dimanche 5 novembre 2017

Fullmetal Alchemist par Kotobuyica



Je n'achète quasiment plus de figurines, d'une part parce que depuis quelques années je suis revenu à mes premières amours, la BD, d'autre part parce que ça reste un budget conséquent à chaque fois et enfin parce que ma situation actuelle ne se prête pas trop à ce type d'excès. Mais enfin, à quoi serviraient les petits plaisirs coupables s'ils ne l'étaient pas, coupables ?

Je ne suis pas tellement friand des productions animées japonaises, hormis les chefs-d'oeuvre des films d'animation du studio Ghibli notamment, mais j'avais adoré les séries Fullmetal Alchemist et Fullmetal Alchemist Brotherhood. Elles ont toutes deux quelques années désormais mais l'engouement qu'elles suscitent ne se dément pas et, aujourd'hui encore, des figurines pointent encore le bout de leur nez concernant cette licence.

J'ai donc craqué sur celle-ci, créée par le fabriquant Kotobuyica, achetée à la désormais incourtournable boutique Misu-Shop à Périgueux, tenue par Michel / Misu, toujours de bons conseils.
Comme à chaque fois que j'achète une figurine, il se passe toujours un temps plus ou moins long entre le moment où je me la procure et le moment où je la déballe. Car si certains adorent cette phase de déballage, moi, je la redoute à chaque fois. Il faut avoir acheté au moins une fois dans sa vie des produits Fariboles, emballés dans du grand n'importe quoi, pour comprendre. Bref, c'est une phase stressante avec toujours l'angoisse de la casse. Donc je la repousse toujours un peu. Mais enfin, au bout d'un moment, faut bien se lancer. C'est parti ! 


Ceux qui me lisent fréquemment et qui m'attendent au tournant vont encore se dire, vilaines langues qu'ils sont : "encore une édition limitée ! Ça t'apporte quoi ? Je ne comprends pas cet aspect du collector à tout-va"... et patati, et patata... Donc oui, cette édition est limitée mais cette fois l'apport est réel par rapport à la version standard. Dans la version classique, le socle ne figure pas. Et quand on sait que ce socle renferme l'un des deux personnages principaux de l'anime, on comprend vite qu'il n'y avait pas vraiment de choix possible.


Côté déballage, pas d'angoisse à avoir avec ce fabriquant : emballage bien pensé, scotch à gogo, rien ne risque de casser ou de se balader. Il faut juste être patient pour tout enlever précautionneusement mais sinon, c'est du velours. En plus , j'ai fait ça en écoutant le sublime troisième album classique des soeurs Bertholet, royal ! 


Le type de doc bien flippant : une notice de montage. Heureusement, je n'ai pas eu à l'utiliser. C'est juste pour le cas où je voudrais utiliser le deuxième buste interchangeable de Edward. Pas prévu dans l'immédiat. Cela dit, ça a l'air simple comme tout. Kotobuyica, c'est vraiment top ! 


Devant comme derrière, c'est blindé de protections, rien à dire !


Je n'aime pas déballer mais, quand la figurine se dévoile, ça fait quand même quelque chose. J'avais beau l'avoir étudiée sous toutes les coutures sur Internet, ça n'a rien à voir.


Edward Elric, c'est le blond. Alphonse Elric, c'est le frangin en armure, prisonnier dans la roche. Je pourrais développer mais l'intérêt n'est pas ici. En tout cas, la représentation est superbe ! 


A côté, le deuxième buste. J'y reviendrai plus tard.





Quelques photos des deux frères. J'adore la fidélité à la série, le choix des poses, le respect de l'univers, la qualité de l'ensemble.


La figurine en bonne place dans mon bureau / QG. Quand je suis assis, elle est juste à hauteur d'yeux.






En bonne place aussi par rapport à ses copains de voisinage, entre du Albator, du Ulysse 31 et du Zelda (superbe pièce, déjà acquise quelques mois plus tôt chez mon pote Michel de Misu-Shop)



Le buste de rechange est de toute beauté aussi, avec un Edward en mode d'attaque. Je pourrai à l'occasion varier les plaisirs.





