jeudi 31 mai 2012

L'écrit du Jeudi : Genèse d'un billet culte




-Il commence à se faire tard, tu te rappelles que c'est le jour de l'écrit du jeudi. Tu es à ce point en manque d'idées ?
-Oui là j'avoue que je suis comme qui dirait en panne sèche.
-Parle de Denis, il aime bien ça et puis c'est souvent rigolo.
-Tu veux rire ? La dernière fois, alors que je ne l'ai même pas cité explicitement, ça m'a coûté 500 euros ! Pour ce prix là, j'aurais dû lui en faire baver dans ma nouvelle de jeudi dernier, histoire d'en avoir pour mon argent ! Il n'attend que ça, devenir un personnage récurrent de mes délires hebdomadaires... Il peut attendre longtemps ! 
-Oui bon, j'ai compris, je n'insiste pas... Et si tu laissais ton esprit vagabonder ? Il finira bien par en sortir quelque chose.
-C'est ça ta solution miracle ??? Ça fait des heures que mon esprit vagabonde et que j'attends qu'il se décide à me faire un compte-rendu ! Esprit, es-tu là ? Un coup pour oui, deux coups pour non, ha-ha-ha, la bonne blague ! 
-Ressors une vieillerie de ton ancien blog, je suis bien certaine qu'il y a encore des nouvelles que tu n'as pas rapatriées. Et hop, un billet express avec un plaisir nostalgique coupable en prime pour tes lecteurs ! 
-Ben voyons ! Et je donne le bâton pour me faire battre ! Je les entends déjà, les mécontents. Billet de faignant, paresse honteuse, mépris de ceux qui viennent par ici etc, etc. Je les vois comme s'ils étaient ici avec leurs petites phrases mesquines. Eh bien non, ils n'auront pas ce plaisir ! Je vais me remuer le popotin et leur proposer du sensationnel, du jamais vu, du lourd de chez lourd ! Je serai là où personne ne m'attend ! 
-Bon, je te laisse chercher alors... parce que l'heure tourne ! 

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-Alors, c'est bon ? Tu as trouvé ? 
-Dis-moi juste qu'on les a, les 500 euros ! 

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mercredi 30 mai 2012

La Gueule du Mercredi : David Lynch


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Cette semaine, on laisse de côté Richard pour David. C'est bien pour faire une transition avec la gueule de mercredi dernier, tant le nom est à peu près la seule chose que les deux aient en commun. Ou le côté barré peut-être. Parce que cette semaine, c'est une très grosse pointure du cinéma que Seb a remarquablement croqué : l'immense David Lynch ! 

C'est assez frustrant pour l'admirateur de David Lynch que je suis d'essayer de me faire une raison. Mais il semblerait bien que Lynch en ait fini avec le cinéma ou presque. Depuis quelques années, il multiplie les courts métrages, se passionne pour la méditation transcendantale, peint et sort des disques. Bon...

David Lynch a probablement décidé de se faire plaisir, peut-être échaudé par l'échec de Inland Empire et de toute façon, peu importent les motivations du bonhomme. Mais s'il a renoncé au 7e art, c'est vraiment dommage.

Lynch, c'est un univers bien particulier. Ou des univers devrais-je dire. Qui se croisent, s'entrecroisent, se délitent, se matérialisent au gré de son bon vouloir. J'ai renoncé à comprendre de bout en bout un film de Lynch, hormis les plus généreux en terme de lisibilité (Blue Velvet, Une Histoire Vraie). Plonger dans une oeuvre de Lynch, c'est s'assurer de n'en percevoir qu'une partie et c'est ça qui est excellent chez lui. Tout est sujet à interprétation. Ou pas. L'artiste nous emmène dans des mondes tortueux mais ne nous prend pas par la main. Il nous donne quelques clefs qui au final ouvriront bien peu de serrures. En ce sens, le cinéma de Lynch a une capacité de revisionnage assez conséquente. Je n'oublierai jamais à quel point je jubilais pendant Mulholland Drive tant je pensais m'être accroché jusqu'au bout. Eh bien non, ça n'a pas loupé, il m'a largué dans le dernier quart d'heure alors que je pensais bien avoir tout compris. Jouissif mais frustrant. Frustrant mais jouissif.

Lynch ne tourne plus. Ou si confidentiellement. Dommage. Peut-être nous reviendra t-il, même si je ne suis pas certain qu'il retrouve l'envie, indépendamment de sa difficulté à trouver des financements tant son cinéma est aux antipodes du tout Hollywood commercial et clinquant. En attendant, DIEV me permet de dire tout le bien que je pense de cet artiste hors norme. C'est déjà un sacré bonheur en soi, merci Seb ! 




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mardi 29 mai 2012

L’Énigme du Mardi




Félicitations à Nath qui fut la seule à avoir trouvé (rapidement de surcroît) la bonne réponse à l'énigme de mardi dernier ! Petit rappel des indices : 


La ville où il grandit aurait pu être annonciatrice de sa grande passion, bien qu'il ne l'aie eue qu'à 30 ans. Passion qu'il retrouva même lors d'un des rares doublages qu'il fit.
Il aurait pu être un héros étranger, ce ne fut pas le cas, hélas, mais en s'occupant des enfants dudit héros, il fit quand même preuve de coeur.
Il rendit, entre autres, un bel hommage aux gens qu'il a admirés.
Depuis quelque temps, il n'en fait qu'à sa tête à la télévision.

Il s'agissait de l'excellent Jean Rochefort. 






Rochefort a grandi à Vincennes mais ce n'est que pendant le tournage de Cartouche, en 1960, qu'il se découvre une passion pour les chevaux, l'équitation et le monde des courses. Pour la petite histoire, il doubla Jolly Jumper, le fidèle cheval de Lucky Luke, dans le navet Les Dalton en 2004.
Il aurait du jouer Don Quichotte pour les besoins du film maudit Lost in la Mancha de Terry Gilliam mais il se retire du projet (finalement avorté d'ailleurs) à cause de fortes douleurs dorsales, dues notamment au poids de l'armure. En revanche, il a milité avec l'association Les enfants de Don Quichotte en faveur des SDF.
En 2007, il est seul en scène dans le spectacle Entre Autres où il rend hommage aux auteurs qui l'ont toujours "accompagné".
Il n'en fait qu'à sa guise depuis 2008 pour les assurances... Amaguiz !


Allez, c'est parti pour l'énigme du jour ! A vos neurones. Vous avez comme d'habitude jusqu'à mardi prochain pour m'envoyer vos réponses par mail ou par MP via FB, bonne chance !

J'ai échappé de peu à Mortimer.
Je dois mon existence à un lapin qui a échappé à mon maître.
J'ai pu écouter de la musique grâce à une chèvre et lancer un avion grâce à un chien.
Ma fiancée a enlevé ses dessous dès notre première rencontre... ce fut épique !

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lundi 28 mai 2012

La BD du Lundi : La Mort de Staline




Au départ, à la sortie du premier tome en octobre 2010, La Mort de Staline était surtout pour moi prétexte à retrouver enfin le toujours trop rare Thierry Robin, auteur de Koblenz et surtout de la série passionnante en 4 tomes Rouge de Chine. J'avais bien aimé la première partie de La Mort de Staline mais je savais qu'il me faudrait attendre le tome 2 pour pleinement en apprécier l'histoire dans son ensemble.




Mai 2012 : Nous y voilà. Fabien Nury au scénario et Thierry Robin au dessin nous gratifient de la suite et fin d'un diptyque superbe et prenant de bout en bout. Cette fois, je me suis vraiment laissé happer par l'histoire en la reprenant depuis le début. Les BD historiques ne sont pas vraiment ma tasse de thé d'ordinaire mais là, des séries de cette qualité, j'en redemande ! La série se présente comme une fiction inspirée de faits réels, et pour cause, l'histoire relate les jeux de pouvoirs qui ont suivi l'attaque cérébrale de Staline. Ceux qui se voient calife à la place du calife avancent leurs pions, ne reculant devant aucune bassesse ni aucun crime mais, comme souvent, les plus calculateurs et malins ne sont pas forcément ceux que l'on croit.




