mercredi 26 septembre 2018

L'addiction Game Of Thrones





Je ne compte plus les personnes qui avaient tenté de me convertir à Game of Thrones et qui s'y étaient cassé les dents. Ne goûtant que très moyennement au genre héroïc-fantasy moyenâgeux, je n'étais guère enclin à suivre la quête sanglante de multiples familles dans le but de régner sur les Sept Royaumes. On m'avait dit pourtant que l'intérêt de la série était vraiment ailleurs, principalement dans les multiples complots qui émaillent l'intrigue (ou les intrigues serais-je tenté de dire, quand bien même l'ensemble se recoupe remarquablement au fur et à mesure de l'avancée des saisons). Mais je ne voulais rien entendre. Et puis, suivant déjà d'autres séries, je ne voulais pas me lancer à nouveau dans un visionnage au long cours (7 saisons, 67 épisodes, ultime saison 8 prévue courant 2019).





La visite en août de mon cousin Titof a été un catalyseur lorsque lui ou moi avons évoqué GOT. Il n'a fondamentalement rien dit de plus que les autres mais, cette fois, je me suis dit que j'allais en voir quelques épisodes, histoire de me rendre compte par moi-même, mon cousin m'ayant juste demandé de faire l'effort de voir la première saison dans son intégralité, afin de bien tout voir se mettre en place. Car il est vrai que GOT est un jeu d'échecs gigantesque avec beaucoup de pièces comme autant de familles, de camps, avec son lot de fourbes et de fins stratèges.




Mon cousin a quand même dit une chose de plus que tous ceux qui avaient essayé de m'embarquer dans ce long périple. Que la série n'hésitait pas à sacrifier des personnages principaux si besoin et que personne n'était véritablement à l'abri, constat globalement vrai, particulièrement lors des premières saisons. C'est un argument qui m'a plu car il n'y a rien de pire que ces séries tellement prévisibles qu'elles ne peuvent être un divertissement digne de ce nom. Et lorsque ces sacrifices se produisent, ils sont toujours bien amenés, avec un réel effet de surprise.




En déduisant les deux semaines de vacances où je me suis coupé de tout, il m'aura fallu un mois pour avaler les 67 épisodes avec une gourmandise non feinte. Petit tour d'horizon de ce que j'ai aimé, ou moins, lors de ce grand voyage dont le dénouement nous sera dévoilé dans le courant de l'année prochaine : 

-la qualité d'écriture exceptionnelle et d'une profonde intelligence. N'ayant pas lu les livres de George R. R. Martin (et ne projetant pas de m'y atteler), je ne peux pas dire si l'ensemble est fidèle ou non au matériau d'origine, mais quel régal que ces joutes verbales incessantes entre les divers protagonistes ! Les dialogues sont savoureux et ciselés à souhait. C'est extrêmement brillant et toutes les pièces de ce puzzle immense s’emboîtent à chaque fois parfaitement en temps utile ! Il y a tellement de séries où on se fait balader en ayant souvent plus que questions que de réponses, y compris à leur issue. Rien à craindre apparemment ici. Il faudrait vraiment que l'ultime saison à venir se plante dans les grandes largeurs pour que l'on n'ait pas de final en apothéose.

-la mise en scène grandiose. Que ce soit dans les moments d'intimité ou de fureur, la réalisation est toujours de très haute volée. Avec tout ce que cela comporte : cadrages, photographie, effets de lumière, direction d'acteurs, tout dans cette série respire l'exceptionnel. Et que dire des effets spéciaux, très impressionnants, surtout pour une série TV ! Les scènes de combat sont superbement orchestrées, quand bien même je n'en suis pas particulièrement friand, préférant les complots aux affrontements ouverts. Mais lorsqu'elles arrivent, c'est un déferlement de bruit et de fureur assez jouissif à suivre. Maîtrise totale, chapeau bas ! 



-la qualité des acteurs, premiers comme seconds rôles (quel plaisir de revoir Charles Nance, Diana Rigg ou Max Von Sydow ! ). La direction d'acteurs est telle que chaque performance est incroyable ! Et la série produit le tour de force d'accorder du temps à chaque personnage, quand bien même le rythme est globalement soutenu tout du long. On a ainsi tout le loisir d'aimer ou de haïr chaque protagoniste, voire de passer d'un état à l'autre tant certains sont sur le fil ténu d'une quête de rédemption alors que d'autres (je pense notamment à un personnage à la cruauté absolue) restent irrécupérables. Mais tous ont leurs forces et faiblesses qui font qu'on n'est jamais indifférent à leur destinée.

