samedi 28 novembre 2015

Le dessin du samedi



Allez, hop, 18 pour le prix d'un cette semaine ! 17 invités aux 40 ans de Nath, chacun est reparti avec son petit dessin, idem pour la maîtresse de cérémonie évidemment ! Ça valait bien un léger antidatage de billet du dimanche au samedi ! 



















mardi 17 novembre 2015

L'énigme du Mardi : Spéciale Aveyron




D'abord, concernant la résolution de l'énigme de mardi dernier, il fallait trouver le présentateur animateur Olivier Minne qui est donc belge et qui a été speaker au début de sa carrière télévisuelle alors que c'était une fonction très majoritairement féminine. Par le plus grand des hasards, c'est lui qui annonce la première du jeu Les Clés de Fort Boyard (futur Fort Boyard) qu'il animera treize ans plus tard. A partir de 2010, la notion de Maître du fort concernant Olivier Minne n'est plus. Il reste animateur mais n'a plus de rang particulier comme cela était le cas auparavant.
 



Bon, nouvelle énigme, aveyronnaise donc et très facile pour les aveyronnais pur-jus comme Denis qui ne devraient pas mettre plus de cinq minutes. Quant aux autres, la thématique réduit le champ des possibles donc c'est une aide supplémentaire. Réponses toujours en MP via FB ou sur fspider@wanadoo.fr   Good luck !
 
Le dernier quart du XXe siècle me fit renaître. Deux hommes d'envergure ne furent pas de trop.
J'ai mon chemin de croix. J'en ai même deux,
On ne sait trop, de guerre ou simplement beau, comment décrire ce qui fait ma fierté.
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dimanche 15 novembre 2015

L'écrit du Dimanche : Marie (2)

Chapitre 2

Je n’arrivais pas à croire que je m’apprêtais à passer ma première nuit en prison. Mais si je décidais de voir le verre à moitié-plein, cela me permettait au moins de faire le point sur les évènements de cette journée.

D’abord, les mauvaises herbes ont la vie dure. Ou alors je m’étais montré un poil trop optimiste. Il faut dire que la quantité de sang dans la chambre avait de quoi impressionner. D’ailleurs, j’avais illico tourné de l’œil. Sauf que Frédéric n’avait pas été lardé de dizaines de coups de couteau mais de huit. Un chiffre plus qu’honorable mais pas suffisant visiblement pour le faire passer de vie à trépas. Il n’était certes pas sorti d’affaire pour autant, ses blessures étant jugées comme très sérieuses, mais il était vivant. Il serait sans doute mort si je n’avais pas perdu connaissance mais Marie avait du paniquer en me voyant à terre et s’était résolue à appeler les urgences et la police plutôt que de me filer quelques claques. Parce que moi, je l’aurais laissé macérer dans son jus.

Je m’étais donc réveillé dans une chambre d’hôpital au bout d’un laps de temps assez confus à estimer, entouré de deux policiers désireux de me poser plein de questions. Marie n’était pas dans la pièce et je me doutais bien qu’elle devait subir au commissariat un interrogatoire en bonne et due forme. Les prochains jours ne seraient pas faciles pour elle. Elle aurait du mal à plaider la légitime défense vu le nombre de lacérations portées. Un coup de folie pourrait expliquer l’acharnement mais elle serait alors condamnée à errer dans les couloirs d’un asile psychiatrique, gavée de médocs, pour une vie guère plus enviable que la prison. En fait, elle quitterait une prison pour une autre où elle serait à peine plus vivante. Mais nous n’en étions pas encore là. Je lui trouverais un avocat avec lequel nous envisagerions toutes les options. Cette fois, je serais avec elle. Je n’avais pas su lire sa détresse, sa solitude, ses peurs. Je n’avais pas été là. Je tenais là l’occasion de racheter mes erreurs. Rien ne serait simple mais nous serions ensemble.

Voilà dans quel état d’esprit j’étais quelques instants après mon réveil à l’hôpital.
Quelques heures plus tard, entre les quatre murs de cette prison, il avait quelque peu évolué et laissé place à une profonde perplexité. Je n’avais toujours pas revu Marie.

