vendredi 26 juin 2015

Impasse




Aujourd'hui, je me suis entretenu avec une personne que je n'avais pas vue depuis 5 ans mais qui m'avait laissé un excellent souvenir. Directeur d'un EHPAD et d'un foyer-logement, il m'avait à l'époque accueilli en EMT (Evaluation en Milieu de Travail) afin que je connaisse mieux le service d'aide à domicile. Enfin bon, peu importe. Toujours est-il qu'ayant confiance en sa bienveillance et son jugement, je lui ai demandé audience pour évoquer avec lui le milieu médico-social et, évidemment, les moyens d'accéder aux divers métiers.

Ce monsieur est honnête et droit donc forcément cash dans ses réponses. Pas de langue de bois et de vraies réponses aux questions. Et c'est précisément ce que je voulais. J'ai passé l'âge d'être pris avec des pincettes. Je voulais des réponses qui sonnent vrai et je n'ai pas été déçu. En substance, l'ensemble du secteur m'est fermé. Pas assez diplômé surtout, traînant mon Bac, littéraire de surcroît, comme un boulet. Le vide en comparaison aux autres CV reçus, donc le choix est vite fait dans le cadre d'une embauche. Trop vieux ensuite. 43 ans. 100% du SMIC. Peu ou pas d'aides allouées aux entreprises. Pas d'expérience. Trop de concurrence et de gens déjà formés pour envisager toute embauche. En plus, mon besoin urgent d'argent fait que je ne peux pas autofinancer d'éventuelles formations, comme celle d'AMP qui pourrait m'ouvrir certaines portes mais sans aucune assurance que ce soit effectivement le cas. Déjà que je vis mal de ne pas travailler, si en plus je dois coûter de l'argent pour ne pas en rapporter... A la limite, j'aurais du prendre la décision de me former il y a quelques années, quand mes galères professionnelles ont commencé. J'avais encore du temps devant moi, j'aurais enchaîné directement après la fin de mon CDD au Pôle-Emploi, gardant ainsi une énergie positive et ces dépenses, certes pénalisantes sur notre quotidien, auraient peut-être pu être pertinentes sur la durée. Maintenant, c'est trop tard. Je dois juste travailler. Au plus vite. Parce que ça devient vraiment compliqué.

Je suis sorti de là un peu KO mais ça allait. J'ai mangé un bout en ville, ça allait encore. Puis je suis rentré chez moi et là ça n'allait plus du tout. Parce que le constat débordait bien au delà du cadre du médico-social. Serai- je voué à ne plus occuper que des postes dits "alimentaires", juste pour survivre ? Ai-je trop raté le coche ? Ai-je trop fait de mauvais choix à d'essentiels carrefours ? Il semblerait que je n'aie plus d'alternative que d'accepter tout et n'importe quoi en désespoir de cause. Je ne suis pas sûr de pouvoir le supporter. Je ne suis pas d'un orgueil débordant, je ne demande pas la lune, je n'ai jamais bénéficié de traitement de faveur ou de passe-droit mais ne plus avoir aucune prise sur mon avenir professionnel me fait peur. J'ai peur de ne plus m'en sortir. J'ai tout aussi peur de ne pas vouloir m'en sortir, de partir perdant d'avance tant toutes les issues semblent bouchées.

Même ma volonté de changer de région n'est pas forcément pertinente. Je veux partir, tout reprendre à zéro. Parce que je n'aime pas la Dordogne. Je n'aime pas l'endroit où j'habite, le voisinage, les amis que nous n'avons pas. Mais ce constat n'est-il pas le fait de mon inactivité ? N'est-ce pas parce que je végète toujours aux mêmes endroits du fait de mon oisiveté que ces lieux me sont désormais insupportables ? Ou est-ce parce que ma vie m'insupporte que je veux l'enrober de choses qui me sembleraient plus belles comme un nouvel environnement, de nouvelles relations, de nouveaux objectifs ? Est-ce un acte de courage ou une fuite en avant ? Ou un aveu à peine voilé que Nath serait peut-être mieux loin de moi puisqu'un tel changement impliquerait une séparation momentanée ? Je ne sais pas comment elle tient entre son boulot compliqué et un mari boulet et inactif. Faut-il qu'elle soit sacrément amoureuse... ou inconsciente. Surtout qu'entre ce que j'étais et ce que je suis devenu, il y a un monde...

