mercredi 25 février 2015

Le vent se lève... et nous emporte !



Je n'avais encore jamais vu l'ultime oeuvre de Miyazaki, The Wind Rises, et quelle claque ! A tous les niveaux, ce film est un chef d'oeuvre. Alors peut-être que la perfection n'existe pas (d'ailleurs les critiques sur le net ne furent pas forcément toutes dithyrambiques) mais pour ma part, c'est simple, je n'ai absolument aucune réserve à émettre. Je viens juste de le visionner et je suis tout remué de l'intérieur. Directement sur le podium de mes œuvres cultes.


Il y a tout dans ce film et le dosage des ingrédients est incroyable d'équilibre : de la poésie, du rêve, de la tristesse, du rire, de la légèreté, de la gravité, de la mélancolie. Un ballet d'émotions étourdissant. J'ai lu ci et là que le long métrage ne serait pas forcément évident à appréhender d'un point de vue occidental mais je ne comprends pas bien la remarque. Tout est tellement fluide, tout s'enchaîne si parfaitement. Tout est tellement compréhensible et limpide.


La réalisation est incroyable, tant dans ses choix de mise en scène que dans le soin apporté à l'animation jusqu'au moindre détail. Les éléments météorologiques sont autant de personnages à part entière. Le vent bien-sûr, occasion de prouesses techniques bluffantes (surtout de par le sujet de l'aviation qui s'y prête forcément) mais d'une manière générale toutes les manifestations de la nature. Ainsi, la brève mais marquante scène du tremblement de terre est un modèle du genre. La nature s'exprime. De par les bruitages hallucinants, elle ne se contente pas de se rebeller, de se soulever, elle gronde littéralement pour un résultat hors du commun émotionnellement.


Pour le reste, rien n'est laissé au hasard. Les moindres petits détails sont un régal pour les yeux, chaque scène, chaque petit geste, chaque éclairage véhicule une émotion pas croyable, le dépaysement est total. Je ne sais pas quoi dire. Je me suis régalé. Après, on est évidemment dans un ressenti tout personnel et je ne voudrais pas que certains soient déçus après visionnage en n'ayant pas forcément le même enthousiasme que moi. Donc, si vous ne l'avez pas vu, allez-y sans rien en attendre et laissez-vous porter. Et advienne que pourra...


Je me rends compte que je n'ai toujours pas évoqué la trame du film. C'est toujours un passage compliqué pour moi, déjà parce que ce n'est pas ma tasse de thé et que de nombreuses pages Internet font ça bien mieux que moi, et surtout parce que cela m'oblige à remettre les pieds sur terre alors que je plane encore.


Allez, voilà un petit pitch : On suit Jirô Horikoshi (qui a réellement existé et dont le film de Miyazaki est une très libre biographie), un passionné d'aviation qui deviendra rapidement un ingénieur en aéronautique de haute volée. Dans un monde en guerre (période des années 20 et 30), il crée, entre autres modèles, des chasseurs bombardiers et est tiraillé entre sa passion de façonner des objets volants toujours plus performants et le fait que bon nombre de ses œuvres sèmeront la mort et la destruction. En filigrane, son histoire d'amour avec la belle Nahoko Satomi, véritable fil rouge du film, apporte une légèreté supplémentaire mais aussi une triste mélancolie du fait d'un amour voué à être éphémère.


Avec ce film, Miyazaki tire sa révérence. A priori. Parce que bon, on ne sait jamais. Mais quelle somptueuse façon de clore une aussi belle destinée artistique. Je ne vais pas citer toutes ses œuvres. Le Voyage de Chihiro et Porco Rosso auront été celles qui m'auront procuré les plus fortes émotions. Jusqu'à ce Le Vent se lève, si loin, si haut. Merci Monsieur Hayao Miyazaki ! 


mardi 24 février 2015

Un peu de verdure, de l'eau et quelques pierres...


Jeudi dernier, parce qu'il faisait grand beau temps et que la semaine dans son ensemble fut assez pénible, Nath et moi avons décidé de prendre l'air. Hop, nous voilà partis pour une rando (Vezac / Beynac / La Roque Gageac / Vezac pour ceux que ça intéresserait).


Sitôt partis, je remarque cette drôle de maison à vendre. Je trouve qu'elle a un certain charme mais le haut de sa tour m'interpelle. Ancien édifice religieux restauré ? En tout cas, elle a de la gueule. Pas idéalement placée en bord de route (encore que ce ne soit pas un axe de circulation bien fréquenté) mais elle me plait bien, moi, cette bâtisse. 


On approche du Château de Beynac


Quand je vous disais qu'on approchait ! Mais nous ne nous sommes pas arrêtés et avons directement embrayé en direction de La Roque Gageac.


