samedi 31 mars 2018

François Feldman amorce son retour !

© François Feldman

Par retour, j'entends nouvel album. Car si François Feldman n'a pas sorti de nouvel opus depuis 2004 ("Des larmes et de l'amour"), il n'avait pas pour autant disparu des radars, entre concerts en solo dans toute la France et recrue VIP des tournées Stars 80. Sans oublier ses premiers pas (réussis) d'acteur dans le  (dispensable) film Stars 80.

J'ai toujours été un grand admirateur de François Feldman, surtout à l'époque de "Joue pas". Je ne vais pas étaler une énième fois cette admiration que j'avais amplement détaillée ICI. Par la suite, j'ai toujours suivi de près sa carrière, même lorsqu'elle fut plus confidentielle, malgré des albums très bons et d'autres moins inspirés. J'ai tous les albums, pas mal de CD 2 titres d'époque (car François avait le chic pour proposer des versions longues extra de ses morceaux) et quelques remix en 33T, je l'ai vu à Bercy, l'ai raté à l'Olympia, l'ai revu à Narbonne en 2015... Certaines chansons accusent (un peu) leur âge, d'autres restent majoritairement intemporelles, mais les réécouter est toujours une madeleine de Proust délicieusement savoureuse.

© Bibi pas mécontent

L'année 2018 marque donc le "retour" de François Feldman aux affaires avec un album qui devrait pointer le bout de son nez très bientôt. Et si l'album sera à une exception près composé exclusivement d'inédits, c'est la version remise au goût du jour de "You want every night" qui fait office de locomotive ! 

Le clip officiel

Version Remix (feat Sholo Truth)

"You want every night", à l'origine, est un titre funky que François avait sorti avec son groupe Yellow Hand et qui avait connu une très belle carrière aux Etats-Unis à la toute fin des années 70. Car n'oublions pas que derrière un artiste un peu trop systématiquement étiqueté "chanteur romantique", ce qu'il ne renie pas non plus par ailleurs, il y a surtout un fou de soul, biberonné aux hits de Marvin Gaye, James Brown, Stevie Wonder et tant d'autres depuis sa plus tendre enfance. Du coup, finalement, en proposant une nouvelle version de ce titre quarante ans plus tard, c'est un vrai retour aux sources qu'opère François Feldman, annonciateur d'un prochain album aux sonorités probablement inspirées par ces influences musicales. Sur ce point, le secret est bien gardé.

Il va sans dire que j'ai très hâte de l'avoir entre les mains, celui-là ! J'en reparlerai forcément très bientôt ! En attendant... ♫ Y'a pas d'malaise ce soir ♪

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vendredi 30 mars 2018

Après l'abandon, la reconstruction



Il m'a fallu une dizaine de jours pour me résoudre à écrire ce billet de blog. A peser le pour et le contre. Car faire lire des pans personnels de votre existence, c'est aussi d'une certaine façon les infliger. J'aurais pu coucher par écrit tout ce que je m'apprête à vous dire mais le garder pour moi. Mais Internet étant ce qu'il est, et quoi que l'on puisse dire pour s'en défendre, il fait de nous autant des voyeurs que des exhibitionnistes. Ce soir, ou très tôt ce matin puisqu'il est minuit passé ce vendredi lorsque les mots naissent sous mes doigts , c'est forcément dans la peau du second que je suis.

J'ai abandonné ma formation. Après deux années pleines mais pas toujours évidentes, j'avais décroché, plutôt haut la main même, pour être honnête, un BTS en Economie Sociale Familiale. Un BTS aisément acquis sur le papier mais qui avait du demander divers sacrifices, privés notamment. Et un sacré volume de travail, 23 ans après avoir décroché mon bac. Du coup, j'étais assez fier sur le moment. De n'avoir rien lâché. De ne pas avoir déçu. D'être allé au bout de mon combat. Ce BTS, on ne me l'enlèverait jamais. Quoi qu'il arrive ensuite. Et je ne croyais pas si bien dire.

Car cette année, alors que j'étais précisément où je voulais être, en 3ème année pour décrocher un diplôme de Conseiller en Economie Sociale Familiale, alors que les cours étaient intéressants, alors que j'étais de surcroît dans une structure professionnelle de stage que j'avais choisie, entouré de collègues disponibles, les choses se sont rapidement compliquées. 

Je me suis très vite rendu compte que je n'étais plus en capacité de m'investir. De me mobiliser. J'étais incapable d'ouvrir un cours, un livre, de faire des recherches. Mes cours étaient en vrac, je n'arrivais plus à structurer quoi que ce soit, à organiser les choses. Je n'arrivais pas davantage à faire des fiches de synthèse. J'étais devenu spectateur de ma propre déchéance. Je ne l'ai pas vu venir. Je ne l'ai pas comprise, hier comme aujourd'hui. Et je ne m'en suis jamais relevé.