Difficile pour le non historien de savoir exactement où est la part de réalité et de fiction mais, pour m'être moi-même un peu documenté à l'issue de ma lecture, les auteurs se sont quand même appuyés sur de solides sources. Les personnages ont réellement existé, l'excès de méfiance de Staline (qui ira jusqu'à supprimer ses propres médecins lui faisant du coup cruellement défaut par la suite) est tout aussi bien rendu de même que la manipulation de l'opinion ou les zones d'ombres entourant le décès du dictateur etc. Bref, si La Mort de Staline a sa part de fiction, les références historiques n'ont hélas pas manqué pour faire de ce diptyque une oeuvre forte, cynique et d'une noirceur absolue.




Christian, si tu me lis et si tu cherches une occasion unique de te mettre à la BD puisque nous en parlions tout récemment encore, voici une oeuvre complète en deux volumes qui devrait passionner le féru d'Histoire que tu es. Un vrai et gros coup de coeur incroyablement bien ciselé et d'une richesse graphique hors-norme, dans les méandres et la folie des arcanes du pouvoir dans l'ex-URSS de 1953. Cette recommandation est bien évidemment valable pour l'ensemble de ceux qui me font le plaisir de venir me lire car, et je suis bien placé pour en parler, il n'est pas nécessaire de connaître cette période trouble pour apprécier  ces deux albums prenants de bout en bout.

En un mot : In-dis-pen-sa-ble ! 


La Mort de Staline : Une Histoire vraie... soviétique
Tome 1 : Agonie (disponible)
Tome 2 : Funérailles (disponible)
Editeur : Dargaud

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dimanche 27 mai 2012

La Fiction du Dimanche : Heavy Rain


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Pas un film à proprement parler aujourd'hui. Encore que... Heavy Rain est un jeu vidéo et je dois bien être le dernier à vous en parler puisque ça fait quand même déjà deux ans qu'il est sorti. En même temps, deux ans, c'est à peu près le temps qu'il m'a fallu pour me faire offrir une PS3 flambant neuve et donc en état de marche (croisons les doigts). Car Heavy Rain est une exclusivité Sony, comprenez par là que vous ne pourrez pas essayer ce bijou ailleurs que sur une PS3.


Heavy Rain (Pluie battante en français) doit s'appréhender comme un film noir sur des thèmes résolument adultes (enlèvements d'enfants, meurtres, bordels...), un peu à la façon d'un Seven. C'est l'originalité du titre : on a l'impression de voir un film, tour à tour dans la peau de l'un des quatre protagonistes principaux qui sont autant de points de vue dans le film. Immersion d'autant plus facile que le jeu est d'une beauté absolue, distillant une ambiance glauque au possible. On commence dans la peau de Ethan Mars, un architecte comblé jusqu'à ce que l'un de ses deux fils meure sous les roues d'une voiture. On enchaîne un peu plus tard avec le détective Scott Shelby. On pourra aussi incarner une journaliste, Madison Paige, et Norman Jayden, un profiler, mais je ne suis pas encore assez loin dans l'aventure pour les avoir déjà rencontrés.





L'une des particularités de Heavy Rain est que l'on ne peut pas mourir. Plus exactement, si un des personnages principaux vient à mourir, son décès s'inscrit alors dans la trame globale. En fait, c'est l'ensemble de nos choix qui va conditionner le déroulement de l'histoire. D'ailleurs, il semblerait qu'il y ait une vingtaine de dénouements possibles en fonction des choix et des actions que nous serons amenés à faire tout au long de l'aventure. Par exemple, jeudi soir j'étais dans la peau du détective Shelby. Je sortais de la chambre d'une prostituée chez laquelle j'avais recueilli des infos lorsque je suis tombé sur un de ses clients genre très agressif. Je me suis pris une branlée mémorable, du style mange-toi la glace de la salle de bain, parce que je ne maîtrise pas encore suffisamment les commandes du jeu. Bref, j'ai fini dans un sale état et ça a conduit à un certain dialogue à l'issue du combat. Si je m'y étais mieux pris et si je lui avais mis une grosse mandale additionnée de deux paires de gifles, j'aurais gagné et la trame en aurait été plus ou moins profondément modifiée.  




L'occasion d'en venir au gameplay c'est-à-dire la façon de jouer. Là-encore, c'est du jamais vu dans un jeu vidéo et c'est très fort. On est à la fois pleinement acteur et en même temps assez passif dans le sens où c'est un jeu qui prend son temps, un jeu où il faut enquêter, progresser et c'est cela qui le rend véritablement passionnant. Du coup, on interagit avec l'ensemble des éléments. On ouvre des placards, on actionne le robinet pour prendre une douche, on secoue la manette pour se frictionner le dos et ainsi se sécher. On met la table mais sans que le mouvement des bras soit trop brusque sans quoi les assiettes finiront par terre. On interroge, on interpelle,  bref on réalise toutes les choses possibles et inimaginables grâce à une jouabilité intuitive mais qui demande un certain temps d'adaptation, d'où la raclée que j'ai prise hier dans la chambre de la prostituée.




Terminons enfin avec quelques mots sur la mise en scène. C'est du lourd, du très lourd. Un film en live, on s'y croirait vraiment. Et ce, dès le départ. Il y a une scène où Jason, le fils d'Ethan, échappe à la vigilance de son père dans un immense centre commercial. Ethan (c'est-à-dire moi) se lance à sa recherche et il faut le voir pour le croire. L'impression d'agoraphobie est bluffante, Ethan essaie de se frayer un passage dans la foule du centre commercial tout en criant le nom de son fils alors qu'il est oppressé de toutes parts, renforçant l'impression de gigantisme de la structure. En même temps que sa propre angoisse nous étreint, les bruits environnants deviennent plus sourds, plus lancinants, grâce à une bande son au diapason.

Heavy Rain est déjà un indispensable pour moi. Et je n'en suis qu'au tout début. C'est dire si je suis parti pour me régaler un paquet d'heures ! L'attente en valait la peine ! 

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samedi 26 mai 2012

Le Dessin du Samedi : William Vance


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En 1992, à l'époque où je trouvais encore un semblant d'intérêt à me rendre au festival de la BD d'Angoulême, j'étais reparti avec cette superbe oeuvre, exemplaire 316 / 500  signé par l'auteur William Vance.

Cette affiche, forcément sous verre, a donc 20 ans (le dessin original date lui de 1983) et je ne m'en lasse pas. Univers de pirates, galion majestueux sortant de la brume, teintes bleues du meilleur effet, silence que l'on imagine pesant malgré le mouvement des rames sur l'eau, ce dessin me fait frissonner à chaque fois que je prends vraiment le temps de m'y arrêter. Quelle beauté du trait, quelle maîtrise de la couleur ! Cette oeuvre tirée de l'univers de Bruce J Hawker (dont j'ignore absolument tout) reste ma préférée et trône fièrement dans mon bureau.

Pour moi, William Vance, c'est XIII, une série passionnante en son temps avant de se traîner lamentablement dans ses derniers segments. Et les séries "parallèles" propices à user le filon jusqu'au bout me laissent perplexes. C'est aussi l'un des quatre dessinateurs ayant oeuvré sur la série Bob Morane. Mais Bruce J Hawker, je n'en avais jamais entendu parler. Pas bien grave.

Parce que je retiendrai avant tout de William Vance, c'est clairement ce dessin là ! 

