samedi 30 juillet 2016

Le casting 5 ***** de Goldorak !


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Chacun sait que je suis tombé dans Goldorak tout petit, au propre comme au figuré d'ailleurs car je m'étais pris une sacrée gamelle dans la cour de mon école en loupant un "autolargue" du haut d'un des murets. Je ne vais pas revenir sur la série animée en soi. En revanche, au niveau du doublage, surtout en considérant que personne ne pouvait imaginer le phénomène que le dessin-animé deviendrait, j'ai toujours été épaté par le nombre de pointures qui avait accepté de rejoindre Michel Gatineau sur le projet. Beaucoup de doublages de séries de l'époque, pourtant soignés, n'ont pas eu une telle armada d'acteurs de renom spécialisés dans l'art du doublage. Et quand je parle de pointures, je n'exagère pas, vous allez voir ! En tout cas, pour la petite histoire, certes connue, Michel Gatineau (voix entre beaucoup d'autres de Michael Landon) avait crée les noms de la version française des personnages ainsi que ceux des attaques. Il ne pouvait pas savoir que ces termes allaient devenir cultes peu de temps après pour toute une génération. Et de par son talent et son implication, il a donc fédéré une vraie troupe de comédiens confirmés autour de lui. Petit tour d'horizon ! (Je précise que j'ai volontairement omis Pierre Guillermo qui doublait Alcor puisqu'il a quitté l'activité du doublage depuis de nombreuses années, ce qui rend sa voxographie forcément un peu moins impressionnante que celles de ses camarades de l'époque) 



© Gall-Bouché

Je ne présente plus Daniel Gall dont j'ai tellement parlé et dont l'absence pèse encore aujourd'hui. Hormis sa prestation culte sur Actarus, il a doublé un nombre impressionnant d'acteurs comme Jerry Orbach (Arabesque, NY Police Judiciaire), Bill Bixby (Hulk), Bruce Boxleitner (Frank chasseur de fauves) et tant d'autres. Je m'aperçois que dans sa longue carrière théâtrale, Daniel Gall est passé par Sarlat. Dommage pour moi, j'aurais aimé lui dire de son vivant toute l'estime que j'ai pour lui et son travail.




Michel Gatineau est la pièce maîtresse qui a fait de ce doublage de Goldorak une oeuvre d'anthologie.  Directeur de plateau, adaptateur, voix du professeur Procyon, son investissement est colossal. Il a également signé l'adaptation de la première série Albator 78. Souvent principalement associé à l'acteur Michael Landon (qu'il a notamment doublé dans son rôle de Charles Ingalls dans La petite maison dans la prairie), il est aussi la voix de Derrick (pendant que son complice Daniel Gall double son assistant, l'inspecteur Harry Klein). Enfin, il a interprété, entre autres, dans quelques épisodes de Thierry la Fronde, le personnage Lionel de Clarence.



Jane Val (ici avec Alison Arngrim alias Nellie Oleson) doublait Vénusia, la jeune femme secrètement amoureuse d'Actarus qui lui prétera ensuite main forte au sein de la Patrouille des Aigles avec Alcor et Phénicia). Elle doublait aussi Friskette dans Bouba et la grande-mère de Hugo dans Juliette je t'aime. Là-encore, la liste est loin d'être exhaustive. Elle nous a quittés il y a dix ans.




Phénicia, soeur d'Actarus, est intervenue tardivement dans la série (vers la fin de la saison 2 dans l'épisode 49), ce qui ne l'a pas empêchée d'avoir deux voix différentes. 
Celle de Claude Chantal tout d'abord, pour trois petits épisodes, mais l'occasion était trop belle de rendre hommage à cette actrice disparue en début d'année, d'une extrême discrétion, refusant systématiquement toute interview. Une actrice vouée corps et âme à son métier et qui, parmi de très nombreux doublages, restera sans doute pour le public la voix de Caroline Ingalls. Elle avait aussi doublé Maggie Smith dans les cinq premiers volets de la saga Harry Potter.
Celle de Catherine Lafond ensuite, actrice qui a surtout fait beaucoup de télévision. Dans le doublage (liste impressionnante là-encore), si sa voix mutine a donné beaucoup de caractère à la soeur d'Actarus, elle a notamment doublé l'actrice principale au nom imprononçable de Zora la rousse, mais aussi Lisa Hartman dans Côte Ouest, Melinda Culea dans Agence Tous Risques, Pamela Sue Martin dans Dynasty pour ne citer qu'elles.