En longeant la Dordogne, c'est plus joli ! Ne me demandez pas le nom du château sur l'autre rive, Nath me l'avait soufflé mais je l'ai oublié, bien évidemment.


J'en avais déjà parlé il y a quelques mois / années sur ce même blog : il n'y a rien que j'aime plus que d'observer le mouvement de l'eau et les branches décharnées des arbres nus. Je pourrais rester des heures à contempler ce simple spectacle.



Branches caressées par l'eau ou eau enveloppée par les branches ? Mouais, j'ai jamais été poète et ça ne risque pas d'arriver. Mais ce n'est pas une raison pour vous foutre de ma gueule, non mais ! 


Un oiseau prend la pose, il ne semblait pas bien farouche ! 


L'histoire ne dit pas s'il a souri mais il a bien fixé l'objectif ! 


Pour photographier la Nathalius Magnificus dans son Polairus Bleùs, il suffit juste de l'appeler et elle se retourne... Hop, instant immortalisé, c'est trop beau ! 


Le château de Castelnaud nous domine. Le château médiéval par excellence, celui qu'il faut absolument avoir vu dans la région même si d'autres valent évidemment le coup d'oeil. 


Nous voici à la Roque Gageac. Il ne nous reste plus qu'à rejoindre Vezac pour boucler la boucle. Sans trop tarder parce que, mine de rien, le soleil se couche et ce sont les bois qui nous attendent.



Dernière photo de cette virée campagnarde ! Un superbe gîte à la Roque Gageac. Puis nous entrons dans les bois et nous ne manquerons pas de momentanément nous y égarer. Heureusement, nous retrouvons les marquages des sentiers de randonnées et nous profitons de trouver une maison sur notre chemin pour nous assurer que nous sommes sur la bonne voie. Et comme les propriétaires sont des gens charmants et que la nuit tombe, que je suis en chemise et que je commence à geler sur place, ils nous ramèneront jusqu'à notre voiture. Trente minutes de marche économisées, vu l'heure, la fatigue et un début de ras-le-bol de s'être bêtement égarés une heure plus tôt, on prend le cadeau avec plaisir ! Puis on s'en retourne chez nous ! La balade fut un poil longue et hasardeuse mais elle fut superbe ! A bientôt pour de prochaines aventures ! 

vendredi 20 février 2015

Quand le carrosse redevint citrouille...




Il était une fois une jeune femme avec un beau projet. Un projet citoyen et humaniste, centré sur la dignité des laissés-pour-compte de la société. Ah, qu'il était enthousiasmant ce projet ! Il était plein de belles promesses. Les gens de tous bords adhéraient, applaudissaient, touchés par l'histoire de cette femme qui voulait faire des exclus des non-exclus. Leur redonner une identité. Une motivation. Les réinsérer humainement et professionnellement. Parce que sa mère défunte n'avait pas eu cette chance.

Mais encore fallait-il le monter ce projet. Encore fallait-il user de sa plus belle plume pour en écrire les premières pages. Las, dès qu'il s'agissait d'aller véritablement de l'avant, la femme se transformait en jeune fille, faisait la moue et décrétait qu'il y avait toujours mieux à faire que de perdre son temps en futilités. Elle était désinvolte en toutes choses excepté lorsqu'il s'agissait de prendre la pose pour des photographes ou d'accorder des interviews toutes dents dehors à la moindre occasion. Pendant ce temps, les exclus attendaient qu'on veuille bien s'occuper d'eux, cela arrivait parfois du fait de l'enthousiasme communicatif de bénévoles qui ne prenaient pas encore la pleine mesure de ce qui était en train de se passer. Pendant que Madame se dégageait de ses obligations et se la coulait douce.

Car derrière ce projet humaniste sur le papier il y avait surtout l'ambition d'une femme. L'ambition d'être connue. Célèbre. Son association allait lui permettre d'y arriver, elle en était persuadée. Autour d'elle, le vernis commençait à se fissurer, certains voyaient clair en elle et elle les écartait sans vergogne. Des frondeurs, elle n'en avait cure. Elle et sa garde rapprochée en avaient encore suffisamment sous le capot pour voir venir. Elle devait juste encore attirer l'attention quelques semaines, quelques mois, convaincre son auditoire de son honnêteté morale. Bientôt elle sortirait son livre et elle ferait pleurer dans les chaumières. Elle recontacterait alors ses contacts journalistes et photographes. Pour attirer la sympathie et la compassion, elle rappellerait les yeux embués combien ce livre est avant tout l'histoire d'une mère et du combat de sa fille contre l'exclusion. Et ça marcherait, forcément, puisque la fortune sourit aux audacieux.

