeu du chat et de la souris fonctionne, il est nécessaire qu'une certaine empathie se crée. D'ailleurs Columbo ne sous-estime jamais ses adversaires et, globalement, il est lui-même respecté, voire même admiré parfois. En tout cas, Jacques Thébault y est à chaque fois prodigieux et on retrouve bien cette dualité dans les nuances de voix entre la froideur qui sied à un assassin et une forme de relation de confiance qui s'installe peu à peu, même si personne n'est dupe.

Enfin, je ne suis là non plus pas bien objectif mais je suis très admiratif de l'acteur Martin Landau. Je ne l'ai pas suivi dans Mission Impossible mais j'adorais Cosmos 1999. Le voir, même brièvement, dans la série X-Files (puis le 1er film) avait été un réel bonheur. A l'instar d'un Neal McDonough, il utilise un regard d'une expressivité rare pour véhiculer de nombreuses émotions. Le (double) jeu qu'il développe face à un Peter Falk opiniâtre est de haute tenue. A moins d'être réfractaire à Columbo, vous ne serez pas déçu. 

Toute juste manque t-il le chien...

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mardi 20 décembre 2016

Le mardi, c'est l'énigme !




Allez, une petite dernière d'ici Noël... Mais avant, rappel des indices de l'énigme de la semaine passée : 

Je suis un film d'animation.
Dans ma première version, je porte le titre de l'oeuvre dont je m'inspire très librement.
L'auteur de mon adaptation ne verra pas ma version définitive. Mon réalisateur, si.
Pour l'un de mes personnages, on part de 5 pour arriver à 16.
De par mon enjeu artistique national, je suis précurseur.
Je fus un projet au long cours


A titre posthume, c'est une belle revanche pour le scénariste, pour lequel des portes s'étaient brusquement refermées quelques années plus tôt.


Il fallait trouver Le roi et l'oiseau, projet au long cours initié dès 1946 pour une sortie sous sa forme définitive en 1980. Il est considéré comme le premier long métrage d'animation français. Une première version sortit en 1953, La bergère et le ramoneur, librement adaptée de l'oeuvre du même nom d'Andersen, et désavouée par Jacques Prévert et Paul Grimault, déjà aux commandes. Prévert qui, a titre posthume (il meurt en 1977), prit une revanche sur le cinéma après l'échec des Portes de la Nuit.

Allez, c'est parti pour la nouvelle énigme... sur le thème de Noël ! Elle n'est pas vraiment bien ficelée, je trouve, mais tant pis, je tente quand même ! Et puis, si c'est cadeau, je serai vraiment dans l'esprit de Noël. Bonne chance ! 

Je suis célébré dans certains pays mais pas chez nous.
Si je débarque, ce n'est pas bon signe
On m'entend arriver de loin
Combattre le mal par le mal serait plutôt bien résumé, me concernant
Je suis forcément griffu
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lundi 19 décembre 2016

En trompe l’œil (18)


(cliquez pour agrandir)

Alors quoi l'homme ? Tu vas faire comme les autres ? Rester à distance respectable ? Tu vas me fixer entre fascination, pitié et crainte sans même oser t'approcher ? Tu vas me laisser à ma pesante solitude ? Tu sais, je n'ai pas toujours été comme cela, vieux et seul. Il n'y a pas encore si longtemps, je galopais à travers vents et herbes hautes. J'avais un maître dont je crois pouvoir dire que j'étais sa fierté. Je n'étais pas parqué entre trois murs sales, humides et froids, à baigner dans mon purin en attendant une hypothétique botte de foin moisi. J'avais mon chez-moi, une belle stalle entretenue, propre et spacieuse, du fourrage de première qualité l'hiver et de beaux champs à l'herbe fraîche le reste du temps. J'étais brossé toutes les semaines et je trottais en toutes occasions, histoire d'entretenir cette musculature de rêve qui ne laissait aucune jument indifférente.

Las, tandis que, l'âge aidant, je perdais peu à peu de ma superbe, mon maître s'en est allé. Comme nous prenions soin l'un de l'autre, deux âmes solitaires qui s'étaient trouvées, apprivoisées puis aimées, nous savions que le départ de l'un entraînerait la désespérance de l'autre. Mais je ne m'étais pas attendu, les yeux encore plein de larmes, à me retrouver expulsé sans ménagement aussi rapidement. Me voilà désormais prisonnier de cet endroit sombre et glacial, seulement baigné, en de rares occasions, par de timides rayons de soleil, uniques réminiscences d'un passé ensoleillé et radieux.

