mardi 29 novembre 2016

Le mardi, c'est l'énigme !



Nath et Denis ont remporté chacun une médaille d'argent en trouvant que Robert Vaughn (ici avec Peter Falk) se cachait derrière les indices suivants : 

Nous cherchons (enfin vous) un acteur
Désormais, il n'y a plus personne
Je ne manquais pas de poigne
J'ai navigué en eaux troubles
Je tins une hallebarde en toute confidentialité
L'Angleterre fut ma deuxième patrie, y compris professionnellement
+ indice argent : j'ai parfois travaillé en Solo
+ indice bronze : Après la mort de Charles Bronson en 2003, j'étais le dernier.

Robert Vaughn est un acteur décédé il y a quelques semaines. Depuis la disparition de Bronson en 2003, il était le seul des Sept Mercenaires à être encore en vie. Il est connu pour essentiellement deux séries, Poigne et fer et séduction et Des Agents très spéciaux (où il jouait Napoleon Solo). Il a côtoyé Peter Falk à deux reprises dans Columbo, notamment dans l'épisode "Eaux troubles" en 1975. A ses débuts, il ne fut pas crédité au générique du film Les Dix commandements de Cécil B De Mille (où il était un figurant tenant une hallebarde). Enfin, l'Angleterre fut sa deuxième patrie : il y rencontra sa femme, il y vécut et il y travailla dans le cadre de son métier d'acteur.


Allez, c'est reparti : voici les indices "or". Dès dimanche puis lundi, 20h, vous aurez la possibilité, si vous le souhaitez de jouer pour l'argent ou le bronze en demandant (en MP sur Facebook) un ou deux indices supplémentaires. Bonne chance ! 

Je suis un groupe
J'ai un lien avec le chômage
Mes influences musicales sont diverses
Mon chanteur me quitte, mais ça reste en famille
On peut dire de moi que je suis un groupe engagé
Mon titre le plus célèbre est une reprise

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200 000 ! ! !


(cliquer pour agrandir)

Voilà, nous y sommes ! 

Evidemment, ce chiffre est à relativiser (plusieurs passages d'un même visiteur sur le même billet, notamment pour les énigmes, arrivée inopinée sur le blog après une recherche Internet etc) mais je ne vais pas bouder mon plaisir ! 

En plus, ce chiffre arrive juste dans la foulée de l'article qui me tient à cœur sur l'ouvrage consacré à Jean Frisano.

Un grand merci à ceux qui me lisent, fidèles parmi les fidèles ou lecteurs d'un jour ! Je prends globalement beaucoup de plaisir à alimenter ce blog et à le partager ! Les billets sont plus ou moins pertinents, plus ou moins intéressants même, mais ils me ressemblent ! 

Merci d'être là, vivement les 300 000 vues ! 

Jean Frisano, une vie d'artiste : l'hommage XXL



Lorsque Frédéric Stokman a dévoilé il y a quelques mois que le prochain ouvrage de Neofelis Editions serait consacré à Jean Frisano, je ne suis pas certain qu'il ait mesuré l'engouement extraordinaire que cette annonce allait provoquer. Quelques centaines de colis amoureusement confectionnés plus tard, il peut être fier du succès de ce très beau livre. Car c'est un ouvrage magnifique ! Et comme en plus d'être superbe, il est extrêmement complet, que demander de plus ?



Pour ceux qui vivraient sur une autre planète, ou qui ignoreraient tout du monde des comics, Jean Frisano est un peintre dessinateur illustrateur génial qui, durant les années 70 et 80, a émerveillé tous les mômes et les ados qui, comme moi, dévoraient les Strange, Nova, Spécial Strange et j'en passe... Il a, en effet, signé un nombre impressionnant de couvertures de ces revues.


Si les oeuvres de Jean Frisano liées aux comics sont restées intemporelles, avec une place bien à part chez les adultes que nous sommes désormais, l'homme, lui, restait un mystère. Un mystère qu'il entretenait certes en fuyant les mondanités mais qu'il subissait aussi pour des raisons qui sont très bien expliquées dans le livre et que je ne dévoilerai pas ici. 



D'ailleurs, je ne vous dirai rien sur le contenu de l'ouvrage, hormis ces quelques clichés amateurs car, pour avoir eu le plaisir de la découverte (ma femme m'a même dit que j'avais les yeux qui pétillaient à la lecture), il n'est pas question que je gâche celui de quelqu'un d'autre. "Ne fais pas ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse" comme dit l'adage.


Ce que je peux dire en revanche, c'est qu'après avoir posé le bouquin, Jean Frisano n'aura plus aucun secret pour vous. L'ensemble est très exhaustif, toujours passionnant, et on apprend réellement à chaque page. Il y a sans nul doute un boulot de dingue derrière cette mine d'informations. Le travail de Philippe Fadde, bien aidé par la disponibilité de Thomas et Sylvia Frisano qui n'ont pas été avares en archives comme en anecdotes, est remarquable ! Neofelis ayant mis un soin tout particulier à peaufiner la mise en page, le résultat est clairement supérieur aux attentes.