Du coup, de vieilles rancoeurs refont surface. Je suis plus que jamais en colère de ne pas avoir été titularisé au Pôle-Emploi à une époque où j'avais pourtant réussi les écrits et oraux du concours, voyant passer de nouvelles recrues alors que mon CDD touchait à sa fin et qu'il aurait du être commué en CDI. Si seulement, cinq ans après, je pouvais contester leur décision par un quelconque recours... Je suis furieux de ma mise au placard il y a 13 ans lorsqu'un petit maire sans envergure voulait me faire craquer et démissionner pour placer quelqu'un de son entourage à la place. Je suis plus que remonté d'avoir été écarté d'un poste prometteur dans un CCAS au profit d'une personne éligible aux contrats aidés donc quasiment gratuits pour l'employeur. Trois cas parmi d'autres. J'en ai marre d'être trop bon, trop con. Je n'ai certes pas toujours fait les bons choix même si pas de réel regret (mes études d'Histoire-Géographie, mon refus d'une relation à distance avec Nath lorsque nous nous sommes rencontrés qui m'a fait rompre un contrat "prometteur" pour la rejoindre) mais j'ai l'impression d'avoir subi plus que de raison les indélicatesses de certains employeurs.

Là, à chaud (mais je ne suis pas sûr qu'à froid ça change beaucoup), je voudrais ne connaître personne, que personne ne me connaisse surtout, juste me faire tout petit jusqu'à disparaître. Ce serait mieux pour tout le monde. Entre ce que je subis et ce que je fais subir aux autres par ricochet, comment s'en sortir ? J'en ai marre d'être vieux et inutile à seulement 43 ans, marre du jeunisme ambiant, marre du "laisser pour compte" des tranches d'âge intermédiaires.Marre aussi d'être un râleur sans solution car il ne s'agit pas non plus de m'épargner. J'ai ma part de responsabilité dans ce désastre. J'ai trop raté le coche pour ne m'en prendre qu'aux autres.

Être subitement conscient de ses réelles capacités, y'a pas à dire, c'est vraiment angoissant... Et l'avenir, si avenir il y a, me fait désormais tellement peur...

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mardi 16 juin 2015

Jean-Louis




Après cinq années d'échanges certes virtuels mais déjà complices, Jean-Louis et moi avons franchi la dernière barrière qu'il nous fallait enjamber. Vendredi dernier, sur l'un des quais de la gare de Bayonne, c'est avec un plaisir non dissimulé que nous nous sommes enfin rencontrés pour de vrai. Le destin avait déjà retardé ce moment d'une vingtaine de minutes, merci la SNCF, lorsque, incrédule, je m'étais retrouvé bloqué en gare de Dax pour cause... d'absence subite de conducteur ! 


Accueilli par Jean-Louis mais aussi par sa femme Cynthia et son fils Christophe (qui avait sacrifié quelques heures de classe pour l'occasion), je me suis tout de suite senti dans le bain. Pour moi, c'était quelque chose d'assez inédit, n'étant pas particulièrement loquace ni à l'aise dans les premiers moments dans ce genre de situation. Mais cette fois, je me suis senti immédiatement comme chez moi, tellement content d'être là. La sensation que tout coulait de source, un peu comme si on s'était vu la veille. Pas de round d'observation, pas de gêne ou d'appréhension et c'était tant mieux puisque je n'étais là que pour un week-end dont j'étais bien certain qu'il passerait trop vite de toute façon.