Et pendant tout ce temps, les exclus continueraient d'espérer qu'ils resteraient au centre des préoccupations de ceux sur lesquels ils comptent. Parfois ce serait le cas. Parfois, pour des motifs aussi futiles que fallacieux, ils seraient mis devant le fait accompli et n'auraient rien. Madame ferait tourner sa girouette et déciderait si oui ou non, aujourd'hui, elle aurait du temps à accorder à des laissés-pour-compte. Il est en effet de notoriété publique que les personnes en situation de précarité peuvent s'adapter à tout, dans le besoin un jour, nantis le lendemain. Puisqu'elle le dit et que son autorité ne doit jamais être prise en défaut. Sinon, même de très loin, elle fera trembler tous les murs ! 

Je faisais partie des bénévoles enthousiasmés par ce magnifique projet. J'étais également séduit par la personnalité touchante de cette femme enfant que je pensais sincère quant à ses motivations profondes. Sans doute cette aventure m'aura t-elle tenu trop à coeur. Les plumes que j'y laisse aujourd'hui ne m'en font souffrir que davantage. Encore que... J'en suis quand même revenu depuis quelque temps déjà. De motivation, elle n'en a guère, ou alors elle n'est en rien désintéressée. Maraudes supprimées, rendez-vous avortés ou annulés, statuts toujours pas valides au bout de plusieurs mois, projets morts-nés, communication foireuse, propos contradictoires voire mensongers... la liste est longue.

Je plains surtout les bénévoles. Ceux qui y croient et qui vont tomber de haut. Ceux qui ont des doutes sans prendre la mesure de l'arnaque morale que représente ce projet. Ceux qui n'y croient plus et qui se sentent trop bons trop cons d'y avoir cru.

J'ai mis cette femme en garde. Un projet se mûrit, se construit. Avec des étapes que l'on ne doit pas intervertir. Avec des passages pas forcément agréables mais obligés. Avec des devoirs, des comptes à rendre, une régularité dans les actions pour que l'habitude se crée. J'ai toujours parlé dans le vide. Toujours entendu, jamais écouté. J'ai essayé de la sensibiliser sur d'autres choses aussi comme le fait de ne pas mélanger sa médiatisation personnelle et l'aspect désintéressé qui devrait être celui du projet. Des mots en l'air comme tout le reste à en juger par l'écho zéro qu'ils ont eus. Mais elle ne risquait pas d'écouter puisque son intérêt était ailleurs.

Je ne suis plus lié au projet mais j'ai pu globalement décider de ma destinée. Ma femme a eu moins de chance puisqu'elle a payé cash le fait d'être mon épouse en étant éjectée manu-militari alors qu'elle essayait jusque là de rester neutre. L'honnêteté n'est clairement pas récompensée dans cette asso (enfin, qui n'en est toujours pas une si vous avez bien suivi le fil de mon billet). Nous devenions tous les deux des épines dans son pied qu'elle devait enlever. Puisque nous voyions des choses que d'autres ne voyaient pas et qui auraient mis à mal sa légitimité.

Pour conclure, il ne me reste qu'à espérer qu'au delà de ce projet brinquebalant animé d'intentions parfois douteuses ou tout du moins opaques, les actions envers les démunis trouvent toujours un écho
grandissant à l'échelle locale, nationale et mondiale. Pour ma part, je vais relever l'échine et essayer de me rendre utile à mon humble niveau. Je sais que ce ne sera qu'une goutte d'eau dans un immense océan de misère et de détresse affective mais... 

En espérant que le devenir des gens dans le besoin sera réellement la préoccupation première de ceux qui œuvrent plus ou moins dans l'ombre. 
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mercredi 4 février 2015

Captain America (Rick Remender / John Romita Jr)





J'avais longtemps hésité à acheter cette histoire de Captain América en deux volumes et 10 parties. D'abord parce que je ne suis pas fan du personnage, enfin disons surtout que je n'en connais pas grand chose. Jamais lu ses aventures, pas davantage vu les films centrés sur lui. L'idée du patriote américain type ne m'a jamais emballé, peut-être à tort, mais bon...
Ensuite parce que le dessinateur John Romita Jr est capable du pire comme du meilleur et que l'extrême admiration que j'avais pour le bonhomme du fait que je lui dois, à mon sens, les meilleures aventures de Spiderman au début des années 80, s'est muée en un respect parfois un tantinet désabusé.
Enfin parce que l'histoire se place encore dans une énième dimension mystérieuse pleine d'extra-terrestres belliqueux et que je ne suis pas friand de ces épopées pseudo-cosmiques.


Mais je suis faible. Romita Jr reste Romita Jr et la planche ci-dessus montre combien il en a encore sous le pied quand il veut bien ne pas bâcler son travail. Et puis il a un sens de la mise en scène souvent brillant lors d'affrontements apocalyptiques. Surtout, cette histoire marque le point final de sa collaboration avec Marvel et rien que pour cela, l'achat se justifie.



