vendredi 22 mars 2019

Merci Nicolas pour mes premières Acoustiques Improvisées

Toutes les photos © Belkacem Mehaddi, 
avec l'aimable autorisation de Kanopé Prod.

Il est 23 h 04 ce mercredi 20 mars lorsque je quitte l'espace Crouzy de Boisseuil, près de Limoges. Quelques secondes auparavant, je discutais encore avec Nicolas. Deux heures plus tôt, j'assistais au coup d'envoi de mes premières Acoustiques improvisées. 

Il est 23 h 04 et, sur le parking, je suis groggy. Groggy par ce flot d'émotions qui n'a cessé de me submerger, parfois même jusqu'aux larmes lorsque Nicolas a interprété "Suffit que tu oses". Pourquoi celle-ci m'a t-elle ébranlé tout particulièrement ? Je ne saurais le dire. Mais j'ai aimé être ébranlé. C'est là qu'on voit qu'on est vivant. Et on a tous débordé de vie à chaque instant du concert.


J'ai été remué, touché, ému, amusé, transporté tout au long de ce concert d'exception. J'ai vibré, écouté, ressenti, chantonné, ri et souri, frappé dans les mains, sur les cuisses, applaudi à tout rompre... J'étais là, au premier rang et au milieu, face à l'artiste. Et j'étais heureux. Putain oui, qu'est-ce que j'ai été heureux pendant ces deux heures magnifiques ! 

Car c'était un concert intimiste de haute tenue, avec un Nicolas qui s'est donné sans compter pour tous ceux qui avaient rendez-vous avec lui ce soir. Toujours sincère et authentique, il a évoqué avec pudeur la maladie qui lui pourrit l'existence depuis plus d'un an. Celle qui l'avait cloué sur un lit d’hôpital encore deux semaines auparavant et qui aurait pu faire de cette fête annoncée un rendez-vous manqué. Mais Nicolas a fait un bras d'honneur à la maladie, le temps de tous nous retrouver et de nous proposer un spectacle rare d'émotion pure. Les titres se sont succédés, connus, moins connus, méconnus, revisités, voire improbables. Un hommage superbe à Guy Béart aussi. Et des anecdotes, de l'humour, un poil de cynisme bienvenu également. Une interaction pas croyable avec un public conquis, complice et au diapason. Bref, que du bonheur ! Et l'écrin était superbe aussi, avec juste ce qu'il fallait de lumière et un son extra ! Merci à Vincent, son collaborateur attitré depuis le début de la grande aventure des Acoustiques Improvisées et merci à Kanopé Prod d'avoir fait venir Nicolas dans ce lieu intimiste à souhait ! 


Après le concert s'est tenu le traditionnel moment attendu où Nicolas, fourbu mais tellement heureux, a échangé avec son public, tout en signant des autographes ou en se prêtant de bonne grâce à des séances de photos improvisées. Le moment d'après concert est quelque chose que j'attends à chaque fois autant que je l'appréhende. Là-encore, fidèle à mon habitude, j'ai attendu qu'il n'y ait presque plus personne pour oser m'avancer près de Nicolas et j'ai probablement du sortir des banalités encore plus grosses que moi, ce qui n'est pas peu dire. Je n'ai jamais été doué pour trouver les mots quand il s'agit de dire à quelqu'un que j'admire toute la reconnaissance que j'ai pour lui et son travail. Donc je n'ai pas profité de ce moment autant que j'aurais pu, sans doute, mais pouvoir échanger quelques minutes avec Nicolas, que je n'avais pas revu en concert depuis 2006 à Bergerac, garde néanmoins une saveur toute particulière qui n'a pas de prix.


Nicolas, pour conclure, je veux donc te dire de vive voix, et moins maladroitement que mercredi dernier, combien j'ai passé une excellente soirée en ta compagnie, combien j'ai trouvé ta prestation extraordinaire, combien je te suis reconnaissant pour le courage XXL dont tu as fait preuve pour que nous puissions tous assister à ces Acoustiques improvisées. Combien j'aime l'artiste et l'homme que tu es. Combien je souhaite ardemment que cette saloperie de maladie te foute la paix pour de bon.

On a tant d'autres Acoustiques improvisées à partager avec toi.


jeudi 14 mars 2019

Alain, plus que jamais Bashung !




En 2003, Bashung envahit le Bataclan dans le cadre de la démentielle Tournée des grands espaces. L'année suivante, sort une captation du feu de Dieu, réalisée par Don Kent. Un enregistrement avec une image et un son hallucinants. Sur scène, Bashung est à son meilleur et livre une performance indescriptible.