Quelque chose s'était cassé. J'avais de plus en plus l'impression que ma vie même ne tenait qu'à un fil. J'avais des angoisses incessantes qui se traduisaient désormais physiquement, par des douleurs de poitrine notamment. En stage, je n'arrivais plus à m'investir et je m'érigeais des barrières impossibles à redresser. J'avais un rapport désastreux à l'échec et moi-même, je ne me supportais plus. En formation, j'étais dans l'incapacité de travailler sur mon mémoire ou mes écrits professionnels. Le retard pris devenait à présent irrattrapable. Et toujours cette gamberge qui me gangrenait de l'intérieur parce que je ne comprenais rien à ce qu'il m'arrivait. Je me sentais illégitime en toutes choses.


Mercredi 21 mars, en début de matinée, je me suis rendu au centre de formation et j'ai signifié mon abandon. J'ai fait le seul choix qui me semblait possible. Dix jours plus tard, je n'ai aucun regret. Bien sûr, c'est une décision qui redistribue les cartes, avec son lot d'incertitudes à venir. Mais j'étais tellement au bout du bout que cette décision, qui avait failli arriver plus tôt dans l'année à deux reprises, est finalement la seule qui ait du sens. Ma femme est soulagée et je n'exagère pas. Le timing n'est pas idéal (mais je doute qu'il le soit jamais) mais elle veut avant tout que je me donne du temps et que je prenne soin de moi. Et de nous par la même occasion puisque, formation oblige, je n'ai été présent que par intermittence pendant plus de deux années. Et qu'on ait fait avec ne signifie pas que ça a été facile. Ça ne l'a jamais été. 

Toujours est-il que, peu importent les raisons finalement, il s'agit bien d'un abandon. On peut lui trouver des noms plus flatteurs mais on y revient toujours : c'est un abandon. Alors davantage que de le remettre en cause, il fallait surtout que je me pose certaines (bonnes) questions : pourquoi était-il le énième d'une longue série (à divers degrés d'importance évidemment) et surtout comment travailler sur ce point précis pour éviter qu'il ne se reproduise ? 


Du coup, j'ai fait ce que je ne m'étais jamais résolu à faire jusqu'à présent : je suis allé voir un psy. J'en suis à 3 séances et j'en suis plutôt satisfait, même si c'est dur d'évaluer quelque chose qui commence. En tout cas, j'ai le besoin d'y retourner, de poursuivre, et à mon sens c'est déjà un bon indicateur. Même s'il me dit, parce que j'ai besoin qu'il soit honnête en toutes circonstances avec moi, qu'il y a de sacrées résistances. Mais on y travaille...

Je ne vais pas refaire les séances ici, d'une part parce que c'est personnel au delà de ce que je peux dévoiler dans mon exhibitionnisme exacerbé, mais aussi parce que je n'en parle guère davantage à mes proches. Pour moi, c'est un travail au long cours qui ne prendra tout son sens que dans le temps. Entre les séances, je n'ai pas envie de refaire le film. J'aurais en plus l'impression de fausser la thérapie.

En substance, je peux quand même dire que je fais partie des 10 % de la population qui n'ont pas le même mode de pensée que les 90 % restants. Du coup, c'est plus difficile pour nous puisque le monde est plus adapté à cette écrasante majorité. On doit donc mettre les bouchées doubles pour s'adapter à un environnement non intuitif à la base. Me voilà bien, c'est pile poil ce qui manquait à mon bonheur... Il y aura aussi un travail de fond à faire sur le rapport à la mère et la notion de "mauvais objet". Je ne m'en serais pas douté...

En substance toujours, je peux revenir sur quelques exercices qu'il m'a été demandé de faire. Notamment de mettre en image ce qui, selon moi, avait conduit à l'abandon de cette ultime année d'études. Et, dans la foulée et au verso, de dessiner ce que j'aimerais faire idéalement, les objectifs que je pourrais me fixer. L'idée est bien évidemment, progressivement, de résoudre ce qui est bloquant pour pouvoir, symboliquement et concrètement "tourner la page". Le résultat de mon introspection est sur les deux œuvres d'art ci-dessous. Oui, niveau dessin, j'ai une très grosse marge de progression.



