jeudi 29 octobre 2015

La BD du Jeudi : Comics Signatures n° 1

Toutes les photos présentées ici se retrouvent sur la page Facebook de Neofelis Editions


Comics Signatures est un nouveau fanzine qui, c'est tout le mal que l'on souhaite à Neofelis Editions, devrait faire date. Il revient sur les plus belles heures des comics et, pour essuyer les plâtres, c'est l'ami Spidey qui s'y colle dans un numéro remarquable en tous points. Soyons honnête, j'étais un peu réticent à acheter un énième magazine sur mon personnage Marvel préféré. Et je n'avais pas forcément envie de débourser 20 euros (frais de port inclus) pour une compilation de tout ce que je pensais savoir sur le Tisseur. 



Mes réticences ont volé en éclat dès les premières pages. Comics Signatures est un très bel objet, d'une cohésion remarquable, avec une bien séduisante maquette. Les 15 euros du fanzine se justifient pleinement si l'on prend en compte que Neofelis Edition est encore un éditeur qui monte, qui monte. Que le choix d'un faible tirage intégralement en couleurs a un coût.  Que beaucoup de personnes ont travaillé sur ce nouveau produit, de sa conception et rédaction à sa réalisation. Que les 132 pages sont blindées à bloc : il m'a fallu plus de deux heures pour tout ingurgiter (et encore !). Donc, que ce soit clair : non seulement je ne regrette pas mon achat mais en plus je recommande vraiment l'acquisition d'un tel ouvrage. Fait par des passionnés pour des passionnés, nous dit-on. Il n'y a pas eu tromperie sur ce coup-là.



Je ne savais pas trop si j'allais apprendre grand chose. Et bien si. Parce que finalement, si bon nombre d'accros à l'homme-araignée en connaissent forcément un rayon sur son univers, il reste des zones d'ombre au niveau de ces hommes bourrés de talent qui ont fait d'un embryon de super-héros le mythe qu'il est devenu et qu'il est encore aujourd'hui, même si, clairement, l'âge d'or de Spiderman, du moins dans sa version papier, est révolu depuis belle lurette.



A ce titre-là, le dossier de Jean Depelley est un modèle d'article documenté. Parfois, on s'y perdrait presque un peu, tant l'ensemble fourmille d'informations parfois complexes, et je reconnais que mon attention s'est à quelques reprises légèrement éparpillée. Mais que c'est intéressant ! Les dissensions quant à la "paternité" de Spiderman, pas tellement entre Lee et Ditko comme on nous le rabâche parfois, mais surtout entre Kirby et Ditko, sont passionnantes. L'article est si foisonnant qu'il me faudra une seconde, voire une troisième lecture pour en capter toutes les subtilités.



Le portfolio qui suit gagnerait presque à être détachable si cela ne poserait pas des problèmes de production et de coûts évidents. Car il est de haute tenue, même pour moi qui possède certains Artist Edition d'IDW consacrés au Tisseur qui offrent une mise en abîme des planches proprement vertigineuse. Ici, le format empêche une mise en valeur optimale mais que c'est beau ! 



Pour le reste, je ne vais pas détailler toutes les rubriques mais le sommaire que je vous laisse vous convaincra sans problème de l'exhaustivité du tour d'horizon opéré par les auteurs de Comics Signatures : dessin-animé de 1967, séries et films dérivés, manga, presse française, premier jeu vidéo, goodies et collectionnite aiguë...
Concernant la forme, l'ouvrage est clair, aéré juste ce qu'il faut, dense dans le sens où la lecture ne se fera pas en quelques dizaines de minutes, lisible (les fonds colorés ne sont jamais trop foncés et on ne s'esquinte jamais les yeux à la lecture), les ressources iconographiques sont bien équilibrées dans la mise en page (même si je ne suis pas un spécialiste, c'est juste un avis visuel de lecteur que je donne).