J’avais simplement été informé qu’elle m’avait accusé des blessures infligées à son compagnon.

A suivre…

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mardi 10 novembre 2015

L'énigme du Mardi



Comme tous les mardis, retour d'abord sur la résolution de l'énigme de la semaine passée avec le rappel des indices : 
-Il a fallu attendre dix ans pour voir mon premier épisode diffusé en France
-Quelques invariables minutes me confèrent un côté culte
-Hormis au début (et encore !), je ne fus pas très fidèle
-Caïmans deviennent reptiles, c'est dire le peu de cas fait de mes téléspectateurs ! 


Il fallait trouver Spiderman, la série animée de 1967, seulement diffusée en 1977 chez nous et essentiellement culte de par son générique que l'on peut visionner un peu partout sur le net. La série n'est que très peu fidèle au comics, surtout dans les saisons 2 & 3 (pour plus de précisions, se référer à la page Wiki de la série). Le manque de moyens est criant et certains épisodes sont même remontés différemment pour faire croire qu'il s'agit d'épisodes distincts. C'est ainsi que Dans le domaine des caïmans (saison 1) devient deux ans plus tard Les Reptiles de Connors dans un total mépris du public.

Allez, c'est reparti (réponses toujours via MP sur FB ou via fspider@wanadoo.fr uniquement). Voici les indices : 

-Je suis de nationalité belge
-N'étant pas une femme, j'eus encore plus de mérite à percer.
-Je fus en quelque sorte de la première d'une émission qui se rappellera à mon bon souvenir bien plus tard.
-Jusqu'en 2010, on pouvait m'appeler Maître

Bonne chance ! 


lundi 9 novembre 2015

Le Lundi en Musique : Séries en série


J'en ai sélectionné 10 (dont un dernier qui rappelera peut-être des choses chez certains) mais j'aurais pu en mettre tant d'autres ! Et le premier qui ose parler de billet paresseux...! 











dimanche 8 novembre 2015

L'écrit du Dimanche : Marie (1ère partie)



Lorsque je lui pris les mains, elle se raidit et je compris instantanément que mes doutes étaient fondés. Elle esquissa un mouvement de recul tandis que son regard désormais effrayé scrutait le mien. Je lui souris et déliai mes mains d’entre les siennes. Le silence qui s’ensuivit dura plusieurs minutes où son regard ne se détacha pas du mien.
-Tu savais, me dit-elle enfin. Dans sa voix et son intonation, ce n’était pas une question.
-Disons que j’avais plus que des doutes, soupirai-je.
Je n’étais pas à l’aise. Je connaissais Marie depuis l’enfance, nous avions même vécu ensemble pendant 3 ans, elle était la personne que je pensais connaître le mieux. Pourtant, j’avais mis des mois à n’avoir ne serait-ce qu’une volute de soupçon.

Je me rendis compte que des larmes coulaient sur mes joues, presque imperceptibles, lorsque Marie, avec une douceur infinie mêlée d’appréhension contenue, m’enserra de ses bras et se blottit contre moi.
-Tu n’es pas responsable, souffla-t-elle d’une voix à peine audible tandis que son étreinte s’affirmait un peu plus et que ses propres sanglots silencieux se mêlaient aux miens.
-Je n’ai rien vu venir, répondis-je. Je… Je n’arrive pas à comprendre comment j’ai pu être aussi…
Son index posé sur ma bouche m’interrompit.
-Chut. Il ne s’agit pas de refaire l’histoire. Je suis sortie de ta vie comme je suis sortie de celle de tant de gens autour de moi. Tu n’as rien à te reprocher. Tu as essayé d’appeler tant de fois. C’est humain que tu te sois lassé. Que tu n’aies pas compris mes silences. C’est précisément ce que je voulais. Je m’étais mise dans cet enfer toute seule, je n’allais pas l’infliger à d’autres. Cela aurait été vous  exposer. Il vous aurait tué s’il avait su. Il m’aurait tuée aussi d’ailleurs…

