dimanche 31 décembre 2017

Rétrospective : mes coups de coeur 2017


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BD

L'année 2017 fut pour moi très riche dans ce domaine avec : 

-l'exposition consacrée à Gorgio Cavazzano qui a beaucoup œuvré pour Disney
-la découverte des talentueux Didier Quella-Guyot et Sébastien Morice au travers notamment de trois œuvres majuscules : Papeete 1914, Facteur pour femmes et L'île aux remords.
-ma rencontre avec le très doué Franck Biancarelli
-mon petit blues du moment, en avril, lorsque j'ai pris conscience que je n'avais personne avec qui partager ces bons moments de lecture BD parmi mon entourage
-un vrai coup de cœur pour Couleurs de Sylvain Escallon
-ma toute première planche originale, vraie madeleine de Proust de surcroît
-le talent et le cheminement artistique de Fred-Ian
-la découverte de Laurent Lefeuvre au travers de trois BD fortes : Tom & William, Fox-Boy et Comme une odeur de diable
-la sortie du Comics Signature 2 avec toujours Neofelis Editions aux commandes d'un numéro d'exception
-ma première oeuvre signée Jérôme Alquié aux couleurs d'Ulysse 31
-le retour de François Roussel au travers d'une adorable aventure jeunesse Le Grand jour
-le sanglant tome 2 de Katanga par les toujours inspirés Nury et Vallée

+ toutes les BD ou ouvrages sur la BD que je n'ai pas référencés ici, soit par manque de temps, soit par retard de lecture (Ditko, Kirby et tellement d'autres...). Autant dire que ce blog devrait être largement alimenté en chroniques BD en 2018 ! 

MUSIQUE

Je n'ai fait que très peu de billets estampillés musique en 2017 mais il y a eu pour moi deux albums majuscules : 

-le premier album des Tourneurs Phraseurs, coup de coeur absolu
-le nouveau Bernard Lavilliers qui est un diamant brut. Je n'ai pas pris le temps d'en parler sur ce blog mais je le ferai probablement tant je trouve que c'est l'un de ses tout meilleurs albums.

Et puis, j'avais parlé l'an dernier de l'album La vie (titre provisoire) de François Morel. J'ai eu la chance cette année de l'écouter en concert et de le rencontrer à l'issue de sa prestation. Quelques heures précieuses. Faut dire que j'adore l'artiste depuis tellement longtemps ! 

FILMS / SERIES

Trois gros coups de coeur en 2017, bien que certains datent déjà de quelques années. Ce n'est pas fait exprès mais ce ne sont que des films d'animation, genre dont je m'étais quelque peu détaché. J'ai bien fait d'y revenir : 

-La Tortue Rouge, sublime film sans la moindre ligne de parole. Il faut adhérer à ce parti pris mais sinon, c'est que du bonheur.
-Ma vie de Courgette, vu par hasard dans la foulée et que j'ai a-do-ré ! Superbe ! 
-Le Tableau : je consacrerai très bientôt un billet à ce film étonnant et passionnant mais si l'occasion se présente, ne passez surtout pas à côté de ce bijou ! 

Côté séries, je n'ai pas souvenir d'avoir rédigé de billet dédié en 2017 mais deux séries seront à l'honneur début 2018 : la palpitante mini-série Mr Mercedes, adaptée de l'oeuvre de Stephen King, et la désormais incontournable série (pour moi) Blue Bloods. On en reparle bientôt...

SPORT

Hormis le 4e sacre de Lewis Hamilton en F1, toute mon attention s'est portée sur la renaissance de Federer. Mal en point en 2016, Roger a connu un premier semestre 2017 époustouflant avec deux nouveaux titres du Grand Chelem dans son escarcelle à plus de 35 ans : l'Open d'Australie puis Wimbledon, portant sa moisson à 19 titres. Sans compter 5 titres supplémentaires sur l'année. Le Maestro nous a régalés en 2017 et il pourrait avoir encore une carte à jouer en 2018. A voir...

L'AUBRAC

Nath et moi aurons vécu de bien beaux moments de dépaysement en 2017, que ce soit en Aveyron, essentiellement avec notre ami Denis, dans le Limousin avec les très prévenants Michel et Frédérique ou dans le Larzac. Mais au niveau paysages, c'est l'Aubrac qui remporte la palme, été comme automne.