Car si je savais que Neofelis pouvait faire de bien belles choses (j'avais notamment adoré leur Comics Signatures consacré à Spider-Man), je ne m'attendais pas à un tel niveau d'excellence. La mise en page est très agréable et bien pensée dans ses thématiques, l'ensemble est d'une clarté absolue, la qualité des reproductions est de (très) haute volée, tout ceci sur un papier du plus bel effet (même mon flash ne s'en est pas encore remis).


J'aurais aimé avoir des réserves, trouver un petit truc sur lequel pinailler mais je ne trouve pas. Je ne pense pas qu'il soit possible de faire mieux. C'est sûrement faux, la perfection n'existe sans doute pas, mais je ne trouve rien à redire à la qualité de ce petit bijou d'édition. 


Aujourd'hui, je suis juste un mec hyper heureux, avec probablement un sourire benêt sur le visage. J'ai dit à certains de mes proches que "Jean Frisano : Une vie d'artiste" était LE livre que j'attendais en 2016. Il est probablement le livre tout court. Et le pire, c'est que je n'exagère même pas. J'ai même fait le tour de mes bibliothèques pour être sûr.



Le fait de ne pas beaucoup en dire sur le contenu frustrera peut-être certains de mes (quelques) fidèles lecteurs mais c'est vraiment un ouvrage qui se découvre, page après page, oeuvre après oeuvre, avec délectation, envie et gourmandise. Si vous avez connu ces couvertures il y a 30 ou 40 ans et si la madeleine de Proust opère chez vous comme elle a opéré chez moi, vous allez vivre un moment très intense.




Il existe 3 packs : l'ouvrage seul, l'ouvrage avec le Comics Signatures 1 bis (qui prolonge le plaisir en "ressuscitant" entre autres le Courrier des lecteurs, et enfin le pack intégral avec un poster inédit double-face (le choix de Tarzan, que je ne comprenais pas vraiment prend tout son sens à la lecture du livre). Il y avait même un tiré à part pour les 100 premières commandes, forcément épuisé en quelques heures.


Bien évidemment, c'est un achat hautement recommandé ! Être (ou avoir été) passionné de comics est un plus mais Jean Frisano s'est essayé à tellement d'autres univers picturalement parlant (cinéma notamment) que ne pas s'y connaître n'a rien de rédhibitoire. Enfin, il me semble, avec toute l'objectivité dont j'essaie de faire preuve. Pas facile quand on a pris une telle claque


Si vous êtes intéressé pour l'offrir, vous l'offrir, vous le faire offrir, n'hésitez pas à consulter la page Facebook de Neofelis Editions ou leur site (http://www.neofelis-editions.com/ ). Frédéric Stokman se fera un plaisir de bichonner vos colis. Je parle en connaissance de cause ! 

Ceci étant dit, j'y retourne ! Une première lecture en amène forcément d'autres...
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jeudi 24 novembre 2016

En trompe l’œil (17)



L'homme était là, pensif, regardant sans réellement la voir l'étendue bleuâtre au pied de la falaise qu'il dominait. Le soleil baignait son corps d'athlète sans qu'il n'en ait cure. Non, ses pensées étaient ailleurs. Il avait beau ne pas vouloir les fixer - non, ils n'auraient pas le plaisir de le voir les observer - ces maudits plaisanciers étaient au centre de ses préoccupations. Ils étaient là sur leurs bateaux, à tournoyer dans la baie tels des requins avides de sang. Ils étaient là à se disputer l'espace, toujours plus nombreux, toujours plus intrusifs, toujours plus sans-gêne. 

Le regard de l'homme fixait toujours l'eau au pied de la falaise. Cette fois, il la voyait vraiment. Et il se sentit mal. C'était le seul endroit qu'il avait trouvé pour piquer une tête sans se la fracasser contre l'un des bateaux environnants. Alors que seulement quelques années auparavant, il aurait pu plonger de n'importe où et se baigner à loisir, aujourd'hui les mètres cubes d'eau disponible se comptaient sur les doigts d'une main. Il hésitait. Cela lui paraissait jouable mais le bateau qui semblait se diriger vers lui risquait de fausser l'équation. C'est pas possible, pensait-il, t'as pas assez de place au large où trimbaler ta tribu, blaireau ?