Bref, une superbe pièce qui fait que j'ai désormais du Fullmetal Alchemist à tous les niveaux : à l'étage donc avec la figurine présentée dans toutes les largeurs aujourd'hui... et au rez-de-chaussée, avec les deux RAH (Real Action Figure) de chez Medicom. 

samedi 4 novembre 2017

L'art délicat du démarrage en côte



Après les 3 mois passés entre euphorie, repos et ennui qui ont suivi l'obtention de mon BTS ESF, c'est avec envie et gourmandise que je m’apprêtais à reprendre le collier pour une ultime année d'études décisive. 

Si les premiers jours de formation ont confirmé que les contenus de 3e année m'intéressaient encore plus que ce que j'avais emmagasiné jusqu'alors, je me suis très vite rendu compte que quelque chose n'allait pas : les journées me semblaient s'étirer au possible alors qu'elles étaient pourtant vraiment intéressantes, je me sentais fatigué, désorganisé, perdu autant que frustré par cette sensation bizarre de flottement que je ne comprenais pas. Le pire venait après : que ce soit en soirée ou pendant les week-end, pas moyen de bosser, d'ouvrir un livre, de confectionner mes précieuses fiches ou que sais-je encore... J'avais pourtant du temps mais non, décidément, je n'étais capable de rien. Je ne comprenais pas. Si les contenus m'avaient déçus encore... Mais c'était tout l'inverse.

Lorsque j'ai commencé le stage, mêmes impressions. J'ai très vite aimé la structure, les missions, l'équipe et l'engagement à mon égard. Les journées étaient très agréables et j'avais d'autant moins de raisons de me plaindre qu'on me consacrait énormément de temps pour que je puisse prendre mes marques. Mais de la même façon que lors de mes sessions de formation, je n'arrivais plus à m'impliquer dès lors que je quittais l'enceinte de l'établissement. Sauf qu'au bout d'un moment, quand on suit une formation de niveau et d'exigence licence (avec un diplôme d'Etat au bout quand même) et qu'une structure professionnelle vous accorde sa confiance, il faut quand même donner beaucoup plus de sa personne, en dedans comme en dehors. Sinon, cela finit par se répercuter sur tout le reste. Et s'il y a bien une hantise que j'avais, c'était de finir par décevoir. Quand votre comportement n'engage que vous, ça va encore mais dès lors qu'il implique d'autres personnes, ne pas être digne des attentes devient insupportable. Du coup, on se remet un coup de pression pour la route et c'est un cercle sans fin qui commence.

D'où cette métaphore du démarrage en côte. Après le BTS, je m'étais rapproché des sommets mais, dès lors que j'ai du redémarrer et aller de l'avant pour franchir le dernier col, je me suis mis à patiner lamentablement. J'ai même du user du frein à main le temps de reprendre mes esprits mais je ne repartais pas pour autant. Derrière moi, le chemin accompli. Devant, celui qui m'était promis et qui semblait soudain se refuser à moi.

Et puis, il y eut le déclic, enfin, mercredi dernier. L'envie est revenue, le plaisir aussi, l'implication, les questionnements (ceux qui vont dans le bon sens évidemment, plus ceux qui vous triturent la tête). Bien évidemment, cela amène à rester vigilant mais j'ai vraiment l'impression d'avoir repris ma progression et d'être désormais sur les rails. Ben oui, après la voiture, le train, je reste dans la thématique. En tout cas, je suis revenu jeudi gonflé à bloc et, surtout, soulagé. Extrêmement soulagé.

Je dois dorénavant continuer à avancer tout en apprenant aussi la patience. Car il arrive de temps en temps que je me braque. Je voudrais être performant tout de suite parce que je considère avoir mis du temps à l'allumage mais ce n'est pas aussi simple : je dois produire efficacement et continuer d'apprendre, accepter d'être perfectible pour être meilleur ensuite. Un cheminement parfois sinueux mais pour lequel, en dedans comme en dehors, j'ai la chance de ne pas être seul. Il faut juste que je joue un peu sur les rapports, entre coups d'accélérateurs, quelques freinages tout en maîtrise et un savant dosage d'embrayage.

Maintenant que je tiens mon petit rythme de croisière, y'a plus qu'à ! 


dimanche 29 octobre 2017

Gaston : La Galerie des Gaffes (collectif)


(cliquez sur les images pour agrandir)

A l'occasion des 60 ans de Gaston Lagaffe, orphelin depuis 20 ans de son papa André Franquin, 60 auteurs ont décidé de rendre hommage à ce personnage emblématique et haut en couleurs de la BD belge. Entreprise risquée s'il en est et d'ailleurs l'exercice n'évite pas quelques écueils, notamment lorsque les dessinateurs s'éloignent un peu trop du trait de Franquin (certaines planches étant de surcroît visuellement bâclées) mais surtout de l'esprit de Gaston Lagaffe. A ce titre, il y a des gags vraiment décevants, honteusement expédiés et que l'on ne peut cautionner même si un hommage est avant tout infiniment personnel. Entre travail de commande et authentique respect de l'oeuvre de Franquin, on s'y perd parfois...

