jeudi 22 juin 2017

L'attente



Après deux ans passés à potasser, réviser, s'impliquer, se relâcher aussi parfois, y croire, douter, après des semaines d'examens et tout autant d'attente depuis, je vais enfin être fixé sur mon sort. Demain, en principe, je saurai enfin si j'obtiens le BTS ESF tant convoité.

C'est bizarre l'attente. Il y a une forme d'impatience. Mais pas tant que ça. Pas autant que je ne l'aurais cru. Il y a surtout le film que l'on refait 100 fois. Les épreuves a priori abordables qui ne comptent plus, englouties dans les doutes nés de celles que l'on a ratées.

Il y a l'attente personnelle tout aussi noyée dans celle des autres. Ceux qui croient en vous, vous accompagnent, s’enquièrent, vous aident au quotidien.

Il y a la peur, évidemment. La peur de se décevoir, tout aussi noyée dans celle de décevoir les autres.
La peur si familière de l'échec qui remonte à la surface et dont l'étreinte vous étouffe plus qu'elle ne devrait.

Demain, en principe, je saurai. C'est proche et c'est loin. Je n'arrive plus trop à me rendre compte. La notion même de temps me semble désormais étonnamment abstraite. J'attends. Je ne fais presque  plus rien de mes journées désormais. Simplement j'attends.

Demain. En principe...

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mercredi 21 juin 2017

Coup de gueule BD : Le Club des prédateurs




Une fois n'est pas coutume, zoom sur un diptyque que j'ai détesté, il n'y a pas d'autres mots. Dommage que j'aie voulu attendre d'avoir le tome 2 pour entamer la lecture du tome 1, sans quoi j'aurais économisé une quinzaine d'euros. Je fais rarement de mauvais choix mais je ne me souviens pas avoir déjà eu une telle déception. Ni un tel sentiment d’écœurement.

L'histoire se réclame d'un thriller glissant dans l'horreur et, de ce point de vue là, il n'y a pas tromperie sur la marchandise : l'ensemble est glauque à souhait, malsain de bout en bout. Mais il est surtout d'un extrême mauvais goût qui ne grandit pas leurs auteurs, la scénariste Valérie Mangin et le dessinateur Steven Dupré. 

Sous prétexte de décrire, dans le Londres de 1865, des adolescents aux prises avec le "Bogeyman", le croque-mitaine qui terrorise les enfants, en y mêlant une organisation secrète, le bien-nommé club des prédateurs, et une lutte des classes d'où émergent tous les clichés et autres lieux communs, Mangin nous sert un plat indigeste et ne recule devant rien : enfants enlevés, mutilés, découpés, mangés, violés... rien ne nous est épargné et rien n'est suggéré. Scénariste et dessinateur semblent se complaire dans ce ballet monstrueux aussi navrant que vain.

Et même si on arrivait à occulter cette complaisance présente à chaque page au prix d'un effort surhumain, rien ne serait à sauver pour autant : la dénonciation du fossé entre les classes sociales est trop appuyée et outrancière dans son traitement pour être sincère, les dialogues sonnent faux, il n'y a aucune empathie pour les personnages, qu'ils soient bourreaux ou victimes, tant ils constituent un patchwork de tout ce qui a été vu ou écrit depuis des siècles. Il ne subsiste qu'une violence gratuite, seul substrat d'un ensemble sans âme et surtout sans intérêt.

Le dessin est d'un classicisme sans nom, dépourvu de la moindre patte artistique et de la moindre étincelle d'émotion. Dupré enquille les scènes de mauvais goût sans le moindre génie, la moindre once de pertinence dans la mise en scène. Sans le moindre talent. D'ailleurs, si le pitch de départ n'était pas aussi horrible pour malheureusement se suffire à lui-même, le dessin se révélerait incapable de distiller la moindre atmosphère de terreur. Le pouvoir de la suggestion étant absent, alors qu'il s'y serait pourtant idéalement prêté, l'impression de profond gâchis ne nous quitte pas jusqu'à la fin, aussi risible et mal foutue que le reste.