Ces derniers mots furent de trop. Elle s’effondra en larmes dès qu’elle les eut prononcés. Puis son regard vira au noir et elle se reprit :
-C’est pour ça que je t’ai appelé.
-Où est-il ? La coupai-je. Tout ceci n’avait probablement que trop duré. Marie m’avait appelé. Elle m’avait enfin appelé. J’allais pouvoir être là pour elle comme j’aurais dû l’être depuis des mois. J’allais le retrouver et lui faire passer le goût du pain à cet enfoiré.
-Dans la chambre. Sur le lit.
-Dans la cham… ? Répétai-je machinalement avant que la brume dans mon esprit ne s’estompe. Puis je me ruai vers l’escalier que je gravis quatre à quatre.

Sur le lit dégoulinant de sang, le corps de Frédéric lardé de dizaines de coups de couteau fut la première et dernière chose que je vis avant de perdre connaissance.


A suivre…

samedi 7 novembre 2015

Le dessin du samedi : Spiderman par Romita père et fils


cliquez pour agrandir


Bon. Me voilà en pétard et avec, de surcroît, un billet en retard (non seulement ça rime mais comme en plus je vais antidater ce billet, vous n'y verrez que du feu).

J'ai essayé de me remettre au dessin mais une dizaine de boules de papier froissé plus tard et des nerfs désormais à vif, je dois me rendre à l'évidence : je ne sais pas dessiner. Même reproduire sans génie est devenu en dehors de mes capacités. J'ai essayé plusieurs trucs mais pas moyen de me satisfaire de quoi que ce soit. Reproduire pour reproduire sans la moindre technicité ne m'amuse plus et, pire, me frustre énormément. Dessiner est devenu une contrainte et même un déplaisir.

Alors désormais, le samedi, je mettrai en lumière une planche, un dessin, une esquisse qui me plait particulièrement. Voire un artiste. Parfois, je coucherai quelques mots dessus, souvent je laisserai l'oeuvre se suffire à elle-même.

Comme aujourd'hui et ça tombe bien puisque je n'ai pas envie de m'étendre, faute de bonne humeur ce soir. Je vous laisse donc avec un Spiderman que je trouve en tous points sublime, signé par les deux pinceaux les plus talentueux de l'univers Marvel : John Romita Sr et John Romita Jr.

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vendredi 6 novembre 2015

Cinéma & TV du Vendredi : Vice-Versa





Ne fréquentant presque plus les salles de ciné (trop de monde, trop de bruit), il a fallu que je prenne mon mal en patience pour enfin découvrir Vice-Versa (Inside Out en VO). Je n'ai pas fait les choses à moitié, le visionnant deux fois en deux jours, la première fois dans des conditions plutôt médiocres (écran d'ordinateur, siège de bureau) et la deuxième fois dans des conditions optimales (télé, canapé et avec ma chère et tendre).




Riley est une enfant dont les comportements, comme tout un chacun, sont régis par ses émotions : la joie, le dégoût, la tristesse, la colère et la peur qui interviennent au sein du quartier cérébral. Lorsque, par un fâcheux concours de circonstances, Joie et Tristesse en sont exclues, l'équilibre émotionnel de Riley s'en retrouve bouleversé, tiraillé entre dégoût, peur et colère. Les émotions vont dès lors mettre tout en oeuvre pour restaurer cet équilibre.




Dit comme ça, le pitch peut effrayer pourtant c'est un nouveau chef d'oeuvre que nous livre Pixar. J'ai rarement vu un film d'animation aussi intelligent, aussi malin, aussi bien structuré que celui-ci. Le principal défaut de ses innombrables qualités est qu'il est finalement peu réservé aux enfants. Bien évidemment, le côté très coloré de l'ensemble, les personnages hauts en couleurs, l'humour de certaines scènes et l'incroyable expressivité de tout ce beau monde font que les enfants ne seront pas largués complètement mais ils ne saisiront qu'en surface les subtilités d'un scénario résolument orienté adulte dans la profondeur du traitement des thèmes abordés.