Mais, en refermant l'ouvrage, on est finalement surpris de constater qu'il y a de belles choses, de très belles choses même. Suffisamment pour encourager l'achat de ce recueil sans guère de réserves. Les quelques pépites de l'album rattrapent le reste et ce sont ces gags inspirés qui resteront. Par contre, s'il a évidemment fallu faire un choix pour sélectionner 60 auteurs, il est des absences que l'on s'explique assez difficilement tandis que certaines présences apparaissent comme largement dispensables. Je ne citerai pas de nom, dans un sens comme dans l'autre, cette critique étant largement subjective mais bon, c'est un peu frustrant tout de même.

J'ai sélectionné quelques planches parmi celles qui me semblent globalement incontournables. Que cela ne vous dispense en rien de vous procurer l'ouvrage, mes goûts personnels n'étant pas forcément susceptibles d'être représentatifs des vôtres. 

Delaf, que je ne connaissais absolument pas, signe ce qui est à mon sens la pièce maîtresse de ce recueil. Hormis le dessin d'une fidélité absolue, bel hommage au côté maniaque de Franquin qui cent fois sur le métier remettait son ouvrage, Delaf pond un gag extraordinaire et tellement dans l'esprit du maître que ça en est immédiatement émouvant. Je me considère comme un puriste concernant Gaston mais si la série devait finalement perdurer grâce à lui (on peut rêver), je crois que je m'en accommoderais sans souci.

Cromheecke et Sti signent une planche absolument dans l'esprit du matériau original, tout y est : l'humour, les jeux de mots aussi faciles que drôles et le sempiternel échec de signature des contrats. Mais alors, le dessin, je n'y arrive pas. Pas au point néanmoins de gâcher mon plaisir mais c'est vraiment parce que le gag est bon ! 

Trois gags, parmi d'autres, qui sont aussi pleinement dans l'esprit de l'univers de Franquin. Que ce soit au sein de la rédaction ou dans la Fiat de Gaston, ces saynètes nous semblent tellement familières. Côté dessin, c'est plus ou moins inspiré mais il y a là-aussi de très belles choses. 

Petit chef d'oeuvre signé Pascal Jousselin. Un petit bijou de poésie et d'émotion, avec un clin d’œil à la fameuse scène où Gaston, endormi au beau milieu de centaines de livres dont il avait en charge le rangement, dégageait une telle sensation de bien-être que personne n'avait à cœur de le réveiller. Et superbe illustration de l'impact de ces univers si précieux pour nous, enfants, et dans lesquels nous plongions avec tellement de gourmandise.

Rudy Spiessert livre une composition ma-gni-fi-que et inspirée des fameux running-gags sur les tenues costumées de Gaston et sur le non-moins fameux leitmotiv : "Ah oui mais... si on danse ?". Je trouve cette illustration réellement superbe.

José Homs livre un gag d'une facture très classique mais qui fait mouche. Il a surtout un trait monstrueusement fabuleux ! Sa mademoiselle Jeanne est de toute beauté ! Graphiquement, il faut vraiment que je m'intéresse à ce que fait ce dessinateur, je suis désormais officiellement fan ! 

Encore un bel exemple de planche remarquablement travaillée artistiquement, cette fois par William et Cazenove. Je n'ai toujours pas compris pourquoi la nappe prenait la poudre d'escampette mais la planche a un charme fou ! Et puis, Mademoiselle Jeanne et Gaston, ben, c'est mademoiselle Jeanne et Gaston, quoi... Indémodable ! 

J'ai mis du temps à m'attacher aux univers de Nob, le papa (c'est le cas de le dire !) de Dad. Mais alors que sa série principale me séduit de plus en plus, je trouve que les deux planches pondues pour ce recueil (seul ou avec le talentueux Alessandro Barbucci) sont remarquables. Dans la première, on retrouve toute l'émotion que Nob sait véhiculer dans ses histoires et dans la seconde, de facture certes plus classique dans son traitement, on replonge avec délectation dans le Gaston de la grande époque. La classe absolue ! 

