lundi 31 octobre 2011

La BD du Lundi : Allô, Papa Noël ?

Pas de zoom BD aujourd'hui mais une petite liste de mes probables futures acquisitions d'ici la fin de l'année. Et puis, si ça peut donner des idées à certains pour leur propre liste, sait-on jamais... ;-)


Je n'ai jamais autant été Schtroumpf que depuis que je collectionne les statuettes éditées par Fariboles. J'ai aussi redécouvert les plaisirs de la BD avec Le Schtroupfissime. Cette fois, c'est un ouvrage dédié aux Schtroumpfs et à Peyo que Le Lombard nous propose. Allez hop, sous le sapin ! (sortie le 4 novembre)



Parmi les incontournables, et d'autant plus si on possède déjà les 6 tomes précédents, Magasin Général se la joue valeur sûre. Un 7e album (sur 8 initialement prévus) intitulé Charleston et qui sera dispo dans toutes les bonnes librairies dès le 9 novembre ! On n'a pas fini de baver devant la beauté des couleurs ! Indispensable.



Aaaah... Aquablue... 5 longues années se sont écoulées depuis le tome 11. Il faut dire que la série a souffert depuis ses débuts. Après un premier cycle culte s'étalant sur les 5 premiers tomes, la suite a été bien plus laborieuse du fait de la défection des auteurs initiaux. Surtout, même si les histoires restaient globalement de qualité, le titre Aquablue n'avait plus de sens. Aquablue est en effet le nom de la planète sur laquelle étaient censées se dérouler les aventures de nos héros. Or, dernièrement, ce n'était plus le cas. En tout cas, ce tome 12, avec une toute nouvelle équipe, s'annonce prometteur. Rien que le titre "Retour aux sources" fait envie. Sortie prévue le 16 novembre en deux versions, l'une standard, l'autre en grand format pour les 25 ans de la série. Déjà !



Prévue pour le 23 novembre, L'énigme Banks constituera le 9e volume de Goldencity. Pas grand chose à en dire, c'est une série que je suis et dont je possède donc tous les tomes. Comme toutes les séries à succès, les auteurs tirent parfois un peu sur la corde une épopée qui gagnerait sans doute à être un poil raccourcie. Mais pour le reste, c'est un achat hautement recommandable ! 



Je ne suis pas un fana de BD érotique (pas par puritanisme mais parce que, ben, souvent c'est un peu chiant) mais il faut bien avouer que, dans le genre, Milo Manara constitue ce qu'il y a de mieux niveau dessinateur.
Et comme je le préfère en peintre illustrateur plutôt qu'en auteur BD, cet ouvrage tombe à point. Contes libertins, c'est donc la rencontre entre Jean de La Fontaine et Milo Manara. Les quelques illustrations que j'ai pu voir sont vraiment superbes et les couleurs ne sont pas en reste, loin de là. Je jetterai quand même un oeil avant d'acheter mais à mon avis, ça va finir dans ma besace. Déjà disponible.

Le 30 novembre paraîtra The Marvel Art of John Romita Jr dont le visuel de couverture n'est pas encore définitif, d'où cette image hasardeuse. Que dire ? Les Romita père et fils sont mes dessinateurs de comics préférés donc j'attends ce pavé avec beaucoup d'impatience. 240 pages. Et tout en anglais, comme j'aime ! 



Je vais feuilleter cette curiosité avant un éventuel achat bien évidemment mais je me laisserais bien tenter si l'humour noir que j'y espère est bien présent. On a déjà beaucoup parlé de ce livre qui a fait un tabac (avec quelques grincements de dents parfois) aux USA.
C'est parce qu'il n'arrivait pas à endormir sa fille que l'auteur Adam Mansbach a eu l'idée d'écrire un album de comptines à ne surtout pas lire aux enfants. Une anti-berceuse qui a provoqué quelques indignations et autres débats passionnés outre-Atlantique. A voir de près dès le 2 novembre.



J'avais déjà parlé de François Roussel sur mon précédent blog. Depuis, il a lui-même un espace qu'il consacre à sa série Des bêtes. Il figure d'ailleurs parmi mes blogs amis sur la page de droite, et je vous recommande vraiment d'y faire un tour. François Roussel, c'est aussi une rencontre à Gruissan, il y a deux ou trois ans, un très bon souvenir et 3 belles dédicaces. Des bêtes tome 5, j'achète, forcément ! Disponible depuis le 20 octobre.



Simon's Cat, troisième ! J'étais déjà aux avant-postes sur les deux tomes précédents donc peu probable que je change une aussi bonne habitude. Il y a un peu de Garfield chez le chat de Simon Tofield avec un peu plus de réalisme (dans les gestes surtout) et un peu moins d'absurde. Encore que...
Simon's Cat, c'est aussi 16 petits films (série en cours) visibles ICI et à savourer sans modération ! Pour la BD, il faudra attendre le 10 novembre.



dimanche 30 octobre 2011

La Fiction du Dimanche : The Walking Dead


(cliquez pour agrandir)



A priori, il n'y avait pas grand chose dans la série US The Walking Dead pour m'enthousiasmer. Après tout, je ne suis pas particulièrement friand de zombies (et il y en a un paquet, tous franchement hostiles !) et l'horreur est un genre qui ne m'attire pas spécialement. Vous ne risquez pas de me voir jouer à Resident Evil sur consoles.

J'ai quand même décidé de tenter l'expérience, pour trois raisons probablement discutables mais enfin... Le bouche à oreille, tout d'abord. Il y a eu un tel buzz à l'annonce de cette série, un tel enthousiasme de millions de personnes après la vision de quelques épisodes que je me suis dit que je ne risquais rien à me laisser tenter. Ensuite, la présence dans le casting de Sarah Wayne Callies, charmante actrice qui ne m'avait pas laissé insensible dans l'inégal Prison Break. Enfin, le fait que Frank Darabont soit aux commandes était une curiosité supplémentaire puisque le réalisateur a, entre autres succès marquants, réalisé La Ligne verte qui est pour moi la meilleure adaptation que l'on ait faite d'un roman de Stephen King.

La série est dérivée d'une BD américaine de Robert Kirkman (qui s'occupe d'ailleurs de l'adaptation télévisée) dessinée par Tony Moore et Charlie Adlard, un immense succès toujours en cours. Lors d'une intervention, le shérif Rick Grimes est grièvement blessé. Tombé dans un long et profond coma,  il se réveille dans un hôpital déserté et se rend vite compte que le monde dans lequel il vit a été décimé par une épidémie et est désormais envahi de morts-vivants. Il va retrouver une poignée de survivants, dont sa femme et son fils et, ensemble, ils vont devoir s'unir pour survivre.