Ce jeudi 14 mars 2019, à l'occasion du triste anniversaire des dix ans de sa disparition (putain, que le temps passe vite ! ), le concert mythique s'est refait une beauté avec une ressortie simultanée dans les salles de cinéma. J'ai hésité à m'y rendre. Si j'avais suivi ma première intuition, j'aurais fait, sans le savoir, la plus belle des erreurs.

D'une part parce que le concert a 16 ans, la captation 15, et que je me suis rendu compte que je ne m'en souvenais quasiment plus. Je savais que j'avais pris une claque en voyant le DVD en 2004 mais les souvenirs n'étaient que volutes évanescentes. La piqûre de rappel de ce soir a fait l'effet d'un électro-choc : c'est un concert énorme à tous points de vue, une prestation de très haut vol qui fout le tournis, un Bashung habité comme jamais, des musicos de malade, une mise en scène quasi organique qui colle à Bashung comme une seconde peau, des effets de sons et de lumières grandioses.

D'autre part parce que Bashung sur grand écran, c'est juste un plaisir XXL. Quand l'homme arrive et que les premiers mots sortent de sa bouche, l'émotion est indescriptible. Bashung n'est plus mort. L'a t-il seulement jamais été ? Non, Bashung est là, il nous revient et il se donne comme jamais. La performance physique est juste dingue, Bashung transpire par tous les pores, et en même temps, reste impeccable de maîtrise et de présence. Vocalement, c'est superbe et là encore, très émouvant. J'avais beau en être convaincu depuis des lustres, seul Bashung peut être Bashung. En perdant un artiste de sa trempe, on sait qu'on ne retrouvera jamais un artiste de son acabit et de son talent. 

Enfin parce que les titres s'égrènent à un rythme effréné. Vingt-huit chansons pour un concert de plus de deux heures. Des titres connus, d'autres moins (Martine boude, morceau assez mineur finalement, mais sublimé ici par un final où la prestation d'un Bashung en larmes et presque en transe prend aux tripes comme rarement) mais aussi des titres que j'avais oubliés et qui sont de purs joyaux (L'irréel, faisons envie, le dimanche à Tchernobyl...).

Sur l'écran géant, le rideau de la scène du Bataclan se referme. Et là, une tristesse infinie et la certitude que Bashung s'en est définitivement allé. Que le rideau ne se rouvrira pas. Que Bashung ne réapparaîtra pas. Il a fait, quelques secondes auparavant, des adieux scéniques d'une grande classe, l'homme s'effaçant dans les volutes d'une dernière cigarette après avoir salué son public d'un mouvement de chapeau. 

J'ai passé une soirée extraordinaire. Maintenant, je suis un peu tout chose mais j'ai voulu coucher mes sensations le plus tôt possible. Demain, ce ne sera plus pareil. Déjà maintenant, ce n'est plus pareil.
La tournée était celle des grands espaces. Mais le plus grand, définitivement, pour moi, c'est Alain Bashung.

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samedi 9 mars 2019

Mon CD de chevet : "Une histoire vraie" d'Angelo Badalamenti



J'ai toujours eu pour ce film une tendresse toute particulière depuis sa sortie en 1999. Le premier film de David Lynch qui soit parfaitement compréhensible de bout en bout et qui pourrait même être considéré, à tort, comme son moins personnel puisque le scénario n'est pas de lui (John Roach et Mary Sweeney) et que, comme le titre du film l'indique, il s'agit d'une fidèle adaptation d'une histoire vraie. Au final, un pur chef d'oeuvre d'émotion, deux heures de profonde humanité et une vraie leçon de vie. Et plutôt que de vous en raconter les grandes lignes, voici ci-dessous la bande annonce. Je recommande vraiment à tous de voir ce film. La performance de Richard Farnsworth, dont ce fut l'ultime rôle, est extraordinaire. "Une histoire vraie" reste, vingt ans après, l'un de mes films préférés.


Mais le film n'aurait pas la même charge émotionnelle, et c'est peu de le dire, sans la superbe partition délivrée par le compositeur Angelo Badalamenti. C'est une musique magnifique qui épouse remarquablement le rythme lent du film. C'est surtout devenu, depuis quelques années, mon CD de chevet. Lorsque je suis à la maison, il ne se passe quasiment plus une nuit sans que je ne m'endorme en l'écoutant. C'est devenu un rituel, que je sois fatigué ou pas. Je l'écoute et cette musique me fait un bien fou, sans que jamais, absolument jamais, je ne ressente la moindre lassitude. Certes, de par mon rapport au film, elle trouve un écho particulier en moi. Mais même sans ça, elle reste un petit bijou d'émotion. C'est avec cette BO que je vous quitte, fermez les yeux et laissez-vous porter. Bonne écoute.