J'ai décidé de conclure ce billet avec 4 planches inégales sur le plan graphique (celle d'Obion est néanmoins de toute beauté ! ) mais très originales quant à leur rapport avec Aimé De Mesmaeker, le célèbre homme d'affaire qui ne parvient jamais à signer ses contrats. La première (ci-dessus) est d'un cynisme absolu mais d'une remarquable intelligence. La chute est particulièrement bien trouvée. J'adore ce type de mise en abîme démontrant que l'on peut être fidèle et respectueux de l'univers de Franquin tout en se l'appropriant.

La version d'Obion traduit remarquablement l'obsession de De Mesmaeker pour Gaston qui prend désormais le pas sur celle de la signature des contrats. Une forme de pathétisme drôlement bien vue !

Toutes les conditions sont réunies pour que rien n'empêche la désormais fantasmée signature des contrats jusqu'à ce que... Prunelle craque, même en l'absence de Gaston. Mine de rien, belle revanche pour De Mesmaeker même si, définitivement, tout est à refaire.

Brillant gag de Bouzard malgré mon aversion pour son trait (et sa réappropriation de Lucky Luke). Une planche qui rappelle que finalement Gaston fut le seul, sous la plume de Franquin, à obtenir deux signatures de contrats (Qui a oublié le cosmo-coucou et la fameuse soupe ?) de la main de De Mesmaeker. Ici, Gaston, bien involontairement, inflige le coup de grâce à Fantasio en réussissant là où il a toujours échoué. Tellement bien vu ! 

Bref, après ce petit tour d'horizon, et malgré quelques réserves énoncées plus haut quant au manque d'implication de certains auteurs et à la variété parfois préjudiciable des différents univers graphiques, "Gaston : La Galerie des Gaffes" est un ouvrage que je vous recommande chaudement. D'autant plus que je suis habituellement hermétique à ce type d'initiative. Mais là, globalement, la mayonnaise prend. Alors pourquoi bouder son plaisir ?
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mercredi 4 octobre 2017

L'acharnement face à la détresse humaine



J'ai longtemps hésité avant de rédiger un billet sur le clash survenu lors de la dernière édition de "On n'est pas couché" entre Sandrine Rousseau et Christine Angot. Longtemps hésité parce qu'on en a déjà tellement parlé depuis trois jours et que je ne suis pas certain d'apporter ma propre pierre à l'édifice. Mais je reste tellement en colère que je ne peux pas faire comme si je pouvais passer outre. Je ne peux pas. L'humiliation subie par Madame Rousseau, dont le seul crime fut finalement d'avoir été victime, a été un moment insupportable de télévision. Un moment interminable de bassesse humaine. Comment peut-on subir une agression sexuelle, avoir le courage d'en parler, ce qui est déjà un lourd combat en soi et une vraie leçon de courage, et devoir se justifier de la sorte sur le sens même de sa démarche ? Comment peut-on subir un tel hallali, un tel déferlement de violence quand on essaie simplement de sensibiliser autour de soi pour que de tels agissements ne restent plus impunis ?

"On n'est pas couché" a une responsabilité entière et totale face au désastre télévisuel mais surtout humain de samedi dernier. Il est hélas fort probable que Sandrine Rousseau garde une trace indélébile de ce long moment où elle s'est retrouvée seule dans l'arène face aux lions Angot et Moix, la première se montrant agressive de bout en bout tandis que le second se montrait certes moins véhément mais guère plus amical.

J'ai été déçu par Laurent Ruquier, d'autant plus déçu qu'il fait partie de ces animateurs pour lesquels j'ai un profond respect au regard de leur parcours mais aussi de l'image qu'ils renvoient. Non seulement, à aucun moment il n'a essayé d'apaiser les tensions, de calmer le jeu, encore moins de désavouer ses deux fidèles lieutenants, mais surtout il a cautionné les propos de Christine Angot en coupant la partie où, hystérique et en larmes, elle quittait le plateau sous les huées de la foule (qui a elle-aussi été censurée du coup). Par contre, l'effondrement et les larmes de Sandrine Rousseau étaient bien visibles, elles, alors que cette femme courageuse aurait mérité tant d'égards et de respect pour avoir osé témoigner d'un sujet douloureux et tellement encore tabou. Par ricochet, j'ai été déçu par la productrice Christine Barma puisque les choix de l'un ne se font jamais sans l'aval de l'autre et vice-versa.

