lundi 30 mai 2016

Jérôme Alquié, artiste majuscule

(Toutes les reproductions sont la propriété de Jérôme Alquié)


Mine de rien, le billet que vous êtes en train de lire aura été l’un des plus durs à écrire. Au bout de plusieurs jets qui ne me satisfaisaient pas vraiment, j’ai décidé que cette mouture serait la dernière.


Comment parler à la fois du gros coup de cœur que j’ai eu pour l’art-book « Sweet Savage » et de son auteur, l’artiste pluriel Jérôme Alquié tout en gardant une cohérence entre les deux. Par quoi commencer ? Comment ? Il y a bien longtemps que je ne m’étais pas ainsi trituré les méninges mais, en parfait maso que je suis sans doute un peu, cette adversité imprévue ne fut pas pour me déplaire.


Entre moi et Jérôme Alquié, c’est d’abord une passion commune pour les séries animées de notre enfance : Albator, Goldorak, Ulysse 31, Les Mystérieuses Cités d’or et j’en passe. J’ai goûté avec délectation dans la marmite de la japanime et du manga pendant qu’il tombait carrément dedans. Comprenez que la comparaison s’arrête là puisqu’il a, lui, décidé de vivre de cette passion. 


Il aurait eu tort de s’en priver vu que le bougre a des mains d’or dès qu’il s’agit de dessiner. Un trait fin, tout en maîtrise. Je suis notamment toujours bluffé par ses courbes, courbes du corps, courbes des cheveux « à la japonaise ». Moi, rien que pour esquisser un arc de cercle, faut que je m’y reprenne à plusieurs fois ou que je me contente d’un résultat haché. Jérôme, c’est toujours clair, propre, net, beau. En un mot : énervant ! 


Pour un nostalgique comme moi, le travail de Jérôme est comme une évidence. Il prolonge la part de l’enfant en moi, vous savez, cette bulle que l’on veut préserver et qui tend à se contracter sous l’effet des agressions du monde adulte. Franquin, ma référence absolue dans la passion que j’ai pour la BD, aimait à dire qu’un adulte est un enfant qui a mal tourné. Jérôme nous permet finalement d’être adulte sans qu’on se culpabilise de se sentir encore enfant. Il rend la nostalgie noble mais surtout nécessaire. 


C’est pour cela, en plus de son talent monstrueux, que je l’estime infiniment. Nous ne nous sommes jamais rencontrés mais nous échangeons de temps à autre et je suis toujours épaté par sa gentillesse à l’égard de ceux qui le questionnent sur son travail, par sa disponibilité aussi, mais surtout, surtout, par sa capacité intacte d’émerveillement à l’heure où de trop nombreux artistes renvoient une image d’eux blasée. Le plaisir qu’il prend est contagieux et fait du bien. Je suis aussi touché par son sens de l’amitié (la préface de son ami Arnaud Dollen est à ce titre bouleversante) et par son respect indéfectible envers ses maîtres, Shingo Araki et Leiji Matsumoto notamment.


Un tour d’horizon de ses univers, qu’il en soit le créateur ou qu’il se les réapproprie avec génie, est désormais disponible au travers de l’art-book que j’évoquais au début de ce billet. On y retrouve évidemment Albator, Ulysse et tous les autres, vestiges intemporels d’une époque extraordinaire pas si lointaine, comme autant de madeleines de Proust synonymes d’un plaisir coupable sans cesse renouvelé. 


Mais les vraies héroïnes du livre, celles à qui le titre « Sweet Savage » s’adresse, ce sont les femmes qui peuplent son imaginaire. Qu'elles viennent des vents d'Asie ou des terres d'Afrique, qu'elles soient d'eau ou de feu, qu'elle soient héroïnes, mères ou enfants allongées éprises de rêves, elles nous interpellent toutes, mélange de douceur et de force.


Toutes ces représentations féminines, qui ont récemment bénéficié d'une mise en valeur exceptionnelle lors d'une exposition consacrée à l'artiste, sont d'une beauté à couper le souffle. Certaines nous touchent plus que d'autres, subjectivité oblige, mais aucune ne nous laisse indifférent. 


Si je devais vraiment pinailler (et là encore, c’est forcément subjectif), les commentaires qui accompagnent ces femmes sur papier, bien qu’essentiels car témoignages de la démarche artistique et de la sensibilité de Jérôme, m’auront quand même un peu frustré car je fais partie de ceux qui aiment bien se perdre dans les univers des autres. Là, je me sentais un peu guidé, orienté. Mais c’est vraiment une sensation toute personnelle qui n’amoindrit en rien la charge émotionnelle des œuvres.


