samedi 26 août 2017

Le cueilleur de pierres et l’ornithorynque



Frantz Vigier est un cueilleur de pierres à l'imaginaire vagabond. De ses rêves, il fait des œuvres originales, colorées et poétiques. Liant et particulièrement sociable, le cueilleur de pierres est un artisan libre, un tantinet hirsute, qui ne rechigne jamais à partager sa passion avec tous ceux qui lui font le plaisir d'une petite visite, fussent-ils même affublés d'une casquette ridic.. euh... bref...


Dans son antre / atelier / local d'exposition, les œuvres de Frantz semblent douées de vie. Et si l'une d'entre elle nous parle un peu plus que d'ordinaire, il est alors possible qu'elle vous adopte et accepte de quitter cet havre de paix pour un autre, le vôtre. Pour le moment, je n'ai pas encore franchi le pas. J'attends que l'un de ces si expressifs visages de pierre me fasse de l’œil ou me susurre quelques mots doux. Ce qui ne m'empêche pas d'être sous le charme...


De pierres il est question mais pas seulement. Frantz compose avec toutes les matières primitives ou presque, dès lors qu'elles lui permettent de donner vie à des vues de son esprit aussi foisonnantes que son imposante chevelure, dans un rapport avec la Nature aussi noble et respectueux que possible.



Quelques mètres plus loin, c'est Yannick Beaupuis, le sympathique ornithorynque périgourdin, que nous croisons. Yannick donne généralement le change en se montrant sous sa forme humaine en public, mais ne vous y trompez pas, la bête qui sommeille en lui n'est jamais loin et le réveil peut être étonnant lorsque l'on n'est pas préparé. J'avais déjà consacré un billet de blog à ce spécimen exceptionnel à la sexualité débridée selon les revues scientifiques s'étant penchées sur son cas.


Depuis notre dernière rencontre, l'animal semble s'être sédentarisé. Tout aussi habile de ses mains griffues que son ami Frantz et sachant très bien faire fonctionner les appareils de découpe-laser, Yannick produit des oeuvres à la finition extrême. Et comme il sait aussi raconter des histoires, émerveiller son public avec des personnages attachants et des mises en scène lumineuses et se montrer disponible en toutes occasions, il ne lui a pas fallu longtemps pour s'acclimater à son nouvel habitat.


Yannick Beaupuis l'ornithorynque remue sa main gauche plus vite que son ombre, et en relevant la tête en plus ! Trop fort ! Et c'est un signe qui ne trompe pas ! C'est un moment extrêmement difficile et rarissime à saisir, celui où il amorce sa spectaculaire transformation. Pour le voir dans son état naturel complet, il vous faudra consulter son site ou sa page Facebook.



Frantz le cueilleur de pierres et Yannick l'ornithorynque savourent leur amitié naissante au beau milieu du joli village de Saint-Léon-sur-Vézère. C'est une belle histoire qui, semble t-il, ne connait pas d'antécédent sous d'autres contrées. Une spécificité de notre belle région qui fait la fierté de ses habitants. Comment pourrait-il en être autrement ?



vendredi 25 août 2017

Virées champêtres


Nous avons passé quelques jours entourés de verdure, dans la campagne de la Dordogne puis sur les hauteurs du Mont Gargan près de Châteauneuf-la-Forêt en Haute-Vienne. Des journées simples avec de beaux paysages et des animaux  dans ce que la nature a de plus banal donc de forcément merveilleux. Bonne balade... sans parole.




















mardi 8 août 2017

Avant / Après le 8 août 1987... Jean Frisano


Toutes les oeuvres © Jean Frisano, Lug / Marvel
excepté Strange 205 © Thomas Frisano, Lug / Marvel

Lorsque Jean Frisano a mis fin à ses jours le 8 août 1987, pouvait-il seulement mesurer l'importance du vide et de l'infinie tristesse qu'il allait laisser à ceux qui lui survivraient ? Ses proches bien évidemment mais aussi toute une génération de lecteurs avides de comics et particulièrement friands des peintures du maître. Les Strange, les Spécial Strange, les Nova, les Titans... Avant de s'y plonger avec gourmandise, il y avait le passage obligé mais tellement attendu de la couverture à dévorer, comme une mise en bouche pleine de promesses avant le plat de résistance.



De ce fait, résolument, il y eut un avant et un après 8 août 1987. 