Alors quoi ? Il n'y a aucun défaut dans la cuirasse ? Eh bien... Juste quelques-uns qui n'engagent que moi évidemment et qui sont forcément subjectifs, ne remettant jamais en cause la qualité du fanzine ou de ses plumes. Du coup, on ne peut guère parler de défauts. Je n'ai pas réussi à me passionner pour l'article d'Eric Vignolles sur Fantask. Je ne l'ai pas trouvé très accessible dans sa première partie. La dissection du tout premier épisode de Spiderman dans Fantask 4 et la chasse aux incohérences ne m'ont pas emballé non plus. Une simple affaire de goût et rien d'autre d'autant que je ne serais jamais assez reconnaissant envers Eric Vignolles d'avoir jadis consacré un ouvrage à Jean Frisano que j'ai mis plus de dix ans à me procurer.
Je n'ai pas davantage adhéré à la rubrique "Retours vers le passé" que j'ai vraiment survolée pour le coup, ni à la BD bonus mais là-encore c'est purement subjectif. Et pour terminer, niveau mise en forme cette fois, attention à la justification de certains textes, elle laisse parfois de gros vides dans les phrases, mais c'est vraiment pour chipoter.



Bref, vous l'aurez compris. Hormis ces minimes réserves qui sont le fait d'un éternel pinailleur, vous pouvez vous procurer cette bible les yeux fermés. Attention, il n'y en aura pas pour tout le monde ! Et puis ce nouveau fanzine se destinant seulement à paraître à raison d'un ou deux numéros par an, c'est un investissement sans grand risque, y compris pour les sceptiques dont je faisais pourtant partie.
Toutes les infos sur Comics Signatures, c'est juste en dessous. Y'a plus qu'à vous faire plaisir ! 

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mercredi 28 octobre 2015

Le billet du Mercredi : Bulles de Papier fait peau neuve !

(cliquer sur les photos pour les agrandir)


Comme chacun sait, j'adore les BD. Je n'emploie plus le terme passionné parce qu'il y a finalement tellement de choses que j'ignore tant la production est faramineuse et les genres variés. Mais j'adore vraiment les BD. Je les avais un moment délaissées pour les figurines mais j'en suite vite revenu.
A Brive, depuis dix ans, Bulles de Papier est une librairie spécialisée BD incontournable. Par le choix qu'elle propose, par la qualité des conseils dispensés, par la réelle culture BD de ceux qui font vivre l'endroit : Manu, Thierry et Nico. 


A propos d'endroit justement, ce mercredi 28 octobre 2015 est à marquer d'une pierre blanche. Car Bulles de Papier a troqué ses anciens locaux, désormais un poil trop exigus, pour un espace plus grand et surtout bien plus fonctionnel. Plus aéré, plus lumineux, extrêmement bien pensé dans la conception de ses rayonnages et remarquablement fourni, Bulles de papier s'offre un vrai lifting que seuls de vrais passionnés étaient en mesure de réussir. Alors ce matin, à 10 heures, lors de l'ouverture des portes, plus qu'à un déménagement, on a finalement assisté à une renaissance. Il fallait les voir, nos tronches émerveillées pendant que nous déambulions. Une vraie claque. Tant de travail accompli en coulisses depuis des semaines pour au final un gros gros coup de cœur unanimement partagé m'a t-il semblé ! 


Jusqu'à présent, je n'avais que peu l'occasion de me rendre sur Brive. Géographiquement et familialement parlant, je suis davantage sur Périgueux. Mais je sens que je vais désormais multiplier mes visites au 21 rue Lieutenant Colonel Farro. A commencer par le 21 novembre prochain où se déroulera la journée d'inauguration officielle, histoire de fêter à la fois la mue de Bulles de Papier et ses dix années d'existence. Une journée qui promet et qui se prolongera en nocturne pour l'occasion.


En attendant, je ne suis pas reparti les mains vides. Du Zidrou et du Berthet, du Lemaître et du De Metter, du Boucq et du Charyn, du Jim... Bref que des choix guidés par les conseils sans nul doute judicieux de Manu, Thierry et Nico. J'attends de les avoir lus pour me prononcer définitivement mais à mon avis, c'est forcément bonne pioche. Regardez comme c'est beau d'ailleurs, un Manu qui se creuse les méninges pour proposer ce qu'il y a de mieux à ses clients.