L'irascible et émotif Riguel de Goldorak, ne cher chez pas : c'était lui, Jacques Ferrière. Cet acteur de théâtre, de cinéma et de télévision, mais aussi humoriste en duo avec Michel Muller, a notamment joué dans Le Corniaud mais c'est surtout dans le doublage qu'il a pu donner libre court à tout son talent, notamment dans des doublages de films.



On passe à la galerie des "méchants" de Goldorak et là, sans vouloir dénigrer qui que ce soit de cité précédemment, on côtoie la perfection tant Jean-Claude Michel est magistral. Si son interprétation de Minos est savoureuse pour le fan que je suis, Jean-Claude Michel a doublé les plus grands avec une maîtrise technique rarement égalée : Clint Eastwood, Sean Connery, John Forsythe, Robert Mitchum, Tony Curtis, Georges Gaynes et tellement d'autres. Sa manière de poser sa voix, cette voix magnifique de puissance, de trouver l'excellence à chaque intonation n'en finit pas de me surprendre. Son départ en 1999 a créé un vide immense. C'est véritablement une légende du doublage qui s'en est allée. A noter que Jean-Claude Michel n'a doublé que très peu de séries animées, deux à ma connaissance dont une très dispensable. Bref, c'est donc une vraie chance qu'il ait accepté le doublage de Minos. D'autant qu'il travaillait ici en famille puisque sa femme, Paule Emanuele (j'ai trouvé je ne sais combien d'orthographes différents de son nom) était la voix de la non moins perfide Minas.





Paule Emanuele donc. Ici en bien bonne compagnie avec Roger Carel. Elle est actuellement retirée des plateaux de doublage. Elle a notamment doublé pour le cinéma Elisabeth Taylor ou Lauren Bacall parmi, là aussi, des dizaines ou centaines d'autres actrices. J'adorais sa voix que je trouvais flippante de cynisme et de méchanceté dans Goldorak (Minas) ou Albator (la reine Sylvidra). La dernière fois que je l'ai entendue, c'était sur Desperate Housewives (la première voix du personnage de Karen McCluskey). Comme son mari, elle avait de ces intonations dans la voix qui la rendaient immédiatement identifiable. Quelle voix ! 



Marc de Georgi a toujours été l'un de mes acteurs de prédilection concernant le doublage (car, malgré sa carrière, je ne pense pas l'avoir vu ailleurs que dans la pub pour les pastilles Vicks, ce qui est forcément un peu réducteur). Difficile de ne pas identifier immédiatement sa voix, il était partout (son nombre de doublages, tous genres confondus, est impressionnant). Comme pas mal de mômes, j'ai du le découvrir avec son interprétation de Colt Seavers (Lee Majors) dans L'Homme qui tombe à pic. Mais, hormis Hydargos dans Goldorak, je crois que mon doublage de prédilection le concernant sera toujours celui de Brian Dennehy, le shérif vicelard et tenace du premier (et du seul intéressant selon moi) Rambo.




Comme pour le personnage de Phénicia, le commandant Horos aura eu deux acteurs de doublage successifs : Jean Martinelli puis Henry Djanik. Le premier, surtout connu pour ses doublages de Burt Lancaster et Gary Cooper, se partageait l'acteur Raymond Burr (sur Perry Mason et L'Homme de fer) avec Jacques Berthier... qu'il retrouvait sur Goldorak (ce dernier doublant le grand statéguerre, chef des armées de Véga). Henry Djanik a été la voix d'Anthony Quinn et d'Ernest Borgnine parmi tellement d'autres. Ou de Mister T dans Agence Tous Risques. Il a aussi fait pas mal de voix additionnelles pour les Cosmocats ou les Chevaliers du Zodiaque. 



Jacques Berthier clot ce long billet consacré aux voix de Goldorak. Il doublait Véga, alias le grand stratéguerre, l'ennemi ultime, celui que l'on voyait peu finalement puisqu'il déléguait tout aux autres. A ma connaissance, c'est la seule voix de dessin animé qu'il ait faite. Mais globalement, en comparaison surtout avec d'autres, il ne semble pas avoir doublé tant que ça, toutes proportions gardées. Jacques Berthier était surtout pour moi la voix de Raymond Burr dans Perry Mason

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mercredi 27 juillet 2016

Hägar Dünor



Aujourd'hui, zoom sur une série géniale, Hägar Dünor, qui a fait les plus belles heures du Journal de Mickey, entre autres, comme dans la planche ci-dessous (cliquez sur les vignettes pour agrandir) : 


Elle ressort cette année dans une édition de toute beauté, présentée comme une intégrale en 3 tomes. Autant dire que vu la production de son auteur, le terme d'intégrale sera sûrement impropre mais peu importe : le plaisir à la lecture de ces strips est tel que je n'ai même pas envie de chipoter sur ce détail néanmoins d'importance. A moins que l'éditeur ait volontairement choisi de s'en tenir aux premières années, le premier tome couvrant les strips parus en 1973 et 1974. On verra bien...