Le thème est vieux comme le monde mais le traitement est efficace et très prenant. Ce n'est pas tant les zombies (pourtant extrêmement impressionnants, surtout lorsqu'ils sont en bande) que la survie en elle-même qui est remarquablement traitée. Les tensions sont palpables, la paranoïa aussi. Il n'y a pas d'endroit sûr et les auteurs jouent sur cette psychose. D'autant que si un zombie est en contact avec un être bien vivant, ce dernier est contaminé. Bref, chacun est sur le qui-vive, obligé de composer certes avec des hordes de morts-vivants mais également avec des survivants parfois tout aussi dangereux ou menaçants que les zombies eux-mêmes. Qui est fiable, qui ne l'est pas ? Qui va tenir bon, ou perdre pied ?

Honnêtement, je prends de plus en plus de plaisir à regarder cette série dont une troisième saison pour 2012 vient d'être confirmée par la chaîne de télévision AMC. Les américains s'y connaissent pour créer une atmosphère étouffante et pour permettre, au travers d'une réalisation inspirée et nerveuse, aux acteurs de donner le meilleur d'eux-même. Il faut dire que la série s'est donnée les moyens de ses ambitions, même si des tensions existent de ce côté là. La tendance est apparemment aux économies et des divergences artistiques auraient poussé Frank Darabont à claquer la porte en début de saison 2. Qu'importe, serait-on tenté de dire pour le moment car ces considérations ne se voient absolument pas à l'écran. Bref, on ne s'ennuie jamais et on en prend plein les mirettes. Et vu le nombre existant de comics de The Walking Dead, série toujours en cours, il y a matière à faire pour de nombreuses saisons.




Bref, c'est le genre de série défouloir qui fait du bien. Bien écrite, bien jouée, bien réalisée avec des moyens conséquents, The Walking Dead est une série partie pour durer. Les zombies sont effrayants à souhait (chapeau bas aux maquilleurs et autres techniciens en effets spéciaux) et l'intensité ne faiblit qu'en de très rares occasions très judicieusement distillées.

Allez, j'y retourne ! Et puis avec Halloween demain, c'est plutôt tendance, non ? 



samedi 29 octobre 2011

Le Dessin du Samedi


(cliquez sur les vignettes pour agrandir)

On continue le délicat retour aux sources niveau dessin. Du coup, vous risquez d'en bouffer, du Spiderman ! Cette fois, j'ai vraiment pris du plaisir et retrouvé certaines sensations mais je ne me suis pas encore senti suffisamment en confiance pour me risquer à faire un décor, surtout sur cette reproduction là avec un tel effet de perspective sur la cage d'ascenseur.

J'ai surtout du mal à savoir quel matériel utiliser, sachant que je veux en rester au crayonné sans mise en couleurs. Je crois l'avoir fait au 2B celui-là. Je ne suis pas contre essayer le "feutre noir" mais pas s'il bave.

J'ai un jeune ami grand fan de Spiderman. Léon, ce dessin est pour toi ! (Et ne t'inquiète pas, Spidey gagne toujours à la fin... forcément !)



vendredi 28 octobre 2011

Le Vendredi en musique : Gérard Lenorman



Avant de commencer, je voudrais dire en aparté que Le Vendredi en musique sera essentiellement consacré aux artistes et aux albums francophones. Ce n'est pas que je n'aime pas la chanson anglo-saxonne (d'ailleurs, mon dernier billet du vendredi concernait la très belle et talentueuse Imelda May) mais vu mon niveau en anglais, je me vois mal parler de titres dont je ne comprends pas le sens des paroles.

Cette semaine, zoom sur le nouvel album de Gérard Lenorman qui aura finalement cédé à la mode un peu facile des duos puisqu'il partage ici 13 titres de son répertoire avec autant d'invités : Florent Pagny, Tina Arena, Zaz, Patrick Fiori, Anggun, Shy'm, Joyce Jonathan, Amaury Vassili, Rock Voisine, Maurane, Grégoire, Chico & les gypsies et enfin Stanislas.

Je ne suis globalement pas fan des albums de duos. Outre l'aspect commercial un peu douteux, il faut composer avec une pléiade d'artistes dont tous ne laissent pas un souvenir impérissable en général. Cela dit, parmi les plutôt bonnes surprises, il faut citer les albums de duos de Michel Delpech et de Salvatore Adamo qui, en plus de s'être bien (très) vendus, ont popularisé cette mode où plusieurs générations de chanteurs se mélangent.

Soyons clairs : pour ma part, l'album Duos de mes chansons, de Gérard Lenorman, est une réussite avec des ré-orchestrations inspirées et des vieux titres certes indémodables mais adroitement remis au goût du jour. Certains titres sont en plus passés à la trappe (comme Le gentil dauphin triste) au profit de chansons parfois un peu méconnues du grand public (enfin, de moi en tout cas)..

Vous retrouverez donc sur ce CD de nouvelles versions de : Il, La ballade des gens heureux, Voici les clés, Les matins d'hiver, Si j'étais président, Et moi je chante, Les jours heureux, Quelque chose et moi, De toi, Le petit prince, Si tu n'me laisses pas tomber, Le funambule et Michèle.

Voici les clés version 2011 est le titre choisi pour lancer la carrière de l'album auprès des médias. Un titre très rythmé, enjoué, illuminé par la voix et le charme de Tina Arena dont je suis pourtant loin d'être fan. Mais là, elle emmène vraiment le titre vers des sommets. Coup de coeur aussi pour Les matins d'hiver où Gérard Lenorman et Patrick Fiori se donnent la réplique. Une version où la voix de Fiori se fait très justement discrète pour mieux se mêler à celle de son hôte. Je pourrais prendre d'autres exemples mais bon, tous les morceaux méritent selon moi d'être (re) découverts.

Et puis, il y a bien évidemment... Gérard Lenorman. Je trouve qu'il ne change pas. Bien sûr, il y a ces cheveux blancs qui trahissent ses -déjà !- 66 ans. Mais pour le reste, il y a toujours cette voix un peu rocailleuse, ce regard émerveillé, cette présence chaleureuse, cette façon presque "habitée" de vivre ses chansons. De lui, je connaissais surtout les incontournables, les "tubes", à commencer par La ballade des gens heureux.dont j'ai du, gamin, épuiser le 45 tours à force d'écoutes. 

Ce nouvel album devrait permettre à tous de s'y retrouver. Les "fans" ne seront pas dépaysés et les plus jeunes pourront découvrir un Lenorman qui en a décidément encore beaucoup sous le capot. Sorti à l'occasion des 40 ans de carrière de l'artiste, Duos de mes chansons sera suivi d'une tournée 

Allez, pour mon plaisir et j'espère le votre, je vous laisse avec quelques vidéos du grand Gérard cru 2011 lors de son récent passage sur RTL... et le premier clip "Voici les clés" avec Tina Arena qui donne vraiment la patate !  