Ce n'est qu'un avis de lecteur. Il n'engage donc que moi. Mais vous aurez compris que je ne vous le recommande pas.
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mardi 20 juin 2017

Le mardi, c'est l'énigme !


C'est mardi, c'est l'énigme ! On commence par la résolution des deux énigmes précédentes.


Rappel des indices de la première : 
Je suis un chanteur
Marcel Amont évite que l'on ruine ma carrière balbutiante.
J'ai essuyé les plâtres de ma salle de spectacle préférée.
Je partage un album et une tournée avec un être cher qui disparaîtra tragiquement peu après.
Je ne dédaigne pas les incursions érotiques. 
Peut-être par vexation, j'ai refusé l'honneur qui m'était fait.



Beaucoup ont rapidement trouvé que Serge Lama se cachait sous les indices. C'est Marcel Amont qui lui évite une trachéotomie après son accident, ce qui aurait ruiné sa carrière. C'est lui qui a inauguré le Palais des Congrès parisien, salle qui a sa préférence entre toutes. Il partage un album avec son père, Lama père et fils. Ses parents mourront quelques mois plus tard, à quelques semaines d'intervalle, des suites d'un accident de voiture. En 2007, il publie un recueil de textes érotiques, Sentiments Sexe Solitude. Enfin, en 2013, il refuse une Victoire d'honneur aux Victoires de la Musique.


Rappel des indices de la seconde : 

J'ai véritablement popularisé un terme propre à la bande-dessinée
Mon personnage emblématique parait dans les pages du dimanche. J'y renoncerai au bout de 12 ans. Ou presque.
Ma renommée n'a pas de prix. Ah si.
J'ai fait une pause BD de 23 ans.
Trois ouvrages techniques (lors d'une réédition en France) furent un sésame pour appréhender mon art, c'est le cas de le dire.


Personne n'a trouvé que le dessinateur américain Will Eisner se cachait sous les indices. C'est à lui que l'on doit le concept de roman graphique. Son personnage le plus célèbre, The Spirit, est lancé dans les pages du dimanche de 1940 à 1952. Eisner abandonne ensuite le personnage et n'y reviendra que très sporadiquement. De 1953 à 1976, Eisner abandonne la BD.
Depuis 1988, le prix Eisner est le plus prestigieux des prix américains de BD.
Les Clés de la Bande-Dessinée (d'où le terme "sésame" utilisé dans l'indice) sont la réédition française en 3 tomes des 2 tomes techniques initiaux d'Eisner.

Allez, maintenant que le retard de résolution est rattrapé, voici la nouvelle ! Bonne chance ! Propositions, toujours étayées de l'explication de l'ensemble des indices, de préférence en MP sur Facebook (taper Epistol'Arts dans le moteur de recherche) ou via fspider@wanadoo.fr. Bonne chance ! 

Je suis un plat traditionnel
On trouve mon origine dans la mythologie romaine
Au départ, je suis un plat de pauvres
Devant la fantaisie de certaines de mes variantes, j'ai désormais ma Charte.
Au niveau de ma cuisson, c'est quand même clair ! 


lundi 19 juin 2017

Sortie de route



J'ai fait un drôle de rêve cette nuit. J'étais en voiture à l'approche d'un rond-point sur les hauteurs de Sarlat. Je n'étais pas seul, Nath était là et il y avait une troisième personne, ma mère ou la sienne, je ne suis plus très sûr, les deux peut-être. La radio était allumée et nous chantions sur je ne sais plus quoi en cadence. Je ne me rappelle pas davantage s'il pleuvait mais la chaussée était gorgée d'eau. Je m'engage dans le rond-point et, alors que je m'apprête à en sortir, je donne un coup de volant un peu plus nerveux histoire d'être en rythme avec la musique. J'ai l'impression d'être en contrôle, à la limite même de me la péter un peu, mais l'instant d'après la voiture se déporte sur le côté. Et là, subitement, je ne suis plus conducteur mais extérieur à la scène. Je regarde, paniqué et impuissant, la voiture s'engouffrer dans le pentu bas-côté. Je tends ma main subitement prolongée d'un ramasse boule de pétanque, allez savoir comment cette image m'est venue, comme si un aussi petit aimant pouvait stopper une voiture en perdition.