Accessoirement, Hägar Dünor était la solution de l'énigme de la semaine passée. Je vous rappelle les indices qui seront expliqués tout au long de ce billet.

Je fleure bon Paris mais seulement en VF
Mon nom vient du surnom de mon auteur
Je suis une BD qui se transmet de père en fils
Si mon fils est un utopiste pacifiste, ma fille montre d'autres dispositions
Multi-publié, je fais le bonheur encore aujourd'hui des lecteurs d'un journal local, et ce depuis plusieurs décennies.



Si en version originale, le titre de l'oeuvre est Hägar The Horrible, en France les traducteurs se sont fait plaisir avec un jeu de mots fleurant bon Paris : Hägar Dünor. Je ne suis pas sûr d'avoir fait le rapprochement quand j'étais môme.




Je l'ai dit plus haut : la version proposée par Urban Comics, dans le cadre de sa nouvelle collection Urban Strips, est de très haute tenue. Elle revient sur la genèse de la création du viking le plus célèbre du monde de la BD, expliquant notamment que le nom du personnage principal Hägar The Horrible est en fait le surnom que les enfants de l'auteur-dessinateur Dik Browne donnaient à leur père.


A ce titre, l'ensemble du petit dossier en préambule des gags est très agréable à parcourir, bien pensé et plutôt exhaustif. Un complément idéal sur l'historique de la série, agrémenté de quelques recherches et autres évolutions du personnage qui montrent surtout que Dik Browne, dès les premiers strips, avait une vision quasi-définitive de Hägar et de son microcosme.


Car tout ce qui fait le sel de Hägar Dünor, hormis Hägar lui-même et ses pillages autour du monde, réside dans la galerie incroyable de personnages gravitant autour de lui : de sa femme Hildegarde au caractère affirmé dirons-nous, jusqu'à son fils pacifiste qui ne sait même pas tenir une épée, en passant par sa fille guerrière ou son ami Eddie le chanceux doté d'une déveine incroyable, tous sont attachants et font partie intégrante de la réussite de la BD.


J'ai toujours été friand de ces gags en une bande (même si Dik Browne fera aussi des saynètes en une planche). Calvin & Hobbes et Garfield font notamment partie des BD que je mets tout en haut du panier, tous genres confondus (même si, quantité oblige, je n'ai finalement que peu de Garfield dans ma bédéthèque). Sauf que, mais c'est personnel donc forcément subjectif, Hägar Dünor est encore un cran au dessus pour moi. Ce qui n'aurait pu être qu'une madeleine de Proust de plus a été une vraie redécouverte, à un âge où je peux véritablement saisir toutes les subtilités de Dik Browne. Car c'est une série qui n'a pas pris une ride, avec des thèmes résolument modernes trouvant encore un écho aujourd'hui.


Et puis il y a ce dessin, tellement expressif, tellement efficace ! Je suis vraiment fan ! Dans un style certes différent (car je ne veux pas faire hurler les puristes, dont je suis d'ailleurs), Dik Browne a une puissance de trait qui me rappelle un peu celle de Franquin dans le sens où il m'arrive d'avoir des fous rires plus par l'expressivité des personnages sur une scène donnée que par la qualité de l'historiette proprement dite. Je pense d'ailleurs que si Franquin reste ma référence absolue avec l'éternel Gaston Lagaffe, Dik Browne pourrait être juste derrière. Bien-sûr, je suis dans le ressenti donc je répète que c'est un avis tout personnel que je donne.


Dik Browne s'est éteint à seulement 71 ans en 1989, un an après avoir pris sa retraite artistique. L'un de ses enfants, Chris Browne a pris le relais. Au final, la BD aura été publiée dans un grand nombre de journaux et magazines. En France, Hägar Dünor est notamment toujours publié aujourd'hui dans Le Républicain Lorrain, et ce depuis ses débuts en 1973. Mais comme je le disais en introduction, sa renommée vient surtout du fait de sa publication dans Le Journal de Mickey quatorze années durant.