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vendredi 25 mai 2012

La Loterie du Vendredi : Jeux d'enfants




L'inconvénient, quand on est dans un lotissement, c'est qu'il faut composer avec les enfants des voisins. Et quand lesdits voisins invitent d'autres enfants, ça fait encore plus de mômes à supporter. Et avec les beaux jours qui arrivent, ça promet ! Les nouveaux arrivants ont annoncé la couleur en plantant balançoire et autre trampoline à quelques mètres seulement de la fenêtre de notre cuisine. Mais bon, là au moins, malgré le chahut que peut faire une poignée d'enfants, ils sont chez eux.

Et puis il y a la place circulaire centrale au bord de laquelle gravitent six logements dont le notre. Cette place reste avant tout un lieu de passage de véhicules qui vont et qui viennent au rythme de vie de leurs propriétaires.
Aux beaux jours, les enfants se l'accaparent alors qu'il y a piste cyclable et aire de jeux quelques centaines de mètres plus bas. Allez comprendre...

Dimanche dernier, ces nouveaux voisins ont invité du monde et pas mal d'enfants. La place était pleine de voitures et d'enfants qui faisaient du vélo. Et, bien évidemment, dans leur jardin, juste sous nos fenêtres, balançoire et trampoline connaissaient aussi un beau succès. La totale.

A un moment donné, je vois trois enfants sur la place depuis la fenêtre de mon bureau, à l'étage. Un grand, deux petits. Les petits ont une épée, le grand, une carabine à fléchettes. Rien de neuf, on a tous connu ça, les bagarres à l'épée, les gendarmes et les voleurs, enfin ce genre de truc, quoi... Le grand, c'est pas la première fois que je le vois et je ne l'aime pas beaucoup. Je ne saurais dire mais c'est une impression. Le genre à attendre le bon moment pour faire ses coups en douce. A peine ado et déjà estampillé con. D'ailleurs, il a trouvé un nouveau jeu à la hauteur de sa bêtise.

Il pousse les deux plus petits contre la portière d'une voiture, leur demande de ne pas bouger, arme sa carabine, prend surtout bien le temps pour ajuster son tir et appuie enfin sur la détente. Les enfants s'écroulent sur le sol. Ce petit merdeux a réinventé l’exécution primaire en bonne et due forme. Je ne suis pas bégueule de nature mais ça m'a mis mal à l'aise. Encore un "grand" qui influence des plus jeunes en simulant une mise à mort dans ce qu'elle a de plus choquant, de plus expéditif, de plus bestial. Déjà que je ne l'aimais pas, ça ne va pas s'arranger.

Comprenons-nous bien : je me moque que des gamins se tirent dessus pour s'amuser, se chamaillent, fassent le mort faussement éventrés par une épée en plastique etc. Mais là, c'est vraiment la mise en scène qui m'a choqué. Avancez-vous jusqu'à la voiture, levez la tête, bang, tombez raide. Jeu inoffensif en apparence mais totalement stupide et qui en dit long sur ce que nos têtes blondes ingurgitent chaque jour et sur la façon dont tout acte de violence est banalisé.

Je ne suis pas bégueule, non. Moralisateur, encore moins. Enfin, je crois. Mais des gamins qui s'amusent à reproduire des scènes d'exécutions, ça me gêne. Et vu de mon bureau, en plongée donc, c'est encore plus impressionnant de le voir viser et de voir ses victimes de jeu s'écrouler sur l'asphalte. Les deux petits s'amusent, sans penser à mal. Ils font ce que l'autre leur demande. Mais l'autre justement. Le voir prendre un tel plaisir, le voir se gausser d'un tel sentiment de puissance, c'est assez inquiétant. Malgré l'arme en plastique. Malgré les fléchettes.

Ça promet...

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jeudi 24 mai 2012

L'Ecrit du jeudi : Echec et Mat




Vis chaque jour comme si c'était le dernier, se plaisent à dire certains qui ne connaîtraient même pas leur bonheur s'ils y parvenaient Ce dont je doute un peu, tellement nous sommes peu libres de notre destin. On nous rabâche qu'on a le choix. Là-aussi, je suis sceptique. A t-on au moins le choix de faire les bons ? Ou uniquement ceux qui s'imposent à nous ? Avons-nous seulement la moindre once de liberté ?

Si je considère que ce jour est le dernier, alors je devrais par exemple vite faire mon testament. Mais quelle curieuse idée ce serait de passer l'ultime jour sa de vie à entasser des volontés imprécises sur quelques feuilles éparses, non ? N'y aurait-il vraiment pas autre chose à faire ? 

Je serais bien incapable de savoir si demain sera un autre jour en fait. J'ai au moins ce choix. Vivre ou mourir. Mourir ou mourir devrais-je dire. Car est-ce vivre que de voir les jours s'égrener depuis une cellule de prison ? Ou est-ce comme une petite mort, plus lente mais tout aussi insidieuse ?

Les masques viennent de tomber et j'ai perdu. Je pensais avoir commis le crime parfait mais mes certitudes se sont embrasées en même temps que mon alibi. Ça m'apprendra à être davantage dans ma tête que dans celle des gens. Lui aurait pu anticiper. Prévoir et agir en conséquence. Avoir toujours un coup d'avance. Mais bon, je l'ai tué et je ne pense pas pouvoir revenir en arrière. Il ne manquerait plus que ça, tiens, que ce petit con prétentieux revienne d'entre les morts me hanter. Et bien non, reste bien où tu es, sale enfoiré. J'en ai raté des choses dans ma vie mais toi, je ne t'ai pas loupé, joueur d'échecs de mes deux ! Je vais certainement le payer cash maintenant. J'espère que vous faites crédit ou que vous prenez les chèques en bois, messieurs les policiers. Parce que, je ne sais pas si vous savez mais... les temps sont durs, à ce qu'il paraît.

Je souris péniblement. Ils n'étaient pas encore là que je m'y voyais déjà. Ils ne tarderaient plus maintenant. Je devais me décider. Les attendre ou leur échapper encore. Une ultime fois. Mes mains caressèrent l'arme. Le choix était-il donc si évident que je ne puisse finalement m'y soustraire ?

J'avais pêché par orgueil, persuadé d'avoir tout prévu. C'était si mal me connaître. C'est mon éternel problème. Je crois me connaître et j'ignore tant de choses. Le tuer m'a rendu plus fort. M'a donné une assurance que je ne pensais pas posséder. Jouer au chat et à la souris avec les forces de l'ordre n'a fait qu'accentuer cet état de grâce où tout me semblait permis. Où je me sentais invincible. Sauf que je ne l'étais pas. Et lorsque l'armure s'est fendillée et que je me suis retrouvé face à moi-même, le constat a été sans appel : je n'étais rien. Et sa mort n'y avait rien changé.

J'entends les sirènes au loin. C'est le moment. Où se situe la lâcheté ? Dans le fait de vivre ou de mourir ? Le pire serait de vouloir les emmerder tous et au final de n'emmerder personne. J'aurais au moins voulu profiter un peu plus de ma victoire sur cet enfoiré qui s'était barré avec ma femme et mon fils. Surtout que, vraiment, mon alibi tenait la route. J'étais forcément chez moi à l'heure du meurtre, messieurs les jurés, puisque j'étais en train de rédiger un courrier sur l'ordinateur, enregistré à la même heure que celle du crime commis à une heure de route de mon domicile. Je pensais les tenir avec ça. Mais mon complice avait craqué. Un informaticien balèze qui avait pris possession de mon ordi à partir du sien. Pour 5 000 euros, il avait été trop content de me rendre ce service à l'heure dite, sans me demander la moindre explication. Dommage qu'il ait pris peur en voyant que sa petite bidouille avait servi un meurtre sauvage. Il ne pouvait cautionner ça. J'aurais peut-être du supprimer tout témoin mais je ne suis pas un tueur. Et on n'est pas dans un film. L'autre, c'était différent. Il fallait que je le fasse. Ah ! Quand je repense à ma femme qui voulait en baiser deux et qui se retrouve sans personne ! Lui, je devais me le faire. Mais ça ne compte pas. Parce qu'autrement, je ne suis pas un tueur. Pas un tueur.