Je vais faire rapide concernant le topo, histoire de ne pas trop dévoiler l'intrigue pour ceux qui voudrait garder le plaisir de la découverte, bien que l'ensemble ne soit pas d'une originalité folle. Steve Rogers alias Captain America se retrouve piégé dans un univers hostile, la dimension Z où le pas beau de service, le megalo scientifique nazi Arnim Zola, mène des expériences génétiques sur lui pour en faire profiter sa progéniture. Evidemment, rien ne se passe comme prévu et Captain America se retrouve en fuite avec le tout jeune fils de Zola. Un exil de plusieurs années, tout au moins dans le temps tel qu'il se définit dans cette dimension Z, dont les conditions extrêmes pour survivre mettront les nerfs de notre héros à rude épreuve.


Après avoir refermé le second tome, je n'ai pas pu m'empêcher de penser que cette histoire étalée sur environ 200 pages aurait gagné à être vraiment raccourcie. L'action est omniprésente excepté dans les moments salvateurs où le scénariste propose des flash-back sur l'enfance de Steve Rogers. Une enfance difficile et empreinte d'une violence certaine mais dont l'émotion véhiculée tranche vraiment avec l'aspect bourrin du reste de la saga. Personnellement, ce sont ces moments que j'aurai le plus appréciés, avec une mise en couleurs parfaite pour ces retours en arrière.


Le reste n'est quasiment constitué que de scènes d'action, hormis quelques moments plus intimistes autour de la relation entre le Captain et son jeune protégé. Et cette représentation particulièrement sanglante des combats m'a gêné. Je ne suis pas particulièrement bégueule pourtant. Il m'arrive de voir des films d'horreur, je regarde The Walking Dead dont je lis aussi les comics, bref je ne suis pas fâché avec l'hémoglobine. Mais cette violence graphique doit servir le propos, elle doit être légitime. Or, pour moi, ici, elle ne l'est clairement pas. John Romita Jr continue son travail de sape entamé avec les Kick-Ass avec des effets visuels qui vont jusqu'au grotesque. Comme le splash ci-dessus où Captain America saigne de chaque pore de la peau. Un héros n'est plus celui qui se relève d'une rude adversité, c'est celui qui survit à un déferlement de violence où chaque coup l'amène vers une rupture de plus en plus inéluctable. Quand je lisais mes Strange ou mes Nova, nos héros n'étaient pas épargnés, on vibrait pour eux, les histoires prenaient autant aux tripes et nous tenaient véritablement en haleine sans qu'il y ait besoin de passer par une telle violence graphique. Cela dit, c'est la tendance actuelle, notamment au cinéma. Il faut en mettre plein la vue. Regardez par exemple La Planète des Singes : l'affrontement. Très bon film mais la scène de baston finale dure près de 30 minutes dans un festival d'effets spéciaux en tous genres jusqu'à saturation. Je parle de ce film précisément parce que je l'ai vu récemment mais c'est valable pour une flopée de films dits spectaculaires.



Bref, tout ça pour dire que, vœu pieux je m'en doute, j'aimerais bien que nos auteurs et dessinateurs actuels reviennent un peu aux fondamentaux avec des intrigues ciselées, véritablement prenantes et surtout crédibles, des atmosphères travaillées. Des œuvres coup de poing qui ne seraient pas constituées que de coups de poings. 
Pourtant, malgré les réserves émaillant ce billet, je ne regrette pas mon achat. Le duo Romita / Janson offre toujours de belles choses et le récit propose aussi quelques fenêtres intimistes bienvenues. Savoir que l'ultime planche du livre est aussi la dernière de Romita pour Marvel (a priori) a une résonance particulière. Alors oui, ce n'est pas l'oeuvre du siècle mais l'ensemble se laisse lire sans déplaisir. De là à dire que je m'en souviendrai dans quelques jours / semaines / mois, c'est une autre histoire...



Me voilà à la fin de ce billet. Et je dis quoi, moi, à mon pote Arnaud (à qui je dédie ce post) qui m'a demandé ce que j'en pensais, histoire de comparer nos impressions ? En fait, Arnaud, je ne sais pas si je le conseillerais ou pas à un éventuel acheteur qui me demanderait conseil. Si on est réfractaire à John Romita Jr, certainement pas. Même si le célèbre dessinateur m'a semblé, à quelques exceptions près, bien plus inspiré que sur Kick-Ass par exemple. Mais si le trait de Romita Jr n'est pas rédhibitoire, si le personnage de Captain America non plus et si les histoires prenant place dans des univers cosmiques (pléonasme ?) ne rebutent pas, alors oui, l'investissement vaut le coup d'oeil. A condition de ne pas trop en attendre et de considérer l'ensemble comme un vrai défouloir. Ou comme l'oeuvre testamentaire d'un dessinateur tellement talentueux à la base et qui aura tant apporté à la mythologie Marvel.

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