Vous l'avez compris : c'est une BD que je fais plus que hautement recommander. Pour moi, elle est indispensable, surtout dans cette édition luxueuse mais abordable où le N&B est de toute beauté. Le tome 2 est attendu à l'automne 2016. C'est peu de dire que je suis impatient ! Je vous laisse avec quelques gags supplémentaires qui, je l'espère, vous donneront envie de vous plonger dans Hägar Dünor et son univers. Bonne lecture !





mardi 26 juillet 2016

Le mardi, c'est l'énigme !

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Allez, on est reparti pour une nouvelle énigme ! Seul Denis a trouvé la solution à celle de la semaine dernière (bravoooooooooooooo ! ) mais elle ne vous sera révélée que demain, dans le cadre d'un billet BD consacré à cette "série". Vous y trouverez bien évidemment, disséminée ci et là, la résolution des différents indices.

A propos d'indices justement, les nouveaux sont ici et concernant... une série ! 

Certains de mes épisodes ne furent jamais diffusés
Maman, ce n'est pas ce que tu crois. Un jour, tu sauras.
Lors de ma deuxième saison, j'offre un rôle à contre-emploi à un acteur connu pour avoir une certaine force de frappe
Si mon acteur principal sombra dans l'oubli, le premier de mes acteurs secondaires fit un retour remarqué, dont il bénéficie encore aujourd'hui indirectement.
Je traite deux à trois affaires par saison
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lundi 25 juillet 2016

En trompe l’œil (14)


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Elle revient du diable vauvert cette rubrique puisque je ne l'avais plus alimentée depuis... janvier 2011 ! Je vous en rappelle le principe simple : mon cousin Christophe, Titof pour les intimes et photographe à ses moments perdus, m'envoie une photo au hasard. C'est important, je ne la choisis pas. A partir de ce qu'elle m'inspire, j'écris une histoire courte. Le but est double : d'une part, ne pas refuser le challenge, quelle que soit la photo et surtout, surtout, entretenir la gymnastique de l'écriture quand on est, comme moi, régulièrement en manque chronique d'inspiration. Cela s'apparente donc davantage à un atelier d'écriture qu'à une production écrite qui se voudrait réellement intéressante. Bon, j'ai rédigé cette petite introduction pas bien intéressante non plus, pour vous resituer tout ça, mais dès la semaine prochaine, j'envoie direct ! C'est parti ! 

Vu de l'extérieur, le cadre est idyllique. Un endroit paisible qui fleure bon les vacances, une vue imprenable sur une mer bleu-vert du plus bel effet et un ciel azur qui n'est pas en reste, un banc tout en sobriété pour laisser l'esprit vagabonder.

Et puis il y a ce couple. Enfin, il me semble que c'en est un. Il a l'air tranquille, ce couple, à profiter de l'espace devant lui sans rien demander à personne. Ces gens, sont-ils simplement dans la contemplation ? Se posent-ils des questions ? Sont-ils heureux ou essaient-ils de s'en persuader ? C'est fou comme je m'en pose, moi, des questions, à simplement les regarder. Si ça se trouve, ils sont au bord de la rupture et leur histoire va s'arrêter ici, allez savoir ! Ce serait moche, quand même, ils ont l'air tellement mignon. 

C'est comme ce banc, là. Il est bizarre, vous ne trouvez pas ? Avec sa double assise qui fait qu'un côté tourne le dos à la mer. Pourquoi une double assise ? Vous en connaissez beaucoup, vous, des gens qui trouveraient un endroit comme celui-là, une sorte de petit paradis sur Terre, et qui lui tourneraient le dos ? Il faudrait quand même être un peu con, non ? Enfin moi, vous savez, ce que j'en dis... Et puis même si des hurluberlus préféreraient imaginer la mer de dos que de la voir de face, vous croyez qu'ils oseraient déranger ce couple tellement touchant ? Ce couple qui ne fait de mal à personne alors que, si ça se trouve, il est au bord de l'implosion. Quand on arrive à donner le change à ce point, pour moi, c'est touchant, y'a pas d'autre mot ! 

Ce couple, je me demande quand même depuis combien de temps il est là. Et pendant combien de temps il compte encore rester. Je les aime bien les deux tourtereaux qui ne roucoulent quand même pas des masses, mais bon, faut que je vous dise : j'ai un problème parce que c'est mon banc. Ce n'est pas qu'il m'appartienne, non, mais je m'y assois tous les jours à cette heure-là donc c'est forcément devenu le mien. Alors oui, je veux bien le prêter aux passants qui passent, aux amoureux, ceux qui le sont, ceux qui l'étaient et le redeviendront, aux solitaires contemplatifs et j'en passe... mais quand j'arrive, faut vraiment que tout ce beau monde dégage. Parce que c'est mon banc. Alors il va me faire plaisir, le couple fadasse, là, il va aller se prélasser ailleurs. A l'extrême rigueur, je lui permettrai de tourner le dos à la mer. Si c'est demandé gentiment ! 
Parce que, quand même, c'est MON banc ! 