Je n'en ai pas encore parlé parce que je suis très majoritairement orienté BD mais l'intérêt de ce déménagement réside aussi dans le fait qu'à l'étage, une librairie généraliste, La Baignoire d'Archimède, vous attend. Le chat Archimède aussi d'ailleurs, même s'il ne rate jamais une occasion de descendre se faufiler parmi les milliers de BD du rez-de-chaussée.C'est dire si l'espace global consacré aux livres est réellement conséquent. 


Bref, vous l'avez compris. Bulles de Papier et La Baignoire d'Archimède sont deux lieux incontournables sur Brive et ses environs. Allez, soyez pas timides, faites passer le message ! 

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mardi 27 octobre 2015

L'énigme du mardi



Les énigmes font leur grand retour depuis leur interruption en janvier 2013. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, il s'agit de trouver une personnalité, un personnage, un film, un sport, un objet voire une figure de style (les plus assidus n'ont pas pu oublier l'énigme tordue à souhait du palindrome) ou tout autre chose. Pour cela, vous disposez de quelques indices forcément un peu vicieux puisque les possibilités infinies de recherche via le net m'obligent à blinder mon énigme pour qu'elle ne soit pas résolue dans la seconde.
Pour les réponses, c'est uniquement en MP via Facebook ou par courriel (fspider@wanadoo.fr). Bien évidemment, pour corser un peu le tout (et pour m'assurer surtout qu'une bonne réponse n'ait pas été donnée par hasard) vous devrez expliquer le rapport entre votre solution et les divers indices. Vous avez jusqu'au mardi suivant où la réponse sera donnée ici en même temps qu'une nouvelle énigme. Les habitués savent déjà tout ça.

Pour démarrer, j'y vais relativement mollo. Pas de grosse difficulté mais bon, c'est la reprise ! Voici les indices : 

-Je suis très librement adapté
-Il est facile de me situer dans le temps
-Feue FR3 a été une de mes sources d'inspiration. Ça tombe bien, c'est elle qui m'a diffusé.
-Un anniversaire, un nouveau compagnon et un enlèvement constituent mon point de départ.

Good luck ! 

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lundi 26 octobre 2015

Le Lundi en musique : William Sheller, Eddy Mitchell et Michel Delpech



J'ai toujours eu une tendresse particulière pour William Sheller depuis le superbe live "Olympiade" de 1995 avec Micheline Dax et Marie-Paule Belle en invitées, même si je l'écoutais déjà depuis bien avant. Sheller a à peu près tout expérimenté en 40 ans de carrière avec une maîtrise assez bluffante. Musicien hors pair, il en aura exploré des univers ! Et s'il se défend d'être un auteur, il a une qualité d'écriture poétique ciselée qui fait merveille. Avec lui, que l'on n'aime ou pas les ingrédients, le plat est toujours gastronomique. Il peut ne pas régaler tous les palais mais alors quel chef ! 
Avec cet album somptueux, du 100 % Sheller pur-jus, l'homme discret et presque retiré du monde opère un retour aux sources en tous points réussi. On est en terrain connu mais alors quel délice ! Du coup, même si la qualité d'un disque ne devrait pas dépendre de sa durée, on est quand même sacrément frustré de constater que l'ensemble n'excède pas 30 minutes ( ! ! !) Comme le dit une célèbre pub, "c'est tellement bon que c'est trop court ! ". Evidemment, je recommande l'album Stylus sans la moindre réserve à moins d'être hermétique à William Sheller. Peu copieux mais rien à jeter.



A une époque, j'encensais Eddy Mitchell comme c'était pas permis. D'ailleurs je possède un certain nombre de ses albums, une compilation, quelques DVD live... J'aime l'homme public, son élégance mêlée à une forme de gouaille, j'aime l'acteur, j'aime le présentateur du temps de l'âge d'or de La Dernière Séance. Sauf que depuis deux ou trois albums, je suis moins réceptif. Aux textes surtout qui me semblent parfois flirter avec une forme de banalité affligeante. Le dernier grand pied que j'ai pris avec Monsieur Eddy fut la découverte de l'album Jambalaya. Depuis, je suis moins séduit. Et ce nouvel album n'échappe pas à ce constat. Cette fois, les textes ne sont globalement pas pour me déplaire. Mais j'ai un problème : je suis hermétique au Big Band. Dés lors, mon avis ne peut être que profondément subjectif. Sur les titres lents, ça passe encore et on retrouve même la magie d'antan par fulgurances. Par contre, sur les titres rythmés, je n'y arrive pas. Eddy Mitchell s'est fait plaisir et il a bien eu raison, nul doute que des passionnés adhéreront sans problème, mais moi il m'a globalement laissé à quai. Même si j'ai préféré cet opus au précédent. Alors pour ce qui est de vous le conseiller ou pas, alors là ! .........