Et là, je me réveille net. Réveil synonyme de bonne nouvelle évidente : tout le monde va bien.

Par contre, rêver d'une sortie de route la semaine de mes résultats d'examens, je ne suis pas certain que ce soit de très bon augure...
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lundi 12 juin 2017

Cher François,





Quelle ne fut pas ma surprise ce matin en lisant votre édito du mois dans Télé 7 Jeux ! Vous avez décidé, et c'est un droit infiniment respectable, de passer la main et de mettre un terme à une aventure de très longue date. Télé 7 jeux, c'est votre bébé puisque vous avez créé ce magazine de jeux en 1978 pour ne plus jamais le lâcher. Presque quarante ans plus tard (et quel dommage de ne pas avoir attendu la date anniversaire pour transmettre le relais, soit dit en passant, bien que cela ne me surprenne pas pour un homme de votre discrétion), vous quittez donc la direction de ce magazine emblématique, nous laissant tous forcément un peu orphelins.

J'ai 45 ans et, d'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours acheté votre magazine, à un rythme aléatoire au départ, l'ado puis l'étudiant que j'étais ayant alors d'autres centres d'intérêt,  puis avec la régularité d'une montre suisse ensuite une fois adulte. Mensuels, hors-séries, je n'en ai jamais assez.

Il y a quand même 3 types de jeux auxquels je ne touche pas : 
-le Maxiscore qui m'a toujours frustré de par sa difficulté (qui faisait que systématiquement je renonçais aux épreuves de sélection pour le tournoi de mots fléchés annuel).
-la Dictée que j'évite de trop regarder car, passionné par l'orthographe, je ne supporte pas d'être pris en défaut, et les années qui passent n'y changent rien, je reste mauvais joueur.
-la rubrique Cuisines et gourmandises parce que j'ai toujours regretté la rubrique précédente où l'on pouvait réviser différentes matières à divers niveaux de difficulté. Il y en avait vraiment pour tous les goûts et quand on séchait sur une question sur un thème donné, on pouvait se rattraper sur une autre. Et puis, cela nous permettait de nous rappeler de notions autrefois apprises et désormais enfouies dans le tréfonds de notre mémoire. Alors que la cuisine, quand on n'y connait rien...

 Mais à part cela, je crois avoir à peu près tout essayé. Avec mes rituels : je commence toujours par l'énigme BD de Duchâteau. Réminiscence sans doute des énigmes de Ludo de Pif Gadget ou de celles de Mickey dans le journal du même nom. Bon, soyons honnête, ces énigmes sont d'une facilité désarmante, quand elles ne sont pas tirées par les cheveux, mais c'est mon premier petit plaisir quand j'ouvre le magazine. Et puis mon attachement à l'univers de Ric Hochet n'y est sans doute pas étranger non plus.
Ensuite, je "remonte" le magazine depuis cette dernière page jusqu'aux premières. J'avale le Dixit en passant, je me délecte de l'Arbramot, un jeu que j'affectionne tout particulièrement (ma femme aussi malheureusement), je passe systématiquement par la case Scrabble, trop content que ce jeu emblématique ait enfin retrouvé sa place au sein de votre magazine. Je continue et avale les Syllabes en flèches puis le Chrono-logique (je viens enfin de comprendre qu'il y avait un jeu de mots, comme quoi...). Je fais une halte culture générale avec la rubrique Pointillés, souvent savoureuse, avant de m'attaquer à la Grille blanche. Le Mot mystérieux est également un immanquable, même si je le fais à l'envers, en cherchant des mots dans la grille avant de trouver à quelles définitions ils correspondent. Une fois que j'ai remonté le journal dans ses grandes lignes, je m'attaque aux trois Soyons logiques en remplissant comme je peux les tableaux de synthèse sans passer par les grilles. Enfin, je complète d'une traite les Mots Fléchés force 3 et 4, délaissant systématiquement les 1 et 2, désormais trop faciles pour les vieux lecteurs comme moi.