-la série ne s'interdit rien et montre ce qu'elle a à montrer, mais sans gratuité aucune. Que ce soit la violence, la nudité, l’âpreté des combats, GOT assume. Et en assumant, elle avance. Vu la frilosité et le puritanisme teinté d'hypocrisie de certaines chaînes, cette liberté fait du bien, tant elle est utilisée à bon escient.

-la cohérence et l'inventivité de l'ensemble : la série nous fait découvrir de multiples territoires et tout autant de sites qui brillent par leur démesure. Si le terreau initial de George R. R. Martin est probablement très foisonnant, encore fallait-il pouvoir rendre compte de cette démesure à l'écran. Et force est de reconnaître que chaque lieu, chaque plan est superbe d'architecture et d'inventivité ! Du grand art ! 





Alors rien à jeter dans GOT ? Ben oui, pas vraiment, surtout si, comme moi, on n'a jamais lu les livres et que l'on ne peut donc pas se risquer au jeu des comparaisons, avec les déceptions qui pourraient en découler. Tout juste m'arrive t-il de m'étonner quelque peu de voir quelques personnages encore présents alors qu'ils n'amènent plus grand chose à l'histoire. Je confesse aussi ne pas être très intéressé par l'aspect zombie des marcheurs blancs (aussi impressionnant visuellement soit-il) qui renvoie à un côté fantastique et purement guerrier qui me séduit moins mais qui a le très gros avantage de redistribuer les cartes au niveau des alliances. Les différentes familles doivent-elles continuer à s'affronter pour la conquête des Sept Royaumes ou au contraire faire bloc contre un ennemi commun ? Wait and see...

En tout cas, très belle surprise que cette incursion tardive dans les tourments de Game Of Thrones.

lundi 17 septembre 2018

Adieu ma belle Uschka...



Après une vie bien remplie à donner et recevoir tellement d'amour, mon amie Uschka (ou La Usche, c'est selon) a tiré sa révérence il y a quelques jours. Même si ce n'était pas ma chienne, je suis infiniment triste car, chaque fois que j'allais chez mon oncle et ma tante (ou que ceux-ci nous rendaient visite), revoir Uschka était toujours un réel bonheur. C'est probablement l'animal qui a, et de loin, le plus compté pour moi. Jamais je n'oublierai la fête qu'elle me faisait immanquablement dès que je franchissais la porte. Même sur la fin, sourde et aveugle, elle avait à cœur de témoigner son affection, envers et contre tout. Uschka, c'était un monstre de gentillesse et, rien que de me la représenter, j'en ai les larmes qui montent...


Uschka était très joueuse et espiègle et il lui fallait bien ça les jours où je faisais tout pour la rendre chèvre. Bon, faut dire qu'elle était bonne cliente et qu'elle le manifestait à grand renforts d'aboiements. Je la revois encore bien campée sur ses pattes arrières en grognant alors que je me tenais face à elle dans la même position, grognant tout autant qu'elle. Ils furent si nombreux, ces instants de franche complicité. Uschka, c'était une crème comme on n'en fait plus, un amour de chien.


La Usche, c'était aussi un ventre sur pattes. C'est qu'elle était gourmande, et pas qu'un peu ! Il valait mieux ne rien laisser traîner ! Avec le rituel de chaque repas : sa crème de gruyère qu'elle venait quémander, assise et patte tendue, à l'heure du fromage. Quand j'étais chez mon oncle, j'adorais cet instant où je lui tendais la friandise tant désirée.


Uschka, plus généralement, c'était aussi de gros moments de tendresse sur le canapé où elle s'endormait en se blottissant contre moi. C'était un compagnon de chaque instant, indispensable en toute occasion.


Aujourd'hui, Uschka, c'est avant tout un vide immense. Et plein de souvenirs à raviver pour profiter de toi encore et encore. L'amour entre les hommes et les bêtes n'a pas de frontière. Irremplaçable tu étais, irremplaçable tu resteras. S'il existe un paradis des chiens, nul doute que tu y as désormais une très belle place. Adieu, ma belle.
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