Cela dit, les adultes ne manqueront pas de retomber en enfance tant la part accordée aux souvenirs constitue l'essentiel du propos. A ce titre, Bing Bong, l'ami imaginaire qui pleure des bonbons, est une trouvaille extraordinaire qui nous vaut l'un des meilleurs passages du film, l'un des plus émouvants aussi si ce n'est le plus émouvant. Et si Joie peut-être considérée comme le personnage principal de prime abord, c'est bien Tristesse qui nous emporte tous émotionnellement. Je ne veux pas trop en dévoiler ici mais disons simplement qu'il n'y a pas que la joie qui peut conduire au bonheur.




Je n'ai pas évoqué la prouesse technique de l'ensemble mais c'est de très très haute volée. Du Pixar, quoi. Le meilleur selon moi depuis Ratatouille, c'est dire si j'ai aimé Vice-Versa ! Bref, je recommande ! D'autant plus que Nath a adoré aussi et qu'elle n'a même pas dormi. Si ce n'est pas un gage de qualité, ça ! 

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jeudi 5 novembre 2015

La BD du Jeudi : Une Nuit à Rome




Lorsque j'ai assisté mercredi dernier à l'ouverture de Bulles de Papier dans leurs nouveaux locaux, j'ai pris plusieurs heures dans le magasin à la recherche d'un coup de cœur. Finalement, je suis tombé sur le diptyque Une Nuit à Rome. La beauté du dessin m'a aussitôt saisi. Mais le titre que je pensais renvoyer à une bluette sentimentale indigeste me faisait hésiter. Je n'étais pas contre un peu de sentimentalisme sirupeux mais je voulais quand même qu'il y ait une intrigue. Un des vendeurs m'a conseillé de ne pas m'arrêter à cette première (mais fausse) impression. Alors, entre autres petites pépites, je suis reparti avec les deux tomes sous le bras. Quand j'ai présenté mes achats sur Facebook, mon ami François-Marie s'est juste fendu d'un "excellent" encourageant vu que nous n'avons pas forcément les mêmes goûts en matière de BD. Bref, ça se présentait bien.




Au final, l'histoire n'a rien d'une bluette, premier soulagement,même si elle fait la part belle aux sentiments, qu'ils apaisent ou qu'ils tiraillent, qu'ils façonnent ou qu'ils détruisent. Pour le côté sirupeux, on repassera aussi. Deuxième soulagement.La phrase qui accompagne l'affiche présentant les deux volumes est un parfait résumé du pitch. Inutile de trop en dire d'ailleurs. Raphaël et Marie se sont rencontrés à 20 ans. Etant nés le même jour, ils se sont jurés de se retrouver pour leurs 40 ans et de passer une nuit ensemble. Vingt années ont passé et Marie, par le biais d'une VHS témoin de leur promesse, se rappelle aux bons souvenirs de Raphaël qui a entretemps refait sa vie. 




Dans une interview, Jim (qui a ici les deux casquettes de scénariste et dessinateur) disait qu'il se considérait avant tout comme un auteur et que l'aspect dessinateur n'était qu'un complément. D'ailleurs, il n'est pas rare qu'il laisse le soin du dessin à d'autres. Toujours est-il que quand on voit le travail accompli sur Une Nuit à Rome, sublimé il est vrai par la mise en couleur très inspirée de Delphine, on est proche de la perfection. Chaque plan, chaque découpage, chaque paysage, chaque expression sont autant de moments de grâce propres à installer une atmosphère tour à tour sensuelle, drôle, tragique, intimiste, festive... Une valse qui donnerait presque le tournis tant on est happé dans ce carrousel de sentiments.