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jeudi 21 juillet 2016

Deux acteurs, un rôle, une voix (2)


Larry Hagman - JR Ewing - Dominique Paturel



Après Michel Paulin qui avait essuyé les plâtres de la rubrique en... novembre 2014 (comme le temps passe !), c'est au tour de Dominique Paturel de se rappeler à notre bon souvenir.

Dominique Paturel a tout fait : du théâtre (beaucoup), de la télévision, du cinéma, des voix off... et bien évidemment énormément de doublage. Mais si pour Michel Paulin, le choix d'un doublage clé s'est posé (j'aurais pu, après tout, préférer Gary Ewing (Ted Shakelford) à Jack McCoy (Sam Waterston), pour Dominique Paturel, JR Ewing (Larry Hagman) s'est imposé comme une évidence, même si les nostalgiques de Jonathan Hart (Robert Wagner) pourraient pinailler.

Quand j'étais gamin, alors que je ne m'intéressais pas encore le moins du monde au doublage, deux voix superbes faisaient partie de la famille. Celle de Daniel Gall alias Actarus, le prince d'Euphor de la cultissime série animée Goldorak. En 1978, le robot de l'espace débarque, j'ai 6 ans et je ne suis pas peu fier d'être tombé dedans tout petit et de pouvoir en parler avec la même gourmandise près de 40 ans après. Je crois pouvoir dire que c'est de Daniel Gall que je tiens ma passion, ou mon profond respect du doublage et de ceux et celles qui le font. Car en grandissant, on a beau essayer de préserver une part d'enfant en nous, la perception que l'on a des choses change. Je ne pouvais pas vibrer de la même façon, ressentir les mêmes émotions en revoyant Goldorak adolescent puis adulte que lorsque je l'avais découvert gamin. Mais mettre des noms sur des voix, mettre en lumière des professionnels de l'ombre, me permettait d'entretenir une nostalgie salvatrice. Et de leur être reconnaissant par la même occasion de toucher autant les gens sans en retirer une quelconque gloire. Ou si peu.

La voix de Daniel Gall donc. Et puis celle de Dominique Paturel, exceptionnel dans la peau de JR Ewing. Là, je n'avais que 8 ans aux premiers jours de l'année 81 mais Dallas a été immédiatement un rendez-vous hebdomadaire incontournable. Ma mère me laissait regarder et je n'avais d'yeux que pour le magnétisme de Larry Hagman. Par la suite, je me suis aperçu que Paturel avait une voix bien plus grave que Hagman, flippante à souhait dans les moments de tension. Il y avait une telle maîtrise dans sa façon de poser sa voix, d'articuler ses menaces, de distribuer son rire sardonique devant un parterre d'adversaires terrifiés. Hagman était déjà hallucinant dans le rôle de sa vie mais Paturel décuplait encore la force de sa présence à l'écran. D'autant que la dernière scène de chaque épisode de Dallas mettait souvent en vedette le personnage de JR Ewing nimbé d'une musique sombre annonçant un ultime pic de tension avant le générique de fin. Je ne vais pas m'étendre, je pourrais parler de Dallas pendant des heures, je connais presque la série par coeur. Et puis j'ai déjà tellement évoqué Larry Hagman : ici,  et une troisième fois lors de sa disparition en 2012.

J'avais découvert Monsieur Paturel à l'occasion d'un lointain Champs-Elysées où il avait rencontré le célèbre acteur texan. Je l'ai écouté à d'autres reprises, à l'occasion de trop rares interviews sur le net. Et à chaque fois, je me dis la même chose : quelle gentillesse chez cet homme, quelle humilité, quelle bienveillance.

Sa présence au sein de cette modeste rubrique était forcément indispensable. Et c'est d'ailleurs avec lui que je vous laisse au travers de quelques vidéos. Bon visionnage ! 


Je ne m'étendrai pas sur cette émission, qui a certes le mérite d'exister, mais qui pose des questions d'une banalité parfois affligeante. Mais écoutez à la fin les judicieux conseils d'un sage de la profession. C'est court mais ça n'a pas de prix.