Bref, ce magazine est ancré dans mes habitudes de vie et, à ce titre, il fait partie de mon existence. Vous-même m'avez toujours été familier d'une certaine façon. Je ne sais pas si c'est dû à votre proximité avec vos lecteurs (vous avez toujours répondu à mes courriels, notamment la fois où j'avais ressenti le besoin d'exprimer ma peine lors de la disparition de Monsieur Lacau, l'un des tout meilleurs cruciverbistes à mon sens) ou si j'ai pu vous voir, gamin, dans Les Visiteurs du mercredi (Bazoum), ce dont je ne parviens pas à me rappeler, même après avoir vu des vidéos de cette grande époque sur You Tube.

Ce billet n'a pas grand intérêt, il n'est de reste pas particulièrement bien écrit, comme à chaque fois que j'essaie de coucher des émotions sur papier. Toujours est-il que vous m'avez accompagné durablement et que vous resterez associé à d'agréables moments de surchauffe neuronale des années durant. Ces quelques lignes sont simplement un moyen de vous dire merci et de vous souhaiter bonne chance.

En espérant quand même que, qui sait, ce ne soit qu'un au-revoir...

Bien à vous,

Franck
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dimanche 11 juin 2017

Mon TOP 5 Roland-Garros 2017



1) La révélation Jelena Ostapenko

Je le dis haut et fort et je l'assume : plus que la Décima de Rafaêl Nadal, c'est véritablement l'explosion de la jeunesse rugissante que je retiendrai avant tout de ce Roland-Garros cuvée 2017. Cette lettone, sortie de nulle part, née le même jour que la première des trois victoires de "Guga" Kuerten vingt ans plus tôt. Avec l'insouciance de son jeune âge, avec un aplomb peu commun lorsqu'elle balance des parpaings à tout-va sur le court, avec des mimiques de frustration qu'elle ne cherche aucunement à dissimuler, avec la certitude de pouvoir rivaliser avec n'importe qui dans un bon jour, Jelena Ostapenko a déboulonné Simona Halep qui avait pourtant fait apparemment le plus dur en s'adjugeant la première manche, en se détachant 3-0 dans la seconde et en menant 3-1 dans la troisième. Mais la demoiselle n'a pas cessé de faire parler la poudre pour autant et n'a jamais douté, en continuant de distiller son jeu explosif synonyme de points gagnants à la pelle et de fautes directes tout aussi nombreuses. Qu'importent les déchets ! Ostapenko a fini par écœurer la roumaine qui tentait de remporter le tournoi après une première tentative infructueuse contre Sharapova en 2014.

Ostapenko était environ 250ème au classement WTA il y a un an. Elle a démarré Roland-Garros avec le dossard 47 avant de le terminer à une prometteuse 12ème place. Si elle confirme et varie un peu plus son jeu en prenant de la bouteille, elle peut continuer à marquer les esprits. Et comme sa surface de prédilection est le gazon, elle aura l'occasion de le faire à très brève échéance, si elle arrive à enchaîner. 
En tout cas, une joueuse qui ouvre son compteur par une victoire dans un Grand Chelem, ce n'est pas banal, chapeau mademoiselle ! Admiratif je suis.



2) La demi-finale Murray VS Wawrinka

C'est bien simple : le plus beau match de cette cuvée 2017 à en croire les observateurs unanimes. N'ayant pas vu tous les matches de la quinzaine, je ne peux être aussi catégorique mais quel plaisir j'ai pris à regarder cette foire d'empoigne de près de 5 heures ! Hormis un dernier set à sens unique où Wawrinka avait pris un ascendant mental et physique définitif sur Murray (6-1), les quatre premières manches furent d'une intensité au couteau entre un Suisse favori, malgré son rang de tête de série n°3, et un Écossais qui jouait chaque point comme si sa vie en dépendait alors qu'il s'était montré très décevant depuis le début de l'année malgré son statut de n°1 mondial. Des points d'exception, un engagement physique permanent, une combativité du tonnerre, le spectacle fut total. Une débauche d'énergie qui fut dommageable au Suisse en finale contre le maître des lieux Nadal, bien que l'issue eut probablement été la même tant l'Espagnol était supérieur dans tous les compartiments du jeu ce dimanche. Mais le combat aurait peut-être été un peu plus équilibré. Ou pas.



