samedi 27 septembre 2014

Jeter ou être jeté...




Il y a quelques années, j’ai perdu un ami. Lui a considéré avoir été jeté. Moi, j’estimais plutôt qu’on était arrivé à un point de non-retour suite à un épisode fâcheux sur lequel je souhaite éviter de trop revenir.

Aujourd’hui l’histoire se répète. Cet ancien ami s’est fait « jeter » une deuxième fois comme il dit, par une personne que je pense ne pas connaître. Il en profite pour dresser un constat de ces deux amitiés déçues, dont la mienne donc. Mais plutôt que d’en tirer quelques conclusions pertinentes, il s’entête à incriminer l’autre. En substance il dit ceci : si un ami me jette, c’est qu’il ne supporte pas que je ne sois pas l’image qu’il s’était fait de moi. Et qu’en cela, la démarche est aberrante et égocentrique.

C’est dommage que cette personne, bien des années après notre séparation n’ait toujours rien compris ou soit à ce point sujet à la mauvaise foi. Comme elle est loin d’être idiote, je penche naturellement pour la deuxième solution.

D’abord, si je suis perclus de défauts, il y en a bien un que je n’ai pas, c’est l’égocentrisme. Tout mon entourage pourrait témoigner. Je pêche par un manque de confiance en moi et avoir davantage d’ego me rendrait sûrement service dans la vie de tous les jours.

Ensuite, je me fiche qu’un ami soit à mon image ou pas, je ne raisonne pas en ces termes et surtout je ne vois pas qui le ferait. L’amitié est basée sur des affinités avant tout. Des petits riens qui font que l’on accroche ou pas, des sillons qui se creusent au fil des ans. Parfois les sillons peuvent s’effriter et la complicité s’émousser. Je suis d’accord avec cette personne sur ce point : il n’a jamais été dit que les amitiés étaient éternelles.

Après, on découvre les gens, même de longues années après. On peut alors découvrir des traits de caractère qui nous surprennent, qui nous déplaisent ou qui nous attristent mais c’est un simple constat. On ne va pas demander à cette personne de changer justement. Mais on peut s’interroger sur le fait de garder des affinités ou pas avec un individu qui nous deviendrait subitement presque étranger. Dans mon cas, c’est ce qui s’est produit. Je n’ai pas cherché à ce que cette personne soit à l’image de ce que j’aurais pu en souhaiter. C’est simplement que j’ai découvert des traits de caractère et des comportements qui m’ont semblé incompatibles avec la poursuite de notre amitié. Cela ne fait pas de moi une personne meilleure ou de lui une personne pire. Ou vice-versa.

Cet ancien ami dit également que pour lui il vaut mieux laisser une amitié se déliter que de la rompre. Mais je trouve cela un peu hypocrite dans la mesure où l’issue n’est guère différente au final. On peut se jeter de la poudre aux yeux mais je ne pense pas qu’une amitié mise à mal puisse grandir à nouveau. Pire, ce serait un peu comme la recouvrir sans l’enfouir tout à fait tout en sachant qu’il ne se passera plus rien ou si peu. Pourquoi s’entêter quand on n’est plus désiré ou que l’on ne désire plus ? J’ai rompu une amitié en début d’année parce que le simple fait de venir chez nous était devenu un chemin de croix pour ces gens-là. Quand on en arrive à une telle extrémité, à quoi bon mettre des œillères et prolonger la souffrance ? Ne vaut-il pas mieux que chacun reprenne sa liberté ? Sans jugement ni amertume ? Ils ont repris le cours de leur vie, moi la mienne. Sans que ni eux ni moi n’ayons à changer ou à paraître pour ce que nous ne sommes pas

Revenons à cet ancien ami. Evidemment il se pose en victime. Il le fait certes intelligemment en tentant de nuancer son propos mais au final le constat est toujours le même. Celui qui jette est le méchant dans l’histoire et celui qui est jeté est une victime. Cela lui évite forcément de véritablement se remettre en question et lui permet de garder le beau rôle.

Sauf que dans ces histoires-là, il n’y a pas de beaux et de mauvais rôles. Je pense que la souffrance est la même des deux côtés quand une histoire se termine quelles qu’en furent les causes ou les responsabilités.