La suite des festivités est "simple" : je dois me donner les moyens, progressivement, d'atteindre mes objectifs, en prenant le temps nécessaire. Par contre, le psy m'a prévenu : parce que je n'arrive actuellement plus à faire quoi que ce soit, y compris au niveau de mes passions pour lesquelles je n'arrive pas à me mobiliser davantage (l'écriture et la lecture surtout, voire le dessin), chaque pas en avant sera le résultat d'un gros effort de ma part. Autrement dit, rien ne sera simple et je vais devoir me faire violence, même dans ma prétendue zone de confort bien mise à mal. C'est sur cela que l'accompagnement sera centré. Le psy sera un guide mais il ne fera pas à ma place. Les quelques clés qu'il me donnera ouvriront certaines portes. Ou pas. Ce sera le prix à payer pour redevenir acteur de mon parcours.

Voilà où j'en suis. Il n'y a plus seulement le négatif mais aussi l'espoir. Et puis, tout n'est pas aussi noir que je pourrais le prétendre ou le penser. J'ai mon BTS. Il n'appartient qu'à moi de le faire fructifier. Et cette troisième année, il sera encore temps d'ici un ou deux ans d'envisager de s'y remettre. Ou pas. Même si je reste intimement persuadé que je ferais un bon travailleur social. Mais pour cela, je dois donner à mes interlocuteurs une image rassurante et ce n'est pas ce que je dégage pour le moment. Donc dans l'immédiat, ce n'est pas à l'ordre du jour. 

L'urgent, c'est de prendre soin de moi. De prendre le temps qu'il faut pour ça. De réveiller progressivement des talents ou des compétences enfouis, d'apprendre à les considérer comme tels et les exploiter au mieux. C'est surtout de retrouver du plaisir, comme celui d'écrire, de lire, de faire ponctuellement, et très progressivement dans un premier temps, du bénévolat afin de ne pas me couper du monde extérieur et d'entretenir ma "fibre sociale", de profiter sans gamberger...

L'urgent, c'est juste de faire un pas devant l'autre. Pour rester debout.

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dimanche 18 mars 2018

Nicolas Peyrac : Suffisait qu'il ose...




Autant annoncer tout de suite la couleur : c'est un vrai petit chef d'oeuvre que nous a concocté Nicolas Peyrac pour son nouvel album studio "Suffit que tu oses". Et ce n'est pas un avis donné à la va-vite mais un constat qui s'est vérifié, écoute après écoute, vu que l'album a tourné en boucle dans ma voiture toute la semaine. Car oui, c'est toujours au volant que mon esprit est complètement attentif aux musiques et aux paroles que je glisse dans mon lecteur CD.

Chef d'oeuvre parce que, même si l'album enchaîne des morceaux tous aussi séduisants les uns que les autres, il est, en ce qui me concerne, un titre d'une beauté absolue, la quintessence de l'amour d'un père pour sa fille, et vice-versa, qui me touche en plein cœur à chaque écoute : "Elle veille sur moi", et notamment ces mots : 

"J'déploie mes ailes mais c'est elle qui vole (...)
Moi qui protège mais c'est elle qui veille sur moi"

Chef d'oeuvre parce que cet amour transpire à nouveau dans chaque pore du titre "J'aimerais bien dire au temps qui passe".

"J'aimerais bien dire au temps qui passe, oublie la, oublie la
Et tant qu'à faire, oublie moi aussi"

Chef d'oeuvre parce que Nicolas Peyrac a probablement écrit l'une des plus belles chansons sur la Liberté, celle qui vacille et prend des coups mais ne meurt pas, sans jamais explicitement la citer dans le superbe "Elle se relève un jour".

Chef d'oeuvre parce que, sans toutes les passer en revue, chaque chanson est d'une humanité absolue, une invitation à aimer l'autre, à croire en soi, à épouser ses rêves les plus fous. C'est un album d'un optimisme débordant qui fait du bien. C'est aussi, par certains côté, un album bilan dans lequel l'auteur confesse ne rien regretter, chaque joie comme chaque épreuve constituant le ciment du parcours.

Chef d'oeuvre enfin parce que Nicolas Peyrac, qui n'a jamais cédé à la facilité, ne s'interdit rien. Depuis des années, au travers d'opus comme "Di(x)versions" ou les superbes "Acoustiques improvisées", il a sans cesse revisité son répertoire, dépoussiérant les sempiternels tubes ou remettant au goût du jour des titres oubliés. Ici, et c'est la seule exception au milieu de 12 merveilles inédites, il propose une nouvelle version de "Fanny" puisqu'il ne supportait plus la mouture initiale parue sur l'album "Du Golden Gate à Monterey". Peyrac, c'est aussi ça, un artiste exigeant et passionné qui cent fois sur le métier remet son ouvrage. 

Pour toutes ces raisons et mille autres qu'il vous appartiendra de découvrir par vous-même, "Suffit que tu oses" est un indispensable. Au bas mot.