Et c'est là qu'intervient tout le génie de Jim, scénariste. Arriver à poser des mots comme il le fait sur nos questionnements, nos peurs, nos tentations, nos désirs, nos bravoures, nos lâchetés, nos fêlures, nos doutes, nos certitudes... relève d'un réel tour de force  que l'on oublierait presque tant l'ensemble est cohérent et semble couler de source. Car au travers de l'histoire non seulement de Marie et Raphaël mais aussi de toutes ces personnes qui gravitent autour d'eux et qui n'en sortiront pas indemnes, Jim s'adresse aussi à nous, nous renvoyant à nos propres interrogations et nos propres cheminements sinueux . Et si l'on est quadra comme moi, il y a forcément quelque chose qui se passe, aussi différent soit notre vécu de celui de Raphaël (ou de celui de Marie si on est une femme). Bref, une écriture intelligente, sensible, cruelle aussi mais toujours juste.




Je pourrais parler pendant des heures de ce très gros coup de cœur (je pense ne pas avoir ressenti quelque chose d'aussi fort depuis Magasin Général) mais cela ne ferait qu'alourdir mon propos. Simplement, je recommande bien évidemment hautement la lecture d'Une Nuit à Rome. J'ai vécu un grand moment de lecture et je pense que je vais désormais explorer un peu plus l'univers de Jim. Je ne suis pas certain qu'il puisse me surprendre ou m'embarquer à chaque fois, surtout s'il n'est pas systématiquement aux crayons, mais je demande quand même à voir. En tout cas, quelle claque ! 



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mercredi 4 novembre 2015

Le Billet du Mercredi




En 1999, je suis arrivé dans un trou perdu, La Salvetat-Peyralès. Je n'en parle pas beaucoup parce que cette période de cinq ans fut assez douloureuse à bien des égards. Elle est désormais révolue et c'est très bien.

Néanmoins, il y eut de belles rencontres. Dont une qui aura véritablement éclipsé toutes les autres. 

Madame Icart allait sur ses 80 printemps lorsque je l'ai rencontrée. Le Foyer Résidence dans lequel elle habitait depuis de longues années déjà n'avait pas encore fait place à l'EHPAD où elle passerait le crépuscule de sa vie.

Je n'ai jamais trop su qui était Madame Icart les années précédant son arrivée au Foyer. Je ne pense pas lui avoir posé la moindre question. Il se peut que nous en ayons parlé, nous discutions souvent et un peu de tout, mais la mémoire me fait cruellement défaut. Elle avait un peu de famille près de Villefranche-de-Rouergue, des cousins, des neveux ou des nièces. Enfin, je crois. Je me rappelle surtout qu'avant d’atterrir dans ce Foyer Résidence, elle avait beaucoup voyagé, comme en témoignait cette photo en noir et blanc dont elle n'était pas peu fière et où elle posait près d'un tigre... ou d'un léopard. Ma mémoire, toujours. En tout cas, un de ces gros félins auxquels il ne fait pas bon faire des mamours. 

Lorsque je suis arrivé, j'avais une demi-journée par semaine consacrée à l'animation envers les personnes âgées. Comme j'étais déjà attiré par tout ce qui se rapportait aux jeux de lettres, j'ai débarqué avec des Scrabble et j'avais aussi confectionné des lettres plus grosses pour les personnes dont la vue avait baissé. Tous les résidents m'ont vraiment bien accueilli. On leur avait dit que j'allais arriver alors au départ, avant d'être Franck, je fus "l'emploi-jeune", la curiosité du village pour ces personnes qui n'avaient guère de compagnie venant de l'extérieur.

Avec Madame Icart, il y eut tout de suite des atomes crochus. Elle était très active malgré son relatif grand âge. Elle sortait tous les jours. Le reste du temps, elle était de toutes les animations, de toutes les sorties proposées par l'établissement. Comme elle partageait ma passion pour le Scrabble, j'avais créé un club en accord avec la mairie, dans la grande salle de restauration du Foyer, si bien que des gens de l'extérieur nous rejoignaient et ce mélange créait de belles complicités entre résidents et non-résidents.

Madame Icart m'invitait souvent chez elle. Logement 51. Ce qui ne m'empêchait pas, une fois sur deux, de m'égarer dans les couloirs de l'étage. Comme toutes les personnes de cet âge bienveillantes, elle voulait surtout que je ne manque de rien. Gâteaux, vin de noix... et de longues heures à discuter ou à prolonger le plaisir du club de Scrabble avec une partie supplémentaire. Elle aimait aussi beaucoup Nathalie et quand nous étions tous les deux à lui rendre visite, elle n'en appréciait le moment que davantage.