- Mouais, c'est pas mal mais je t'ai connu plus inspiré. Et il se passe quoi, après ?
-Ben, le mec, il hésite à piquer une tête, vu le peu de place qu'il a. Non, parce qu'en fait, ce que tu dois comprendre, c'est qu'il y a en fait beaucoup plus de bateaux que ceux que l'on voit sur la photo ! Donc, l'atmosphère est hyper anxiogène, tu vois. Le mec, il veut juste se tremper la tête et il peut pas, donc au bout d'un moment il pète un câble, il est en plein delirium tremens, genre il imagine que la crique est un plateau de bataille navale géant et qu'il dégomme tous les bateaux un à un en les pointant simplement du doigt,  genre "touché, coulé", tu vois et...
-Mais je ne pige pas bien... C'est une baie ou une crique ?
-Maaaaaais on s'en fout, putain ! ! !  C'est l'idée de la bataille géante qui est géniale ! Qui s'attendrait à ça, hein ? Ou alors, le gars, il plonge et bam, il se fracasse la tête contre un yacht, il saigne abondamment et à la vue du sang il devient fou, il se transforme en requin sanguinaire et avec ses dents monstrueusement acérées, il déchiquette un à un tous les bateaux présents et les plaisanciers.  A la fin du carnage, comme il saigne toujours, il s'excite tout seul et s'auto-bouffe. Un truc bien gore ! Dans un registre où on ne m'attend pas du tout, tu vois ! Ça sent le billet "nanar" donc forcément culte ! 
-Mais c'est très con...
-Oui bon, mais t'as vu la photo aussi ! Je pars de loin quand même ! En plus, on est en novembre avec un temps de merde... Les photos de vacances en plein cagnard, tout le monde s'en fout à cette période de l'année ! Un Apollon en moule-bite perché à plusieurs mètres du sol, tu voudrais que j'en fasse quoi ?
-T'es pas inspiré, quoi... et t'as pas osé te défiler, hein, avoue ! 
-Note bien quand même le happy end ! L'endroit retrouve sa quiétude d'antan. Écologiquement, j'envoie un message fort et tendance ! Un billet gore mais engagé ! 
-Tu vas faire un bide, je te dis...
-Pffff,.. Tu as gagné, je ne dis plus rien, voilà, t'es contente ?
-Il n’empêche qu'il est nul ton billet...

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mardi 22 novembre 2016

Le mardi, c'est l'énigme !




Allez, après une semaine de break, pardon Denis, de pause, c'est reparti !

Rappel : 
-par défaut, vous jouez pour une médaille d'or si vous n'utilisez que les indices de départ
-le dimanche, dès 20h, vous avez la possibilité de demander un indice supplémentaire mais vous jouez alors pour une médaille d'argent
-le lundi, dès 20h, vous pouvez obtenir un ultime indice, pour une médaille de bronze
-dans tous les cas, l'énigme doit être résolue avant le mardi suivant, 20h dernier carat
-le nombre de médailles, quel que soit le métal, n'est pas limité
-réponse, avec l'explication de tous les indices, uniquement par MP sur Facebook ou via mon mail pour les intimes

Voici les indices :

Nous cherchons (enfin vous) un acteur
Désormais, il n'y a plus personne
Je ne manquais pas de poigne
J'ai navigué en eaux troubles
Je tins une hallebarde en toute confidentialité
L'Angleterre fut ma deuxième patrie, y compris professionnellement

Bonne chance à toutes et tous ! 

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lundi 21 novembre 2016

J'ai écouté... Pfou ! Tellement de choses !



Autre titre envisagé : "Les 10 albums à avoir sous le sapin ou à écouter en boucle sur Deezer". Le compte rond n'était pas volontaire mais c'est vrai que le 4eme trimestre 2016 est riche en sorties de qualité. Avant toute chose, je n'ai pas effectué de tri par préférence dans cette énumération (même si j'en ai forcément). Il s'agit de coups de cœur, plus ou moins prononcés, libre à vous de les partager ou pas.

En dehors de la bonne idée, selon moi, de demander à des comédiens d'interpréter Brassens pour un ensemble assez inégal quand même, j'ai eu un coup de coeur pour le "Auprès de mon arbre" du regretté Roger Dumas. Émotionnellement, il se passe un truc à chaque fois que je l'écoute, chanté avec malice par ce vieux monsieur. Et puis, ayant pas mal écouté Brassens adolescent (ne me demandez pas pourquoi à cette époque plutôt qu'à une autre), se remémorer quelques belles chansons ne gâche rien.


J'ai expliqué dans un récent billet (visible dans la partie Best of Epistol'Arts) mon rapport à Leonard Cohen et à son oeuvre. Je le passe en boucle sur Deezer en attendant une intégrale dans laquelle You want it darker ne manquera pas de figurer. Un must ! 


J'avais adoré son premier album à l'aube des années 2000 ("tes parents", "moi et Fanny Ardant") mais par la suite je m'étais lassé à chaque nouvel album jusqu'à ne plus suivre du tout l'artiste. Et puis Delerm nous sort ce petit bijou où il laisse son côté exaspérant de côté. Ça lui fait du bien et à nous aussi.


Quoi ??? L'album hommage de Delpech présent dans cette liste ? Après avoir dit que je n'achèterais jamais ce truc ? Ben oui, je maintiens, je n'achèterai probablement jamais l'opus. Mais il y a quand même de belles surprises ! A titre personnel, j'ai beaucoup aimé "Le Loir et Cher" par Lilian Renaud et "Pour un flirt" de Patxi. Alain Chamfort trimbale son élégance sur "J'étais un ange" et la version de Fanny Ardant et Alex Beaupain me ferait presque enfin aimer la chanson "Inventaire 66". La tendance électro pop de Louane ne m'aurait pas gêné outre mesure en temps normal mais sur "Le Chasseur" et sa profondeur bucolique et mélancolique, j'ai du mal. Quant à Vianney, je ne comprendrai décidément jamais l'engouement qu'il suscite. Sa voix massacre "Quand j'étais chanteur". Enfin bon, c'est juste un avis, pas envie de me faire lyncher...