C'est un peu compliqué de dire aux gens à quel point on tient à eux sans qu'ils puissent se sentir gênés. Mais j'ai véritablement trouvé une famille et le mot est posé, réfléchi. Des gens attachants, simples, disponibles et surtout authentiques. Un week-end riche en échanges, en partages, en sourires, en rires, bref en émotions multiples et variées. Même le mauvais temps ne nous aura pas gâché ces deux journées. De toute façon, je n'étais pas venu en touriste. J'étais bien entouré, c'était amplement suffisant. La découverte de Bayonne et de ses environs, ce sera pour une prochaine fois. Obligé de revenir, mince alors ! Avec Nath, si possible, dont la fin de semaine était également placée sous le signe de l'amitié, entre filles, entre Toulouse et Albi.


Chez Jean-Louis, j'ai aussi pu faire plus ample connaissance avec sa charmante épouse Cynthia avec, comme point d'orgue, une mémorable partie de Trivial Pursuit (Oh, que je l'aime ce jeu ! ) où les rires ont fusé des heures durant. Il faut dire que certaines questions, a priori abordables, donnèrent lieu à des réponses pour le moins inattendues donc forcément hilarantes. Sans oublier notre indulgence vis à vis de Jean-Louis qui, bien que malmené en début de partie, a fini par l'emporter à force de grinchenouner. Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire parfois pour préserver les amitiés ! ;-)  


J'ai aussi pu partager quelques moments privilégiés avec leur jeune fils Christophe. C'est un gamin très attachant, diablement séducteur lorsqu'il veut arriver à ses fins. Qui aime les passages à niveau et les trains . Qui aime les super-héros. Hulk. Spiderman. Les voitures de jeux vidéo qui font des donuts jusqu'à explosion du moteur. Et tant d'autres choses. Je lui ai promis que l'on se reverrait et c'est une promesse que je tiendrai. Peu importe où et quand. 
Et puis il y a les chats. Tous reviennent de loin et ont pu trouver en Jean-Louis, Cynthia et Christophe une famille aimante digne de ce nom. Lilly, Khengsi, Tasha auront su s'accommoder de ma présence. J'avoue avoir un faible tout personnel pour Tasha, petite chatte un peu craintive mais tellement câline dès qu'elle est en confiance. 


Il y eut bien-sûr tous les moments partagés avec Jean-Louis. Les longues discussions jusqu'à 3 heures du matin, une bière à la main. Les heures passées à regarder Jean-Louis l'artiste devant sa planche à dessin. J'ai enfin pu voir le maître à l'oeuvre, certes pas en tant que peintre mais comme dessinateur puisqu'il avait souhaité m'offrir un sketch pour l'occasion. Un sketch qu'il a peaufiné bien plus que prévu, à grand renfort de calques intermédiaires que j'ai précieusement gardés, pour un résultat superbe comme toujours.




Il y eut quelques surprises en plus du Kraven de Romita Sr initialement prévu. Un Spiderman de 2012 et surtout, surtout, une peinture de 2011 inspirée du comics de Jean-Yves Mitton : Epsilon. L'une des "premières" œuvres qu'il m'ait été donné de voir de Jean-Louis et qui m'avait forcément tapé dans l’œil à l'époque. Bref, j'ai vraiment été gâté. Bon, faut dire que j'ai été très sage aussi.



Aujourd'hui, tout ceci est derrière moi et le retour à la normale est difficile, sans doute même un peu plus que je ne l'aurais cru. Bien-sûr les bons moments resteront gravés et tout s'est trop bien passé pour que nous en restions là dans le futur. Mais en attendant, c'est le vide qui prédomine. Le vide et le manque. Evidemment, il nous reste le net, les réseaux sociaux, le téléphone et c'est déjà beaucoup. On ne peut pas faire grand chose contre l'éloignement géographique. En tout cas, j'ai passé deux superbes journées. Jean-Louis, Cynthia, Christophe, vous avez fait de votre chez-vous mon chez-moi l'espace d'un week-end. Je suis sacrément heureux et fier d'être de vos amis. Merci.