Un moment savoureux avec cet immense acteur (imposant en plus)


Une curiosité si vous avez du temps. Les 4 épisodes de cette mini-série sont sur You Tube, à l'époque où les histoires de cape et d'épée avaient encore la côte.


Et puis la rencontre culte évidemment entre quatre acteurs prodigieux. C'est sur celle-ci que se referme mon billet du jour.

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mercredi 20 juillet 2016

Les couleurs de l'absente


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Chloé était une jeune fille pleine de vie. Un petit bout de femme lumineuse, souriante, bienveillante. Le genre de personnes, si rares, tout simplement incapables de méchanceté.

Chloé a livré un ultime combat ces deux dernières semaines. Elle voulait vivre. Vivre plus fort que tout. Mais parce que la mort est malheureusement la vie dans ce qu'elle a de plus injuste, de plus triste, de plus incompréhensible, de plus tragique pour elle comme pour tous ceux qui l'aimaient, il était écrit que le combat serait par trop inégal. Elle l'a perdu et nous, on l'a tous perdue.

On ne meurt pas à vingt ans. A vingt ans, on vit. On transpire de vie, de joies, d'émotions, d'espoirs, de projets par tous les pores de la peau et de l'âme. A vingt ans, on n'est pas arraché avec une telle violence à nos proches, notre famille, nos amis. A vingt ans, la vie aurait tellement le temps d'être injuste. Si seulement elle avait pu attendre...

Alors Chloé n'est plus là. Et elle me manque. Pourtant, je n'étais pas de sa famille. Je n'étais même pas un ami à proprement parler. J'étais de passage mais je pense pouvoir dire que nous nous sommes apprécié tout de suite. Chloé, c'était une camarade de classe qui aurait pu être ma fille. Chloé, c'était l'une des rares personnes avec lesquelles j'acceptais de travailler en groupe sans grommeler comme un vieux con irascible, entre sérieux et sacrés fous rires. Chloé, c'était un barbecue mémorable en présence de son compagnon et d'une partie de sa famille. Des moments extraordinaires dans ce qu'ils ont justement de plus banals. 

Chloé, c'était l'assurance du partage, de la bonne humeur, d'une explosion de couleurs aussi, surtout lorsqu'elle dégainait ses dizaines de feutres ou de crayons de couleurs dont elle abreuvait ses feuilles de cours. C'était aussi son bordel étalé partout, ses sacs en vrac, sa "boutique de maroquinerie"  ambulante comme je lui disais affectueusement parfois.

Et puis Chloé, c'était la douceur, malgré une force de caractère à ne surtout pas sous estimer. Douceur de la voix, douceur des sentiments envers ceux qu'elle aimait ou respectait. Chloé, c'était rarement un mot plus haut que l'autre.

Chloé, c'était sans doute plein d'autres choses que je ne sais pas ou que je ne sais plus. Ses couleurs, si lourdes de symbolique aujourd'hui, vont tellement me manquer.

Chloé, je suis flatté d'avoir fait partie de ta vie. Sois sûre que tu resteras à jamais dans la mienne. Ces volutes de couleurs sont pour toi ! 

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mardi 19 juillet 2016

Le mardi, c'est l'énigme !




La dernière énigme a laissé tout le monde sur le carreau, surtout Denis dont je sais qu'il a trituré ses petites cellules grises. Bon, faut dire que j'avais davantage verrouillé celle-ci que la précédente, même si le thème, donné dès le départ, pouvait faire penser à une résolution rapide. Sauf que je n'avais jamais évoqué ce comédien spécialisé dans le doublage, encore moins dans mon dernier billet sur le sujet. De plus, le quatrième indice n'en était pas vraiment un. Rappel des indications : 

Ironie du sort, je disparus quelques mois seulement après la mort d'un des acteurs majuscules que j'avais doublé.
On m'a cherché... avant de finalement me retrouver
Je fus parfois gradé en séries
Franck m'a choisi car il a notamment aimé mon travail sur un acteur et un rôle précis
Sous bien des aspects, le milieu marin m'était prédestiné


Il fallait trouver l'acteur Erik Colin, dont je découvre seulement aujourd'hui qu'il a aussi fait la une de Télé 7 Jours en 1973, j'avais 1 an et lui 26. Erik Colin nous quitte le 15 novembre 2013, soit peu de temps après... James "Soprano" Gondolfini, parti le 19 juin de la même année.
Au cinéma, il a notamment participé à "Mais où est donc passée la septième compagnie ?" puis à "On a retrouvé la septième compagnie".
Il aura doublé quelques gradés, je pense plus particulièrement (parce que j'aime beaucoup les séries The Closer et Major Crimes) à Anthony Davison dans le rôle du lieutenant Andy Flynn. Mais c'est surtout son doublage d'un autre gradé, le capitaine Leland Stottelmeyer (Ted Levine) dans l'une de mes séries de prédilection, Monk, qui m'aura durablement marqué. J'associe toujours Erik Colin à ce doublage en particulier.
Hormis de par son nom qui peut faire penser à un poisson, il fut aussi connu pour son doublage de l'étoile de mer Patrick dans Bob l'éponge.