COUP DE COEUR 2017

Pour Sandrine Rousseau, victime d'un acharnement d'une violence inouïe sur le plateau d'On n'est pas couché. Cette femme pleine de courage et à la parole aussi utile qu'indispensable est ressortie grandie d'une joute indigeste orchestrée par Ruquier et ses snipers Angot et Moix. Ce n'est pas la moindre de ses qualités que de n'avoir pas fait dans la surenchère, à chaud comme à froid. Total respect, madame, pour ce que vous êtes, et pour ce combat que vous n'avez pas choisi mais que vous portez si bien.

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dimanche 24 décembre 2017

Les deux femmes de ma vie



Hier, samedi 23 décembre, ce n'était pas encore Noël et pourtant, c'était tout comme. 

Une soirée à 3, toute simple, à partager un bon repas autour, notamment, d’huîtres, et à se prélasser, affalés sur le canapé, devant Prodiges, le concours annuel classique de danse, chant et instrument sur France 2, avant de s'affronter au Rummikub.

Finalement, l'important n'était pas tant ce que je faisais ce soir-là que des personnes avec qui j'étais. Avec ma femme et ma mère, j'ai passé un excellent moment de partage, d'échanges, de complicité. D'amour.

Avec ma chère et tendre Nath, cela peut sonner comme une évidence, même si on ne parcourt pas 20 années d'une vie sans heurts, doutes, compromis et remises en question... Mais l'amour a toujours été là, le désir mutuel de se protéger l'un l'autre et d'aller de l'avant ensemble aussi. Quand on partage des instants qui nous semblent plus précieux que d'autres, cela ne fait simplement que confirmer l'évidence d'être à deux. Tout n'est pas simple mais finalement, à deux, rien n'est vraiment compliqué. Ne pas être seul, c'est déjà tellement en soi.

Avec ma mère, c'est autre chose. Il y a eu des clashs, des incompréhensions, des non-dits, des comportements ou des mots qui faisaient mal. Il y a eu des ruptures parfois longues dans le temps. Il y a eu des difficultés à trouver chacun sa place, en tant que personne mais aussi vis-à-vis de l'autre.

Progressivement, il y eut l'apaisement. Cela ne réglait pas tout mais redistribuait les cartes. Personne n'avait été parfait mais, probablement, chacun avait cherché à faire de son mieux, avec sans doute des perceptions différentes d'une même situation.

C'est d'autant plus prétentieux que je ne suis pas encore travailleur social mais je pense que les rencontres que je fais au travers de mes stages professionnels m'amènent davantage à me questionner qu'auparavant. Je reste probablement impulsif mais plus ouvert, plus curieux, moins tranché dans mes certitudes. Dans ma vie, j'ai fait des erreurs qui, pour certaines, me pèsent désormais et font que je voudrais bien rembobiner le film. A une époque encore pas si lointaine, je ne me serais jamais retourné.

Plus que jamais, je n'oublie pas que ma mère fut la seule à m'élever au prix de probables durs sacrifices dont je ne mesure vraisemblablement encore aujourd'hui que partiellement la portée. 

Plus que jamais, je prends conscience que si ma mère a longtemps considéré ma cousine comme sa fille, ce qui fait que j'en ai longtemps voulu à la première tandis que je haïssais la seconde, c'est surtout parce qu'une fausse-couche l'aura privée d'une fille et moi d'une sœur. Derrière ce sentiment d'abandon que j'avais, il y avait avant tout la souffrance et la détresse d'une mère qui perdait tragiquement un enfant et qui retrouvait chez cette nièce un peu de ce qu'elle n'aurait jamais.

Aujourd'hui, j'ai des rapports épanouissants avec ma mère et j'en suis tellement content. Pour le reste, elle a sa vie comme j'ai la mienne et nous évitons de trop interférer dans l'intimité de l'un comme de l'autre mais ce retour à une vraie complicité, à une vraie proximité, à un vrai sentiment de prendre du plaisir ensemble n'a pas de prix.

Hier, samedi 23 décembre, ce n'était pas encore Noêl et pourtant, c'était tout comme.

J'avais juste le bonheur finalement indescriptible d'être avec les deux femmes de ma vie.

Deux femmes que j'aime plus que tout.

Bonnes fêtes à tous...

samedi 2 décembre 2017

Scotch-Man



Stan Lee, toujours gaillard du haut de ses 94 printemps, expliquait dernièrement la genèse de Spider-Man et notamment comment, au départ, l'idée d'appeler un type ayant le pouvoir de coller aux murs Spider-man, avait semblé grotesque à son patron et éditeur Martin Goodman.