Après la rupture de notre amitié, cette personne a essayé de noircir le tableau, de me faire passer pour ce que je ne suis pas justement. Il a été tellement loin que même ma femme qui voulait préserver leur amitié a fini par refermer la porte, lassée des mails agressifs à mon encontre qu’il lui adressait. La vérité est qu’il n’a jamais supporté la fin de notre amitié. Pas parce qu’elle lui tenait à cœur, non, je n’ai ni la prétention ni la naïveté de croire cela (bien que je ne doute pas d’une certaine souffrance quand même) Mais parce que cela lui était arrivé à lui et que son ego ne le supportait pas. Juste vexé. Alors franchement, se faire traiter d’égocentrique par un type comme ça, c’est vraiment l’hôpital qui se fout de la charité. Il vaut sans doute mieux en rire (jaune).

Aujourd’hui, il semble reproduire le même schéma avec une autre personne qui l’a déçu. C’est dommage mais je ne vais pas épiloguer sur ce cas précis puisque j’ignore tout de la personne en question et de leur histoire. Dommage quand même qu’il se soit cru obligé de faire un parallèle avec moi, sans quoi je me serais abstenu d’écrire ce billet. Même si ces réminiscences ne sont pas désagréables en soi.

C’est sans doute un raccourci facile mais finalement il n’y a pas d’amitié que l’on jette ou que l’on ne jette pas. Il y a les amitiés qui vivent et celles qui ont vécu. Celles qui ne sont plus ne doivent pas empêcher celles qui vivent de s’épanouir pleinement. Et s’aigrir coûte que coûte sur les amitiés qui ne sont plus empêche d’en préserver les bons moments. Et ces bons moments, ils ont existé. On peut tenter de les refouler ou d’en nier l’existence dans un accès de frustration ou de colère (Je l’ai moi-même souvent fait) mais au final ils sont toujours là, pas aussi profondément enfouis qu’on le penserait.

Avec cette personne, j’ai eu mon lot de complicités et de bons moments. Et si je n’ai pas toujours pensé ça, aujourd’hui je n’ai qu’une envie : garder ces souvenirs intacts et me les rappeler de temps à autre.

Le reste, c’est juste la vie qui suit son cours…


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mardi 23 septembre 2014

Courtes vacances mais vacances quand même !



Nos vacances ont commencé par un petit week-end en Aveyron et ce n'était pas gagné ! Merci à Christine et Christophe pour avoir composé en urgence avec notre planning et pour la qualité de l'accueil et des moments passés ensemble. Et nos excuses à Denis que nous n'avons pas prévenu de notre arrivée car nous n'aurions pas été en mesure de nous voir cette fois-ci. Bref, deux journées à Decazeville (dont quelques heures à la fête, d'où  -entre autres chars- le Snoopy ci-dessus) et une virée chez une amie chère près de Clairvaux.


Chez Christophe, il y a plein de chiens et de chat (dont un semblait m'avoir adopté). Celui-ci a eu le privilège d'échapper au syndrome des photos floues de Nath. Il ne semble pas en revenir d'ailleurs ! 


Dès le mardi, nous sommes descendus à St-Pierre La Mer, près de Narbonne. On s'attendait à des trombes d'eau et des orages toute la semaine mais rien ! Les orages n'ont pas quitté l'horizon (beau spectacle de nuit d'ailleurs) et la pluie a brillé par son absence. Par contre, on a eu beaucoup de vent les premiers jours et beaucoup de vagues. La baignade était même interdite là où elle était surveillée. Mais le séjour s'est achevé sous un franc soleil et une mer calme les deux derniers jours ! 


Même enlever ses chaussures tranquille n'était pas possible avec la paparazzi Nathalie ! 




Des vagues, des vagues, des vagues... Un fort vent marin mais des températures idéales au niveau de l'eau du coup.


I'm a poor lonesome walker... ça ne vous rappelle rien ?



Je me situe à l'endroit où avant, il y avait une plage. Jusqu'à ce que les vagues engloutissent tout.




Sur cette photo, on devine grâce aux vagues au loin là où devrait se trouver la mer. Tout le reste, ben, c'est la plage complètement recouverte.


Petite virée à Gruissan




La muse du photographe


Retour à St-Pierre La Mer, je vous laisse en compagnie de ces quelques clichés supplémentaires...








jeudi 11 septembre 2014

Robin Williams, concentré d'émotions





Il y a un mois jour pour jour disparaissait dans les conditions dramatiques que l'on sait l'un des acteurs les plus attachants de sa génération. Il y a un mois, mon blog était désactivé et, quelque part, je le regrette car j'aurais préféré écrire un billet à chaud que maintenant. 