Allez, c'est reparti ! Comme d'hab, vous avez jusqu'à mardi prochain pour me faire vos propositions argumentées par MP sur Facebook ou par mail. Bonne chance ! On cherche un personnage de BD ! Je reste encore dans mes sphères de prédilection cette semaine ! 

Je fleure bon Paris mais seulement en VF
Mon nom vient du surnom de mon auteur
Je suis une BD qui se transmet de père en fils
Si mon fils est un utopiste pacifiste, ma fille montre d'autres dispositions
Multi-publié, je fais le bonheur encore aujourd'hui des lecteurs d'un journal local, et ce depuis plusieurs décennies.

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jeudi 14 juillet 2016

Retour sur le doublage




Il m'est arrivé un petit bonheur qui n'a pas de prix cette semaine : la femme d'un comédien spécialisé dans le doublage a pris contact avec moi pour me remercier suite à un billet que j'avais consacré à son mari il y a quelques années et dont ils venaient tous deux de prendre connaissance.

Outre le fait de m'avoir fait extrêmement plaisir, ce petit mot m'a donné envie de centraliser ici tous les billets que j'ai consacrés à ce noble art du doublage. Car il y en a eu quelques-uns tout au long de mes trois blogs successifs : j'en ai répertorié 10 mais j'ai pu en oublier. Honnêtement, je pensais qu'il y en aurait davantage mais bon...

-Le premier semble dater de 2007, bien que mon attrait prononcé pour le monde du doublage remonte bien au delà.
-L'un des billets fut un hommage consacré à Serge Sauvion, l'inoubliable voix de Peter "Columbo" Falk.
-Il y eut un autre hommage concernant l'immense Jean Topar, le narrateur non moins inoubliable (entre autres) des mini-documentaires des Mystérieuses Cités d'Or.
-A la même époque, la disparition de Daniel Gall ébranle sérieusement et durablement la part d'enfant qu'il me reste et que je peine à préserver. Actarus n'est plus vraiment là et toute une génération de mômes insouciants se retrouve un peu orpheline.
-En 2012, Roger Carel prend sa retraite (qui ne sera en fait effective qu'après le doublage d'un énième Astérix). Là-aussi, c'est dur. Une page se tourne, et quelle page ! 
-Comme 2012, 2013 est une année de merde : Perrette Pradier nous quitte et Francis Lax lui emboîte le pas quelques mois plus tard. Là, j'accuse le coup. J'adorais les deux mais la voix chaude de Monsieur Lax me manque particulièrement. Son départ dans une quasi indifférence médiatique alors qu'on le savait diminué depuis de longues années renforce un sentiment d'injustice déjà profond.
-L'année suivante, Micheline Dax tire sa révérence. Plus que la comédienne aux multiples voix, une fois n'est pas coutume, c'est la trublionne des Jeux de 20 heures qui fait écho en moi lorsque je rédige mon billet. Et la talentueuse siffleuse sur Aria lors de l'"Olympiade" de William Sheller. C'est toujours lors de la rédaction de cet hommage que je me rends compte que Madame Dax n'a jamais doublé Madame Médusa dans Bernard et Bianca (ce dont je m'étais toujours persuadé, va t-en savoir pourquoi...) mais qu'il s'agissait de la toujours très inspirée Perrette Pradier.
-Fin 2014, je décide de me faire plaisir en créant une nouvelle rubrique (que je n'ai curieusement pas entretenue par la suite, sans doute par manque de temps, mais je compte bien y remédier très vite). J'associe un personnage de fiction à sa voix française. Je vous une admiration sans borne à Michel Paulin qui, parmi des dizaines (centaines ?) de doublages, prête sa voix au très charismatique procureur Jack McCoy. C'est donc lui qui va ouvrir le bal.
-En 2015, un court billet témoigne de ma tristesse de voir disparaître d'autres "voix" emblématiques : celles de Titi et de Caliméro, immortalisées par Madame Arlette Thomas


Rédiger ce billet pour tenter de centraliser toutes mes modestes contributions sur cet art  formidable, cet exercice de l'ombre si technique, a remué pas mal de choses en moi. Je n'avais pas relu tout ceci depuis un certain temps.