Puis les années passèrent. J'étais sur le départ. Nous étions en 2004 et mon contrat touchait à sa fin. Madame Icart avait toujours bon pied bon oeil mais elle déclinait quand même doucement. Lorsque je quittai la Salvetat-Peyralès pour Rieupeyroux à quelques kilomètres de là, je continuai de la voir régulièrement. Le club de Scrabble me survécut quelques années mais avec un nombre restreint. Les résidents du Foyer n'étaient plus assez autonomes, surtout qu'il n'y avait plus de foyer à proprement parler mais un EHPAD. Quant aux membres de l'extérieur, ils accusaient désormais leur âge et ne se déplaçaient quasiment plus. Seuls quelques irréductibles n'auraient modifié leur lundi après-midi pour rien au monde.

Et puis Nath et moi partîmes de l'Aveyron pour emménager en Dordogne. Je ne revis presque plus Madame Icart. A deux exceptions près, deux dont je me souvienne en tout cas. La première fois, elle avait troqué la rousseur de ses cheveux pour un blanc immaculé. Sa démarche hésitante avait fait place à un fauteuil roulant. Les anciens se rappelaient encore de moi. Je restais celui qui était tant de fois passé les voir. J'étais une image sans doute floue dans bien des esprits mais ils ne m'avaient pas oublié. La seconde fois, Madame Icart ne me reconnut plus alors que certaines de ses amies d'infortune, oui. J'ai essayé de ne pas le montrer mais cela me fit mal. Je ne l'avais pas anticipé. Notre belle histoire d'amitié avait connu un épilogue aussi inattendu que brutal. Je sus alors que j'avais vu Madame Icart pour la dernière fois. Que je n'aurais pas la force de revenir. Qu'elle était désormais au crépuscule de sa vie et que je n'en ferais pas partie.

J'ai appris aujourd'hui un peu par hasard que Madame Icart s'était éteinte l'an dernier, à l'âge vénérable de 94 ans. J'espère que son Alzheimer et sa santé fragile ne lui auront pas trop compliqué son départ. Qu'elle aura eu une aussi paisible mort que possible. Pour ma part, je suis juste heureux de l'avoir rencontrée et d'avoir partagé de bons moments de franche complicité.

Elle s'appelait Renée. Je pense l'avoir surtout appelée Madame Icart. Elle fut mon amie et le témoin de beaux moments passés ensemble. Elle restera aussi la femme au félin. Ou la charmante occupante du logement 51. Une femme discrète, respectueuse, vivante, lumineuse. Qui levait invariablement la même main tremblotante lorsqu'elle voulait attirer votre attention ou vous demander quelque chose tandis qu'elle posait son regard franc et rieur sur vous. Une femme dont l'amitié, même brève dans le temps finalement, m'aura été des plus précieuses à une époque pas forcément simple de ma vie.

Pour cela et pour tant de choses encore... bon vent, Madame Icart ! 

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mardi 3 novembre 2015

L’énigme du Mardi



Allez, c'est reparti pour un tour. Rapidement, la correction de l'énigme pas bien corsée de la semaine dernière. Rappel des indices : 
-Je suis très librement inspiré
-Il est facile de me situer dans le temps
-Feue FR3 a été l'une de mes sources d'inspiration. Ça tombe bien, c'est elle qui m'a diffusé.
-Un anniversaire, un nouveau compagnon et un enlèvement constituent mon point de départ


Il s'agissait bien évidemment d'Ulysse 31, inspiré de l'Odyssée d'Homère, 31 faisant référence au XXXIe siècle. Le logo FR3, du moins sa forme de mandorle, a servi de base à la conception du vaisseau l'Odysséus, comme je l'avais déjà précisé ICI pour les plus anciens lecteurs. Enfin, le premier épisode débute par l'anniversaire de Télémaque. Nono est son cadeau surprise. Mais il n'a pas vraiment le temps d'en profiter puisqu'il se fait enlever par le Cyclope.