3) La Décima de Nadal

On pourra me rétorquer que c'était l'événement majeur de ce Roland-Garros, et je peux tout à fait le comprendre, mais pas pour moi. Déjà, la finale fut l'une des moins intéressantes vues depuis des années. Un Wawrinka croqué tout cru par un Nadal qui ne voulait pas rater son rendez-vous avec l'Histoire. Bref, quand on s'emmerde pendant deux heures, c'est dur de vibrer sur la balle de match et le parcours réalisé. J'aurais mis cette Décima en tête de mon top 5 personnel si j'avais eu la sensation que ces 10 tournois de Roland-Garros remportés l'avaient été dans la douleur. Mais ce ne fut pas le cas. A une ou deux exceptions près, à chaque fois que Nadal s'est retrouvé en finale de Roland, le match fut décevant, pour ne pas dire à sens unique. Bref, j'en veux à ce joueur de m'avoir gâché tant de dimanches après-midi dans des finales qui tournaient court. Alors oui, c'est sans doute un réel exploit sans précédent dans l'histoire de ce sport ou du sport en général, mais devant l'absence d'adversité générale, je n'arrive pas à m'extasier ou à mesurer l'ampleur de ce que Nadal a réalisé.
Après, ne pas avoir d'affinités pour le joueur n'aide pas... 



4) Le discours de Bernard Giudicelli

Le nouveau patron de la Fédération Française de Tennis n'encense pas bêtement les joueurs français et ne pas avoir un discours aseptisé ou langue de bois fait du bien. Il n'a pas hésité à critiquer ouvertement leur comportement et leur manque d'implication pour mener à bien une carrière de haut niveau digne de ce nom. Giudicelli les a invités à prendre leurs responsabilités et à se donner les moyens de leurs ambitions, à condition qu'ambitions réelles il y ait. Il a bien résumé la lassitude née de l'attente sans cesse avortée d'un nouveau vainqueur français en Grand Chelem. Les joueurs français se plaignent sans cesse, ont toujours des petits bobos, ont toujours de bonnes excuses difficilement compatibles avec une prétendue volonté de bien faire. Là où les Federer, Nadal, Djokovic ou Murray font globalement preuve de régularité née de réels sacrifices et d'un sens aigu du travail, les frenchies trimbalent une réputation de "je m'en foutisme" qui les rend exaspérants. Et décevants une fois encore...



5) Caroline Garcia et Kristina Mladenovic

Qu'elle parait loin cette belle image complice entre deux filles talentueuses qui venaient de remporter Roland-Garros 2016 en double... Parce que Caroline Garcia a décidé désormais de privilégier sa carrière en simple, parce qu'elle s'est déclarée indisponible pour la campagne 2017 de Fed Cup, ses petites camarades ont montré leurs vrais visages en entamant une entreprise de démolition par médias interposés. Entre une "Kiki" particulièrement ingrate et visiblement amnésique et une Alizé Cornet inutilement véhémente quand on connait son passif calamiteux en Fed Cup, Caroline Garcia a essayé de faire le dos rond, seule réaction possible face à un tel déferlement de méchanceté. Dans ce contexte, et après un premier semestre délicat au niveau des résultats, je suis d'autant plus content que caroline ait vécu son premier quart de finale en Grand Chelem et, qui plus est, devant son public. Et comme Mladenovic a connu la même satisfaction, je me sens quand même obligé de la féliciter aussi. Même si je trouve que ce n'est pas une belle personne.
Je parlerais bien des garçons mais ils ont été inexistants, pour ne pas changer. Il y en a même un qui a essayé de passer à la postérité en agressant une journaliste. D'une rare connerie et tellement pathétique...
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mardi 6 juin 2017

Le Mardi, c'est l'énigme !