On pourrait me reprocher de ne pas accorder plus de place au doublage actuel, aux nouveaux venus dont certains sont probablement très talentueux, mais je n'arrive pas à avoir le même engouement, même en prenant en compte que les techniques de doublage ont évolué et que les conditions d'exercice ne sont plus les mêmes. Pour moi, l'âge d'or est révolu, bien que certaines pointures continuent encore à nous émerveiller. La relève ne me touche pas et, surtout, la mode des acteurs "bankable" comme têtes d'affiches de certains films, notamment d'animation, me débecte. Pour moi, le doublage est un métier de l'ombre, pas de la lumière. Alors oui, je continuerai à faire vibrer la fibre nostalgique, à rendre hommage, de leur vivant si possible, à ces grands acteurs, hommes et femmes, qui ont fait du doublage un art aussi noble. Merci à eux ! 

mardi 12 juillet 2016

Le mardi, c'est l'énigme !



Bon, pour sa reprise après quelques semaines de pause, l'énigme du mardi n'a pas proposé un très gros challenge mardi dernier. Nathalie, Denis et François-Marie ont très rapidement trouvé que c'était le titre de Voulzy, Rockollection, qui se cachait derrière les indices.

Je fleure bon les années 60 dans ma première version : le morceau alterne textes de Souchon et morceaux d'incontournables tubes anglo-saxons des années 60.
Je suis un mot-valise : Rockollection = Rock + collection
J'eus quelques démêlés avec la justice : Souchon et Voulzy eurent des problèmes de droits d'auteurs pendant trois ans.
J'eus même une version punk et une hard-rock, entre autres inspirations : Hard Rock Collection (Gold) et Punkrockollection (Opium du peuple)
Polnareff me compléta en 2008 : dans la version de 2008, Voulzy intègre pour la première fois un morceau d'un titre français : L'amour avec toi, de Polnareff.

Allez, c'est parti ! Cette semaine, je blinde un peu plus (enfin, j'espère). Et pour être en phase avec le billet de blog que je prépare pour demain, je vous donne même le thème : acteur (ou actrice)  français(e) œuvrant également dans le doublage. J'en vois déjà qui ricanent devant la facilité annoncée mais...
Voici les indices ! Résultats toujours en MP sur Facebook ou par mail. Good luck !

Ironie du sort, je disparus quelques mois seulement après la mort d'un des acteurs majuscules que j'avais doublé.
On m'a cherché... avant de finalement me retrouver
Je fus parfois gradé en séries
Franck m'a choisi car il a notamment aimé mon travail sur un acteur et un rôle précis
Sous bien des aspects, le milieu marin m'était prédestiné
.

lundi 11 juillet 2016

Le bestiaire de Goldorak



Je cherchais un thème léger pour me purger de cette avalanche d’événements sportifs qui fait que je n'allume quasiment plus le moindre écran de télévision et je me suis dit, tel Raymond Souplex : "Bon sang, mais c'est bien sûr ! Je vais leur parler de Goldorak". Et avant que l'on me reprenne, oui, je sais, Raymond Souplex n'aurait jamais pu prononcer cette phrase en intégralité puisqu'il est décédé en 1972 soit trois ans avant la naissance du célèbre cornu. Ah, ah, c'est que mon blog est documenté, faut pas croire ! 

Dans Goldorak, outre le robot en lui-même, son pilote Actarus alias le prince d'Euphor, les gentils bien gentils et les méchants bien bêtes avides de dominer le monde à grand renfort de rires sardoniques, il y avait les golgoths, ces machines qui se dirigeaient vers la Terre sous forme généralement d'une soucoupe fermée avant de s'ouvrir et de laisser apparaître un monstre de métal plus ou moins retors pour notre héros. A chaque épisode, j'avais deux attentes : savoir quand Goldorak finirait par faire son apparition (et parfois c'était trèèèès tard) et quelle bébête démoniaque allait surgir pour nous en mettre plein les mirettes.

Goldorak, c'est 74 épisodes et à peu près autant de Golgoths. Un bestiaire impressionnant, généralement inspiré artistiquement malgré quelques ratés. Ces trois planches, introuvables aujourd'hui car reliquats d'un projet test finalement avorté, présentent l'ensemble des Golgoths au cours des trois saisons qui composèrent la série. C'est mon petit partage du jour !