L'informaticien, bien qu'ayant fait dans son froc, il m'a quand même prévenu. Pour les flics. Qu'il les avait appelés et qu'ils allaient rappliquer. Quelle délicate attention vraiment, merci ! D'ailleurs, ils sont là. Des crissements de pneus, des portes qui claquent, des ordres que l'on donne. Toujours les mêmes. Encerclez la maison. Ne tirez pas sauf en cas d'absolue nécessité. Et patati. Et patata.

La sonnette retentit. Au moins, ils sont civilisés, ils s'annoncent, c'est bien. Bon, et moi, je fais quoi ? J'ai tellement caressé cette arme depuis dix minutes que j'ai l'impression qu'un lien s'est tissé entre elle et moi. Une sensation étrange, comme si nous appartenions l'un à l'autre. Mes doigts continuent de la parcourir. Et dehors, ils s'impatientent.

Je ne réponds pas. Du coup, je sais qu'ils entreront de force. Ce n'est qu'une question de minutes. De secondes même. Je vais devoir faire un choix. Je sens qu'une nouvelle fois, ce sera davantage un choix qui s'impose à moi. Qu'il soit bon ou mauvais, on n'en est plus là. L'once de liberté que je cherchais tout à l'heure, elle est là, à portée de main. Infime mais bien là. Si près. Si loin.

Ma liberté, je la reprends  en même temps que mes doigts pressent la détente.

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mercredi 23 mai 2012

La Gueule du Mercredi : Richard Lynch


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C'est probablement parce que Richard Lynch, acteur américano-irlandais, me foutait la pétoche gamin que je n'ai jamais pu oublier son nom ou son visage. Faut dire qu'il a joué à trois reprises dans Starsky & Hutch que je ne ratais jamais, et qu'il tenait invariablement le rôle du salaud de service. Je me souviens particulièrement d'un épisode où il interprétait un tueur en série qui changeait de déguisement pour chacun des meurtres qu'il perpétrait. A lui seul, il rendait l'épisode palpitant.

S'il est barré dans la plupart de ses rôles (la plupart insignifiants malheureusement, beaucoup de séries B de science fiction / horreur), il l'est tout autant dans la vie. Car si Richard Lynch me faisait flipper à la fin des années 70, c'est aussi à cause de son physique si particulier et de cette gueule d'éternel second couteau. Et pour cause ! Sous l'emprise de LSD, il s'était foutu le feu, provoquant ainsi de nombreuses cicatrices résultant de graves brûlures. Flippant jusqu'au bout, l'ami Lynch ! 

Comme beaucoup d'acteurs ayant percé dans les années 70, il a joué dans un grand nombre de séries TV (Starsky & Hutch donc, Baretta, Serpico, Les rues de San Francisco, Super-Jamie, Galactica, Buck Rogers, Drôles de dames, L'homme qui tombe à pic, Manimal, L'agence tous risques, Rick Hunter et bien d'autres...) et dans un nombre incalculable de nanars. Du coup, il n'a paradoxalement jamais arrêté de tourner car sa folie et la démesure de son jeu l'ont finalement rendu populaire et ils sont nombreux, comme moi, surtout aux USA, à se rappeler de cet acteur qui tourne toujours à plus de 70 ans (vu que son année de naissance varie de 1936 à 1940 selon les sources). N'oublions pas néanmoins que son tout premier film fut loin d'être un navet puisqu'il "partagea" l'affiche avec Gene Hackman et Al Pacino dans Scarecrow (L'épouvantail) qui remporta le Grand Prix au Festival de Cannes en 1973.

Richard Lynch, gueule du mercredi... Y'avait comme une évidence ! 

.Et pour avoir une idée plus précise, je vous laisse une vidéo (mais en VO) d'un épisode de Starsky & Hutch de 1979 ( ! ) où il joue le détraqué de service ; je sais, ma générosité me perdra !





(MAJ du 7 décembre 2012 : J'apprends seulement aujourd'hui que Richard Lynch est décédé le 19 juin dernier, soit environ un mois après mon billet initial. RIP, Monsieur Lynch)

mardi 22 mai 2012

L’Énigme du Mardi



Avant toute chose, voici la réponse de l'énigme de mardi dernier. Ne la soufflez pas à Denis, il est encore en train de chercher, le pauvre... Rappel des indices : 

Je dois mon nom à une basilique
Je fus lessivé dès le départ.
Mon leitmotiv ne pousse pas à l'optimisme.
Dans une certaine mesure, j'ai eu du mal à couper le cordon toute ma vie.
Je fus d'abord rejeté par ma mère... et par les Etats-Unis ensuite.
Dix-septième au départ, je fus ensuite fils unique.

Il fallait trouver... Calimero... qui fête cette année ses 50 ans ! ! ! Hé oui ! Pas de gagnant a priori cette semaine ! 



Le nom du poussin vient de la basilique San Calimero à Milan.où Nino Pagot, l'un de ses trois créateurs, s'était marié. Il est né en 1962 pour les besoins d'une publicité de la lessive Ava. Dans la publicité, il est noir parce que tombé dans la boue et redevient jaune au contact de la lessive.
Qui n'a pas entendu sa phrase favorite : "C'est vraiment trop injuste !". C'est qu'il en aura eu des misères, ce pauvre Calimero ! C'est pas une vie ! 
On peut considérer qu'il n'a jamais vraiment coupé le cordon puisqu'il ne se sépare jamais de la coquille de l'oeuf dans lequel il est né.
Parce qu'il est noir, Calimero est rejeté par sa mère à la naissance. C'est pour la même raison que le personnage ne parvient pas à s'exporter aux Etats-Unis où le sujet reste sensible. Dans la série officielle, il est le 17e poussin de la couvée. Par la suite, d'autres épisodes le montreront fils unique et aimé de sa famille.


Allez, c'est parti pour l'énigme du jour, bonne chance à tous et réponses comme d'hab par mail ou via les MP de Facebook !

Indices : 

La ville où il grandit aurait pu être annonciatrice de sa grande passion, bien qu'il ne l'aie eue qu'à 30 ans. Passion qu'il retrouva même lors d'un des rares doublages qu'il fit.
Il aurait pu être un héros étranger, ce ne fut pas le cas, hélas, mais en s'occupant des enfants dudit héros, il fit quand même preuve de coeur.
Il rendit, entre autres, un bel hommage aux gens qu'il a admirés.
Depuis quelque temps, il n'en fait qu'à sa tête à la télévision.

A vous de jouer ! 



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lundi 21 mai 2012

La BD du Lundi : Les Schtroumpfs de l'ordre


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N'ayant rien lu de made in schtroumpf depuis la superbe version 2011 du Schtroumpfissime, c'est avec un plaisir non dissimulé que je me suis procuré le 30e tome, Les Schtroumpfs de l'ordre aux éditions du Lombard. Le thème était séduisant, renvoyant bien évidemment à la politique sécuritaire du moment. Parce que les schtroumpfs connaissent des querelles de voisinage de plus en plus fréquentes, le Grand Schtroumpf décide d'instaurer des lois et un "service d'ordre" pour les faire appliquer avec, à sa tête, le toujours très pointilleux schtroumpf à lunettes dont l'excès d'autorité et de zèle passera plutôt mal chez nos petits bonhommes bleus. Il y a donc forcément un peu du schtroupfissime dans le rapport autoritaire qu'entretiennent les schtroumpfs de l'ordre avec le reste de la population, toutes proportions gardées évidemment puisque l'on n'en vient quand même pas aux mêmes extrémités. 