Vous l’aurez compris, « Sweet Savage » est à la hauteur de toutes les attentes. En plus d’un contenu foisonnant et globalement exhaustif,  il faut souligner que la mise en page est, de surcroît, de très haute tenue. La qualité des reproductions n’est pas en reste. L'ouvrage est vraiment un très bel objet où on sent bien que rien n'a été laissé au hasard au niveau de la conception. Je vous l’aurais donc forcément hautement recommandé mais, c’est ballot, il n’y en a déjà plus. Un succès amplement mérité. Merci Jérôme pour ce grand plaisir de lecture. Et bravo !

(Jérôme ne fait pas que dessiner : la preuve avec cette magnifique scène tirée de la série animée Bouba. Pour se quitter, il y a pire, non ?)







mardi 17 mai 2016

Le Mardi, c'est l'énigme !



Bravo à Nath et François-Marie qui ont trouvé l'énigme de la semaine dernière ! Rappel et résolution des indices :

-Le titre de l'un de mes plus grands succès est parfois sujet à confusion, homonymie oblige.
-J'eus pendant un temps le surnom de l'une de mes chansons
-Il y a quelques années, j'ai fait entendre ma voix pour les enfants
-Mes chansons poussent souvent à l'optimisme, ce n'était pourtant pas gagné ! 
-A me lire, on peut penser que j'ai occulté un pan entier de mon existence.

Vu que tout le monde séchait misérablement, j'avais ajouté un indice visuel en bonus :


Tout ceci devait vous permettre de trouver... Gérard Lenorman (because "Made in Normandie", forcément, comme le chantaient si bien Stone & Charden)


Le 1er indice faisait référence à "La Ballade des gens heureux" (l'homonyme étant balade avec un seul "l", pouvant créer une confusion orthographique). Lenorman fut surnommé un temps "Le petit prince" de la chanson, en référence à l'une de ses chansons du même nom. Il a chanté pour l'association "Les Voix de l'enfant". Ses chansons sont souvent teintées d'optimisme et de naïveté, comme un remède à une enfance malheureuse, sans père et avec une mère qui ne l'aimait pas. D'ailleurs, il a écrit un ouvrage "Je suis né à vingt ans", révélateur de son état d'esprit.

Allez, c'est reparti pour un tour. On va chercher un écrivain cette semaine, pour changer un peu !

Pour mon premier conte, je portai un nom d'arbre.
Balzac m'inspira l'un de mes pseudonymes.
Je ne reconnus aucun de mes enfants. La paternité me tint pourtant à cœur.
Je voyageai énormément pour pallier une vie que je devinais courte.
L'un de mes ouvrages s'inspire du Cantique des Cantiques.
.


mardi 10 mai 2016

Le mardi, c'est l'énigme !



Deux semaines dont une de rab n'y auront rien changé : personne n'a résolu la dernière énigme estampillée cinéma. 

Mon titre prend tout son sens dans les dernières minutes
Je pourrais dire que ca sent le gaz mais Nath trouverait que c'est tiré par les cheveux.
On pourrait presque parler de comique troupier, si tout était aussi rose
Je n'ai pas vraiment connu la crise, enfin si.
Vu les choix de la BO, dommage que Joe Cocker n'y figure pas, le clin d'œil aurait été plaisant.

Il fallait trouver le film "The Full Monty", que l'on peut traduire la totale, allusion à la fin du film que je ne dévoilerai pas au cas où certains n'auraient pas vu ce très bon long métrage anglais. Ceux qui l'ont déjà vu peuvent attester que ce titre, que ce soit dans sa version française ou anglaise donc, prend tout son sens dans les dernières secondes de The Full Monty. Le héros principal s'appelle Gary "Gaz" Scofield mais comme pour faire mon allusion pourrie au gaz, j'ai du enlever la majuscule, je me suis dit que Nath trouverait encore à redire. L'émotion et les scènes franchement comiques se succèdent, l'aspect troupier faisant allusion à la bande composée de ces personnages hauts en couleurs. Si The Full Monty a comme toile de fond la crise économique et le chômage, le film, lui, n'a pas connu la crise, vu qu'il a été un gros succès international. Vu que l'une des chansons phares du film est "You can leave your hat on", on peut regretter que ce soit la version de Tom Jones qui ait été choisie au lieu de celle de Joe Cocker, d'autant que ce dernier est né à Sheffield où se déroule le film.


Allez, c'est reparti pour un tour ! On recherche cette semaine... un chanteur ! Propositions toujours par MP sur ma page Facebook ou via mon email d'ici mardi prochain 17h. L'énigme me semble hautement résolvable alors ne me faites pas mentir ! ;-) Voilà les indices : 

-Le titre de l'un de mes plus grands succès est parfois sujet à confusion, homonymie oblige.
-J'eus pendant un temps le surnom de l'une de mes chansons
-Il y a quelques années, j'ai fait entendre ma voix pour les enfants
-Mes chansons poussent souvent à l'optimisme, ce n'était pourtant pas gagné ! 
-A me lire, on peut penser que j'ai occulté un pan entier de mon existence.

+ un indice visuel en bonus :


.