Finissons cette petite livrée avec une toute nouvelle compilation consacrée à Michel Delpech. Vu que certains essaient d'enterrer le chanteur depuis plusieurs mois, je ne peux m'empêcher de trouver l’opportunité de cette sortie un peu contestable. Mais si l'on s'intéresse au seul contenu de cet album, on s'aperçoit qu'il est de haute tenue dans le choix de ses titres. Les incontournables sont bien là, notamment le probable premier titre qu'il m'ait été donné d'écouter gamin (Le Loir & Cher), mais il y a surtout quelques curiosités dont j'ignorais l'existence (Elle se moque de toi, Que c'est triste...) qui donnent à l'ensemble une saveur toute particulière. Attention, il y a quand même quelques manques un peu curieux (Quand j'étais chanteur ou Le chasseur) mais sacrifier quelques chansons emblématiques au profit de titres plus méconnus me semble être une initiative à respecter. Bel album en tout cas.

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dimanche 25 octobre 2015

Taratata signe un retour en fanfare pour sa 500ème !



J'ai un peu hésité à écrire un billet sur Taratata. Mais un ami ayant trouvé l'émission décevante (ce qui est son droit bien évidemment), j'ai décidé d'être un peu le contrepoids de ce parti pris. En ce qui me concerne, j'ai passé une excellente soirée. Ce qui ne veut pas dire que tout était parfait, ne serait-ce que, du fait d'une grande pléiade d'artistes, la soirée ne pouvait pas être parfaitement homogène. Mais globalement je me suis régalé. 

J'ai toujours adoré Taratata et je pense l'avoir suivi dès sa première lorsque Lavilliers (inexplicable absent du show d'hier) avait essuyé les plâtres alors que personne ne souhaitait s'aventurer à chanter en live. De même, s'il arrive à Nagui de se montrer un tantinet lourdingue (notamment dans N'oubliez pas les paroles dès qu'une jolie candidate pointe le bout de son nez), je pense qu'il est l'animateur parfait pour ce type de spectacle. Il aime la musique, il aime les artistes et le retour de Taratata a suffisamment tourné à l'obsession le concernant pour qu'on ne ne mette pas en doute sa légitimité me semble t-il. Alors certes, la promotion de certains artistes n'était pas des plus pertinente mais franchement Nagui ne s'y est vraiment pas attardé et si c'était le prix à payer pour que tous les artistes présents se produisent bénévolement (certes pour une noble cause), alors sincèrement, pas de quoi fouetter un chat. La seule chose qui m'ait dérangé fut la manière dont Nagui cira les pompes de son employeur. Pour le reste, franchement...


De toute façon, il ne faut pas être naïf. Le retour de Taratata est sans doute conditionné à de bonnes audiences. Nagui est obligé d'ouvrir le répertoire de son émission au plus grand nombre quitte à laisser une part de ce qui faisait son identité et son originalité. Le show est amené à proposer une programmation moins confidentielle. Je ne peux pas dire que ça m'emballe particulièrement. Mais au moins l'émission est de retour et vu sa qualité (techniciens, musiciens, duos ou trios "improvisés"), on ne peut que s'en réjouir. Les émissions de ce type sont désormais tellement rares qu'elles doivent inciter à une certaine forme de bienveillance, ne serait-ce que parce qu'elles ont le mérite d'exister.

Concernant l'émission d'hier soir, je le redis : j'ai passé un très agréable moment. J'ai découvert de nouveaux artistes (Selah Sue, Madilyn Bailey, Cats on Tree ...) ou redécouvert d'autres dont je connaissais finalement assez peu le répertoire (Maître Gims, Yaël Naïm...). Sans parler du plaisir de retrouver des anciens (Souchon, Mitchell, Sanson, Bertignac, Hallyday...) Bien évidemment, il y eut quelques ratés ou quelques duos pas bien complices (dédain incroyable de Vianney envers Souchon sur J'ai 10 ans) mais sinon, franchement, quel festival d'artistes ! Quels musiciens ! Et quelle réalisation une nouvelle fois au top de Pullicino !  Bref total respect vu l'énorme machine que ça a du être à mettre en place.