Denis, l'ex vacancier de retour aux affaires, ayant demandé un peu plus de temps pour résoudre l'énigme de la semaine dernière, enfin essayer, je ne donnerai la solution que la semaine prochaine. 

Pour autant, vous n'échapperez pas à la nouvelle dont voici les indices. Bonne chance ! 

1) J'ai véritablement popularisé un terme propre à la bande-dessinée
2) Mon personnage emblématique parait dans les pages du dimanche. J'y renoncerai au bout de 12 ans. Ou presque.
3) Ma renommée n'a pas de prix. Ah si.
4) J'ai fait une pause BD de 23 ans.
5) Trois ouvrages techniques (lors d'une réédition en France) furent un sésame pour appréhender mon art, c'est le cas de le dire.



samedi 3 juin 2017

Fugace mais inestimable gloriole


 (cliquez sur les images pour agrandir)

Vers la fin de l'année 2005, j'ai eu la chance de pouvoir effectuer un stage au sein des locaux d'AnimeLand, la revue de référence sur le manga et l'animation japonaise. Cela n'a duré qu'un mois (me semble t-il) mais ces moments resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Déjà, j'étais à Paris, ça me changeait de l'Aveyron, je me sentais invincible dans le métro chaque jour à l'aller et un poil moins courageux chaque soir au retour, j'assistais à de grandes manifestations en tant qu'invité, comme la Japan Expo, je découvrais les stands bondés, les cosplays... et surtout je voyais mon magazine préféré de l'intérieur avec une équipe un poil barrée mais passionnée et donc forcément passionnante. Bon, accessoirement je me suis aussi vu mourir chez mon oncle pour une sombre histoire de rognons sans que l'on sache vraiment s'il s'agissait d'une gastro ou d'une intolérance alimentaire mais c'est une autre histoire... D'ailleurs, puisqu'il me lit, j'en profite pour le remercier une nouvelle fois aussi. Et ma tante aussi. Parce que, si j'ai été comme un coq en pâte sur mon lieu de stage, je l'ai aussi été une fois la journée terminée.

Pour autant, malgré ma passion passée pour AnimeLand, je n'ai pas toujours été tendre avec ce magazine qui a connu son âge d'or (globalement jusqu'au n° 150) avant de perdre en qualité de façon drastique et de connaître des changements de rédacteurs et de maquettistes souvent discutables. Avec la crise de la presse spécialisée, toujours d'actualité aujourd'hui, AnimeLand a connu des heures difficiles mais la revue est toujours debout, du haut de son 215ème numéro et, même si j'avais dit à une époque pas si lointaine qu'on ne m'y reprendrait plus, je continue à l'acheter. Je ne lis plus de mangas (j'en ai tellement peu lu de toutes façons) et, faute de temps, je suis un peu moins l'actualité de l'animation japonaise. Mais je garde AnimeLand quand même. Parce que j'y ai un attachement tout particulier.

Lorsque j'ai effectué ce stage de quelques semaines, j'avais entamé une formation de base en PAO et je m'étais dit que ce serait pas mal de mettre mes cours théoriques en pratique dans ce que je considérais à l'époque être le meilleur magazine au monde. Du coup, mon rôle était d'assister Méko, le gars qui gérait toute la mise en page de la revue : recherches iconographiques, détourages etc. De mémoire, ce type était un allumé de première mais qu'est ce que c'était cool. Je tiens d'ailleurs à préciser que tout le monde avait vraiment contribué à rendre ce stage aussi agréable que possible avec une équipe sympa et accessible. Sauf que Méko n'était pas franchement dispo et que, même s'il faisait des efforts, on sentait bien que le gars était habitué à bosser en solo. Et puis moi, je balbutiais juste, niveau PAO. Du coup, un jour où j'étais un peu plus frustré que d'habitude de poireauter, bien que les DVD et bouquins à disposition ne manquaient pas pour parfaire sa culture japonaise, je suis allé voir les équipes rédactionnelles et je leur ai demandé de me filer un sujet, comme ça, juste pour m'entraîner. Je me rappellerai toujours de Nicolas Penedo, un des auteurs attitrés, qui fut le premier à jouer le jeu. Je devais plancher sur Crying Freeman.  Une fois fini, on faisait un point tous les deux. Et puis il me donnait un autre exercice et ainsi de suite.