J'ai été déçu par Yann Moix mais pas surpris. Ce type-là n'en est pas à ses premières contradictions. S'acharner sur une femme qui témoigne de violences quand on a connu des violences soi-même, je ne comprends pas. J'essaie mais non, définitivement non, je ne comprends pas. Je n'aime pas Moix qui est pompeux et arrogant au possible mais je l'aurais cru plus intelligent. Plus humain aussi. Visiblement, j'avais trop d'attentes de la part d'un gars désormais parfaitement installé dans son moule de sniper. Tant pis pour l'humain donc... Avec ce point d'orgue surréaliste lorsqu'il dit à Sandrine Rousseau : "Je n'ai pas ressenti l'agression en vous lisant ". La très très grande classe...

Et que dire de Christine Angot... ce bout de femme tellement pathétique qui a démontré combien elle était décidément une toute petite personne. Bravo pour cette belle démonstration d'intolérance, d'irrespect, d'acharnement, de minable donneuse de leçon et j'en passe... Il parait que Madame Angot aurait subi des violences incestueuses. Peut-être ne ressent-elle pas le besoin d'en parler, ou de fédérer autour d'elle, ou encore de pousser des femmes terrorisées à témoigner pour briser le tabou ? Ce choix de faire ou non, avec une méthode ou une autre, lui appartient complètement. Je ne connais pas son histoire et je ne me permettrais pas de la juger sur ce point. Mais en revanche, bon sang, quand on se retrouve face à une personne qui a connu des monstruosités similaires et qui a fait le choix d'en parler, de sensibiliser l'opinion et d'agir pour que les choses changent, Madame Angot, on soutient cette personne, d'autant plus quand on est bien placé pour connaître le combat que cela représente, on se montre bienveillant, humain, ouvert d'esprit, reconnaissant même et on respecte forcément la démarche, à défaut d'en cautionner le cheminement si celui-ci vous dérange. On soutient et mieux, on se soutient.
Je veux croire que ce ne sont pas les premiers retours négatifs des prestations globales de Christine Angot qui l'ont poussée à sortir subitement tel un diable de sa boite. Oui, depuis ses débuts, la chroniqueuse est soporifique, amorphe, cherche ses mots, parle pour ne rien dire, balance des lieux communs à tour-de-bras. Manque de pot pour Sandrine Rousseau : il a fallu que ce soit samedi dernier que le volcan, dont on ne savait même pas qu'il pouvait seulement gronder, entre subitement en éruption, recouvrant tout sur son passage, Madame Rousseau d'abord, les (télé)spectateurs complètement interloqués ensuite.

Je ne regarderai plus cette émission. "On n'est pas couché" n'est pas utile. Laurent Ruquier, Catherine Barma, Yann Moix et Christine Angot ne sont pas utiles. Médiatiquement s'entend, évidemment. Ils n'existent que pour confronter leurs égo dans des joutes d'une violence gratuite et inadmissible. Sandrine Rousseau, elle, est utile. Par son humanité, son courage, son combat, sa dignité, son altruisme aussi, en faveur de celles que l'on doit aider à ne plus se taire. Ces femmes-là, il faut les écouter, les accompagner et leur prouver que les violences ne sont pas une fatalité et qu'il peut, qu'il doit y avoir un après et des lendemains qui chantent. Il ne faut pas les museler, les dénigrer, les fragiliser un peu plus en jouant sur les mots par cruauté ou pinaillage.

Sandrine Rousseau, vous avez toute ma sympathie, et tellement plus...
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samedi 30 septembre 2017

Coup de cœur musique : Les Tourneurs Phraseurs



Il y a une semaine, j'ai découvert ce petit bijou "Absences..." et si je ne vous en parle qu'aujourd'hui, c'est d'une part parce que j'ai multiplié les écoutes ces derniers jours et d'autre part parce que, dès les premières notes, les premiers mots, j'ai eu envie de l'offrir à un ami et que je ne me voyais pas lui gâcher le plaisir de la découverte.