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mardi 9 juin 2015

Marvel 40 couvertures légendaires



Allez, aujourd'hui, je vous fais découvrir ce que renferme ce joli bouquin sorti il y a quelques mois. Vous l'aurez compris, tout est dans le titre. 40 couvertures détachables sur un papier rigide de belle qualité mais recto-verso donc si vous aimez tout, il faudra faire un choix sur les murs. Question format, c'est du A3 (31x41 pour être précis). Pour 20 euros, on a vraiment quelque chose de bien. Après, l'éternelle question de la pertinence du choix de ces 40 couvertures estampillées légendaires se pose forcément. Je ne suis pas le mieux placé pour en parler puisque je n'ai pas suivi la totalité des séries présentées mais il y a des manques difficilement compréhensibles tels Alpha Flight ou ROM The Spaceknight et quelques choix pas bien logiques quand même. Enfin bon, j'essaimerai quelques avis au fur et à mesure de ce billet. Evidemment, ceux qui voudraient se procurer l'ouvrage et garder la surprise de son contenu sont priés de ne pas continuer la lecture. Psst, Jean-Louis, y'a du Cockrum dedans ! 





Les reproductions des covers originales de Spidey sont assez pertinentes mais j'aurais volontiers tronqué celle avec le Punisher, assez dispensable, par celle, véritablement légendaire pour le coup, de l'amazing 122 avec la mort de Gwen Stacy ou, à défaut, par une mettant en scène Parker dans son costume de symbiote.







Je ne suis pas familier de l'univers des Avengers donc je serais bien incapable de juger de la pertinence ou pas du choix des covers. Par contre, j'adore celle avec Vision et trouve celle avec Oeil de Faucon très originale. Au passage, si quelqu'un peut me dire si c'est bien le Beyonder qui fout le boxon dans le n° 175...




Très belle couverture signée Miller, effectivement légendaire celle-là, mais immense déception car c'est la seule représentant DD de tout le recueil. Alors, certes, il a fallu en sélectionner 40 dans tout l'univers Marvel mais quand même. Quand on compare avec The Avengers, hyper représentés...





J'ai bien aimé celles avec les 4 Fantastiques. Je n'aurais pas craché sur une Miss Hulk époque Byrne.








Pour moi, la plus grosse déception de ce recueil. La seule et unique représentation d'Iron-Man. Non, franchement, faut pas déconner là ! D'accord, la période alcoolique de Stark orchestrée par Michelinie, Romita Jr et Layton a marqué une génération de lecteurs mais en choix de couv, là, je dis non.




Je ne suis pas du tout un adepte du trait de Bill Sienkiewicz, c'est peu de le dire, mais cette représentation de Moon Knight est superbe ! 




Que du bon monde, et que de souvenirs ! Je ne serais pas certain d'apprécier maintenant, la saga était quand même un joyeux bordel pas hyper bien dessiné mais à l'époque elle avait chamboulé l'existence de mon tisseur préféré, donc forcément culte ! 









J'ai presque regretté que le Phénix renaisse de ses cendres tant la mort de Jean Grey fut un épisode marquant de la mythologie X-Men. Culte ! 




Voilà, vous avez désormais un panorama complet de ce que propose ce beau livre, indispensable selon moi rapport "qualité-prix". J'avoue que je ne serais pas contre d'autres titres de ce genre mais par série cette fois. Vu le nombre de personnages réellement emblématiques dans la galaxie Marvel, il y aurait de quoi faire ! ! ! 40 couvertures légendaires de Spiderman, 40 couvertures légendaires de DD, 40 couvertures légendaires d'Iron-Man... Bon, j'arrête, je suis en train de me faire du mal, là ! 

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