Patricia Kaas me séduit autant qu'elle m'horripile. Elle trimbale sa triste mélancolie d'album en album et pourtant elle a cette voix si particulière, si prenante, si puissante qui fait d'elle une interprète hors pair. Le morceau "La maison du bord de mer" justifierait à lui seul l'achat ou l'écoute de l'album. Glaçant et beau.


Je n'ai pas encore écouté tout l'album mais les nombreuses collaborations de Serge Lama sur cet opus sont déjà très séduisantes sur le papier. "Les muses" signent un très beau retour mais je ne partage pas l'engouement sur "Bordeaux". "Le souvenir", co-signé avec Calogero, est superbe... mais c'est Calogero alors... 


Je l'ai déjà dit : j'adore François Morel. Qu'il chante, joue, écrive, parle, ou même quand il se tait, je l'aime. Déjà, rien qu'avec le titre de l'album, entre cynisme et second degré, il me chope ! Et à l'écoute de l'ensemble, pas de risque de me voir décrocher ! Merci Monsieur Morel ! 


J'ai hésité à mettre cet album dans ce billet car je m'étais un peu lassé d'Olivia Ruiz depuis quelques années. Mais ce n'est pas parce qu'on se lasse que la miss a foiré son album. Au contraire. Plus je l'écoute, plus le plaisir revient. Après, c'est de l'Olivia Ruiz pur jus (encore que...) mais c'est très agréable, vraiment très agréable ! Et puis il y a du "Duerme negrito" dedans, une chanson que j'avais apprise ado en cours d'espagnol. Ça m'était resté durablement en mémoire... Redeviendrais-je fou d'Olivia ?


Véronique Sanson restera toujours une femme amoureuse. Des mots. De son public. Elle a eu plusieurs vies, pas toutes faciles, et la revoilà, toujours avec cette voix si caractéristique qu'elle nous émeut instantanément. "Et je l'appelle encore" remue à chaque écoute. Merci Véronique ! 
Je termine, et c'est un pur hasard, par le double CD live + DVD de Souchon & Voulzy. Le seul CD que je possède "physiquement" dans cette longue liste. Je suis un admirateur de Souchon depuis tant d'années. Pas assez pour vaincre mon angoisse d'aller braver la foule pour le voir en concert mais que je l'aime, l'ami Souchon ! J'ai un peu moins d'affinités avec Voulzy (alors que Nath bien davantage) mais voir les deux compères ensemble sur scène, même depuis son fauteuil n'a pas de prix ! A moins d'être allergique, l'achat est indispensable ! 
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dimanche 20 novembre 2016

Andy Murray, au sommet de la planète Tennis !



Je n'avais pas eu le temps de saluer la prouesse initiale, il y a deux semaines, d'Andy Murray qui avait déboulonné le roi Djokovic de son trône. Quand on connait la première partie de saison du Serbe (avec une avance phénoménale de plus de 8000 points à mi-parcours), on mesure d'autant plus tout le travail de sape accompli par l’Écossais qui aura englouti 9 titres cette saison, dont un Grand Chelem (Wimbledon) et une médaille d'or olympique. Avec en point d'orgue la victoire de ce jour en finale des Masters de Londres face à son dauphin Djokovic qui aurait récupéré sa couronne en cas de défaite de Murray. Mais si l’Écossais avait connu des sueurs froides en demies face à Raonic en triomphant au bout du suspense et près de 4 heures de jeu (tandis que Djokovic croquait Nishikori tout cru en une petite heure), il n'a pas tremblé pour s'imposer. Honnêtement, malgré le coup de moins bien relatif de Djokovic depuis son sacre à Roland-Garros, je ne pensais pas que Murray trouverait les ressources physiques nécessaires pour aller au bout après son marathon d'hier. Mais il était écrit que personne ne pourrait interrompre la marche en avant du king Andy.

Personnellement, je suis ravi de voir culminer ce joueur qui a patiemment attendu son heure dans l'ombre de Federer, Nadal et Djokovic et qui est allé provoquer son destin en livrant une fin de saison 2016 exceptionnelle. Ne manquait qu’une victoire de prestige face à Djokovic dans son jardin (le Serbe a triomphé à cinq reprises du Tournoi des Maîtres) et il l'a emporté avec la manière. Murray a énormément bossé, ses collaborations avec Mauresmo et surtout Lendl ont été très fructueuses et surtout, surtout, son mental jusqu'alors parfois friable dans les grands rendez-vous est désormais d'acier. Murray ne doute plus de son talent et il est devenu un autre joueur. Avec le déclin annoncé à plus ou moins long terme de Federer et Nadal, le statu quo (sans doute provisoire) de Djokovic et une relève pas encore tout à fait prête à rivaliser sur la durée, Murray peut voir venir. Surtout qu'il n'a pas énormément de points à défendre durant le premier semestre 2017, au contraire de son premier rival Djokovic qui avait tout gagné ou presque cette année sur la même période.