Les Schtroumpfs de l'ordre est, pour moi, typiquement le genre de BD frustrante avec une première partie sans fausse note, avec un scénario remarquable de maîtrise et de drôlerie, et une seconde partie qui ne tient pas ses promesses et qui alourdit considérablement le propos... et l'histoire tout court d'ailleurs. Heureusement, les superbes dessins de Jeroen de Conink, très agréablement rehaussés par les couleurs de Nine Culliford, nous permettent néanmoins de passer le cap. Mais quand même, quel dommage que Alain Jost et Thierry Culliford aient soudainement embrayé de manière aussi poussive ! 




Car vraiment, la première partie confine au chef-d'oeuvre avec des situations extrêmement plaisantes, le scénario emporte l'adhésion, les répliques font mouche. Je me suis même fait la réflexion qu'il y avait, l'espace de quelques pages, un retour à l'âge d'or des schtroumpfs, du temps où l'immense Peyo nous régalait de ses histoires simples et pourtant si passionnantes. Jusqu'au début de la grande fête estivale organisée par les schtroumpfs, tout va bien. Ensuite, ça se gâte avec les méfaits d'un mystérieux individu qui sabote les installations de la dite fête, bien décidé à faire tourner en bourrique les schtroumpfs en général et les schtroumpfs de l'ordre en particulier. Là, ça traîne en longueur, les actes de vandalisme s'enchaînent au détriment de l'humour, la fin est expédiée et ne convainc guère une fois l'identité du fauteur de troubles révélée. On comprend bien le message que les scénaristes ont cherché à faire - maladroitement- passer mais l'ensemble tombe un peu à plat.




Les Schtroumpfs de l'ordre reste un bon album sur lequel on aurait été plus indulgent si la première partie n'avait pas été si réussie. C'est tout le paradoxe de ce 30e titre. L'excellence du début rend la suite forcément frustrante. Cela étant, l'univers de Peyo est respecté, le charme opère indiscutablement et, une nouvelle fois, le dessin est un régal pour les yeux. A défaut du millésime attendu, un bon cru donc. 

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dimanche 20 mai 2012

La Fiction du Dimanche : Desperate Housewives



Desperate Housewives a tiré dimanche dernier sa révérence après 8 saisons de bons et de moins bons services. Pourquoi je vous dis ça ? Eh bien parce que j'avoue que DH était devenu une sorte de petit plaisir coupable et, en disant ça, je sens bien que je vais forcément baisser dans l'estime de Denis. Oui Denis, tu as bien entendu : j'étais en quelque sorte "fan". 

Pourtant, au départ, je ne voulais pas en entendre parler car je pensais qu'elle était la série "pour femmes" par excellence. Et puis je me suis retrouvé devant un peu par hasard dans des circonstances que je ne me rappelle d'ailleurs plus... et j'ai été séduit essentiellement par l'humour et la qualité des dialogues. Pas des scénarios, des dialogues. La nuance est d'importance. Car si tous les scénarios ne se valent pas au fil des saisons, les dialogues sont globalement de haute tenue. Autour d'une intrigue dite principale se développent de petites saynètes souvent drôles, parfois moins mais toujours plaisantes.

Desperate Housewives raconte la vie de cinq puis quatre amies (L'actrice Nicolette Sheridan décidant de quitter la série à la fin de la saison 5, son personnage fut supprimé) dans un quartier résidentiel chic, Wisteria Lane. L'histoire démarre sur le suicide d'une de leur amie, Marie-Alice Young, et ce suicide sera en quelque sorte le fil rouge de DH puisqu'elle commentera désormais "d'outre tombe" les intrigues de ses anciennes amies en intervenant en voix off à chaque début et fin d'épisode.

Chaque desperate a évidemment sa caractéristique : Susan Delfino (Teri Hatcher) est la gaffeuse émotive par excellence, Gaby Solis (Eva Longoria) est l'ancien modèle dépensier et superficiel, Lynette Scavo Felicity Huffman) a du mal à concilier vie privée et vie professionnelle, jonglant avec ses 3 puis 4 enfants et enfin Bree Van de Kamp (Marcia Cross) est une femme un peu coincée, très propre sur elle, très organisée, très bonne cuisinière et qui ne supporte pas de ne pas être irréprochable. Voilà pour les caractéristiques de départ. On verra très vite que les choses ne sont jamais aussi simples qu'elles peuvent le paraître.

La série propose une intrigue principale par saison. Certaines sont passionnantes comme la saison 3 avec le personnage de Orson Hodges (joué par le toujours impeccable Kyle Mac Lachlan), ou encore la saison 5 avec Neal Mc Donough, acteur excellent dans la peau de Dave Williams (et hallucinant dans la saison 3 de Justified) tandis que d'autres sont plus classiques. Mais l'alternance de scènes franchement hilarantes et d'autres plus intimistes voire émouvantes rend le show toujours très agréable à regarder, même lorsque le rythme s'essouffle. Le mérite en revient aussi aux personnages secondaires, Karen Mc Cluskey et Katherine Mayfair en tête (pour ceux qui suivent la série), interprétées respectivement par Kathryn Joosten et Dana Delany). Et certaines guest stars sont vraiment savoureuses et amènent un vrai plus.

DH, c'est donc fini après 8 saisons et 180 épisodes. Sans véritable regret, la saison 8 n'étant de surcroît pas la meilleure du show. Comme l'arrêt de la série était connu dès la fin de la saison précédente, les auteurs ont pu faire ce qu'ils ont voulu pour clôturer le show. Je n'en dirai pas plus pour ceux qui ne sauraient pas encore le fin mot de l'histoire si ce n'est que la boucle est bouclée en quelque sorte. Pas inoubliable dans l'ensemble mais cohérent.

Allez Denis, avoue que je t'ai fait envie,non ? On se fera l'intégrale fin août si tu veux ! 

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samedi 19 mai 2012

Le Dessin du Samedi : Ron Frenz



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En général, quand on est gamin / ado et qu'on dévore une bonne vieille BD, on ne s'attarde pas trop sur "qui fait quoi". On dévore. La passion pour les dessinateurs ou encreurs à proprement parler n'intervient que plus tard. Mais le nom de Ron Frenz, je l'ai enregistré tout de suite, lorsqu'il a repris Spider-man au milieu des années 80. Et pour cause ! Il prenait le relais de John Romita Jr et cela ne plaisait pas à tout le monde. Le courrier des lecteurs de Strange était assez passionné à l'époque et Ron Frenz avait au moins autant de détracteurs que de fans.

Si on passe outre la déception que j'avais eue à l'époque moi aussi de ne plus voir Romita Jr aux commandes de mon perso Marvel préféré, j'avoue que le style de Ron Frenz m'a immédiatement séduit. Un peu étrange quand on sait que certains n'hésitèrent pas à comparer son travail avec celui du tout premier dessinateur de Spidey, Steve Ditko dont je n'appréciais pas du tout le style, indépendamment de son talent que je ne conteste pas, chacun ses goûts.

Bref, j'ai adoré Ron Frenz à cette époque où, de surcroît, les scénarios de Roger Stern puis de Tom De Falco étaient des plus plaisants. Une guerre des gangs passionnante mettant en scène, entre autres, le Caïd, La Rose et Le Super-Bouffon, la première apparition du costume / symbiote noir de Spiderman, une très bonne mise en valeur de la vie "civile" de Peter Parker, vous mélangez tout ça et vous obtenez un pan emblématique de la mythologie arachnéenne de ces années-là. La couverture du numéro 260 de Amazing Spiderman en est une parfaite illustration. Admirez le travail ! 