Peut-être aurait-il du se pencher sur un gars qui aurait eu le pouvoir de coller plus vite que son ombre tout types d'objets. Quelqu'un qui ferait en un temps record des emballages blindés, scotchés de partout, avec une maîtrise qui étendrait sa popularité au monde entier. Quelqu'un que l'on adulerait, que l'on s'arracherait dès lors que l'on aurait quelque chose à empaqueter dans les règles de l'art.

En même temps, si Stan Lee avait obliqué dans cette voie, il n'aurait finalement rien inventé. Du coup, il n'est pas plus mal qu'il en soit resté à son idée de départ, malgré le succès modeste de cet homme-araignée, comme chacun sait.

Car Scotch-Man existe. Il tente bien de brouiller les pistes, à l'image d'un Clark Kent qui aurait toujours naïvement cru que s'affubler d'une paire de lunettes suffirait à ne pas être reconnu en tant que Superman.

Scotch-Man travaille dans une maison d'édition qui monte, qui monte. En permanence, avec ses petits doigts de fée, et toujours avec un plaisir inégalé, il façonne, que dis-je, il bichonne quantités de paquets pour ses lecteurs. Un paquet, un rouleau de scotch, c'est sa devise. Un colis de Scotch-Man, c'est une oeuvre d'art qui assure le lecteur de plusieurs heures de patience pour en venir à bout. Même quand on veut tricher avec une paire de ciseaux ou un couteau, un paquet made in Scotch-Man ne se laisse pas ouvrir comme ça ! J'en sais quelque chose ! 


Scotch-man, parce qu'il est modeste et non âpre aux gains, ne s'en vante pas mais il est à l'origine de faits marquants dans le Neuvième Art, celui si noble de la bande-dessinée. Le sparadrap dans Tintin et L'Affaire Tournesol qui rend fou le capitaine Haddock, c'est lui ! 


Le sparadrap qui fait hurler de douleur Rastapopoulos dans Vol 714 pour Sydney, c'est encore lui !


Mais le plus grand succès de Scotch-Man, c'est le sparadrap dont il a affublé Hercule, le compère de Pif. Hercule a expliqué à de nombreuses reprises combien tous ses efforts pour se défaire de l'indésirable sparadrap avaient été vains ! Avec du recul, il ne regrette pas d'avoir échoué, tant il est désormais identifiable immédiatement de par cette singularité : "Mon succès, je le dois à Scotch-Man, et je lui serai éternellement redevable d'avoir changé ma vie et d'avoir fait de moi une star". Belle preuve de reconnaissance ! 

Quant à moi, j'ai cette chance de connaître ce personnage hors du commun depuis quelques années désormais. Bon, je ne l'ai certes jamais rencontré. Mais ses paquets d'orfèvre me sont arrivés à plusieurs reprises, toujours synonymes d'une joie indescriptible devant une telle beauté de l'objet emballé. Le dernier en date, reçu pas plus tard qu'hier, était une fois encore une oeuvre d'art ! 

Le monde a besoin de héros. Merci Scotch-Man ! 

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mercredi 29 novembre 2017

Katanga : Nury et Vallée au meilleur de leur art !



J'ai écumé mon blog de long en large mais non, aussi incroyable que cela puisse paraître, je n'avais jamais évoqué la sortie de Katanga, la nouvelle tuerie scénaristique et graphique signée Fabien Nury et Sylvain Vallée, les deux compères du cultissime thriller historico-politique en 6 tomes, "Il était une fois en France".

Heureusement, je vais pouvoir me rattraper puisque le tome 2 (sur 3 prévus) vient de montrer le bout de son nez, à peine un an après la sortie du tome 1, une prouesse quand on admire le travail d'orfèvre du dessinateur Sylvain Vallée et des coloristes Jean Bastide et Luc Perdriset.

Retrouver Nury et Vallée ensemble est toujours un réel plaisir, un gage de qualité absolu mais il ont chacun collaboré de leur côté à de bien belles choses. De Fabien Nury, j'avais tout particulièrement apprécié La Mort de Staline (2 tomes) et Mort au Tsar (2 tomes également) avec le toujours formidable mais trop rare Thierry Robin (Rouge de Chine). De Sylvain Vallée, j'avais adoré le trait et le dynamisme sur le volet de XIII Mystery consacré à Betty Barnowsky, alors que j'avais pourtant depuis bien longtemps abandonné la série principale. Autant prévenir tout de suite : je ne peux pas être objectif sur Sylvain Vallée dont je considère, et je pèse mes mots, qu'il est l'un des dessinateurs actuels les plus talentueux, si ce n'est le plus talentueux. Son dessin semi-réaliste est d'une expressivité folle, sa mise en scène est toujours très inspirée, pleine d'audace et imprime un rythme d'enfer à l'histoire, quelle qu'elle soit.

