lundi 13 avril 2015

Daredevil 2015, exceptionnel millésime !




Daredevil est l'un des personnages Marvel que j'affectionne le plus avec Spiderman. Tous les deux font partie des rares raisons que je trouve encore pour m'acheter quelques comics. Chez DD, je préfère la période Miller & Mazzucchelli, la plus sombre, comme celle de Bendis, Maleev, Brubaker, Lark... Romita Jr a fait de très belles choses aussi sur ce perso.

Par contre, je n'ai eu aucun enthousiasme en apprenant que DD allait devenir une série. Déjà parce que le film sorti en 2003 avait été un traumatisme, un plantage total, un nanar, une honte... Ensuite parce que, qui dit adaptation dit libertés prises et que cela augure du pire comme du meilleur.

Mais enfin, la voilà enfin cette série dont on nous parle tant depuis des mois. Et comme le titre de mon billet est habile, vous savez déjà à quel point mes appréhensions ont volé en éclat.



On suit les débuts de Matt Murdock, brillant avocat devenu aveugle à la suite d'une collision avec un fourgon contenant des produits radioactifs. Un handicap qui lui aura fait certes perdre la vue mais qui aura exacerbé ses autres sens. La première saison présente ses premières actions contre le crime, soit en tant qu'avocat, soit en tant que l'homme au masque qui n'est pas encore Daredevil, face au mystérieux Wilson Fisk. Des flashback permettront d'en savoir plus sur l'enfance de Matt, sur celle de Fisk aussi d'ailleurs, sur les premiers pas amicaux puis professionnels du binôme Murdock / Nelson mais aussi sur les événements qui ont conduit le futur Daredevil à maîtriser aussi bien les arts martiaux.

On côtoie la perfection tant l'oeuvre originale est respectée, tant le décor est admirablement planté, tant les personnages sont travaillés, tant l'atmosphère sombre de Hell's Kitchen nous écrase de tout son poids. Mais surtout, surtout, tous les acteurs sont exceptionnels, tous sans exception ! Charlie Cox (Matt Murdock) est très bon mais que dire du reste du casting ! 



Mentions spéciales à Vincent D'Onofrio dans le rôle de Wilson Fisk. Il y a du Kingpin à la John Romita dans l'épaisseur que donne D'Onofrio à son personnage de roi du crime tourmenté. Même chose pour le personnage de Vanessa Marianna (ensorcelante Ayelet Zurer). J'avais l'impression de relire les plus belles pages de Spiderman lorsque Romita mettait en scène le Caïd et sa femme, tout en force et subtile fragilité. Les auteurs de ce Daredevil version 2015 montrent qu'ils sont vraiment passionnés par cet âge d'or de la fin des années 60 et pas seulement par un super-héros en particulier.




Elden Hanson campe un Foggy Nelson en tous points fidèle au comics : entier, généreux, gaffeur, maladroit, touchant. Les scènes qu'il partage avec la superbe actrice Deborah Ann Woll (Karen Page) valent aussi le détour, surtout dans l'épisode 2. Et une scène clé entre lui et Charlie Cox aux 2/3 de la saison témoigne encore plus de l'immensité de son talent.




Belle présence aussi de Rosario Dawson qui campe le personnage de Claire Temple. Je ne connaissais pas du tout ce personnage donc je ne sais pas s'il a vraiment existé dans le comics ou s'il a été créé pour l'occasion. Claire servira surtout d'infirmière d'urgence à DD, ce qui arrivera plus d'une fois au cours de la saison.


Enfin, au niveau des acteurs, je voudrais saluer la performance de Vondie Curtis-Hall alias le reporter Ben Urich. Je dois bien reconnaître que le personnage de Ulrich m'ayant vraiment marqué dans les comics, j'ai un peu tiqué en voyant que ce personnage emblématique était désormais interprété par un acteur noir. Sauf que cette série est décidément parfaite, que les auteurs ont un tel respect du matériau originel que tout passe, que Curtis-Hall est débordant d'humanité dans ce rôle tout en nuances.


J'ai avalé les 13 épisodes sur deux jours, j'ai pris un pied pas possible. Je ne sais pas quelle aurait vraiment été ma réaction si je n'avais pas connu l'univers du super-héros ni si j'aurais pris le même plaisir. Là, j'étais comme un gosse qui avait l'impression de revivre quelques unes des plus grandes pages de l'âge d'or des comics. J'étais reconnaissant du respect des nouveaux auteurs envers les bases posées par leurs aînés. Bien évidemment, c'est un avis tout personnel et je ne voudrais pas que vous soyez induits en erreur par un excès d'enthousiasme. Mais j'ai passé un super moment ! Seules petites réserves : des scènes de combat parfois poussives, un héros qui prend de trop sévères dérouillées à mon sens (Claire n'a pas chômé cette saison ! ) et un costume de DD pas à la hauteur de tout le reste ! (mais comme il apparaît tardivement, je n'ai pas eu le temps d'être traumatisé mais faudra vraiment revoir la copie dans le cas d'une saison 2) 


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