Taratata est de retour ! Et ça me fait un bien fou ! Merci Nagui !

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samedi 10 octobre 2015

Rien n'est simple...



... mais tout est possible, dit-on. En tout cas, rien n'est simple. Et ce constat me fatigue énormément. Est-ce que, pour une fois, les choses ne pourraient pas simplement couler comme une évidence ? Etre juste synonyme d'apaisement, de bien-être, de zénitude ? 

Je me faisais toute une joie de ces deux semaines "at home". Je rentrais au bercail et avais quinze jours à disposition pour simplement trouver un stage et potasser mes cours. Chaque jour, j'aurais le plaisir de retrouver ma chère et tendre. 

Mais hormis ce dernier point, rien ne s'est passé comme prévu. Pas moyen de trouver un stage. Pas une structure ne s'est montrée intéressée ou en capacité / disponibilité de me prendre. Que puis-je proposer de mieux que d'offrir mes services gratuitement, sans aucune rétribution ni gratification ? Pourquoi est-ce tellement compliqué de même travailler pour rien ? Pourquoi, même là, il faudrait avoir des passe-droits ? Je reprends mes cours lundi prochain pour une semaine pendant laquelle il me sera quasiment impossible de démarcher. Et dès le 19 octobre, une deuxième salve de stages commence et il est désormais acquis que, sauf miracle, je ne serai pas du voyage. Je ne m'affole cependant pas plus que ça puisque sur 22 semaines de stage potentielles réparties sur l'année, seules 6 voire 7 sont obligatoires. Même si, bien évidemment, plus on trouve de structures, plus on enrichit son expérience en mettant en application les enseignements dispensés en cours. Donc, affolé, non, je ne le suis pas. Mais désabusé, ça oui. Énormément. Complètement. 

Du coup, je n'ai presque pas touché à mes cours. Pas le moral ni l'envie. Là-encore, je ne m'inquiète pas. Nous n'en sommes qu'au début et un seul contrôle se profile en fin de semaine prochaine. Je m'inquiète davantage de mon état global. Depuis juillet, j'ai le sentiment d'avoir tout donné d'abord pour essayer de me faire financer mon BTS puis ensuite pour faire des stages dans les meilleures conditions possibles. J'ai pour le moment échoué dans les deux cas. Je ne demande pas la lune, c'est compliqué pour tout le monde mais au bout d'un moment, j'aurais simplement aimé avoir un retour sur investissement.

Même si c'est prétentieux, je sais que j'aurai ce BTS au bout des deux ans. C'est une question de survie vu mon profil, mon âge et mes objectifs. Je l'aurai. Mais j'ai aussi besoin que certaines choses puissent se faire dans une parfaite sérénité et c'est un équilibre impossible à trouver pour moi en ce moment et ça me fait peur. Comme Nath ne jouit pas d'une belle sérénité non plus, essentiellement au boulot, tout reste compliqué pour nous deux.

Si rien est simple, est-ce que tout doit être compliqué pour autant ?

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dimanche 4 octobre 2015

Les mots qui en amènent d'autres...



Un ami vient d’écrire et de partager sur son blog un texte très intéressant et plein de sensibilité sur un sujet pourtant délicat à appréhender : le suicide. Ce faisant, il a aussi dévoilé un pan de son histoire que j’ignorais et qui m’a profondément ému. De même, il a émis le constat que le suicide est quelque chose d’encore assez peu traité sur le web.

Je suis d’accord avec ce constat. Le suicide reste un sujet sur lequel il n'est pas facile de communiquer. Je pense que l’évoquer peut aussi soulever des interrogations de la part de ceux qui nous lisent (ou nous entendent). Pourquoi parle-t-il de ça ? Est-ce un avis général ou personnel ? Doit-on s’inquiéter ? Y a-t-il  un message d’alerte en filigrane ? Je pense que beaucoup de gens ont un avis, à défaut d’être directement concernés, mais qu’ils craignent de créer une confusion dans l’esprit de ceux qui les aiment.