Et autant dire que Nury a donné à son comparse Vallée de quoi s'en donner à cœur-joie. Katanga est un concentré de bruit et de fureur, de violence, d'explosions, de magouilles, de trahisons, de charme aussi. Autant de moments de bravoures pour lesquels Vallée façonne à chaque fois un écrin sur mesure, tant le monsieur est inspiré. Et que dire de la maîtrise scénaristique de Fabien Nury qui ancre toujours ses histoires dans une profonde réalité historique qu'il malaxe ensuite à loisir pour faire d'un univers existant le sien, peuplé d'êtres belliqueux sans foi ni loi, de barbares toutes machettes dehors de personnes avides, de femmes aussi belles que mystérieuses, offertes autant que vengeresses. Enfin, il est surtout question d'une ici, mais Sylvain Vallée les dessine tellement bien que je m'emballe, je m'emballe...

Si le premier tome de Katanga posait les bases (et les personnages) de l'histoire, sans manquer de sel pour autant, le second tome envoie du lourd niveau action, parfois à la limite de l'overdose. Et avec tous ces protagonistes dont il n'y en a généralement pas un pour rattraper l'autre niveau magouilles , j'avoue qu'il m'est arrivé de perdre un peu le fil niveau compréhension, jamais bien longtemps néanmoins. Mais on est tellement happé par ce tourbillon de violence, par les caractères bien trempés des personnages, par les dialogues aux petits oignons de Nury que les quelques menues réserves volent en éclat.

Et le pitch, me direz-vous, alors que mon billet touche à sa fin ? Et bien, quitte à me faire traiter de paresseux, ce sont les auteurs eux-même qui vous en parleront le mieux : j'ai trouvé sur le net plusieurs courtes vidéos très bien faites et réellement passionnantes où les propos de Nury et Vallée, pas avares en anecdotes et en révélations sur leurs méthodes de travail, apportent un réel éclairage sur la genèse de leur nouveau bébé. Régalez-vous ! Et plongez ensuite avec délectation dans l'enfer de Katanga ! 

Katanga : la bande-annonce du tome 1 

Katanga : le pitch ! 

Katanga : le camp de réfugiés

La caricature dans Katanga

Katanga : les références

Katanga : la méthode Vallée



lundi 27 novembre 2017

Deux jours en Aveyron (3/3)




Après notre petite randonnée sur Aubrac, nous sommes descendus manger à Saint-Chély d'Aubrac. Nous avions passé deux nuits à l'Hôtel-Restaurant Les Coudercous et nous nous rappelions surtout qu'en plus de bien y dormir, on y mangeait bien ! Il fallut bien une cassolette d'escargots, un pavé de boeuf de l'Aubrac, l'incontournable aligot et la divine surprise gaufre à la mousse de betterave pour nous requinquer ! 



Avant de repartir en Dordogne, nous avons passé l'après-midi sur les routes automnales de l'Aveyron.


Nous avons traversé la coulée de lave de Roquelaure qui surplombe la vallée du Lot et St-Côme d'Olt. Il s'agit en fait d'un éboulis de roches basaltiques.













Ultime halte à Ste-Eulalie d'Olt avant que le soleil ne décline pour de bon.
















De belles journées, de belles couleurs, dans un département décidément cher à notre cœur puisque nous y revenons toujours avec un plaisir sans cesse renouvelé. 

Deux jours en Aveyron (2/3)



Je ne vais pas faire de longs discours (qui a dit "merci" ?) car les images se suffisent vraiment à elles-mêmes. Sur la route qui menait à Aubrac, nous sommes tombés sur de superbes volutes de brume. On aurait presque pu les toucher du doigt ! 









Vous voyez les sapins tout en haut ? Tout à l'heure, nous y serons. Et vu comment on se les gèle d'ici, ça promet ! 








Nous surplombons désormais les plateaux de l'Aubrac. C'est grandiose, surtout avec ces variations de lumières. L'Aubrac argenté est magnifique !



Le point réellement culminant du plateau est cette statue symbolisant, il me semble mais peut-être devrais-je vérifier, les épouses et mères qui attendent, avec leurs enfants, le retour des hommes partis à la guerre. L'épée semble se réfèrer directement aux Chevaliers des Templiers.



Puisqu'on vous dit qu'il faisait un froid glacial à cette altitude !








La descente vers la route fut une formalité.


Dernier regard sur notre petite escapade du jour.

A suivre...

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