Sauf que ce qui devait être un passe-temps entre deux détourages fut soumis à la rédaction qui décida de publier mes petits articles. Je ne vous raconte pas dans quel état j'étais. Il m'a fallu attendre quelques mois, du fait du décalage entre l'écriture et la parution pour les sujets n'étant pas directement d'actualité, mais j'eus la chance, pur hasard, que les trois articles figurent tous dans le n° 119 de mars 2006. A l'époque, j'étais rentré en Aveyron depuis pas mal de temps déjà mais qu'est-ce que je fus heureux le jour de la parution ! J'ai délesté mon magasin de la presse de tous ses exemplaires, j'en ai gardé deux, dont un qui est toujours sous blister aujourd'hui encore, et j'ai donné les autres.

Plus de 10 ans après, les souvenirs sont intacts. Sauf celui d'avoir déjà évoqué ou non cette anecdote sur l'un de mes blogs. Et comme se remémorer ce genre de petit événement a toujours une saveur bien particulière, je me suis dit :  "autant en remettre une couche". Je vous laisse avec quelques scans, témoins de cette célébrité passagère, et quelques petits commentaires associés.


Avoir son nom parmi les personnes ayant collaboré au numéro est une sensation très spéciale, surtout vu le rapport que j'entretenais avec le magazine à l'époque. J'avais pas les chevilles qui enflaient, non, quand même pas, mais j'aurais bien pris une pointure de chaussures supplémentaire. Avec cette impression que, quoi qu'il arrive, ce serait quelque chose qu'on ne pourrait pas m'enlever. J'étais devenu une pierre de l'édifice AnimeLand, aussi petite qu'elle soit.



Pour Crying Freeman, j'eus l'honneur de la double-page. Méko avait signé la mise en page, très classe, et il y avait même mon nom en fin d'article. Nicolas Penedo m'avait beaucoup aidé sur cet article car j'avais fait un contre-sens de lecture. Du coup, les motivations du Crying Freeman ne m'apparaissaient pas clairement. Enfin, il me semble que c'était un truc de ce genre. Du coup, j'avais revu ma copie mais j'avais vraiment apprécié ces échanges avec un pro qui avait sur mon petit travail du jour un regard bienveillant et formateur.




Je ne vais pas vous mentir. Je ne me souviens plus trop de Say Love et Pita Ten, mes deux autres travaux rédactionnels. De mémoire, j'avais aimé le premier et plutôt subi le second qui n'était pas ma tasse de thé. Mais cela me permettait d'explorer les genres, de découvrir tout ce qui faisait la variété du magazine, entre œuvres majeures et autres plus accessoires.


Je termine sur une petite curiosité. Je ne suis pas puritain, la nudité ne me dérange pas, pas plus qu'elle ne me choque en général, mais je n'aime pas du tout le Hentaï c'est-à-dire le porno japonais. Cela dit, j'ai quand même été associé à ce numéro hors-série d'AnimeLand réservé aux adultes, avec mon nom une nouvelle fois associé à ceux des autres membres de l'équipe. En qualité de stagiaire PAO cette fois, puisque je me suis livré à des détourages de jeunes femmes dénudées pour agrémenter la mise en page. AnimeLand n'a sorti qu'un seul HS estampillé Q de son histoire et il a fallu que ça tombe sur moi. Cela dit, vu que j'étais en apprentissage et que j'étais d'une lenteur pas possible, je n'ai pas du en faire beaucoup mais quand même... Avec du recul, c'était plutôt drôle de se retrouver embarqué là-dedans et j'en rigole encore aujourd'hui. 