Voici les clés (avec Tina Arena)

Il (avec Anggun)

Les matins d'hiver (avec Patrick Fiori)

Quelque chose et moi (avec Joyce Jonathan)

La ballade des gens heureux (divers, mais en duo avec Zaz sur le CD)

Et pour le clip que je n'arrive pas à importer (bizarre, bizarre...), c'est ICI !

jeudi 27 octobre 2011

L'écrit du Jeudi : La fenêtre ouverte



Chaque matin, Willy ouvrait grand la fenêtre. Il prenait un bon bol d'air et s'en emplissait les poumons. Selon les saisons, la ritournelle des oiseaux l'accompagnait ensuite jusque tard dans sa tête. Mais même en hiver, l'apparent silence glacial avait quelque chose de chantant. Du haut de sa fenêtre, Willy avait l'impression de contempler le monde. Et pour cause, sa maison constituait le point culminant du chapelet de moyennes montagnes qui se dessinait devant lui. Maison était d'ailleurs un bien grand mot. Un chalet plutôt, mais un chalet spacieux et lumineux en toutes saisons sauf quand la brume matinale s'étendait en un manteau vraiment trop opaque.

Un jour que je l'interrogeai sur cette curieuse habitude de rester là invariablement chaque matin comme hypnotisé  par le spectacle de la nature environnante, il me répondit ceci :
-Tu sais, dans ma vie, j'ai eu mon lot d'épreuves. Comme tout un chacun, bien-sûr, il ne s'agit pas pour moi de me lamenter sur mon sort. J'ai tellement connu de bons moments par ailleurs avec ma femme, quand elle était encore parmi nous. Ou avec mes enfants avant qu'ils ne rejoignent la grisaille et le bruit de la ville. Mais enfin, j'ai aussi connu des moments plus pénibles. Le décès prématuré de ma chère Mireille, la maladie, la solitude depuis la disparition de mon petit Toby. Bien-sûr, ce n'était qu'un chien mais nous partagions tant de choses.
Pour tout te dire, j'ai même eu quelquefois l'envie de m'en aller depuis qu'il n'est plus là. Après tout, je ne suis plus tout jeune et le monde continuera sans problème de tourner sans moi.
-Mais enfin, je m'égare, là, et tu es bien gentil de m'écouter poliment sans m'interrompre, reprit Willy, un sourire gêné aux lèvres. Bref, comme tu l'as si bien dit, chaque jour, la première chose que je fais en me levant, c'est d'ouvrir cette fichue fenêtre  et de mettre le nez dehors. Si ce que j'y vois m'émerveille encore, si je prends toujours du plaisir à être au milieu de tout ce qui m'entoure, si j'y découvre des choses auxquelles je n'avais pas encore prêté attention alors je me dis que j'en ai au moins pour un jour de plus. Mais le matin où j'ouvrirai les volets et où il ne se passera plus rien en moi, alors je crois qu'il sera grand temps de m'en aller rejoindre tous ceux qui ne m'ont pas attendu pour partir.

Je restai quelques instant à le regarder, tout en essayant d'intégrer ce qu'il m'avait dit et qui était à la fois un peu flippant et en même temps - et c'était quand même assez effrayant - doté d'un certain bon sens. Même si je n'avais pas trop envie de savoir ce qui se passerait le jour où il ne ressentirait plus rien en ouvrant ses volets. En même temps, je l'imaginais mal se lasser de la beauté de ses montagnes.

Je connaissais Willy depuis que je m'étais installé dans le coin. Huit ans déjà...
Tous les matins, en allant au boulot, je passais devant sa maison. Et invariablement, il était là, se tenant derrière la fenêtre de sa chambre. Et contemplant. Vu d'en bas, il semblait vraiment heureux.

Les journées se ressemblaient pour lui comme pour moi. Chaque matin, je le regardais d'en bas, lui faisant un signe de la main par la vitre ouverte de la portière de ma voiture et il me rendait mon bonjour d'un geste tout aussi amical, du haut de sa fenêtre.

Et puis un matin, les volets restèrent fermés. Je ne pus m'empêcher de m'inquiéter. Avait-il rencontré le vide qu'il craignait plus que tout, cette absence d'émerveillement dont il m'avait parlé ? Était-il tout simplement alité, cloué au lit par une vilaine grippe ? Je devais en avoir le coeur net. Je sortis de la voiture et courus vers la porte d'entrée lorsque j'entendis derrière moi : 
-Pas de panique mon garçon, je vais très bien.

Willy était assis à une cinquantaine de mètres de moi sur une chaise branlante qui aurait eu bien besoin d'être rempaillée à en juger par l'équilibre précaire du vieil homme. Il souriait.
-Alors quoi, vous n'ouvrez plus vos volets de bon matin ?
-Eh bien, répondit Willy, je me suis réveillé ce matin en me disant que j'avais peut-être mieux à faire que de toujours voir le monde de la même façon. D'en haut, c'est magnifique évidemment. Mais d'en bas, c'est tout aussi intéressant. C'est juste... différent. C'est un peu comme dans la vie, selon l'angle sous lequel on voit les choses ou l'idée que l'on s'en fait. Ou peut-être aussi que je ne voulais plus... dominer ? Hum, ce n'est pas forcément le mot mais... Disons que se sentir tout petit n'est pas désagréable non plus. D'en bas, j'ai l'impression que les choses reprennent leur vraie place. Et que ma propre place au milieu de tout ça me convient. Cela dit, je te rassure, même d'en haut, je ne me sentais pas particulièrement grand pour autant.
Ce matin, je voulais juste voir les choses différemment. M'émerveiller autrement. Peut-être que demain, je m'installerai encore autre part. Ou que je retournerai à ma fenêtre, à l'étage. Ou que je reviendrai ici, tout simplement.

J'écoutais le vieux Willy avec attention. Je l'écoutais toujours avec beaucoup d'attention d'ailleurs. Cet homme en était à l'hiver de son existence, vivait quasiment en reclus  mais avait pourtant un regard sur le monde que je lui enviais énormément. Une sagesse profonde. Un désir simple de prolonger le plus sereinement possible une vie déjà bien remplie.

Je pris congé. Je me sentais tout chose. Il ne s'était pourtant rien passé d’extraordinaire mais j'aurais donné cher pour revivre à l'infini ce genre de petits moments qui n'ont l'air de rien mais qui sont si précieux. Je reviendrais demain, forcément. Willy m'attendrait-il derrière sa fenêtre ? Devant sa maison ? Ailleurs ? Peu m'importait finalement. Willy serait quelque part et bien vivant. Plus que jamais vivant.



mercredi 26 octobre 2011

La Gueule du Mercredi : Jean Amadou

 (cliquez pour agrandir)

Décédé dimanche dernier à 82 ans, Jean Amadou aurait largement eu sa place dans cette rubrique de son vivant tant il avait une gueule, une vraie, connue de millions de téléspectateurs. Mais puisqu'il s'en est allé, c'est au moins l'occasion de lui rendre un petit hommage. Merci au passage à mon ami Diev d'avoir croqué si joliment l'artiste et en couleurs s'il vous plait ! Chapeau !