Avant, ce fut la production incroyable d'un travailleur hors-pair extrêmement prolifique qui aura écumé, toujours avec talent mais sans forcément la reconnaissance qui allait avec, tous les domaines artistiques possibles, de la publicité aux affiches, en passant par les illustrations, les innombrables couvertures de petits comme de grands formats, en multipliant les univers : aventure, western, science fiction, super-héros évidemment et tant d'autres. L'histoire d'un homme discret, anxieux, passionné, solitaire, travailleur, en proie aux doutes face à un milieu qui peut se montrer aussi stimulant qu’ingrat. Un homme pour qui la disparition de sa femme Sylvia aura été l'épreuve de trop. Une vie pleine de contrastes remarquablement retracée par Philippe Fadde dans un ouvrage déjà évoqué sur ce blog et dont je reparlerai un peu plus tard.





Avant, ce furent aussi tous ces gamins, dont je fis partie, qui se ruaient chaque mois dans les maisons de la presse de leur quartier et dont les yeux s'émerveillaient dès lors qu'ils tombaient sur les revues tant convoitées. Avec ces couvertures dont on ne savait pas vraiment de qui elles étaient, à un âge où on s'en fichait tout de même un peu. C'était juste tellement beau à regarder, ces couvertures bourrées de charme. Et lorsque c'était notre personnage ou notre série préférés qui étaient mis en avant, alors là, on gardait le numéro encore plus précieusement, comme un trésor.



Après, ce fut l'incompréhension, bien entretenue à l'époque par l'hommage honteusement expédié rendu par les éditions Lug lors d'un entrefilet dans Le courrier des lecteurs de Strange. L'incompréhension de voir de nouvelles couvertures, moins belles, moins hautes en couleurs, comme un passage de témoin ou la fin d'un âge d'or. Où était donc passé le dessinateur magicien qui mettait des étoiles dans nos yeux ?



Après, ce fut bien évidemment la tristesse. D'autant que, l'âge avançant, la nostalgie faisait son oeuvre, rendant encore plus indispensable un artiste que nous savions désormais devoir conjuguer au passé. Les peintures qui nous avaient tant émerveillés prenaient alors un autre sens, comme la Madeleine de Proust d'une période certes révolue mais qu'on ne nous enlèverait jamais.



Après, ce fut la reconnaissance évidemment. Car si Jean Frisano l'eut ponctuellement de son vivant, ce n'est pas lui faire insulte, il me semble, de considérer que le regard posé sur son travail et sur son oeuvre est désormais entré dans une toute autre dimension. Les éditions Lug n'existent plus mais on continue à parler, regarder, collectionner Strange et cie. 



Parce que Jean Frisano manque, les hommages se multiplient désormais comme la reconnaissance posthume d'un artisan majuscule. Louis Cance, Eric Vignolles et Gérard Thomassian ont ouvert la voie avec un ouvrage considéré pendant longtemps comme la seule bible de référence sur Jean Frisano. Un ouvrage rare car autoproduit à excessivement peu d'exemplaires, pas exempt de défauts car bricolé avec les moyens du bord vers la fin des années 90, mais un ouvrage de passionnés désireux de rendre hommage à une pointure de leur enfance et adolescence. Une vraie belle initiative.


Et puis, avec davantage de moyens, de rédacteurs, de concours de la famille Frisano (ses enfants Thomas et Sylvia), de sources iconographiques précieusement collectées de par le monde et remarquablement mises en valeur, Jean Frisano eut finalement droit en 2016 à un pavé monstrueux : Jean Frisano, une vie d'artiste, par Philippe Fadde, sorti chez Neofelis Editions. Je ne vais pas m'étendre sur les si nombreuses qualités de cet ouvrage dont j'ai à peu près tout dit ICI mais ce bouquin d'une beauté et d'une richesse absolues est indispensable.



Le 8 août 1987, Jean Frisano s'en allait. Depuis, il n'a jamais autant été là. Et c'est tant mieux !

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vendredi 4 août 2017

Spider-Man par Alex Ross



(cliquez pour agrandir)

Billet sans parole aujourd'hui, hormis ces quelques lignes introductives. Alex Ross est un illustrateur hors-pair. Je le pense depuis plusieurs années maintenant même si ce ne fut pas un coup de cœur immédiat, d'autant que je suis moins fan du rendu global lorsqu'il dessine une BD complète. Mais quand il façonne ses couvertures de fou dont il a le secret, alors là, je me tais et j'admire ! Ross est tellement prolifique que je ne m'en suis tenu qu'à ses représentations de l'Araignée (et je me doute qu'il doit en manquer quelques unes). Multipliez ce travail par l'ensemble des univers Marvel et DC et vous comprenez que le monsieur ne chôme pas ! Bon brûlage de rétines ! Les illustrations sont en vrac, faut pas trop m'en demander non plus !