Je ne sais pas ce qu'il va advenir de moi. Sans doute vais-je mourir puisque, je le vois bien, tu ne t'approcheras pas davantage. Tu ne m'emmèneras pas avec toi, pas plus que tu ne me délesteras de cette bride avilissante. Tu ne seras pas le sauveur que j'espère jour après jour. Tu ne le seras pas, non, pas plus d'ailleurs que ceux qui t'ont précédé ou qui suivront. 

Si au moins tu pouvais arrêter de me jeter ce regard vide...

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mardi 13 décembre 2016

Le mardi, c'est l'énigme !



L'énigme n'était pas prévue cette semaine mais ayant du temps entre moult examens de contrôle, autant se faire un petit plaisir coupable : celui de solliciter vos neurones pendant que les miens sont aux abonnés absents.

Je ne reviens pas sur l'énigme d'il y a deux semaines, remportée avec une facilité déconcertante par la douce Nathalie, avec l'or à la clé évidemment. Bravo la miss ! Il fallait trouver UB40 et toutes les réponses aux indices sont consultables sur la page Wikipédia.

Nouvelle énigme, nouveaux indices (médaille(s) d'or) : 

Je suis un film d'animation.
Dans ma première version, je porte le titre de l'oeuvre dont je m'inspire très librement.
L'auteur de mon adaptation ne verra pas ma version définitive. Mon réalisateur, si.
Pour l'un de mes personnages, on part de 5 pour arriver à 16.
De par mon enjeu artistique national, je suis précurseur.
Je fus un projet au long cours
A titre posthume, c'est une belle revanche pour le scénariste, pour lequel des portes s'étaient brusquement refermées quelques années plus tôt.

Vous connaissez les consignes donc à vous de jouer ! N'oubliez pas de solliciter si besoin des indices supplémentaires à partir du dimanche puis du lundi 20h pour des médailles d'argent puis de bronze.
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lundi 12 décembre 2016

Tête en travaux



Je le sentais venir depuis un moment mais cette fois, ça y est : ma caboche, pas bien en forme ces temps-ci, va devoir retrouver de sa superbe si je veux repartir de l'avant et, pourquoi pas, franchir la dernière ligne droite de mon BTS en roue libre.

Je me sentais au bout du rouleau depuis un petit moment déjà, fatigué, irascible, trimbalant invariablement mon mal-être de jour en jour, traînant une douce déprime comme l'ami Gaston ses espadrilles. Mais ce week-end, après un vendredi maussade et à flux tendu en centre de formation, genre tempête sous un crâne, j'ai décidé de stopper l'hémorragie et de me prendre en main.

C'est lorsque mon usure mentale, qui ne date pas d'hier, s'est traduite ponctuellement, il y a peu, par des migraines ophtalmiques que j'ai compris que je n'allais sans doute pas pouvoir faire la politique de l'autruche. Mais comme je reste vissé à toute heure devant un ordi, ce n'est pas facile de faire un pronostic entre fatigue visuelle et mal plus profond. 

C'est aussi au niveau de la mémoire que les choses se gâtent. Je ne mémorise plus rien. Au niveau de mon BTS, je donne encore partiellement le change en épluchant consciencieusement les annexes de mes sujets, tout en misant sur des capacités rédactionnelles plutôt bonnes pour pallier le vide de mes connaissances mais l'arbre ne saurait cacher la forêt. La vérité est que je n'y arrive plus pour le moment, ce qui rend mes sacrifices quotidiens difficiles à assumer. L'an dernier, je passais sans doute trop de temps sur mes cours, mais au moins ça finissait par rentrer et les résultats suivaient. Là, je n'ai pas l'impression d'avoir fléchi en volume de travail mais l'apprentissage ne se fait plus. Du coup, l'envie, la motivation et la concentration en pâtissent. De la même façon, parce qu'il n'y a plus ce retour sur investissement, je vis plus douloureusement qu'avant d'être séparé de ma chère et tendre cinq jours sur sept.

Pour autant, il n'est absolument pas question pour moi de renoncer. L'enjeu est trop important, j'apprécie majoritairement ce que l'on m'enseigne et je pense avoir montré que j'avais ma place dans ce cursus. Mais je dois couper, me ressourcer, trouver des solutions et me remotiver.

Tout un programme...

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