Je n'ai pas connu Jean Amadou au travers de ses émissions ou alors je devais être tout gamin mais j'adorais écouter parler ce grand monsieur chaque fois qu'il était invité dans une émission. Il avait une prestance, un charisme assez impressionnants. Et cette voix, grave et pourtant si chaleureuse, si rassurante. Si familière.

Si Jean Amadou est connu des "plus jeunes" par son implication dans le Bébête Show, sa notoriété s'est surtout faite au travers de deux émissions plus anciennes : l'une radiophonique, L'Oreille en coin, qu'il anime dès 1973 et C'est pas sérieux chaque dimanche sur TF1 où il trimbalait avec aisance son 1,95 m et sa voix grave immédiatement identifiable.

Souvent assimilé à un chansonnier, il n'en aimait pourtant guère le mot qu'il considérait comme un peu passe-partout (mais non péjoratif). Il estimait surtout que le mot chansonnier avait plus de résonance vers l'entre-deux guerres. Il se disait plutôt saltimbanque sur la scène et à la télé et journaliste à la radio.

Il a commencé comme acteur de théâtre (il a notamment foulé les planches du théâtre de dix heures pendant 17 ans) mais il avait le désir de sortir d'un relatif anonymat. Il aspirait alors à être une vedette et considérait que l'on est saltimbanque dans l'espoir d'être célèbre et surtout reconnu.

Jean Amadou, c'est le sud. D'ailleurs, Amadou, qui est son vrai nom, est d'origine méridionale et signifie "aimer" en langue d'Oc. Sa famille est de Béziers. Voulant donc être comédien au départ, il commence en amateur au théâtre de Lyon avant de monter à Paris. Du fait de sa taille et de sa voix grave, il se serait bien vu en tragédien mais il échoue au Conservatoire et se tourne vers la comédie. Il a également fait beaucoup de synchro (doublage) pendant une douzaine d'années et "gagnait très bien sa vie". En 1978, il dira regretter simplement ne pas avoir été un acteur de cinéma car il aurait adoré tourner.

Il s'est progressivement éloigné des planches pour une carrière à la TV et à la radio. Il a aussi suivi le Tour de France comme journaliste, pendant 3 ans sur France Inter.

S'il a adoré faire L'Oreille en coin pendant 4 ans à la radio (média qu'il préférait), il se tourne vers la télévision qu'il juge plus propice au vedettariat. Alors que Jacques Martin officie le dimanche sur la Deux, Jean Amadou sera, du moins dans un premier temps, en "concurrence" directe avec lui en animant C'est pas sérieux, sur TF1 avant que les horaires des émissions ne soient décalés.

Amadou est également passionné par la politique et aurait probablement pu être tenté par une carrière étant jeune. Il considère en revanche que ses positions politiques ne doivent pas transparaître lors de ses émissions et il mettra toujours un point d'honneur à y veiller. Il se fâchera ainsi avec Jean Bertho, qui animait avec lui C'est pas sérieux, auquel il reprochera ses prises de position ouvertes envers le candidat François Mitterrand. 




C'est aussi quelqu'un qui lit énormément. Il adore le livre en tant qu'objet et est un vrai amoureux de la langue française. Il cite notamment Anatole France, Giraudoux, Pagnol... Il explique avoir donc eu une certaine pression à l'écriture de son propre premier livre.

Niveau caractère, Jean Amadou se considère comme un journaliste de mauvaise foi mais pas davantage que ses confrères. Selon lui, il n'y a rien de pire qu'un journaliste de bonne foi ou qu'un historien neutre. La mauvaise foi permet de voir les évènements tels qu'ils sont. Et cite Molière, Devos, Courteline en considérant que la mauvaise foi doit permettre d'aller jusqu'à a limite de l'absurde. Mais qu'elle doit aller de pair avec la sincérité sinon ce serait alors de la méchanceté, ce qu'il ne supporterait pas. Il rajoutait qu'il fallait être de mauvaise foi sans arrêt car ce n'est pas quelque chose de naturel et on est donc en permanence à contre-courant. D'ailleurs, son tout premier livre s'intitulait "Il était une mauvaise foi". Etonnant, non ?

Il se considère aussi volontiers cabotin. Pour lui, être cabot, c'est le fait d'être content d'être reconnu dans la rue, une sorte d'aboutissement. I assumait pleinement cela.

Et quand on l'interroge sur l'idée que les gens se font de lui, sa réponse renvoie à l'époque dominicale de C'est pas sérieux. Il passait à 13h, au moment du déjeuner familial du dimanche. Il était donc familier aux téléspectateurs qui n'hésitaient pas à l'appeler par son prénom dans la rue. Considérant le vedettariat comme fugitif et fragile (lors d'une interview radiophonique de mars 1978 dans l'émission Radioscopie avec Jacques Chancel), il estimait surtout être quelqu'un qui fait sourire. Mais pas un vrai comique car il pensait que chez un comique, quelque chose se passait aussi dans le physique, citant Devos notamment. 

Jean Amadou a eu une belle vie. D'ailleurs, ce saltimbanque se sentait privilégié de pouvoir travailler autant en faisant sourire les gens. Il le disait d'ailleurs sans ambages : Il adorait qu'on l'aime et n'aurait pas supporté l'inverse. 

De ce côté là, je crois que vous pouvez partir tranquille. Et puisqu'il faut vous appeler par votre prénom alors... Bon vent Jean ! 






mardi 25 octobre 2011

Le Mardi, Jean-Louis nous fait une toile

 (cliquez pour voir à quel point c'est bôôôô !)


Cette toile, je l'appelle "Oh, la la ! ! !". Parce que chaque fois que je la vois, je fais "Oh, la la ! ! !". D'ailleurs, Jean-Louis me l'a envoyée hier soir par mail et j'ai encore fait "Oh, la la ! ! !". Pourtant, je la connaissais puisque Jean-Louis l'a réalisée il y a déjà plusieurs semaines. Déjà, à l'époque, j'en faisais des "Oh, la la ! ! !" Je crois même avoir laissé échapper un "Oh, putain que c'est beau ! ! !", c'est dire ! 