Murray est au sommet de la planète Tennis et c'est peu dire que c'est amplement mérité. L'année 2017 devrait être tennistiquement passionnante à suivre ! Bravo Andy ! 

Leonard Cohen



Difficile pour moi d'évoquer Leonard Cohen et surtout de mettre des mots sur ce qui se passe en moi lorsque je l'écoute. L'artiste s'en est allé, il avait prévenu qu'il était prêt et que sa muse, disparue quelques semaines plus tôt n'aurait pas à l'attendre longtemps. L'artiste s'en est allé après un dernier baroud d'honneur avec le superbe You want it darker et désormais il nous faudra faire avec.


You want it darker

J'ai découvert Leonard Cohen assez tardivement, vers la fin des années 80 je dirais, qui plus est avec un titre qui n'est pas le plus connu de sa longue discographie, "First we take Manhattan". La musique m'avait saisi et puis il y avait cette voix profonde, articulée, intelligible. Une voix que Cohen trimbalait comme une force tranquille, posée et envoûtante. 

First we take Manhattan

Mais à l'époque, je n'ai pas creusé davantage. Jusqu'à il y a encore quelques mois, seul "Hallelujah" me donnait la chair de poule. A chaque écoute, l'émotion venait, les larmes souvent aussi. Je ne comprenais pas les paroles, ce qui rassurait bien mon côté athée assumé qui ne voulait pas en savoir plus, mais cette chanson me remuait à chaque fois comme jamais. Ayant par ailleurs une forte propension à la mélancolie, là, j'étais servi ! 

Hallelujah

Et puis, il y a quelques années est sorti un live de près de 3 heures, capté à Dublin. Trois CD et un blu-ray de toute beauté. Une vraie découverte de l'étendue du talent de Leonard Cohen mais aussi de la puissance de sa présence scénique. Une vraie claque, une émotion permanente, une édition qui m'accompagne partout ou presque. Je me suis rendu compte que certains titres m'étaient étrangement assez familiers alors que d'autres se découvraient à moi. "Everybody knows", "Bird on the wire", "So long Marianne", "I'm your man", "The partisan"... comment en citer certaines sans les citer toutes ? Et quel plaisir d'écoute à chaque fois...

Everybody knows

Et puis il y avait ce rapport très particulier que l'artiste entretenait avec son public, une osmose quasi mystique, physique. A ce titre, le documentaire "Bird on the wire", découvert seulement vendredi soir sur Arte, film témoin de sa tournée de 1972, est vraiment révélateur de ces liens très forts. Lorsqu'il chante à Jérusalem "So long Marianne" en communion avec l'ensemble de la foule présente, il aperçoit soudain "sa muse" Marianne Ihlen dans le public et il ne peut, submergé par l'émotion, poursuivre son concert. Le documentaire montre aussi l'extrême humilité de Leonard Cohen. C'est aussi ce qui m'a touché quarante ans plus tard en visionnant le concert à Dublin. Il y a lui, ses musiciens, son public et rien d'autre. Pas d'ego, pas de manières, juste un artisan amoureux de son art et des gens. Un gars juste heureux d'être là et de partager.

The Partisan

Je vais m'arrêter ici. Je ne suis pas le mieux placé pour parler de Leonard Cohen mais je tenais vraiment à lui rendre hommage tant il a désormais, même si tardivement, une place essentielle dans ma vie. Je profiterai d'une très probable prochaine intégrale pour me familiariser encore davantage avec l'oeuvre de l'artiste et combler mes lacunes. En attendant, et comme c'est le cas à l'heure où j'écris ces lignes, j'écouterai encore et encore ce live merveilleux. Bon vent, monsieur Cohen ! 

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J'ai lu... Ric Hochet : Meurtres dans un jardin français



Il y a un peu plus d'un an, j'avais dit tout le bien, ici mais également , que je pensais du Ric Hochet cuvée 2015. Une vraie claque prise en pleine face, alors que le puriste que j'étais craignait franchement le pire. Mais Zidrou (au scénario) et Simon Van Liemt (au dessin) allaient faire voler en éclat toutes mes appréhensions en m'offrant de surcroît un des mes meilleurs moments de lecture de l'année. Je ne vais pas refaire le film, il vous suffit de vous rendre sur les billets correspondants.

Tout naturellement, le duo, qui avait eu la lourde tâche l'an passé de succéder aux indéboulonnables Tibet & Duchâteau, remet le couvert dans une aventure non dénuée de charme, vénéneuse à souhait (superbe idée que de faire venir la mort d'où serait censé émaner la séduction) et très agréable à parcourir. Pour le reste, je ne dévoilerai rien, pas même le pitch. 