Ron Frenz, c'est un dessin faussement dépouillé, voire naïf par certains aspects, mais bougrement dynamique et très expressif. Avec une qualité dans la mise en scène où rien n'est superflu. Et un vrai sens du rythme. Dommage qu'à mon sens, il n'ait jamais retrouvé la totalité de son génie depuis. Principalement dans la série Spider-girl, personnage qu'il a pourtant co-créé avec son compère de toujours, Tom de Falco. En même temps, je déteste cette série qui se situe dans une sorte d'univers alternatif où Peter Parker, plus âgé, est papa d'une adolescente qui va devenir Spider-girl qui dispose, à l'instar de son célèbre père, de certains pouvoirs. On peut d'autant moins se délecter du trait de Ron Frenz que ce dernier se partage le travail avec le dessinateur Pat Olliffe qui est pour moi ce qui se fait de pire niveau dessin. Mais bon, je m'égare. Restons en à ce que Ron Frenz a fait de mieux c'est-à-dire son superbe travail sur Amazing Spider-Man à partir de 1984.

Et pour ceux qui voudraient parcourir une partie de cet âge d'or sans se ruiner, Panini réédite ce mois-ci les premières aventures de Spider-Man avec son costume noir. Première partie (sur deux) déjà disponible depuis le 15 mai pour 5,90 euros. Idéal pour découvrir Ron Frenz à son zénith ! 




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vendredi 18 mai 2012

La Loterie du Vendredi : Saletés d'insectes !



Je déteste les insectes volants. Ça va de l'exaspération (mouches, moustiques, punaises) à la limite de la phobie (guêpes, abeilles... et frelons). Si j'entends un moustique, il faut que je me le fasse sinon ça ne va pas. Faut dire que je suis apparemment une très bonne aire de jeux pour ces saligauds qui me piquent à loisir. Hier encore, alors que nous étions dans le bout de terrain clôturé de la maison, on s'est fait attaquer comme c'est pas permis. A un moment donné, je n'ai pas su ce que c'était mais j'ai ressenti une douleur vive, courte mais intense. Quelques heures plus tard, j'avais la jambe rouge, enflée et chaude. Du coup, ce matin, homéopathie et gel apaisant se sont succédés sur ma pauvre grosseur.

Mais il était dit que ce jeudi serait décidément celui des bestioles volantes. A un moment donné où je buvais une bière avec le voisin, je vois un petit truc ovale, à peine plus gros qu'un oeuf, juste au dessus de la baie vitrée, à seulement deux mètres du niveau du sol. Un nid de frelon asiatique. On m'avait toujours dit que ces nids se construisaient vraiment en hauteur. Visiblement pas.

On m'a expliqué aujourd'hui que j'avais eu beaucoup de chance car la construction du nid n'en était qu'à ses balbutiements. Il y avait juste cette construction de la taille d'un gros oeuf et son unique occupante, la reine en personne ! Le voisin a bousillé le nid mais pas la reine qui ira probablement construire ailleurs. Si nous ne nous en étions pas aperçu, le nid aurait grossi en peu de temps et surtout se serait peuplé de dizaines ou centaines d'individus. Bon, on s'en serait sûrement rendu compte mais la simple idée de penser qu'on aurait pu se faire agresser rien qu'en ouvrant la baie vitrée, j'en frissonne encore.

La reine était très agacée hier soir et elle a cherché son nid un sacré moment. A un moment, je suis passé tout près et elle a foncé sur moi. Heureusement que la baie vitrée nous séparait et qu'elle ne l'avait pas vue, sans quoi... Du coup, aujourd'hui encore, je reste vigilant. Je ne comprends toujours pas pourquoi elle a entamé sa construction si près de nous et surtout à une hauteur si ridicule mais j'espère bien que ce sera la première et la dernière fois.

Saletés d'insectes...

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jeudi 17 mai 2012

L'Ecrit du Jeudi : Bruxelles, mon amour !






Le Manneken Pis semblait se foutre de ma gueule. Il faut dire que je les accumulais depuis que j'avais posé les pieds à l'aéroport de Bruxelles Charleroi. Déjà, j'avais fait un bide en débitant une ânerie avec l'accent belge, façon Jacques Villeret dans Le Diner de Cons :  "Québec Charlebois, c'est bien ici uune foois ?". Enfin, moi je m'étais bien marré. Les belges présents, moins visiblement. Quand on n'a pas d'humour...

J'étais arrivé de bonne humeur, avec ma bonhomie légendaire, mais épuisé. Ah, ces vols low-cost où il faut se relayer pour pédaler. Pas cher mais si on tombe sur un passager un peu moins sportif que les autres, je vous dis pas les trous d'air que ça provoque ! Et  quand VOUS êtes le passager en question et que l'ensemble des autres voyageurs se met à vous regarder méchamment (du genre c'est pas le moment de piquer du nez), ben, vous pédalez tout de suite plus vite ! Oh que oui ! Même que nous étions finalement arrivés en avance sur l'horaire prévu.

J'étais là pour un petit week-end tranquille, histoire de visiter Bruxelles et ses monuments, son Centre National de la BD, ses bons restaurants, ses hôtels aux chambres confortables. Mais les visites, ce serait pour demain ! Car il se faisait déjà tard et une nuit réparatrice à l'hôtel me ferait le plus grand bien !

Les hôtels à Bruxelles, il faut se méfier. Moins c'est cher, plus tu dois faire ton lit toi-même. Héé oui, à ce prix là, la femme de ménage n'est pas comprise, forcément ! Et si en plus tu es français, tu dois même nettoyer la chambre de ceux qui t'ont précédés. Hop, un coton-tige usagé par ci, un préservatif par là, pouh, ça sent le fauve, m'étonnerait qu'ils aient aéré... Les auberges de jeunesse en Belgique, ça le fait pas ! 

Les restaurants belges sont également très particuliers : moins tu payes, moins tu as de plats. Mais si tu payes plus, tu peux manger plus. Waouh, c'est trop bien pensé ! Ah ? C'est partout pareil ? Mince alors ! On ne me dit jamais rien de toute façon... 

Ce que j'ignorais, c'est qu'il y avait des Gay Pride en Belgique. Première nouvelle. La Belgian Pride pour être exact. Dix-septième du nom. Pile poil le week-end de mes vacances bruxelloises. Pile poil quand je m'apprêtais à visiter quelques musées et autres monuments de la ville. Drag Queen, perruques bariolées, musique techno à fond, rien ne me fut épargné. Étonnamment, je me surpris à me prendre au jeu. Une perruque bleue fluo plus tard vissée sur la tête, j'avais intégré le cortège festif, dansant en rythme sur les airs dance et techno. L'éclate totale ! Quand je pense que j'aurais pu m'emmerder à faire le touriste lambda... Ah ! Vraiment, je n'étais pas venu pour rien ! J'ai juste regretté de ne pas avoir apporté mon saxo, j'aurais foutu une de ces ambiances ! Mais bon, ce n'était pas possible, vu que mes bagages faisaient déjà 9,8 kg et que je ne devais pas dépasser les 10. Eh oui, partir en vacances, ce n'est pas rien, c'est un calcul permanent ! Tant pis pour le saxo...

Bon, j'ai quand même fait le Centre National de la Bande-Dessinée... C'est pas mal mais il y a des sans-gêne qui garent leur 2 CV dans le hall et j'ai trouvé ça assez inélégant. J'y ai mis quelques tags, histoire de quand même leur faire comprendre que non, ce n'était pas bien de stationner n'importe où ! L'exposition permanente n'était pas folichonne. Je n'avais pas eu la chance, comme mon ami Franck, de voir celle consacrée aux 50 ans des Schtroumpfs en 2008. Heureusement, il y avait des informations très intéressantes sur l'architecture du CNBD ! 

Au final, j'ai quand même passé un bon moment et un week-end bien dépaysant, quoique un peu court ! Et je ne vous dis pas les mollets que je me suis fait en l'espace de deux heures de vol ! La Belgique, y'a pas à dire, c'est le pied ! 