Mais je n'ai pas craqué. Non, messieurs-dames, j'ai résisté, j'ai tenu bon et je ne me la suis pas offerte... Oh, la la, ça n'a pas été facile ! C'est un vil tentateur, ce Jean-Louis, il connait mes goûts, le bougre ! Prenez une couverture originale (ci-dessous), deux personnages emblématiques de l'univers de Spiderman, l'homme araignée donc et la (superbe) Chatte noire et rajoutez y un hommage appuyé à Jean Frisano, le peintre illustrateur mythique des éditions Lug... et vous obtenez une magnifique toile. En plus d'être bluffé par le tracé (Oh, la la ! ! !), je trouve les couleurs très travaillées, particulièrement les teintes du costume de la miss. (Oh, la la, Oh, la la ! ! !)




Mais s'il y en a un qui est mieux placé que moi pour en parler, c'est bien l'artiste himself : 
"C'est donc une recréation d'une couverture de Jean Frisano pour le Nova n°87 qu'il avait réalisée originellement à l'encre. J'ai voulu me lancer le défi de me mettre à la place du Maître s'il l'avait peinte. Le résultat n'est pas pour me déplaire sauf pour des erreurs de perspective qui sont déjà plus ou moins sur l'originale et que j'ai essayé de corriger, mais là, c'est pas mon fort. Sinon, c'est de la gouache sur format 40x50 cm."

Merci l'Artiste pour le partage ! Oh, la la ! ! !

lundi 24 octobre 2011

La BD du Lundi : Epsilon, 15 ans, fils du néant

 (cliquez pour agrandir)

Epsilon est une série française créée par le talentueux Jean-Yves MITTON qui sera publiée dans les pages de la revue Titans de 1986 à 1988 pour un total de 21 épisodes.


En 1986, j'ai 14 ans. Mes lectures BD tournent essentiellement autour d'histoires de super-héros, Spiderman en tête, que l'on trouve en abondance dans les revues Strange et Nova principalement. Titans fait partie de cette vague de revues parues aux éditions Lug mais je ne m'y intéresse guère. Les séries qui s'y trouvent ne m'emballent pas et je ne suis pas un fana de Star Wars dont la BD qui s'en inspire a longtemps été le fer de lance de Titans.


Mais quand je tombe sur le Titans 88 en mai 1986, je prends un coup sur la tête. Je me mets à le feuilleter et c'est encore pire. Je l'achète et je dévore cette saga futuriste qui va me tenir en haleine pendant près de deux ans. Vingt-et-un épisodes, c'est forcément trop court quand on aime et quand c'est bon à ce point. Je ne comprends d'ailleurs toujours pas pourquoi il n'y a jamais eu de réédition en intégrale digne de ce nom. Surtout que l'on voit fleurir un peu partout des rééditions pour des ouvrages le plus souvent de bien moindre qualité. Un mystère de plus dans le nébuleux marché de l'édition...


L'histoire d'Epsilon se déroule en 2086 où Paris est devenue une gigantesque mégalopole futuriste dirigée d'une main de fer par le PSI, père d'Epsilon.
Alors que l'adolescent fête ses 15 ans, il se rebelle contre l'autorité paternelle qui voudrait le modeler à son aise. Lassé d'être enfermé dans ce qui semble être une prison dorée, Epsilon va s'enfuir et partir à la recherche de sa mère dont il ne sait que peu de choses mais dont il est persuadé qu'elle est vivante.



Au cours de sa fuite où il sera traqué sans relâche par les troupes du Psi, il connaîtra l'envers du décor notamment les bas-fonds de la cité, la façade underground et prendra réellement conscience de l'étendue de l'empire de son démoniaque de père.
Multipliant les rencontres et pouvant parfois compter sur des alliés inattendus, il finira par libérer la cité du joug de l'infâme Psi, ce qui lui vaudra des révélations sur sa propre existence.

C'est un résumé forcément simpliste, ne serait-ce que vis à vis des connotations géopolitiques qui seraient un peu longues à expliquer ici. Si l'étendue de l'empire du Psi n'est pas clairement définie dans son immensité (avec Paris, axe central du Pouvoir), le modèle européen sert clairement d'inspiration à l'auteur. D'ailleurs, ici, tout se paye en eurécus. 



Au final, on a une série passionnante de bout en bout, incroyablement maîtrisée dans la forme et le fond. On ne s'ennuie pas un instant, on vibre aux péripéties du héros et de ses amis (tous ne survivront pas) et on se délecte vraiment des dessins de Jean-Yves Mitton qui est au sommet de son art, créant une architecture proprement bluffante et qui donne une vraie densité à la vie de l'empire Psi.

Un immanquable, rien de moins ! Pas vrai, Jean-Louis ? ;-)

dimanche 23 octobre 2011

La Fiction du Dimanche : Ratatouille

 (cliquez pour agrandir)

S'il y a bien un film d'animation que je mets tout en haut de ma liste, c'est Ratatouille. Sorti en 2007, Oscar du meilleur film d'animation la même année, Ratatouille me ravit à chaque fois que je le revois. C'est surtout un film qui m'a fait pleurer, ce qui, je crois, ne m'était jamais arrivé pour un dessin-animé. Pire : je revis exactement la même émotion, au même endroit (mais je ne vous dis pas où), alors qu'il n'y a plus l'effet de surprise du premier visionnage.



Derrière ce bijou, Brad Bird, un des génies de Pixar, studio auquel on doit notamment les Toy Story, Monstres et Cie, Le monde de Némo, les Indestructibles, Wall-E, Là-haut et j'en passe. Avant d'oeuvrer pour Pixar, Brad Bird avait signé Le Géant de fer, un autre film d'animation mais pour les studios Warner.


Ratatouille raconte l'histoire de Rémy, un rat grand admirateur de la cuisine française qui va se retrouver entraîné dans les bas-fonds des égouts de Paris avant d'arriver près d'un très grand restaurant de la capitale.. Se liant d'amitié avec Alfredo Linguini, un jeune commis de cuisine timide et maladroit, il va mettre ses talents culinaires au service de son nouvel ami. Malgré les embûches tout au long du parcours, entre Skinner, un chef sans scrupule et Anton Ego, le critique gastronomique redouté par tous.


Il y a tout dans Ratatouille : des personnages attachants, beaucoup d'humour, de l'émotion, une représentation superbe et romantique de Paris, du rythme, de la musique. Il n'y a pas de temps mort et on ne s'ennuie jamais. Le film apparaît maîtrisé de bout en bout et il y a une vraie empathie pour les deux personnages principaux, Rémy et Linguini.


Si Ratatouille dénonce avec force et humour la malbouffe au travers de l'odieux Skinner, chef de seconde zone qui ambitionne de faire du prestigieux restaurant un lieu où se côtoieraient pizzas et burritos surgelés, le film est surtout une formidable invitation à la réalisation de ses rêves. A ce titre, le personnage de Rémy, le rat, est essentiel.