Bref, un moment court mais essentiel de ma vie et une rétrospective nécessaire tellement je reste encore reconnaissant à toute l'équipe de l'époque d'Animeland de m'avoir fait vivre ces pastilles de vie fabuleuses.
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jeudi 1 juin 2017

Mes retrouvailles avec François Spreux


 Après la chasse © François Spreux

Seuls mes plus anciens lecteurs se rappelleront peut-être, s'ils ont de surcroît une excellente mémoire, que j'avais consacré un précédent billet à François Spreux. C'était en 2009 (comme le temps passe !) et à l'époque j'avais eu un vrai coup de cœur pour le travail si réaliste de cet artiste modeste, passionné, accessible et tellement talentueux. Nous avions d'ailleurs brièvement correspondu en quelques occasions puis, avec le temps, chacun s'en était retourné à ses occupations. Et, en toute sincérité, j'avais un peu oublié François Spreux.

La visite inattendue © François Spreux 

Cet après-midi, je suis allé farfouiller dans mon ancien blog aujourd'hui à l'abandon pour y chercher je ne sais même plus quoi. Et devenez sur qui je suis tombé par le plus grand des hasards ? Croyez le ou non, l'émotion a été la même que huit ans auparavant en revoyant la toile "Le Chat et la guêpe" qui illustrait mon article d'antan. A l'époque, j'avais été bluffé par le sens du détail et la capacité du peintre à arriver à un tel niveau de précision avec sa technique de l'acrylique sur toile. J'étais émerveillé par l'originalité des mises en situation et la fascination que ces œuvres exerçaient sur moi. Il avait aussi fallu que je me convainque qu'il s'agissait bien là de toiles et pas de photographies tellement le rendu était exceptionnel de réalisme. 

 Intrigué © François Spreux

Matin printanier © François Spreux

Huit ans plus tard, c'est peu de dire que monsieur Spreux n'a pas perdu la main. Non seulement, à mon sens, son travail a encore gagné en qualité, mais la refonte de son site originel rend l'ensemble de ses œuvres bien plus accessibles. Et c'est d'autant plus appréciable qu'en huit ans, François Spreux n'a visiblement pas chômé tant j'y ai vu de nouvelles toiles. Et si son thème de prédilection reste la représentation des chats, le reste démontre une réelle variété dans les thématiques abordées : mammifères, oiseaux, paysages, portraits, trompe l’œil... Il y en a pour tous les goûts et c'est un réel bonheur de parcourir l'ensemble des galeries.

 Poursuite © François Spreux

L'aspect technique n'est pas en reste sur le site avec une partie Techniques qui propose l'ensemble des étapes de la réalisation d'un tableau. Bon, ça reste costaud pour un néophyte comme moi, mais c'est passionnant et je trouve ça toujours appréciable qu'un artiste ait le désir de nous plonger au coeur même des méandres de sa passion. Il y a là une notion de partage, de volonté de vulgarisation de l'art, sans que cela ne soit jamais péjoratif, qui l'honore. Bref, un grand merci.

 Les intrus © François Spreux

 Songeur © François Spreux

Les médias évoluant, François Spreux a désormais sa page dédiée sur Facebook et c'est intéressant d'y prolonger le plaisir. Sinon, Twitter est aussi une option supplémentaire. 

La rieuse téméraire © François Spreux

Le site présente enfin une biographie de François Spreux, une liste des revues spécialisées, animalières essentiellement, qui lui ont consacré un article et aussi un agenda des expositions. Ceux qui sont à proximité de la Normandie ou qui envisagent de s'y rendre hors saison auront peut-être la chance de le croiser à Lisieux tout ce mois de juin, c'est tout le plaisir que je vous souhaite. Du fin fond de ma Dordogne, je n'y risque pas de faire acte de présence mais je ne désespère de pouvoir un jour rencontrer ce grand monsieur. Car, que le titre de ce billet ne vous trompe pas. s'il y a bien eu retrouvailles du fait d'avoir pu à nouveau me familiariser avec la beauté de ses toiles, je n'ai jamais eu la chance de croiser l'artiste. Peut-être lors de prochaines retrouvailles, qui sait ?


(Merci à François Spreux pour son autorisation d'utilisation des œuvres présentes)
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