Soyons honnête, j'ai néanmoins pris un peu moins de plaisir que pour la lecture du premier tome. Les clins d’œil sont moins nombreux (ou je les ai moins relevés) mais en même temps, c'est normal, le tome 1 avait pour but de convaincre les puristes tout en séduisant de nouveaux lecteurs et de montrer que Zidrou connaissait bien son affaire concernant le microcosme de Ric Hochet. C'était en quelque sorte un tome d'installation, avec des piqûres de rappel, forcément avec une place un peu à part. Je veux dire par là qu'à mon sens, Rip Ric, titre du premier tome, aura certainement durablement ma préférence quelle que soit la qualité des tomes à venir.

Avant de continuer, je veux dire que ce billet est le ressenti d'un lecteur. Je ne suis pas journaliste et encore moins critique BD. Mes réserves ne concernent que moi et ne remettent en aucun cas en cause la qualité de cet album que j'ai par ailleurs beaucoup (et sincèrement) apprécié. A titre tout personnel donc, j'ai été déçu à deux niveaux, à chaque fois d'un point de vue du scénario. Le sort réservé au personnage de Nictalope tout d'abord m'a laissé un goût d'inachevé, renforçant l'impression de trouble voire d'incompréhension concernant son rôle (et ses limites) dans cette affaire. Et puis le mobile des meurtres, dans une thématique géopolitique certes d'autant plus crédible et bien documentée qu'elle a existé, mais qui, pour moi, en tant que lecteur de longue date, ne sied pas vraiment à l'esprit de la série Ric Hochet. Voilà pour les deux petites réserves sur cet album, mais pour le reste, j'ai beaucoup aimé : le cadre du Jardin du Luxembourg, l'originalité de la mise en scène des meurtres, la personnalité du principal coupable, le parfum de séduction, même si mortel, qui est dans l'air, l'aisance de Zidrou à faire vivre ses personnages, qu'ils soient de premier ou de second plan etc. 

Au niveau du dessin, c'est un peu compliqué de dire que Simon Van Liemt a encore progressé puisqu'il est un dessinateur confirmé alors que je n'y connais rien ou si peu. Mais je suis encore davantage bluffé par la qualité de sa mise en scène, la richesse des plans, le dynamisme de l'ensemble. Si je voulais vraiment pinailler, cher Simon, au cas où vous me liriez, non, définitivement non, même par grand vent, Ric n'aurait pas pu atterrir sur le tas de sable, vu son angle de chute. Mais c'est bien tout ce que je pourrais relever, et encore, vous l'avez compris, c'est une boutade. Bref, je ne veux pas m'étendre mais sur certains réseaux sociaux ou autres forums, j'ai lu des choses parfois assez agressives sur le travail de Simon Van Liemt, sous le seul prétexte que son style est aux antipodes de celui de Tibet. J'étais moi-même très attaché à ce style. Mais quand la réappropriation est à ce point respectueuse, quand le dessin est à un tel niveau de qualité, pourquoi faire un mauvais procès au dessinateur ? Pour ma part, je mesure simplement la chance que j'ai de pouvoir continuer à lire des Ric Hochet, avec un plaisir renouvelé, ce qui n'était pas gagné. Je ferme la parenthèse, défendre Simon Van Liemt n'était sans doute pas utile, il n'en a sans doute pas besoin, mais j'y tenais tant je trouve le procédé limite vu la qualité de travail proposée. Cet aparté étant fait, je persiste et je signe : le dessin sied parfaitement à la série.

Difficile de conclure ce billet un peu foutraque (j'ai bien fait de préciser que je n'étais qu'un lecteur lambda avec des ressentis plutôt que de réelles critiques) mais il va de soi que je conseille fortement l'acquisition de ce deuxième tome qui a le charme fou du précédent malgré les petites réserves énoncées plus haut. Alors oui, je ne suis pas objectif, je dispose désormais des 80 tomes existants de la série, je souhaite qu'elle dure encore longtemps, mais vraiment, ne boudez pas votre plaisir. En attendant le tome 3 qui est déjà dans les tuyaux et dont le titre, Comment réussir un assassinat, peut vraiment laisser présager du meilleur. 

Allez, un coupable en toute dernière page et mon bonheur sera total...

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mardi 8 novembre 2016

Le mardi, c'est l'énigme !


 
 
 
Une seule médaille a priori (argent) remportée par Nath (le billet étant planifié, il faudra attendre le dernier moment pour être sûr qu'il n'y ait pas d'autres lauréats).
Rappel des indices :

1) Ils partirent à 7, ils furent plus tard plus de 40.
2) J'ai un prélude en guise d'ouverture
3) Originellement, je naquis d'un contexte géopolitique particulier
4) Au départ, il n'y eut pas de place pour deux, ni davantage
5) Il arriva pourtant qu'ils furent 4 sur le trône

 
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Lors de la première année du Concours de l'Eurovision en 1956, seulement 7 pays participent. Ils sont désormais plus de 40.
Ma musique d'ouverture est le prélude orchestral du Te Deum de Marc-Antoine Charpentier
Originellement, le but de la création de ce concours était une volonté politique de créer des liens indissolubles entre les pays européens.
Lors de la première édition, il n'y a pas eu de classement car seul le premier comptait et était déclaré vainqueur. Il n'y avait pas de 2e, de 3e etc comme aujourd'hui.
En 1969, il y eut 4 ex aequo : la France, l'Espagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas.
 