Car Rémy est un rat d'égout qui refuse sa condition et qui aspire à devenir un chef reconnu. Il a un nez imparable pour mêler les saveurs, accommoder les aliments et ne déteste rien de moins que de devoir faire les poubelles. Il a des rêves. Les évènements lui permettront de les réaliser.


Anton Ego est un personnage profondément antipathique, un critique culinaire sans coeur et aigri dont les écrits ont détruit la réputation de bon nombre de restaurants haut de gamme. C'est un homme de pouvoir mais extrêmement seul, engoncé dans une carapace qui finira par se fissurer lors de ce qui restera l'un des moments les plus émouvants du film.


Comme je l'ai évoqué plus haut, il ne faut pas oublier le soin tout particulier apporté à la représentation de la capitale. Jamais Paris, la belle romantique, ne se sera montrée aussi étincelante, aussi à son avantage. Un travail de fourmi a du être nécessaire pour arriver à un tel résultat. Graphiquement, c'est de toute façon tout le film qui est de très haute tenue. Quant à l'animation, c'est du grand art.



Ce billet est tout sauf impartial. C'est normal, me direz-vous, puisqu'il s'agit de mettre en lumière, chaque semaine, un film, une série qui m'auront particulièrement marqué. Mais c'est encore plus vrai ici. Car Ratatouille m'aura infiniment marqué, ému, rendu heureux. J'en avais probablement déjà parlé sur un de mes précédents blogs. Sûrement. Mais il faut croire que tous les prétextes sont bons pour parler inlassablement des belles choses.





samedi 22 octobre 2011

Le Dessin du Samedi

(cliquez pour agrandir)


Cette rubrique a un avantage : elle me permet de mesurer le chemin qui me reste à accomplir avant d'espérer redessiner pleinement. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si je poste ce billet à 23h passées. Il a fallu que je me fasse violence, d'autant que je ne voulais pas vous re-balancer des vieilleries comme samedi dernier (D'ailleurs, si les deux artistes confirmés qui oeuvrent sur ce blog pouvaient me donner un avis de pro sur mes dessins "de jeunesse").

Je crois que le dessin sera redevenu un plaisir lorsque chaque samedi, j'aurai déjà un petit stock conséquent de dessins réalisés dans la semaine et pas au dernier moment comme ce soir où tout s'est un peu fait dans l'urgence.

Déjà, j'ai eu une journée assez éprouvante, "visuellement parlant". Bref, se mettre à dessiner vers 22h quand on a les yeux explosés n'est pas très malin. Après avoir tergiversé de longs moments sur le choix de ma reproduction, c'est mon feutre noir qui a fait des siennes (pour une fois que je ne me limitais pas au crayon à papier, c'était bien la peine !). Quant à la mise en couleur, n'aimant pas la faire à la base mais estimant que le sujet s'y prêtait, j'ai finalement opté pour des crayons de couleur histoire de... Mais bon, la couleur ne saurait gommer les défauts du dessin. J'aurais préféré rendre un meilleur hommage à Peyo. Ce sera pour une prochaine fois...

Je dois vraiment enchaîner les dessins et surtout ne pas craindre les ratages, même successifs. Je crois que c'est, pour l'instant, cette perspective qui me fait reculer plutôt qu'avancer dans ma quête d'un plaisir du dessin retrouvé.



vendredi 21 octobre 2011

Le Vendredi en musique : Imelda May



Un vrai coup de coeur aujourd'hui avec la découverte d'une chanteuse irlandaise : Imelda May.




Redonnant ses lettres de noblesse au rock des années 50 et au rockabilly en particulier, Imelda May peut compter sur une voix extraordinaire et des musiciens au diapason. Si elle sort son deuxième album outre-Atlantique, c'est son premier Love Tattoo qui arrive enfin chez nous... 3 ans après nos voisins anglo-saxons.




Mélange de rock'n roll, jazz; blues et pop rétro, l'ensemble du CD est une vraie réussite (merci Deezer !).
Je vous laisse avec le tube du moment Johnny got a boom boom, mais vraiment, tout l'album vaut le détour. Allez, c'est parti ! Et à fond, c'est encore mieux ! 






jeudi 20 octobre 2011

L'écrit du Jeudi : 1er Prix pour Le Survivant


(cliquez pour agrandir)


Il y a quelques semaines, je me suis inscrit à mon tout premier concours de nouvelles. Dans un premier temps, c'est un concours à échelle locale puis, dans un deuxième temps, la nouvelle sélectionnée est envoyée à un jury au niveau national.

Vu que le thème imposé était celui du cinéma (puisque c'est un réseau de cinémas qui organise le concours), je leur ai adressé "Le survivant", une nouvelle que j'avais écrite récemment et que certains d'entre vous avaient peut-être déjà lue sur mon ancien blog. Je la remets d'ailleurs ici en intégralité à la fin de ce billet.

Bref, ce mercredi 19 octobre avait lieu le résultat des délibérations et c'est donc ma nouvelle qui a été choisie pour concourir au niveau national par 6 voix contre 2. Je suis bien content. Cerise sur le gâteau, je repars avec quelques livres et des places de cinéma. Mais surtout, je prends cette petite victoire comme un encouragement. Avec mon syndrome de la page blanche, c'est un pas important. Mais petite victoire malgré tout parce que je dois quand même être honnête et relativiser. Il y a eu très peu de participants au niveau local et curieusement ceux qui ont envoyé leurs nouvelles étaient plutôt éloignés géographiquement. Moi-même, je suis déjà à une heure de route du cinéma qui délibérait cet après-midi.

Ce soir, lorsque je suis arrivé au cinéma de Terrasson, très (trop ?) en avance comme d'habitude, le jury n'avait pas fini de délibérer. Nath qui avait tenu à m'accompagner et moi-même, nous nous sommes assis devant le cinéma en attendant. L'air était frais mais c'était agréable. Vu que nous étions les premiers, je m'attendais à voir arriver les autres participants au fur et à mesure que le temps s'égrenait. Mais personne ! 

Finalement, les portes du cinéma s'ouvrent et on me dit que le lauréat a été sélectionné. Nath et moi entrons donc dans le cinéma mais je ne vois toujours personne à part nous deux et les membres du jury. Finalement, un homme entre et se joint à nous.

Les résultats tombent et parmi les nouvelles reçues, c'est donc la mienne qui est déclarée vainqueur. Enfin, une des miennes. Parce que je leur avais aussi adressé Sans voix mais qui n'a pas emporté l'adhésion. Heureusement que je m'étais fait la réflexion qu'elle serait probablement un peu hors-sujet par rapport au thème du cinéma (malgré l'allusion au monde du doublage) et que je m'étais rabattu sur Le survivant.