Aujourd'hui, je peux enfin dire tout le bien que je pense de ce très bel album qui est, de surcroît, un très bel objet. Derrière les Tourneurs Phraseurs (et je peux vous dire que leurs phrases sont sacrément bien tournées !), il y a, en plus d'une équipe de collaborateurs, un joli quatuor : Patrick Duhamel (auteur, compositeur, interprète), Pascal Martins (pianiste de haut vol), Magali Caumon (auteur de textes lus magnifiques et sculptrice, entre autres, sur scène lorsque le groupe se produit) et Anaïs Vaillant (clarinettiste). Et quelques autres sans lesquels les chansons ne seraient pas ce qu'elles sont : Laurent Souvent, Miguel-Angel Beaumont, Philippe Allaire... Je ne peux pas et je ne vais donc pas citer tout le monde mais Absences... est le résultat formidable d'un travail d'équipe, d'un artisanat au sens le plus noble du terme, de sensibilités d'artistes au diapason.


Soyons honnête : j'avais initialement acheté l'album par curiosité et par un profond respect de cette démarche artisanale. Aussi parce que je connaissais, même si d'assez loin, Magali. Jamait nous avait rapprochés sans que je me rappelle trop des circonstances. Lavilliers aussi. La beauté de ses mots et de ses engagements avait fait le reste. Il ne nous reste désormais qu'à briser les barrières du virtuel, nul doute que ce sera pour bientôt. Toujours est-il que, connaissant ses talents d'écriture et ayant appris qu'elle lirait certains de ses textes sur le CD, je ne pouvais que franchir le pas. Mon délai de réflexion n'a pas été bien long.


Et c'est peu de dire que j'ai été bien inspiré de suivre mon instinct. Rien qu'en sortant le CD de son enveloppe, j'ai su que je tenais entre mes mains quelque chose de très particulier, de très soigné, de très cohérent artistiquement. Le contenant était de toute beauté. Mais alors, le contenu... ! ! ! 

Rarement un album m'aura autant séduit dans sa globalité. Il y a des chansons qui ont ma préférence, ou qui ont une charge émotionnelle un poil plus forte en fonction de ma propre sensibilité, mais aucune, je dis bien aucune, ne me déçoit ou me laisse indifférent. Parce que j'aime l'écrit, parce que j'aime les mots, sans avoir ne serait-ce qu'une once du talent de Patrick Duhamel, j'ai immédiatement été happé par ses textes ciselés plein d'humanité. Car oui, l'humain est la colonne vertébrale de cet album. Certains morceaux sont à ce titre particulièrement engagés (même si je n'aime guère ce terme que l'on galvaude trop souvent) mais jamais militants à l'excès. Ils épousent simplement des convictions profondes. La chanson "40 000 enfants" est un titre qui remue longtemps, durablement, et malgré sa dureté et son constat implacable, c'est une oeuvre magnifique. J'ai "les poils" à chaque fois que je l'écoute. Et des titres qui me bouleversent, il y en a tant tout au long de l'écoute. Sans même parler des deux reprises de l'album dont le superbe Mon voisin est mort de Lény Escudero, une si émouvante découverte pour moi, et tellement lourde de sens par les temps qui courent...


L'amour, l'amitié, la solitude, le temps qui passe, l'absence, le plaisir dans ce qu'il a de plus charnel, la peur de l'autre... sont autant de thèmes universels qui trouvent ici un écrin parfait. La voix de Patrick est très agréable et, si je n'aime pas faire de comparaisons, je n'ai pu m'empêcher, en certaines occasions, d'avoir le sentiment d'y retrouver un peu du timbre pétri d'authenticité de Pierre Bachelet. En tout cas, c'est une voix remarquable qui fait désormais partie de mon quotidien. Car c'est un album qui a tourné en boucle toute cette semaine et dont je n'ai pas fini de percevoir toutes les subtilités et les richesses. 

Je pourrais continuer des heures, il y aurait tant à dire... mais le mieux serait encore que vous découvriez Les Tourneurs Phraseurs par vous-même. Si vous voulez franchir le pas, je peux servir d'intermédiaire dans la mise en relation sinon, encore plus simple, vous pouvez utiliser les deux options de contact suivantes : 
lestourneursphraseurs@orange.fr
http://lestourneursphraseurs.e-monsite.com

Pour ma part, la prochaine étape sera d'essayer de les découvrir sur scène. Je ne peux que vous souhaiter d'avoir cette chance. En attendant, pour que vous puissiez mettre quelques mots, de la musique et une voix sur mes propos, je vous laisse avec Patrick Duhamel et Pascal Martins pour une version live et intimiste du magnifique mais dramatique "40 000 enfants". Ecoutez bien... 


jeudi 28 septembre 2017

Ben alors, on termine comme ça ?