Il y a un mois, l'annonce de la mort de Robin Williams m'avait fait l'effet d'une violente gifle en plein visage. J'en avais reçu une deuxième quasi simultanément en apprenant qu'il s'était suicidé. J'avais été dans un état second pendant toute la semaine. Cela peut paraître excessif mais c'est ainsi. 

C'est toujours très compliqué de parler des gens qui nous touchent mais que, finalement, nous ne connaissons pas. Il y a des décès autour de moi qui m'auront bien moins affecté que celui de ce clown triste. Je suis toujours ému par les gens qui me touchent (tournure qui me semble être un parfait pléonasme mais je n'ai ni le temps ni l'envie de statuer).

J'ai toujours été touché par ce que dégageait Robin Williams. On parle beaucoup du Cercle des poètes disparus et c'est vrai qu'il y était extraordinaire. Ou de Will Hunting parce qu'il avait enfin obtenu un Oscar du meilleur second rôle à cette occasion. Ou de Madame Doubtfire parce que son génie comique pouvait s'y exprimer pleinement. Ou d'Aladin de Disney pour lequel il a prêté sa voix (et son talent comique là-encore) au Génie. L'acteur improvisait tellement que l'animation du Génie fut créée après les interventions de Williams et non avant comme c'est habituellement le cas pour l'ensemble des doublages.

Mais pour moi, ce sont 3 autres films qui m'auront particulièrement touché. 
Le Monde selon Garp, l'un de ses premiers grands rôles où il côtoie notamment Glenn Close. Une chronique douce amère un peu longue dans son traitement mais qui offre quelques bien beaux moments. Un film méconnu voire sous-estimé mais vraiment à (re)découvrir.
Good Morning Vietnam ensuite. Un film que je n'ai jamais vu en VO et il paraît que je rate vraiment quelque chose. Williams y interprète un animateur de radio qui ne ménage pas ses efforts pour remonter le moral des troupes. En mode déchaîné, l'acteur se montre très à son aise dans un rôle pour lequel il a du visiblement improviser pas mal. Mais Robin Williams sait aussi s'y montrer émouvant comme dans cette scène terrible où il s'aperçoit que son nouvel ami vietnamien se livre à des actes de terrorisme anti-américain. 
The Fisher King, enfin. Le meilleur de tous les films de Robin Williams pour moi. J'avais déjà évoqué ce bijou de Terry Gilliam ICI il y a 5 ans sur mon précédent blog à l'occasion d'une nouvelle rubrique sur le cinéma que Robin avait étrennée. Je vous invite donc à y faire un petit tour pour en savoir un peu plus (entre autres) sur ce film en tous points remarquable.

J'aimais profondément cet acteur. Il me manque. Il n'a certes pas forcément eu la filmographie qu'il aurait méritée à la vue de certains choix hasardeux. On peut aussi pester (comme moi) que les studios n'aient finalement que peu fait appel à lui depuis une décennie. Mais au final, Robin Williams n'a pas eu de réel plan de carrière et quelque part, dans un système comme Hollywood, c'est vraiment tout à son honneur.

Je trouve sa mort injuste. Ses addictions et sa dépression ont fini par le ronger de l'intérieur jusqu'à son acte irréparable. J'ai toujours du mal avec ceux qui nous font rire de l'extérieur en souffrant de l'intérieur. A ce titre, la disparition de Franquin le 5 janvier 1997 à seulement 73 ans avait durablement ébranlé le fan de Gaston Lagaffe que je suis. Tant d'humour et d'humanité. Et tant de souffrances, d'idées noires (sans mauvais jeu de mot) qui l'avaient usé. A l'époque, j'étais non seulement triste de voir ce génie du dessin s'en aller mais j'étais remué de ne pas avoir pu, après tout ce que ses personnages m'avaient apporté, lui rendre un peu des rires et de l'insouciance dont il avait été responsable.

Robin Williams, c'est un peu ça. Je sais qu'il est parti. Mais il m'aura tellement touché que de le voir s'en aller dans de telles conditions sans avoir pu y faire quoi que ce soit a quelque chose de perturbant. Je sais que c'est con mais c'est ce que je ressens.