Dans le cas particulier de cet ami, je sais que je n’ai pas à m’inquiéter puisqu’il en est revenu et qu’il a, depuis, trouvé les ressources et l’entourage pour vivre pleinement sa vie et en apprécier les richesses. Le fait d’avoir touché du doigt quelque chose d’aussi destructeur pour soi comme pour les autres confère néanmoins à son témoignage une saveur toute particulière. Désirer à un instant T côtoyer la mort pour finalement aimer viscéralement la vie, au final, ce n’est pas rien.

Pendant longtemps, j’ai considéré globalement le suicide (ou la tentative) comme une lâcheté vis-à-vis de ceux qui restaient. Je n’avais pas pourtant réellement de jugement, du moins pas de manière consciente, mais j’avais un problème d’empathie. On plaignait des personnes qui désormais avaient quitté le navire laissant leurs proches avec leurs problèmes. Avec du recul, j’ai honte mais à l’époque j’étais même sceptique quant aux tentatives avortées. Je pensais qu’il y avait ceux résolus à en finir et ceux qui souhaitaient appeler au secours sans vraiment désirer passer à l’acte. Pensée terrible tant un appel au secours est déjà un drame en soi et en dit long sur le mal-être d’une personne.

Puis je me suis mis à me désaimer. Ça n’a pas été trop difficile car je n’ai jamais eu une très haute opinion de moi-même. Les épreuves de la vie ont fait le reste. Je ne me supportais plus. Les idées noires se bousculaient dans ma tête jusqu’à créer une confusion sur laquelle je n’avais pas vraiment de prise. Ce n’était pas tant le fait de galérer en permanence que d’infliger ça aux personnes qui m’étaient proches. Seul, j’aurais fait avec, ou pas, mais ça m’aurait appartenu. Mais je n’étais pas seul et je vivais donc d’autant plus mal que mes échecs répétés aient des répercussions directes sur ceux que je voulais protéger ou plus simplement préserver. Attention, je précise tout de suite que je n’ai jamais fait la moindre tentative de suicide (même si je considérais plus que de raison à ce moment-là que la Terre tournerait sans doute mieux sans moi) mais que j’ai été suffisamment mal à un moment de ma vie pour comprendre à quel point l’équilibre des choses était fragile. Je comprenais ces personnes, même imparfaitement. Elles étaient sur un fil et avaient sauté du mauvais côté. Je restais critique sur le fait qu’elles soient parties en laissant des gens dans la tourmente et le chagrin mais je comprenais enfin qu’à un moment donné, dans le flot de tourments qui était le leur, elles s’étaient retrouvées sans solution apparente. Que leur vision ait pu être altérée n’avait plus guère d’importance, seul ce qu’elles ressentaient en avait.

Enfin bref… Voilà en quelques mots ce que le billet de mon ami m’aura inspiré. Ce n’est bien évidemment pas exhaustif, il y aurait hélas tant à dire… Le phénomène n’est malheureusement que trop répandu. De même, volontairement, je ne me suis pas aventuré sur le terrain des personnes qui font le choix de s’en aller en emportant des êtres chers avec elles. Les psys vous diront, en substance, que ceux qui font ça ne supportent pas le monde dans lequel ils vivent et qu’ils veulent « libérer » ceux qu’ils aiment. Je caricature sans doute un peu mais je ne souhaite pas m’étendre car je n’arrive pas à pardonner dans ce cas précis. Si mourir reste un choix individuel, y compris dans ce qu’il a de plus traumatisant pour ceux qui restent, cela ne devrait pas entraîner la mort d’autres personnes qui ne demandaient, elles, qu’à vivre.

Je remercie cet ami d’avoir écrit les mots qu’il a écrits. En se mettant à nu tout en cherchant à nuancer la notion même de suicide, il n’a sans doute pas choisi la facilité. Mais ses mots ont trouvé un écho en moi, comme en beaucoup d’autres, je n’en doute pas, et m’ont permis, à mon tour, de coucher mes propres mots par ici.

Une chaîne de mots pour briser les tabous, et si c’était ça la solution ?

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