Allez, on enchaîne sur l'énigme du jour ! Pour les réponses, c'est toujours uniquement en MP via Facebook ou par courriel (fspider@wanadoo.fr). Bien évidemment, pour corser un peu le tout (et pour m'assurer surtout qu'une bonne réponse n'ait pas été donnée par hasard) vous devrez expliquer le rapport entre votre solution et les divers indices. Vous avez jusqu'à mardi prochain ! 

-Il a fallu attendre dix ans pour voir mon premier épisode diffusé en France
-Quelques invariables minutes me confèrent un côté culte
-Hormis au début (et encore !), je ne fus pas très fidèle
-Caïmans deviennent reptiles, c'est dire le peu de cas fait de mes téléspectateurs ! 

Bonne chance à tous ! 
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lundi 2 novembre 2015

Le Lundi en musique : Michel Delpech




En général, lorsque je rends hommage à un artiste qui me touche, ça fait un peu rubrique nécrologique car le hasard fait que c'est souvent une personne plus ou moins récemment disparue. Concernant Michel Delpech que l'on sait tous bien malade, grâce à l'immense tact de Michel "Nostradamus" Drucker, je n'ai pas voulu attendre que le pire arrive. Beaucoup de gens semblent avoir déjà enterré l'homme. Moi, bien que n'étant pas croyant, j'espère toujours un miracle.

Parce que Michel Delpech l'artiste a toujours eu une place bien à part pour moi. Il se peut que ma mémoire me fasse défaut mais il me semble bien que Le Loir-et-Cher fut l'un des premiers, voire le tout premier, 45T que j'aie possédé, l'usant jusqu'à la corde tant l'enfant que j'étais adorait cet air entraînant.



Je ne suis pas fan de Michel Delpech comme je peux l'être d'autres artistes, Bashung notamment. Je possède aujourd'hui finalement très peu de choses de sa discographie : une compilation, l'album des duos de 2006 et le DVD de la tournée qui avait suivi. Mais plus je l'écoute, plus je suis sensible à cette voix chaude, à ces mots, à ces mélodies collant tellement aux diverses époques traversées et pourtant intemporelles. Je n'aime pas tout mais même dans ces cas-là, la qualité de son interprétation fait qu'il se passe quand même quelque chose. La voix, le regard, le sourire, la gestuelle gentiment chaloupée, sa présence tout simplement, même si je ne le considère pas fondamentalement comme un homme de scène.



Hormis Le Loir-et-Cher, j'ai une tendresse particulière pour trois autres titres : Le Chasseur, Quand j'étais chanteur et Les Aveux. Pour la première, pendant longtemps, je ne connaissais pas le titre. Je n'y voyais qu'une balade bucolique dans la nature empreinte d'une poésie et d'une mélancolie superbes. J'avais bien compris qu'il y avait des oiseaux et des chiens mais curieusement l'aspect chasse ne m'avait pas effleuré. Pour la seconde, j'aimais beaucoup cette mise en abîme, cette façon de se projeter dans un futur où des visages familiers mais vieillissants se côtoyaient dont celui d'un Delpech introspectif et émouvant. Enfin, concernant Les Aveux, j'ai à la fois l'impression de la connaître depuis toujours et de l'avoir découverte récemment tant je ne m'étais pas vraiment imprégné du texte tour à tour désabusé et conquérant.



Pour le reste, je ne vais pas disséquer ici toute l'oeuvre de Michel Delpech mais il y a bien évidemment d'autres titres qui trouvent plus ou moins un écho en moi. Selon les écoutes et mon propre état d'esprit du moment, ce ne sont pas forcément les mêmes : Longue Maladie, Loin d'ici, Animaux, Animaux, J'étais un ange... Ou d'autres.



Michel Delpech l'artiste m'accompagne depuis que je suis gosse. Pas forcément de façon continue, linéaire, mais il est toujours là. Indispensable. J'espère que Michel Delpech l'homme nous accompagnera tous encore un bon moment encore.

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