Alors oui, elle se voulait un peu particulière, un peu originale dans sa conception comme dans sa résolution, histoire de finir en beauté. Mais de là à ce que personne ne s'aventure avec succès dans les méandres de mon cerveau dérangé, là, franchement, je suis tout chose.
 
Rappel des indices (y compris les deux supplémentaires)
 
A moi si c'est entre nous
Tout si avec excès de zèle
A deux ou davantage, il permet de s'y rendre toujours sur le même mode.
Attention si entrée en gare ! 
+
Parfois, en fonction de la place que j'occupe évidemment, il se peut que je me devance ou me succède immédiatement
Si je plais, c'est pour la politesse que j'inspire
 
Quand je pense qu'avec tout ça, vous n'avez même pas été fichus d'être sensibles à l'hommage que je vous rendais ! Car c'est bien de VOUS qu'il s'agissait mes chers amis d'un jour comme de toujours ! VOUS !
 
De VOUS à moi, c'est entre nous...
Je suis tout à VOUS si je fais preuve d'excès de zèle !
Il faut être deux ou plus pour se retrouver au rendez-VOUS ce qui peut-être très agréable malgré un mode impératif limite agressif. Rendez-vous, rendez-vous, hého, si je veux, d'abord !
Gare à VOUS = attention !
De temps en temps, VOUS VOUS dites ou VOUS VOUS plantez, parfois lamentablement comme cette semaine.
S'il VOUS plait inspire quand même la politesse, non ?
 
Voilà, voilà... En toute modestie, et avant que certains ne contestent avec une mauvaise foi évidente, je conclurai cette rubrique et ce billet en disant que, franchement, cette énigme était remarquablement troussée ! Une fin en beauté, en somme.
 
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lundi 25 septembre 2017

Planète Tennis (3)



Ce week-end s'est déroulée sur 3 jours la toute première Laver Cup, à l'initiative du Maître Federer en personne ! L'idée était d'opposer l'Europe au "reste du monde", ce qui a créé, du moins sur le papier, deux équipes déséquilibrées, jugez plutôt : Federer, Nadal, Cilic, Berdych, Thiem, Zverev d'un côté (avec Borg comme coach), Isner, Kyrgios, Sock, Querrey, Shapovalov et Tiafoe de l'autre (avec McEnroe comme coach).


Le format était le suivant : 3 jours de compétition avec des simples et des doubles (en deux sets gagnants et un super tie-break en cas de 3e manche) et un système de points croissant (1 point par match gagné le vendredi, 2 le samedi et 3 le dimanche) afin d'entretenir le suspense jusqu'au bout. Et si l'Europe s'est imposée comme attendu (15 points à 9), c'est bien le dernier match qui aura livré son vainqueur puisque, à 12-9 avant l'ultime rencontre, l'équipe Monde pouvait encore espérer égaliser (ce qui, au passage, aurait fait de cette première édition un tournoi sans lauréat puisqu'il fallait 13 points pour s'imposer)


La particularité de cette Laver Cup fut surtout de voir dans la même équipe Federer et Nadal. Les deux légendes furent pour la première fois de leur carrière associées en double, pour le plus grand plaisir du public présent en masse pour l'évènement. La paire inédite s'imposa au bout du suspense. Je vous laisse profiter de ces quelques images. Voir ces deux-là échanger tactiquement, que ce soit sur le court ou sur le banc, devait être savoureux à bien des égards.











Il y eut de très beaux matchs lors de la compétition. Ce double donc, mais aussi la défaite surprise de Nadal face à Isner (qui ne l'avait d'ailleurs jamais battu jusque là). Mais il y eut surtout ce fameux ultime match entre Roger Federer et le bouillant Australien Nick Kyrgios. Federer dut surmonter un set de retard et sauver une balle de match dans le super tie-break (après avoir déjà frôlé la défaite au 2e) avant de s'imposer et d'offrir la coupe à son équipe.













Au final, ce qui aurait pu ne s'apparenter qu'à une exhibition géante ou à un gros coup de com a montré un visage diablement séducteur : un format original, des joueurs hyper-investis de bout en bout, des matchs disputés, des associations inédites, bref que du bon ! L'édition retour, prévue à Chicago, en septembre 2018 pourrait valoir le détour !
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