A votre avis, qui a été le héros de ces aventures à peine exagérées vu que c'est vraiment pas le genre de la maison ?

a) Isa, en pleine crise de la trentaine, pendant que Laurent se tape tout le boulot à la maison
b) Christian, parce que "Le changement, c'est maintenant !"
c) Nath toujours partante pour se déguiser et faire la fête ! 
d) Denis en free lance pour le Guide du Routard
e) Le passant qui passe, parce qu'il n'est peut-être pas encore passé partout
f) François alias le e)
g) Phil Cordier parce que j'aime bien le citer et qu'il a un super blog, même si ça n'a rien à voir
h) Un autre
i) Tous à la fois

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mercredi 16 mai 2012

La Gueule du Mercredi : Robin Williams


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Cette semaine, j'ai demandé à DIEV un Robin Williams mais pas n'importe lequel. Je voulais un Robin Williams inquiétant, comme dans Insomnia où il est parfait à contre emploi dans le rôle du grand méchant qu'essaie d'alpaguer Al Pacino.

Robin Williams a tellement noyé sa filmographie dans des films sans intérêt (The Birdcage, Flubber, Jack, Camping Car...) qu'on oublie parfois à quel point c'est un prodigieux acteur. Evidemment, on l'associe toujours aux mêmes films : Le Cercle des poètes disparus, Good Morning Vietnam, Jumanji, Hook, Madame Doubtfire, Will Hunting, Fisher King (mon préféré !) et j'en passe, qui sont certes de très bons films dans leurs genres respectifs mais qui ont un peu enfermé Williams alors qu'il est si bon quand on l'emploie là où on ne l'attend pas. Photo Obsession était à ce titre une belle surprise en soi. Insomnia puis Final Cut (le premier bien plus réussi que le second) ont confirmé cette tendance. 

Attention, ne me faites pas dire que Williams était cantonné jusque là aux rôles de comiques, ce n'est pas vrai, ne serait-ce que parce que ses rôles ont souvent eu une part de gravité. Dans Good Morning Vietnam, Adrian Cronauer tente de détourner les soldats des horreurs de la guerre, l'espace de quelques chansons ou de quelques blagues dans son émission de radio. Dans Le Cercle des poètes disparus, il doit faire face au suicide de l'un de ses élèves. Dans Fisher King, il est un homme brisé d'avoir perdu sa femme.

Mais de vrais rôles où il est clairement antipathique, il n'en a pas eus tant que ça. Et c'est dommage tant il s'y montre à son avantage quand il est bien dirigé. Christopher Nolan l'a bien compris et lui a offert l'un de ses meilleurs rôles, celui de Walter Finch dans Insomnia. Il est également parfait dans un épisode de New-York, Unite Spéciale où il campe Merritt Rook, un manipulateur froid et cynique qui ne recule devant rien pour défier toute forme d'autorité et pour pousser les gens à faire de même. 

Robin Williams se faire rare. Trop rare. Des choix hasardeux ont un peu plombé sa carrière. Il est attendu l'an prochain dans The Look of Love avec Ed Harris et Annette Bening. Un casting qui pourrait laisser présager du meilleur alors croisons les doigts ! 

Pardon ? J'avais déjà consacré un billet à Robin Williams ? Sur mon précédent blog , vous dites ? Mais est-ce que je vous en pose des questions, moi d'abord ? Et mon ami Sébastien, il y était sur mon ancien blog peut-être, hein, hein ? Et cette belle caricature, vous allez me dire que vous l'avez déjà vue aussi ? Pfff... regardez-moi ces ingrats ! Allez, Seb, on s'en va... vu comme on est considéré ! 

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mardi 15 mai 2012

L’Énigme du Mardi




L'énigme de mardi dernier n'a guère posé de problème à la plupart d'entre vous, il va falloir que je corse un peu les choses cette semaine ! Bref, il s'agissait évidemment du regretté Eric Charden derrière les indices que je vous propose de passer en revue : 




Dans le milieu de la musique, j'ai à peu près tout fait. Dans les oeuvres graphiques aussi.
Eric Charden a été chanteur, parolier, compositeur, producteur, choriste, musicien, arrangeur. Artistiquement, c'était un peintre accompli (peintures, dessins, pastels).

C'est avec le 421 que je me prends au jeu
Quatre cent vingt et un est l'un des titres de son tout premier 45 tours en 1963.

On peut considérer que, dans un certain contexte, le terme beatnik changera ma vie.
C'est lors du concours Miss Beatnik de 1966 où il fait partie du jury qu'il rencontre Annie Gautrat alias Stone. Pour la petite histoire, Annie sera élue Miss Beatnik à l'unanimité moins une voix : celle d'Eric ! 

Aurais-je commencé à fumer à 14 ans ?
Allusion à l'un de ses albums en 1974, 14 ans les gauloises.

Trois vaisseaux assureront,entre autres choses, ma renommée.
Il y a d'abord sa comédie musicale Le Mayflower Puis sa participation (compositeur / chanteur) à deux génériques cultes : celui d'Albator et celui de San Ku Kai ! D'ailleurs, nostalgie et hommage obligent, je vous laisse profiter de quelques vidéos !




Allez, on passe à l'énigme du jour. Voici les indices, bonne chance à tous ! 

Je dois mon nom à une basilique
Je fus lessivé dès le départ.
Mon leitmotiv ne pousse pas à l'optimisme.
Dans une certaine mesure, j'ai eu du mal à couper le cordon toute ma vie.
Je fus d'abord rejeté par ma mère... et par les Etats-Unis ensuite.
Dix-septième au départ, je fus ensuite fils unique.
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lundi 14 mai 2012

La BD du Lundi : Spider-man

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Et plus particulièrement The John Romita's The Amazing Spider-Man : Artist's Edition. Ça, c'est du titre ! 
C'est bizarre, j'étais persuadé de vous avoir parlé de ce petit bijou mais je n'en retrouve aucune trace dans la rubrique BD du lundi... Bon, s'il y a doublon, vous me le dites... Va vraiment falloir que je fasse la liste de mes sujets déjà traités dans ce blog sinon je vais finir par ne plus m'y retrouver.

Ce bouquin, c'est la Rolls Royce de l'âge d'or du comics. Ce volume consacré au Spider-man de John Romita Sr, édité par IDW Publishing est de toute beauté, de grande taille afin de respecter au mieux le format des planches originales qui ont été scannées en haute définition pour l'occasion, sur un papier de qualité. La couverture, rigide évidemment, n'est pas en reste avec un léger effet relief du plus bel effet. L'avantage de cette édition luxueuse est de présenter les planches originales donc d'époque (dont certaines n'ont pas du être évidentes à retrouver avec les collectionneurs all around the world car on remonte quand même à la fin des années 60) avec les annotations quand il y en avait, quelques traces de crayon parfois visibles sous la partie encrée etc. Le grand format permet surtout de profiter pleinement du trait de l'artiste et de voir ainsi ces BD cultes sous un autre angle qui rend vraiment hommage au talent de John Romita. Je vous laisse admirer quelques planches qui valent mieux qu'un long discours ! (Photos glanées sur le net, pas question que j'abîme mon exemplaire, maniaque comme je suis). Il vous faut vraiment imaginer la taille de l'ouvrage pour avoir une idée de la beauté de l'ensemble auquel ces quelques vignettes ne rendent pas justice. En terme de qualité et de format, vous pouvez vous référer aux Intégrales VO de Gaston par exemple pour vous donner une idée, si vous avez déjà eu la chance de parcourir ces sublimes ouvrages édités par Marsu production.








Bon, moi, au départ, idéalement, j'aurais voulu cette version ci-dessus encore plus limitée que la précédente car hors commerce avec couverture différente et exemplaire signé par les deux maîtres, Stan Lee et John Romita. Mais comme la version "normale" coûte déjà un bras (et encore, si je n'avais pas eu la chance de me le procurer via Londres, j'aurais du passer par les USA car bien évidemment, on ne trouve pas ça par chez nous), j'ai du me faire une raison. Un jour peut-être...