Les circonstances de sa mort nous rappellent aussi à quel point tout est fragile. J'ai longtemps jugé le suicide comme un acte d'égoïsme mêlé de lâcheté. Puis j'ai connu comme beaucoup des phases de moins bien, de (relative) dépression diraient certains, même si je refusais de me l'avouer. J'ai eu des idées parfois sombres dans des moments où je craignais que de m'accrocher aux personnes qui me sont le plus cher ne suffise plus. Pas de velléités suicidaires pour autant, bien évidemment (je précise au cas-où), mais un mal-être suffisamment fort et parfois récurrent pour que je comprenne qu'on n'était pas tous armés de la même façon face aux contrariétés extérieures et que je ne devais pas juger de manière simpliste ceux qui avaient pris une décision extrême. Ces moments là de profonde déprime, ça va, ça vient mais je crois que personne n'est vraiment à l'abri. Je n'étais pas dans la tête de Robin Williams lorsqu'il a subitement décidé d'en finir mais il a vraiment fallu qu'il ait une angoisse folle de la vie ou une lassitude extrême pour y mettre un terme. Certains se sont permis de juger son acte. Moi, j'ai juste choisi de respecter. Malgré le vide de l'absence pour tous ceux qui l'aimaient de près comme de loin. Ce qui est sûr, c'est qu'il va durablement manquer.

Je voulais faire un billet hommage. Je crois que je n'y suis qu'imparfaitement parvenu. C'est l'inconvénient d'un blog tenu par un hypersensible. Comme d'habitude, mes états d'âme n'engagent que moi et ne reflètent aucune vérité particulière. Parfois, entre les lignes, il n'y a rien à gratter.


Merci pour tout Robin Williams ! Adieu clown triste ! 

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mardi 2 septembre 2014

Pôle Emploi au dessus de la Direction du Travail ?



Il m'est arrivé une chose complètement surréaliste en me rendant au Pôle-Emploi suite à la fin de mon contrat d'Assistant d'Education au 31 août 2014.

J'amène à mon interlocuteur attestations, bulletins, certificats pour faire le point. En résumé, j'ai travaillé à mi-temps dans une librairie de juin à septembre 2013 et toujours à mi-temps dans un lycée de septembre 2013 à août 2014. Et deux journées les 15 et 16 juillet 2014 dans une coutellerie, deux jours à l'issue desquels j'ai décidé de rompre ma période d'essai comme la loi m'y autorise.

Et bien, croyez le ou pas mais ces deux petites journées me foutent dans une merde pas possible. Car ce qui apparaît comme un droit pour la Direction du Travail (le fait que l'employeur ou l'employé puisse rompre la période d'essai en toute liberté) est assimilé à une démission par le Pôle Emploi. Mon interlocuteur me dit que les législations ne sont pas les mêmes et qu'il ne peut rien faire. Et si je veux émettre un recours, je dois attendre la fin de l'année. Car suite à ce qui est assimilé par leurs services à une démission entraîne de facto le rejet de ma demande d'indemnisation. Oubliés les 4 mois à bosser en librairie, envolée l'année au lycée. Je n'ai actuellement plus aucun droit ouvert du fait de cette période d'essai interrompue. Zéro indemnisation. Alors que j'avais au départ accepté le poste en coutellerie pour avoir un complément d'heures.

A qui peut-on se fier alors ? Je suis allé au bout de mes contrats à la librairie de Domme puis au lycée de Sarlat. Et simplement pour deux petites journées à l'issue desquelles j'ai rompu ma période d'essai CONFORMEMENT à la loi du travail, je me retrouve sans rien. Alors quoi ? Pôle Emploi piétinerait-il le droit du travail ? Pour le moment, j'envisage de déposer une plainte auprès du Tribunal Administratif car il n'est pas question que j'attende quatre mois avant d'entamer un hypothétique recours au sein même de Pôle Emploi qui n'aurait pas davantage d'écho que mes propos d'aujourd'hui lorsque j'ai essayé de raisonner mon (trop) zélé interlocuteur. Je ferai valoir que le droit du travail doit trouver une application stricte et qu'une administration, quelle qu'elle soit, ne peut la détourner au détriment de son public. Je soulignerai également le manque de transparence de la manœuvre concernant les subtilités d'une législation qui n'est pas portée à la connaissance du public autrement qu'une fois que le mal est fait.

En tout cas, François Rebsamen peut dormir sur ses deux oreilles. Le Pôle Emploi a bien assimilé le virage "A droite toute !" du gouvernement, aucun doute à avoir là-dessus !  E-coeu-ré ! ! ! 

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