Voilààààà ! Allez, on y retourne ! Voici les nouveaux indices, bonne chance aux participants !
 
Je dors à la belle étoile parce que je le veux bien
Je fus une source d'inspiration pour un programme spatial
Mon meilleur ami a une consonance rock
Je fus astronaute, aviateur, légionnaire, écrivain et tant d'autres...
 


mercredi 2 novembre 2016

L'absence... et après ?


(cliquez pour agrandir)

Hier soir, en cette période propice au recueillement et faute d'avoir pu se rendre sur la tombe de son père, Nathalie a eu envie d'allumer une bougie, ainsi que la lampe pour laquelle elle a eu un vrai coup de cœur il y a de cela quelques mois. Cela a crée dans la chambre une ambiance feutrée mais néanmoins lumineuse et chaude. Elle s'est assise sur le lit, s'est blottie contre moi et a laissé vagabonder ses pensées et quelques larmes.

Pour autant, mon esprit ne fut pas en reste. Nathalie a perdu son père tandis que je considère n'avoir pas connu le mien. L'âge aidant, je suis devenu plus fataliste. Je sais que cette absence ne se comblera jamais. Qu'une figure paternelle ne me transmettra jamais la moindre valeur. Que tout ce que je pourrai faire désormais ne connaîtra jamais la fierté ou la réprobation d'un père aimant. Je n'aurai pas plus le sentiment du devoir accompli que celui de mériter des coups de pied au cul. Je suis amer quand je fais la somme de ce que cela représente comme gâchis dans une vie déjà pas mal entamée mais je ne suis plus demandeur comme à une époque. C'est trop tard et je vais devoir faire avec.

A un moment, j'ai regardé Nathalie enfouie dans l'une de mes épaules. Je me suis demandé à quoi elle pouvait bien penser à ce moment précis, vers quels souvenirs heureux ou douloureux son esprit l'emportait. J'ai alors pris conscience de la tristesse qui devait être la sienne de ne plus avoir à ses côtés celui qui l'a accompagnée tant d'années durant comme un guide protecteur. Quarante années de vie commune entre un père et sa fille, ce n'est pas rien. Avec les souvenirs qui se bousculent, ceux de l'enfance heureuse, ceux du partage, de la complicité, de l'amour familial. Ceux des épreuves aussi, souvent injustes mais peut-être nécessaires pour apprécier à leur juste valeur les petits bonheurs parsemés dans l'existence. Je crois qu'au crépuscule de sa vie, l'habitude presque routinière d'être en présence d'un homme malade depuis de longues années et désormais mourant a quelque peu occulté chez moi le vide qu'il allait laisser chez les autres. J'ai essayé de soutenir mes proches au mieux, je pense y avoir d'autant plus réussi que j'avais le recul nécessaire, mais peut-être aurais-je du me mettre à leur place. J'y aurais sans doute gagné en humanité.

Il n'y a pas d'échelle de douleur dans la peine que l'on peut ressentir face à l'absence d'un proche et je ne me serais jamais risqué à une quelconque comparaison. Sauf que, parce que cette pensée s'est insinuée en moi sans que je lui demande quoi que ce soit, je pense aujourd'hui que mon sort est plus enviable que celui de Nathalie. Après tout, puis-je réellement regretter ce que je n'ai pas connu ? N'est-il pas plus difficile de faire le deuil d'une personne avec laquelle on a tant réellement partagé ? Je le crois.

Hier, plus j'observais Nathalie dans son recueillement, plus j'étais triste pour elle et moins je l'étais pour moi. J'ai même ressenti comme une forme de légèreté, de lâcher-prise, comme si j'allais vraiment pouvoir passer à autre chose en évacuant cette forme de frustration égoïste dont j'abreuvais parfois les autres. A moi de composer avec ce que j'ai et non avec ce que je n'ai pas.

Pour commencer, j'ai Nath. Et ça..................

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mardi 1 novembre 2016

Le mardi, c'est l'énigme !



Cette semaine, c'est Nath qui a trouvé, rapidement de surcroît, la solution de l'énigme sans besoin d'indices supplémentaires. Elle est donc médaillée d'or !
J'avais prévu deux indices supplémentaires le cas échéant ("je connus plusieurs déclinaisons" pour la médaille d'argent et la vidéo "J'ai encore rêvé d'elle" du groupe Il était une fois, pour celle de bronze) mais ils n'ont pas été sollicités. Bon, j'en connais aussi qui avaient d'autres choses à penser que de jouer cette semaine. ♪ Home sweet Home ♫

Allez, rappel des indices :
Indice 1 : Je n'avais rien d'un conte.
Indice 2 : Je ratissais large
Indice 3 : Il y avait une certaine récurrence d'un épisode à l'autre
Indice 4 : Sur ma fin, je permis de constater que les préoccupations actuelles ne dataient pas d'hier ! 
Indice 5 : Je reçus une récompense éblouissante