Heureusement aussi que je me suis déplacé parce que j'étais bien le seul. Et si j'avais été le seul à avoir fait le déplacement pour avoir été recalé au final, j'aurais gagné ma journée ! Ils ont eu du bol : sans le savoir, c'est l'auteur dont la nouvelle avait remporté les suffrages qui était présent. Parce que le monsieur qui était entré dans le cinéma juste après moi était en fait... le correspondant de presse ! (que je remercie chaleureusement au passage pour la photo de groupe)

Je vous laisse imaginer le tableau : aucun des particpants dans le cinéma à part moi, les huit membres du jury, le correspondant de presse. Eh bien, malgré tout, ça a été un moment très agréable, très convivial du coup. J'ai pu avoir des retours sur mes écrits, expliquer mon approche de l'écrit, mon besoin de créer une atmosphère, une ambiance, d'avoir des personnages qui prennent vie même au détriment de l'histoire parfois, exposer moi-même mes doutes sur mon manque d'inspiration qui me fait écrire bien moins que je le voudrais. Ils ont été très élogieux sur mon travail, ayant lu la nouvelle à plusieurs reprises car ils trouvaient que le tout était bien mené. Tout juste ont-ils émis quelques réserves sur ma conclusion dans laquelle je faisais un parallèle entre ma nouvelle et un fait divers ayant réellement existé. Pour eux, c'était finalement superflu. Nous avons pu argumenter tous ensemble dans un très bon esprit. En plus, j'ai gardé contact avec l'une des membres du jury qui est la présidente d'un atelier d'écriture et qui devrait me permettre, au travers d'exercices, de retrouver la régularité et, je l'espère, l'inspiration.

Bref, j'ai beaucoup aimé cette soirée dont je n'attendais pas grand chose au départ. J'aurais préféré qu'il y ait davantage de participants et surtout que ceux-ci eussent été présents ce soir, ce qui nous aurait permis d'échanger. Mais bon, l'essentiel est de repartir avec le plein de confiance. Et puis, même si, soyons réaliste, il est très peu probable que Le survivant connaisse un beau parcours au niveau national, on peut toujours se dire que l'aventure continue ! Et autre motif de satisfaction : il semblerait que ma première dauphine soit une ancienne instit de Nath, très aguerrie à cet exercice d'écriture de nouvelles et à ce type de concours. Donc, à défaut de la quantité, la qualité des participants semble avoir été au rendez-vous. C'est d'ailleurs à elle que sont revenues les deux voix m'empêchant de faire l'unanimité.

Allez, pour mon plaisir et j'espère le votre, petite piqûre de rappel avec... Le Survivant ! 




J'étais là dans cette immense boite. J'étais le dernier. Il y a une heure encore, nous étions un bon nombre mais les autres avaient eu moins de chance. Il ne restait que moi mais je ne me faisais pas d'illusion. J'allais y passer aussi, d'autant que je n'avais nulle part où me cacher. Il me trouverait forcément, malgré la pénombre. De toute façon, à quoi bon ? J'avais déjà tant souffert... et tout ça pour en arriver là ! J'avais cet aspect que je jugeais personnellement ragoûtant, du fait de mes brûlures au premier degré, mais curieusement cela semblait plaire... pour mon malheur !

Je me sentis observé et effectivement un oeil m'épiait. Me distinguait-il pour autant, je n'aurais su le dire. Mais le simple fait de le voir lorgner dans ma direction ne me poussait pas à l'optimisme. Il tendit le bras. Cette fois, j'étais perdu. C'était mon tour.

J'entendis alors une forte détonation. Puis une autre. Je perdis alors l'équilibre et sentis glisser la boite dans laquelle je me trouvais. Je ne compris pas tout de suite ce qu'il se passait mais c'était l'affolement tout autour de moi. Les gens hurlaient. Un type s'était mis à crier : "Tu croyais que tu allais nous emmerder encore longtemps comme ça ?" La panique semblait avoir englouti toutes les personnes présentes dans la salle. Je ne voyais pas grand chose de là où j'étais mais les gens semblaient courir dans tous les sens. Les cris s'amplifiaient.

J'étais sauvé. Pour le moment du moins. Je ne comprenais pas trop ce qu'il se passait mais en tout cas, personne ne faisait plus attention à moi. Lui en tout cas m'avait oublié. Je devais simplement veiller à ne pas me faire écraser par cette meute d'enragés. Mais ça avait l'air de s'arranger là-aussi. La pièce semblait se vider très progressivement, toujours dans un brouhaha de cris assourdissants certes, mais elle se vidait et c'était bien là l'essentiel. Un répit reste un répit. Ça ne changerait peut-être pas fondamentalement ma vie mais enfin...

Au bout d'un moment, il n'y eut plus que moi dans la salle. Enfin, je crois. Je n'étais pas idéalement placé pour en juger mais il me semblait bien. Sauf que je ne pouvais pas bouger et que je finirais bien par être découvert et tué. Ou alors, je resterais là à me rabougrir et m'assécher. Dans les deux cas, l'optimisme n'était pas franchement de rigueur.

J'appris plus tard, lorsque la police prit possession des lieux tandis que j'étais toujours planqué dans cette boite tellement trop grande pour moi, que le type qui nous avait tous tués un à un avait lui même été abattu par un gars assis derrière lui. Ce dernier s'était levé et pan, lui avait mis une balle en pleine tête. Tu m'étonnes que la boite soit tombée et moi avec !

Apparemment, le tireur n'avait pas supporté le bruit de sa mastication. Il faut dire que c'était assez inélégant et que ce n'était pas évident pour pouvoir suivre le film. Encore que moi, je m'en fichais, je ne pouvais pas voir les images de là où j'étais et j'étais bien trop stressé à l'idée d'être le prochain grain de pop-corn à être englouti par ce goinfre. Tous mes potes y étaient passés. Sauf moi, tu parles d'une aubaine ! J'avais vu à maintes reprises sa main plonger dans la boite et en ressortir une poignée qu'il mettait avidement dans sa bouche immense en mâchant et déglutissant à grand bruit. Selon la police, un gus en avait eu ras le bol qu'on lui gâche ainsi son film et lui avait dit sa façon de penser. Le fameux "Tu croyais que tu allais encore nous emmerder longtemps comme ça ?" que j'avais entendu juste après m'être cassé la gueule.

Finalement, ça ne changeait pas grand chose pour moi. Je n'avais pas été dévoré par cette gueule béante, mais j'allais finir très probablement dans une poubelle dès que la femme de ménage viendrait faire son petit tour. A moins que la police ne me garde comme pièce à conviction. J'aurais l'air bien, tiens, confiné au chaud dans un sachet plastique ! Enfin, c'est ma vie, quoi ! Au début, c'est le pied, on pousse en pleine nature, baigné par le soleil ou les pluies, on a une belle couleur jaune orangé. Et puis quand on parvient à échapper au bec de la poule ou à l'estomac des humains, on finit cramé et caramélisé ! Vous parlez d'un avenir ! Moi, je suis résigné de toute façon... Allez hop, faites de moi ce qu'il vous plaira, messieurs-dames, gobez-moi, mangez-moi, cramez-moi, laissez-moi à même le sol d'un ciné comme une merde, je m'en fous... Voilà, c'est dit...