Et pour ceux qui voudraient en apprendre un peu plus sans se ruiner, voici une petite vidéo de présentation (8 minutes quand même !) que je ne résiste pas à l'envie de partager avec vous ! (merci à Jarvis de m'avoir fait découvrir ce lien sur Marvel Custom's) Juste pour le plaisir des yeux...



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dimanche 13 mai 2012

La Fiction du Dimanche : Pirates



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Hormis pour suivre les péripéties de Barnaby, il est bien rare que je me fasse une soirée TV le dimanche soir. Pourtant, je viens de faire un petit écart en regardant coup sur coup "Parlez-moi de la pluie" de Jaoui et Bacri sur France 2 puis "Pirates" de Polanski sur France 4.

Si le premier m'a profondément ennuyé malgré quelques sourires las, Pirates m'aura heureusement permis de passer un bon moment. On ne criera pas forcément au génie quand même mais j'ai été globalement séduit. Disons qu'il n'y a pas tromperie sur la marchandise. On nous promet un film de pirates, on l'a ! Galion, jambe de bois, abordage, trésor, combats, jolie demoiselle à sauver, tout y est. Polanski voulait un film de pirates qui soit un hommage aux films des années 30 de son enfance, un vrai film de flibustiers et d'aventures. A ce niveau là, c'est une vraie réussite car, visuellement, Pirates fait penser à un film des années 60 alors qu'il a pourtant été tourné en 1986. Un très gros travail a été fait pour nous faire replonger à la grande époque des films du genre, pour recréer leur atmosphère si particulière, avec un résultat d'autant plus méritoire que Pirates a coûté très cher. Le galion Neptune a été construit de toutes pièces en un an, les costumes sont superbes, les décors pas en reste.

Problème : le film a été un bide, notamment à l'international où Polanski traînait déjà le boulet de ses affaires de moeurs. Pirates a donc été un gouffre financier et Polanski finira par renier purement et simplement le film. Dommage d'en arriver là car Pirates, je le disais, est séduisant. Mention spéciale à l'interprétation du regretté Walter Matthau qui se fond dans le personnage du Capitaine Red avec un sens jouissif de la démesure et du cabotinage. Mais paradoxalement, il est à la fois la grande force et une des faiblesses du film car il ne suscite ni crainte, ni sympathie.

Au final, l'ensemble se suit sans déplaisir et la volonté de Polanski de faire un film de pirates à l'ancienne fonctionne à plein régime. Le hic, c'est que l'ensemble manque de liant, d'une certaine structure et d'un complément d'âme. On n'entre jamais complètement dans Pirates, il manque quelque chose, une empathie, un rythme réellement épique. Un peu comme si la démesure des décors, des costumes, du galion, des scènes de batailles étaient finalement trop pour les épaules de Polanski. 

Bref, pas le film du siècle mais un film à voir et qui mérite bien mieux, à mon sens, que le destin qu'il a connu en salles. On sent surtout qu'il y a un bel amour du cinéma derrière et c'est surtout pour cette raison que je peux difficilement admettre que Polanski ait cru bon de renier Pirates. Allez comprendre...

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samedi 12 mai 2012

Le Dessin du Samedi : Fastner & Larson

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Un blog, ça n'a l'air de rien, mais c'est en constante évolution. Les libellés, le contenu, l'image d'arrière-plan... Il y a toujours quelque chose à revoir, en espérant à chaque fois que les menus changements apportés continueront à satisfaire mes quelques lecteurs.

La rubrique du samedi a subi quelques modifications. Si son libellé ne change pas, son contenu fait, en quelque sorte, peau neuve. Je n'ai actuellement plus vraiment la motivation pour faire un dessin chaque samedi. A cela s'ajoute une certaine frustration de ne faire "que" des reproductions et de ne pas évoluer techniquement, surtout au niveau du matériel que je pourrais employer. Pour autant, je ne renonce pas catégoriquement à dessiner (Nath non plus, du reste) et il se peut que je me risque à quelques crobards ci et là dans La Loterie du Vendredi.

Dorénavant, le Dessin du Samedi mettra en avant, par le biais d'une ou plusieurs oeuvres, un dessinateur, illustrateur, peintre de l'univers BD / Comics. Cela me permettra aussi de me focaliser le lundi uniquement sur le contenu d'une BD et pas forcément sur ses auteurs.




On commence aujourd'hui par un duo que je ne connaissais pas encore ce matin et que j'ai découvert via mon forum de prédilection, Marvel Custom's : Steve Fastner & Rich Larson. Duo car les deux compères bossent ensemble depuis 1976, Larson dessinant et Fastner peignant à l'aérographe pour des résultats bluffants.


Si les toiles issues du monde des super-héros ne représentent qu'une petite partie de leur oeuvre, ce sont bien évidemment celles-ci qui ont attiré mon regard. Notamment Old Dark House où Spiderman a fort à faire avec le vampire Morbius. Je trouve cette composition parfaite : scène dynamique, atmosphère glaciale renforcée par les couleurs froides, le souci du détail (la toile avec un type au faciès inquiétant, genre descendant de Dracula, le salon très détaillé en contrebas...). Je rêverais bien de moi heureux détenteur de cette tuerie, si Loana voulait bien se faire oublier...


Autre exemple avec Spiderman qui montre à quel point Larson épouse avec facilité le style des plus grands (ici un hommage évident à l'âge d'or du tisseur, époque Ditko / Romita). Graphiquement, son Spidey n'a plus grand chose à voir avec le précédent et pourtant c'est superbe en tous points.


Ah ! Que seraient Larson & Fastner sans leurs pin-up ? Héroïnes aux formes plantureuses toujours fourrées dans des situations pas possibles (et encore, là, elle s'en sort bien !), les filles des deux collaborateurs renvoient au cinéma SF / Horreur des années 50. Merci à Doom de m'avoir fait découvrir ces dessinateurs ! Que c'est beau ! 


Rom, le chevalier de l'espace (Rom the spaceknight pour les puristes), était un des héros incontournables de l'univers Marvel dans les années 80 sous le trait très inspiré de Buscema. J'adorais cette série, très noire en comparaison des autres parues dans les Strange, Nova et consorts. Et encore, je suis bien persuadé que la censure, si frileuse à l'époque, a du faire de jolies coupes franches. Mais bon, c'était une série géniale et l'illustration hommage du duo pète un max. Quand je vous disais qu'il ne fait pas bon être pin up chez Larson & Fastner...


Là, c'est pour le plaisir. J'adore le visage plus offusqué qu'horrifié de la jolie demoiselle, sa chevelure flamboyante, son t-shirt, son...euh... ses...pfou... je m'égare, là... Moi qui étais vertueux et tout et tout, toute mon éducation est à refaire, merci les mecs ! 


La Chatte Noire est l'un de mes personnages préférés, surtout à ses débuts. La représentation qu'en font Larson & Fastner me laisserait presque sans voix. Et sans bras probablement si je devais l'acquérir. Je ne veux même pas savoir le prix, tiens, ça vaut mieux ! 


Quand je vous parlais des films des années 50 / 60, on y est et on s'y croirait vraiment ! Les deux compères s'y entendent pour recréer une atmosphère ! Quelle composition là-encore ! 


Et on termine parce que Larson & Fastner savent faire de mieux : des filles toutes en formes toujours mal barrées, dans une ambiance érotico-horrifique propre aux films et comics de l'époque. Vu la taille de la flamme, faudrait un sacré courant d'air ou un foutu miracle pour la sortir de là ! 

Bon, vous l'aurez compris : j'ai pris une claque ! Une vraie de vraie. J'ignorais tout de Larson et Fastner. Quand je pense que je me coucherai ce soir moins bête et plus émerveillé qu'au petit matin... elle est pas belle la vie, avec ses petits bonheurs simples ? :-)

(Larson & Fastner, c'est aussi à savourer ICI)

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