C'est la série animée "Il était une fois l'homme", célèbre dans pas mal de contrées en dehors de la Belgique, qui se cachait derrière les indices. L'indice 1 était à double tranchant car il pouvait orienter directement sur la solution pour peu que cela fasse tilt. C'est ce qu'il s'est passé avec Nathalie qui a compris quasiment instantanément, me laissant à ma frustration.
Donc, indice 1 : Il était une fois, en rapport avec le titre. Indice 2 : des origines de l'homme jusqu'à la conquête de l'espace et les problèmes environnementaux, en passant par l'époque romaine et la Renaissance, la série ratisse large historiquement. Indice 3 : d'un épisode à l'autre, les personnages principaux ont les mêmes caractéristiques physiques et morales ainsi que les mêmes prénoms. Indice 4 : Le dernier épisode évoquait des préoccupations bien actuelles concernant les problèmes liés notamment à l'environnement. Indice 5 : la série reçut le Soleil d'Or de la meilleure émission pour la jeunesse en 1979.

Allez, c'est parti pour la nouvelle énigme ! N'oubliez pas que par défaut, vous jouez pour une médaille d'or. Dès le dimanche, 20h, vous pouvez avoir un indice supplémentaire et jouer pour l'argent. Dès le lundi, 20h, un second indice est disponible pour le bronze. Je rappelle que pour obtenir ces indices, il faut en faire la demande par MP sur Facebook, ou  éventuellement par mail pour les intimes.

Voici les indices : 

1) Ils partirent à 7, ils furent plus tard plus de 40.
2) J'ai un prélude en guise d'ouverture
3) Originellement, je naquis d'un contexte géopolitique particulier
4) Au départ, il n'y eut pas de place pour deux, ni davantage
5) Il arriva pourtant qu'ils furent 4 sur le trône

Bonne chance ! 

En trompe l'oeil (16)


Je ne prends jamais d’auto-stoppeurs. C'est un principe, peut-être de vieux con, mais c'est un principe : je ne prends jamais d'auto-stoppeurs. On ne sait jamais sur quoi on peut tomber. C'est vrai quoi, ils ont bon dos, l'altruisme, l’entraide, le "et toi, tu voudrais qu'on te laisse en rade ?" et j'en passe. Moi, je ne veux pas partager ma zone de confort avec un parfait inconnu et j'assume ! Ben oui, ma caisse, c'est ma zone de confort, j'y suis bien, j'y tolère ma femme à condition qu'elle ne la ramène pas trop mais je garde le contrôle. J'aime le bordel qui y règne, la saleté de la carrosserie parce que, oui, je ne sais pas utiliser les foutus jetons des stations de lavage et je vous emmerde, le silence seulement couvert par le souffle de la climatisation et par la douceur de mes mélodieuses insultes envers mes congénères automobilistes inadaptés, les trajets baignés de solitude... En substance, j'aime ma caisse aussi proportionnellement que je conchie les auto-stoppeurs.

Je devais être en mode brouillard intense lorsque, pour une raison que je ne m'explique toujours pas, j'ai accepté de conduire cette nana jusqu'à Lyon.  Depuis quand un pouce levé, ça me fait de l'effet, à moi ? Il s'est passé quoi l'espace de cet instant où le "Tu peux rêver, chérie" que je m’apprêtais à siffler entre mes dents s'est mué en "Allez, c'est bon, montez !" ?

Sauf qu'il y a une chose que je supporte encore moins qu'un auto-stoppeur en bord de route, ce sont les pieds. J'ai une sainte horreur des pieds, je trouve ça d'une laideur sans nom, ça marche toute la journée, ça cloque, ça pue, ça garde la crasse entre ses petits orteils musclés, ça panarise au moindre bout d'ongle ou de peau arraché. Visuellement, c'est moche, même avec les extrémités peinturlurées. Et là, la nana, à peine cinq minutes après qu'elle ait pris ses aises, elle me les exhibe, là, comme ça, sans prévenir ou demander la permission. Elle me dégueulasse une partie du tableau de bord et du rétroviseur droit. Elle s'étale et elle est contente. Ses pieds dégueulent dans ma voiture, alors que ses seins toujours pas, et elle est contente. 

Elle me parle de tout comme de rien mais je n'écoute pas. Je ne vois que ses pieds. Beaucoup ses pieds et un peu la route quand même. Elle est peut-être canon, la donzelle, pas trop eu le temps de mater, mais putain, qu'est-ce que je hais ses pieds ! Dans MA voiture en plus ! 

J'ai joué progressivement sur les rapports jusqu'à caler. Ma panne improvisée était plus grosse qu'un immeuble de quinze étages, personne de sensé n'y aurait crû mais elle n'y a vu que du feu. J'ai attendu patiemment qu'un autre automobiliste fasse la même connerie que moi et prenne la relève mais je n'eus pas à attendre longtemps. En quelques secondes, elle et ses panards disparurent de mon champ de vision et je ressentis alors un énorme soulagement.

Je ne prendrai plus jamais d'auto-stoppeurs ! 

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