Cette petite histoire est authentique. Les grains de pop-corn ont existé et ont effectivement "causé" la mort d'une personne. Samedi dernier, à Riga en Lettonie, un homme qui mastiquait trop bruyamment son pop-corn a été abattu par son voisin à l'issue de la séance alors que le cinéma programmait "Black Swan" de Darren Aronofsky avec Natalie Portman.

Il n'y a que pour le petit grain de pop-corn survivant que le doute est permis. Et encore...

Le monde est fou, on vous dit...


(cliquez pour agrandir, MAJ du 16/11/2011)
L'article de presse est également visible ICI


mercredi 19 octobre 2011

La Gueule du Mercredi : Richard Bohringer

(cliquer pour agrandir)


J'ai beaucoup de chance. D'abord, je prends beaucoup de plaisir à réaliser ce blog, un plaisir qui avait fini par disparaître avec l'ancien, probablement un peu trop proche de moi.

Ensuite, des amis viennent me filer un coup de main pour en faire un bel endroit. Jean-Louis a ainsi accepté de bon coeur mon invitation à le retrouver désormais chaque mardi au travers d'une toile. Dorénavant, c'est Sébastien Dieu alias DIEV que vous retrouverez chaque semaine pour illustrer cette rubrique de la Gueule du Mercredi. Je suis d'autant plus ravi que la proposition vient de lui. La caricature sera également visible sur son propre blog ICI (le lien est également dans mes sites amis, dans le menu de droite).

DIEV m'a donc pondu un superbe Richard Bohringer. Il a même poussé le perfectionnisme jusqu'à recommencer, la précédente mouture ne le satisfaisant pas vraiment au niveau ressemblance. J'ai toujours pensé que la caricature était un art bien plus compliqué qu'on ne pourrait le croire au premier abord. Il faut avoir l'oeil pour capter et exagérer ce qui fait l'essence même d'un artiste et je pense vraiment que ce ne doit pas être évidemment de "choper" l'expression qui va bien. Enfin bon, je suppose que Diev nous parlerait mieux de son métier, de sa passion devrais-je dire, que je n'essaie de le faire moi.





Richard Bohringer donc. Ne me dites pas qu'il n'a pas une gueule, une vraie ! Grande parfois, ce qui lui a valu à tort une réputation d'emmerdeur sur les plateaux. Un écorché vif, le Richard donc souvent en souffrance. Un Richard néanmoins apaisé avec l'âge. Avec l'Afrique aussi, sa deuxième patrie. Une vraie histoire d'amour.  Avec le Sénégal surtout, pays avec lequel il a d'ailleurs la double nationalité.

Et puis un putain d'acteur à la filmographie impressionnante : Diva, Le grand chemin, Une époque formidable et tant d'autres. Dont ce qui restera, pour moi, son meilleur rôle : celui de l'officier déserteur allemand Franz-Joseph dans Après la guerre de Jean-Loup Hubert qui l'avait justement déjà dirigé dans Le grand chemin. J'avais adoré ce film, bien que l'intrigue fut assez prévisible et la fin guère surprenante bien que très émouvante.

Bohringer, c'est aussi quelqu'un que j'adore écouter parler. C'est un régal lorsqu'il est invité sur les plateaux télé où il donne son avis passionné sur tout ce qui l'entoure. Avec Bohringer, la révolte n'est jamais loin mais l'homme s'est assagi et paradoxalement son discours n'en est que plus percutant. C'est aussi un écrivain mais là, j'ai un peu plus de mal. J'avais essayé de lire "Traîne pas trop sous la pluie" et j'avais vite décroché. Il faut dire que ce livre renvoie à ces dernières années où il était malade et son récit est au moins aussi bordélique et barré que les délires qui l'ont assailli pendant cette difficile période. Il faudra que je m'y remettre un de ces jours, voir si j'arrive au final à apprivoiser la bête. Pas facile.

Bohringer, c'est enfin l'homme de scène avec son groupe Aventures. Il a notamment fait une tournée en France et à l'étranger après la sortie de son troisième album en 2002 (C'est beau une ville la nuit, adapté du livre autobiographique du même nom). Là, je serais bien embêté pour vous en parler, je ne l'ai jamais vu ni entendu sur scène. Mais vu le charisme du gars Bohringer, ça doit valoir le coup ! 

Allez, c'est tout pour aujourd'hui ! Enfin, quand je dis c'est tout... franchement un joli texte écrit avec amour et une si belle caricature, ça le fait, non ?



mardi 18 octobre 2011

Le Mardi, Jean-Louis nous fait une toile




Et quelle toile ce mardi puisqu'il s'agit de la délicieuse Michelle Pfeiffer façon Enki Bilal. Jean-Louis nous explique la genèse du projet : " Je recherchais un peu plus de créativité pour cette illustration représentant mon actrice préférée. J'ai voulu représenter une sorte de femme mutante qui vient de sortir d'un état de cryogénisation. M'inspirant librement de Enki Bilal et du personnage de Jill de la trilogie Nikopol, j'ai donc essayé d'en reproduire la technique qui peut paraître un peu grossière pour es non-initiés : gouache, pastel et cire. J'ai choisi Miss Pfeiffer car, à part des traits parfaits, c'est un visage assez simple à dessiner et à peindre. Un bonheur pour un peintre comme moi. D'ailleurs, je remercie le chirurgien esthétique qui s'est occupé d'elle et qui a fait un travail plus que parfait ! 




Voilà pour les petites explications de l'artiste. En ce qui me concerne, j'ai reconnu Michelle Pfeiffer immédiatement tant je trouve que la ressemblance est frappante. Surtout sur le crayonné et c'est pour cela que j'ai demandé à Jean-Louis de me le prêter également afin de mieux se rendre compte de l'évolution "avant -après" de son travail. Quant à la peinture, j'aime beaucoup le résultat et pourtant, si je reconnais volontiers à Bilal un grand talent, son style n'est pas vraiment ma tasse de thé. Mais là, avec la sensibilité et le talent de Jean-Louis, ça passe tout seul ! S'approprier ainsi les techniques d'un maître sans jamais en dénaturer l'essence même, là, je dis respect ! 

De toute façon, ce gars est énervant. Autant vous y faire tout de suite si vous devez suivre ce billet assidûment chaque mardi. E-ner-vant, y'a pas d'autre mot !